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    « Cependant, les crimes de l'extrême civilisation sont, certainement, plus atroces que ceux de l'extrême barbarie par le fait de leur raffinement, de la corruption qu'ils supposent, et de leur degré supérieur d'intellectualité. »

    — Jules Barbey d'Aurevilly, Les Diaboliques (1874), éd. Gallimard, coll. « Folio classique », 2003 (ISBN 9782070302758), p. 296


    « [...] notre époque, grossièrement matérialiste et utilitaire, a pour prétention de faire disparaître toute espèce de friche et de broussailles aussi bien du globe que de l’âme humaine. Asservie aux idées de rapport, la société, cette vieille ménagère qui n’a plus de jeune que ses besoins et qui radote de ses lumières, ne comprend pas plus les divines ignorances de l’esprit, cette poésie de l’âme qu’elle veut échanger contre de malheureuses connaissances toujours incomplètes, qu’elle n’admet la poésie des yeux, cachée et visible sous l’apparente inutilité des choses. Pour peu que cet effroyable mouvement de la pensée moderne continue, nous n’aurons plus, dans quelques années, un pauvre bout de lande où l’imagination puisse poser son pied pour rêver, comme le héron sur une de ses pattes. Alors, sous ce règne de l’épais génie des aises physiques qu’on prend pour de la civilisation et du progrès, il n’y aura ni ruines, ni mendiants, ni terres vagues, ni superstitions [...]. »

    — Jules Barbey d'Aurevilly, L'Ensorcelée (1854), éd. Alphonse Lemerre, 1916, p. 2-3


    « Les journaux ! les chemins de fer du mensonge. »

    — Jules Barbey d'Aurevilly, Pensées détachées, Fragments sur les femmes (1889), éd. Alphonse Lemerre, 1889, LXVII, p. 36


    « C’était, en effet, Mme Ferjol qui avait, dans le sens le plus strict du mot, élevé Lasthénie. Elle lui avait appris tout ce qu’elle savait. Il est vrai que c’était peu de chose. Les filles nobles de ce temps-là avaient pour toute instruction de grands sentiments et de grandes manières, et elles s’en contentaient. Lorsqu’une fois elles étaient entrées dans le monde, elles y devinaient tout, sans en avoir rien appris. A présent, on leur apprend tout, et elles ne devinent plus rien. On leur oblitère toutes sortes de connaissances, et on les dispense ainsi d’avoir de la finesse, — cette gloire de nos mères ! »

    — Jules Barbey d'Aurevilly, Une Histoire sans nom (1882), éd. Flammarion, 1990 (ISBN 9782080705884), p. 67


    « Dans ce temps-là, il y avait encore des enlèvements dans le monde, avec la poésie de la chaise de poste et la dignité du danger et des coups de pistolet aux portières. À présent, les amoureux ne s’enlèvent plus. Ils s’en vont prosaïquement ensemble, dans un confortable wagon de chemin de fer, et ils reviennent, après “le petit badinage consommé”, comme dit Beaumarchais, aussi bêtement qu’ils étaient partis, et quelquefois beaucoup plus... C’est ainsi que nos plates mœurs modernes ont supprimé les plus belles et les plus charmantes folies de l’amour ! »

    — Jules Barbey d'Aurevilly, Une Histoire sans nom (1882), éd. Flammarion, 1990 (ISBN 9782080705884), p. 60


    « Le sublime est mort dans la bourgeoisie et celle-ci est donc condamnée à ne plus avoir de morale. »

    — Georges Sorel, Réflexions sur la violence (1908), éd. Marcel Rivière, 1908, chap. Chapitre VII, p. 333


    « Non seulement la violence prolétarienne peut assurer la révolution future, mais encore elle semble être le seul moyen dont disposent les nations européennes, abruties par l'humanitarisme, pour retrouver leur ancienne énergie. [...] Tout peut être sauvé si, par la violence, il parvient à reconsolider la division en classes et à rendre à la bourgeoisie quelque chose de son énergie [...]. La violence prolétarienne, exercée comme une manifestation pure et simple du sentiment de lutte de classe, apparaît ainsi comme une chose très belle et très héroïque ; elle est au service des intérêts primordiaux de la civilisation ; elle n'est peut-être pas la méthode la plus appropriée pour obtenir des avantages matériels immédiats, mais elle peut sauver le monde de la barbarie. »

    — Georges Sorel, Réflexions sur la violence (1908), éd. Marcel Rivière, 1908, chap. Chapitre II, p. 110-120


    « Nous nous exprimons nécessairement par des mots, et nous pensons le plus souvent dans l’espace. En d’autres termes, le langage exige que nous établissions entre nos idées les mêmes distinctions nettes et précises, la même discontinuité qu’entre les objets matériels. Cette assimilation est utile dans la vie pratique, et nécessaire dans la plupart des sciences. Mais on pourrait se demander si les difficultés insurmontables que certains problèmes philosophiques soulèvent ne viendraient pas de ce qu’on s’obstine à juxtaposer dans l’espace les phénomènes qui n’occupent point d’espace, et si, en faisant abstraction des grossières images autour desquelles le combat se livre, on n’y mettrait pas parfois un terme. Quand une traduction illégitime de l’inétendu en étendu, de la qualité en quantité, a installé la contradiction au cœur même de la question posée, est-il étonnant que la contradiction se retrouve dans les solutions qu’on en donne ? »

    — Henri Bergson, Essai sur les données immédiates de la conscience (1889), éd. Presses universitaires de France, coll. « Quadrige », 2003 (ISBN 9782130539995), Avant-propos, p. vii


    « L'art n'est sûrement qu'une vision plus directe de la réalité. »

    — Henri Bergson, Le Rire (1900), éd. Presses universitaires de France, coll. « Quadrige », 2002 (ISBN 9782130530893), chapitre III, p. 120


    « Quel est l'objet de l'art ? Si la réalité venait frapper directement nos sens et notre conscience, si nous pouvions entrer en communication immédiate avec les choses et avec nous-mêmes, je crois bien que l'art serait inutile, ou plutôt que nous serions tous artistes, car notre âme vibrerait alors continuellement à l'unisson de la nature. »

    — Henri Bergson, Le Rire (1900), éd. Presses universitaires de France, coll. « Quadrige », 2002 (ISBN 9782130530893), chapitre III, p. 115


    « La crise consiste justement dans le fait que l'ancien meurt et que le nouveau ne peut pas naître : pendant cet interrègne on observe les phénomènes morbides les plus variés. »

    — Antonio Gramsci, Cahiers de prison (1929-1935), trad. Monique Aymard et Françoise Bouillot, éd. Gallimard, coll. « NRF », 1996 (ISBN 9782070731978), Cahier 3, §34, p. 283


    « Instruisez-vous parce que nous aurons besoin de toute votre intelligence. Agitez-vous parce que nous aurons besoin de tout votre enthousiasme. Organisez-vous parce que nous aurons besoin de toute votre force. »

    — Antonio Gramsci, L’Ordine Nuovo, 1er mai 1919


    « Et c’est une folie à nulle autre seconde,
    De vouloir se mêler de corriger le monde. »

    — Molière, Le Misanthrope (1666), éd. Charpentier, 1910, t. 2, p. 176


    « [...] ils prennent l'étiolement de leur âme pour de la civilisation et de la générosité. »

    — Stendhal, Vie de Henry Brulard (1835-1836), éd. Le Livre de Poche, 2013 (ISBN 9782253168089), p. 82


    « Qu’est-ce que c’est qu’un Juif ? C’est un bourgeois qui croit en Dieu, ce qui lui fait un atout de plus, alors que le bourgeois ne croit qu’en sa rente. »

    — Alain Soral, Conférence d’Alain Soral & Gabriele Adinolfi à Nice, 26 mars 2013


    « Mais la bourgeoisie d'aujourd'hui est plus intelligente que celle d'hier car elle a compris qu'il fallait rester dans le brouillage de classes, et officiellement le concept de classes n'existe pas. La nouvelle bourgeoisie n'assume pas sa position de classe. Elle est excellente dans la promotion de la société ou de la ville ouverte, alors que ce sont les gens qui sont le plus dans les stratégies d'évitement, de renforcement de position de classe, mais avec un discours d'ouverture. Et quand le peuple conteste ce modèle, on l'ostracise. C'est pour cela que je dis que l'antifascisme est devenu une arme de classe, car cette arme n'est utilisée que par la bourgeoisie. Ce n'est pas un hasard si les antifascistes dans les manifestations sont des enfants de la bourgeoisie. Et tout cela dit un mépris de classe. Parce que personne ne va être pour le racisme et pour le fascisme. En réalité, derrière tout cela, il s'agit d'ostraciser le peuple lui-même, les classes populaires. C'est aussi une façon de délégitimer leur diagnostic, parce qu'en réalité, le "populisme", c'est le diagnostic des gens d'en bas, et la bourgeoisie s'en démarque en se voyant en défenseur de la démocratie. »

    — « Christophe Guilluy : "La France d'en haut s'est structurée autour d'Emmanuel Macron pour protéger ses intérêts, le monde d'en bas, lui, est complètement dispersé" », Christophe Guilluy, Atlantico, 23 Septembre 2017 (lire en ligne)


    « On a existé pendant dix ans et puis l’un des membres a écrit à Sarkozy pour lui demander de reconstruire la Bastille en lui disant que, quand elle avait été démolie, l’ordre ancien l’avait été également, le bonheur et la raison aussi. La brèche s’était ouverte sur la cruauté en plus de la volonté de renouvellement et, avec le temps, cette volonté s’est amenuisée tandis que les émanations du chaos se sont renforcées. Il fallait donc restaurer la Bastille pour juguler la destruction de la Terre. »

    — « Sergueï Nossov : « À l’époque, à Saint-Pétersbourg, il y avait autant de chiens que de poètes ! » », Sergueï Nossov, Le Courrier de Russie, 21 avril 2016 (lire en ligne)


    « "L'auto-suffisance bienheureuse", le divin, en somme, tend à se réfugier dans les formes d'existence les plus éloignées de la nôtre, finalement dans l'inorganique lui-même, dans la substance impénétrable des matières les plus résistantes, comme la pierre ou le métal. Le désir débouche enfin sur la froideur vide des espaces de la science-fiction, sur ces trous noirs [...] d'une densité si effroyable qu'elle attire à elle toute matière dans un rayon de plus en plus vaste, et de ce fait même, sa puissance d'attraction ne cesse d'augmenter. »

    — René Girard, Des choses cachées depuis la fondation du monde (2001), éd. Grasset, 2001 (ISBN 9782246058397), p. 


    « La majorité ne fait pas la vérité, c’est la vérité qui doit faire la majorité. »

    — Mgr Lefebvre, Ils l'ont décourroné (1987), éd. Fideliter/Clovis, 1987, p. 91


    « En général l’enfant présente à l’état passager des caractères mentaux qui se retrouvent à l’état fixe dans les civilisations primitives, à peu près comme l’embryon humain présente à l’état passager des caractères physiques qui se retrouvent à l’état fixe dans des classes d’animaux inférieurs. »

    — « Note sur l'acquisition du langage chez Les enfants et dans l'espèce humaine », Hippolyte Taine, Revue Philosophique, nº 1-6 (tome I), 1876 (1ère année)


    "Some socialists seem to believe that people should be numbers in a state computer. We believe they should be individuals. We're all unequal. No one, thank heavens, is quite like anyone else, however much the socialists may pretend otherwise. And we believe that everyone has the right to be unequal. But to us, every human being is equally important. A man's right to work as he will, to spend what he earns, to own property, to have the state as servant and not as master, they're the essence of a free economy and on that freedom all our other freedoms depend."

    — Margaret Thatcher, Speech to the Conservative Party Conference, 10 October, 1975

    « Certains socialistes semblent croire que les gens devraient être des nombres dans un ordinateur de l'État. Nous croyons qu'ils devraient être des individus. Nous sommes tous inégaux. Personne, grâce au ciel, ne ressemble à personne. Nous pensons que chacun a le droit d'être inégal même si, pour nous, chaque être humain est également important. Le droit d'un homme de travailler comme il l'entend, de dépenser ce qu'il gagne, de disposer de biens, d'avoir dans l'État un serviteur et non un maître, voilà l'essence d'une économie libre. Et de cette liberté, toutes les libertés dépendent. »
    — Margaret Thatcher, Discours à la conférence du parti conservateur, 10 Octobre 1975


    « La tour de Babel, comme plus tard les pyramides sont autant de constructions inhumaines dans lesquelles la pierre a plus d’importance que les âmes. Ces sociétés qui les fabriquent n’écoutent plus l’individu, le réduisent au silence. Après ces essais de paroles voués à l’échec depuis Adam et Eve jusqu’à Babel, le dialogue reprend avec Abraham, premier homme qui s’adresse à sa femme Sarah en disant "Tu". »

    — Pauline Bebe, « Shema ! », paru sur le site Communauté juive libérale d'Île-de-France, 12 octobre 2005


    « La Russie est un État européen, et géographiquement, et mentalement. Qu'est-ce que l'Europe ? C'est la culture de la Rome Antique, c'est la culture de la Grèce Antique, c'est la culture de Byzance, c'est-à-dire du christianisme oriental. La Russie est pleinement et entièrement incorporée dans toutes ces trois composantes et ne pense pas son développement sans l'Europe. [...]

    Je crois que l'Europe ne peut à long terme affermir sa réputation de puissant et indépendant centre de la politique mondiale seulement si elle unifie ses moyens avec les hommes, le territoire et les ressources naturelles russes ainsi qu'avec le potentiel économique, culturel, et de Défense de la Russie. »

    — Vladimir Poutine, discours au Bundestag, Berlin, 25 septembre 2001


    « La guerre n'est rien d'autre que la continuation des relations politiques avec l'appoint d'autres moyens. »

    — Carl von Clausewitz, De la Guerre (1832), trad. Pierre Naville, éd. Éditions de Minuit, 1955, IIIe partie, p. 703


    « J'aime qu'il y ait des rois aux cartes et aux échecs et je m'ennuie aux dames, ce jeu tristement égalitaire où chaque pion rêve d'être un parvenu. »

    — Vladimir Volkoff, Du roi (1987)


    "You know what the fellow said — in Italy, for thirty years under the Borgias, they had warfare, terror, murder and bloodshed, but they produced Michelangelo, Leonardo da Vinci and the Renaissance. In Switzerland, they had brotherly love, they had five hundred years of democracy and peace — and what did that produce? The cuckoo clock. So long Holly."

    The Third Man (1949), Harry Lime [Orson Welles]


    « Il embrassa la mer d'un regard et se rendit compte de l'infinie solitude où il se trouvait. »

    — Ernest Hemingway, Le Vieil Homme et la Mer (1952), trad. Jean Dutourd, éd. Gallimard, coll. « Folio », 1972 (ISBN 9782070360079), p. 69


    « Mais les autres hommes ignorent ce qu'ils ont fait en état de veille, comme ils oublient ce qu'ils font pendant leur sommeil. »

    — Héraclite, Penseurs grecs avant Socrate. De Thalès de Milet à Prodicos, trad. Jean Dutourd, éd. Flammarion, coll. « Garnier Flammarion », 1993 (ISBN 9782080700315), Fragments d'Héraclite, p. 74


    « Pour ceux qui sont en état de veille, il y a un seul et même monde. »

    — Héraclite, Penseurs grecs avant Socrate. De Thalès de Milet à Prodicos, trad. Jean Dutourd, éd. Flammarion, coll. « Garnier Flammarion », 1993 (ISBN 9782080700315), Fragments d'Héraclite, p. 79


    « On ne peut pas descendre deux fois dans le même fleuve. »

    — Héraclite, Penseurs grecs avant Socrate. De Thalès de Milet à Prodicos, trad. Jean Dutourd, éd. Flammarion, coll. « Garnier Flammarion », 1993 (ISBN 9782080700315), Fragments d'Héraclite, p. 79


    « Cyrano de Bergerac : Que dites-vous ?… C’est inutile ?… Je le sais !
    Mais on ne se bat pas dans l’espoir du succès !
    Non ! non, c’est bien plus beau lorsque c’est inutile ! »

    — Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac (1897), éd. Gallimard, coll. « Folio », 1993 (ISBN 9782080700315), acte V, scène 6, p. 417
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    "Let your boat of life be light, packed with only what you need - a homely home and simple pleasures, one or two friends, worth the name, someone to love and someone to love you, a cat, a dog, and a pipe or two, enough to eat and enough to wear, and a little more than enough to drink; for thirst is a dangerous thing."

    — Jerome K. Jerome, Three Men in a Boat (1889), Chapter 3

    « Jette ton bric-à-brac, l'ami ! Que le bateau de la vie te soit léger, ne le charge que du strict nécessaire, une modeste demeure, quelques plaisirs simples, un ou deux amis dignes de ce nom, quelqu'un qui t'aime et que tu aimes, un chat, un chien, une ou deux pipes, ce qu'il faut pour manger et te vêtir, et de quoi boire un peu plus qu'il n'est nécessaire, car rien n'est plus dangereux que la soif. »
    — Jerome K. Jerome, Trois hommes dans un bateau (1889), trad. Jean-François Ménard, éd. Gallimard, coll. « Folio Junior », 1997, p. 42


    « Rentrer en soi-même et, des heures durant, ne rencontrer personne — voilà ce qu’il faut pouvoir atteindre. Être solitaire comme, enfant, on était solitaire quand les adultes allaient et venaient, tressés à des choses qui semblaient importantes et grandes parce que les grands avaient l'air si affairé, et qu'on ne comprenait rien à ce qu'il faisaient.

    Et si un jour on se rend compte que leurs occupations sont mesquines, leurs professions sclérosées, et qu’elles n’ont plus de lien avec la vie, pourquoi alors ne pas continuer, tel un enfant, à les regarder comme une chose étrangère depuis la profondeur du monde propre, depuis la vaste solitude propre qui est par elle-même travail, et grade, et profession ? »

    — Rainer Maria Rilke, Lettres à un jeune poète (1903), trad. Hans Hartje et Claude Mouchard, éd. Le Livre de Poche, coll. « Littérature & Documents », 1991 (ISBN 9782253055396), p. 56


    « Pour honorer des étrangers, tu as perdu ta cité ! »

    — Le Roi Pélasgos

    — Eschyle, « Les Suppliantes », dans Tragédies complètes, trad. Paul Mazon, éd. Gallimard, coll. « Folio », 1982 (ISBN 9782070373642), p. 65


    « L'Islam, ce communisme du désert. [...] Le communisme, cet Islam sans Dieu. »

    — Maurice G. Dantec, American Black Box (2006), éd. Albin Michel, 2007 (ISBN 9782226170910), p. 279-370


    « La dépravation suit le progrès des lumières. Chose très naturelle que les hommes ne puissent s'éclairer sans se corrompre. »

    — Restif de La Bretonne, Le Pornographe (1770), éd. J. Nourse/Gosse & Pinet, 1770, p. 302


    « [...] ce prétendu amour universel est le manteau de la plus odieuse hypocrisie ? Il ne prétend aimer tous les hommes également que pour se dispenser d'en aimer un seul véritablement. Il déteste l'amour national et patriotique, parce qu'il hait les lois des nations et celle de sa patrie. Il déteste jusqu'à l'amour de la famille, et il y substitue l'amour universel, parce qu'il n'aime pas davantage et ses concitoyens et sa famille, qu'il n'aime le Chinois, le Tartare et le Hottentot, ou le barbare qu'il ne verra jamais ; et parce qu'il lui faut pour tous la même indifférence. Il étend ce lien pour annuler sa force et son action. Il se dit citoyen de l'univers, pour cesser d'être citoyen dans sa patrie, ami dans ses sociétés, père et enfant dans sa famille. Il nous dit aimer tout d'un pôle à l'autre, pour n'aimer rien autour de lui. Voilà ce que c'est que nos Cosmopolites. »

    — Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme (1792-1798), éd. P. Fauche, 1803, t. 3, p. 128-129


    « Les mêmes qui pleurent le maïs modifié marient l’homme avec l’homme, la femme avec la femme, veulent donner à l’enfant des parents du même sexe, accepter que le fœtus soit créé ici, porté là-bas, nourri ailleurs, qu’il naisse en pipette ou qu’il soit introduit dans l’utérus d’une vieille folle qui veut encore sentir son ventre, tout cela n’a pas d’importance. Mais que personne ne touche aux légumes ! »

    — Pasquin, Pasquin concentré non sucré (2011), éd. Éditions de l'Homme Nouveau, 2011 (ISBN 9782915988376), Tas de betteraves !, p. 71


    « Si mon père était parmi nous, il vous inspirerait plus de confiance, car à peine me connaissez-vous. J'ai d'ailleurs contre moi et ma grande jeunesse et mon inexpérience ; mais je brûle déjà de me rendre digne de vous commander. Allons chercher l'ennemi : si j'avance, suivez-moi, si je recule, tuez-moi, si je meurs, vengez-moi. »

    — Harangue prononcée à ses hommes

    — Henri de la Rochejaquelein cité par Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle, ancienne et moderne (1824), éd. Michaud, 1967, t. 38, « Rochejaquelein (Henri de la) », p. 317-325


    « Notre héritage n'est précédé d'aucun testament. »

    — René Char, Fureur et mystère (1948), éd. Gallimard, 1967, « Feuillets d’Hypnos », p. 98


    « L'Islam, un des malheurs du monde, un Judaïsme pour les brutes et qui ramasse tout ce qu'Israël imagina de moins spirituel et de plus inhumain, l'Islam est l’égout de la Bible avec des relents d'hérésie chrétienne et le fatras du paganisme arabe, une coulée de boue sur le visage de l'espèce humaine et l'on préfère le néant à ce qu'il nous apporte (ou, si l'on veut, le Communisme, lequel ne lui fera pas grâce et lui ressemble trop pour l'épargner longtemps). Un musulman est toujours une brute, au moins par de certains côtés, sa foi l'oblige à l'arrogance, il mêle à la présomption l'humilité qu'il rend démonstrative et ses rigueurs l'attachent à la complaisance la moins sujette à la mesure. Religion — dit Levi-Strauss — religion de corps de garde (le règlement, les revues de détail et pas de femmes, enfin la bougrerie avec un peu de cuistrerie et l'étalage le plus sale de nos besoins les plus grossiers), vivant dans un chaos perpétuel et rétablissant l'ordre à coups de hache, sans foyer, cité ni patrie, niant le monde qu'elle déifie en ne le sachant pas. L'Islam est une foi qui n'apprenant jamais, refuse de comprendre et qui revient de tout en ne s'acheminant à rien, et ses fidèles sont des mules qui tournent dans le cercle, les yeux bandés et n'avançant d'un pas. Ses peuples ? Le fumier de l'avenir, à moins qu'ils ne se rendent communistes et n'aillent baiser le tombeau du Juif Lénine sous les icônes du Juif Marx. »

    — Albert Caraco, Journal d'une année (1957)


    « J’irai jusqu’à détruire des mondes
    Puisque je n’en puis créer aucun
    Puisqu’ils n’écoutent pas mon appel
    Et qu’ils tournent muets par un décret magique »

    — Karl Marx, poésie


    « Le néolibéralisme ça n'existe pas ! Comme les moulins à vent de Don Quichotte, il n'est désigné que pour justifier et motiver une épopée. Mais la doctrine néolibérale n'existe que dans l'esprit de ses ennemis. [...] L'habileté diabolique des hommes de la "gauche moderne", de tous ceux qui s'étaient si constamment et tragiquement trompés, a consisté à faire croire à l'existence d'un ennemi imaginaire : le néolibéralisme. »

    — Pascal Salin, Le Figaro, 6 février 2002


    « Mon travail combat la nécessité d'une fonction critique de l'art et cherche à abolir le jugement afin que l'on puisse regarder le monde et l'accepter dans sa globalité. »

    — Jeff Koons, à l'occasion de sa rétrospective à Beaubourg au printemps 2015, lors d'un entretien avec Bernard Blistène, commissaire de l'exposition


    « L'art contemporain spécule sur la culpabilité de ceux qui n'y comprennent rien ou qui n'ont pas compris qu'il n'y avait rien à comprendre. »

    — Jean Baudrillard, « L'art contemporain est-il nul ? », Libération, octobre 1996


    « Un cendrier a pour moi autant de valeur que la Piéta de Michel-Ange [...] Je veux renouer avec cet art facile, immédiat et amusant que tout le monde comprend. L'esthétique est pour moi un grand facteur discriminant pour les gens. Ils pensent que l'art est au-dessus d'eux, et cela je n'aime pas. »

    — Jeff Koons, Le Figaro, 6 octobre 2014


    « [...] il ne peut exister de culture de I'interrogation seule. »

    — André Malraux, « Un humanisme universel », Liberté de l'esprit, nº 11-12, juin-juillet 1950


    "It is seldom, that the people gain any thing by revolutions in government; because the new settlement, jealous and insecure, must commonly be supported with more expence and severity than the old [...]."

    (en) David Hume, The History of England (1754-1762), éd. Thomas Cadell, 1778, vol. 5, p. 520
    « Rarement le peuple gagne quelque chose aux révolutions d'un état, parce que le nouveau gouvernement, défiant, incertain, demande presque toujours d'être soutenu avec plus de dépense et de rigueur que l'ancien [...]. »
    — David Hume, Histoire d'Angleterre (1754-1762), trad. Vincent Campenon, éd. Furne et Cie, 1839-1840, t. 5, p. 408
    « Il est rare que le peuple gagne quelque chose aux révolutions qui changent la forme des gouvernements, par la raison que le nouvel établissement, nécessairement jaloux et défiant, a besoin, pour se soutenir, de plus de défense et de sévérité que l'ancien. »
    — David Hume cité par Joseph de Maistre, « Histoire d'Angleterre (1754-1762) », dans Considérations sur la France (1796), trad. Joseph de Maistre, éd. Complexe, coll. « Historiques », 2006 (ISBN 9782804801137), p. 174


    « Je ne vois pas pourquoi il faudrait protéger les races animales et laisser périr les peuples tels qu’ils ont été façonnés par des milliers d’années de longue patience.

    La véritable écologie, c’est de sauvegarder les baleines. Mais aussi les Touaregs et les Zoulous, les Basques et les Serbes, les Flamands et les Bretons, les Écossais et les Estoniens. »

    — Jean Mabire, La Torche et le Glaive (1994)

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    « La bourgeoisie a dépouillé de leur auréole toutes les activités tenues jusqu'ici pour vénérables et considérées avec une piété mêlée de crainte. Elle a transformé le médecin, le juriste, le prêtre, le poète, l'homme de science, en salariés à ses gages.

    La bourgeoisie a arraché aux relations familiales leur voile sentimental attendrissant et les a ramenées à un pur rapport d'argent. »

    — Karl Marx et Friedrich Engels, Manifeste du Parti communiste (1848), trad. Émile Bottigelli, éd. Flammarion, coll. « Garnier Flammarion », 1998 (ISBN 9782080710024), p. 77


    « La bourgeoisie a joué dans l'histoire un rôle hautement révolutionnaire.

    Là où elle est arrivée au pouvoir, la bourgeoisie a détruit tous les rapports féodaux, patriarcaux, idylliques. Elle a impitoyablement déchiré la variété bariolée des liens féodaux qui unissaient l'homme à ses supérieurs naturels et n'a laissé subsister d'autre lien entre l'homme et l'homme que l'intérêt tout nu, le dur "paiement comptant". Elle a noyé dans les eaux glacées du calcul égoïste les frissons sacrés de l'exaltation religieuse, de l'enthousiasme chevaleresque, de la mélancolie sentimentale des petits-bourgeois. »

    — Karl Marx et Friedrich Engels, Manifeste du Parti communiste (1848), trad. Émile Bottigelli, éd. Flammarion, coll. « Garnier Flammarion », 1998 (ISBN 9782080710024), p. 76


    « Chaque geste que vous ferez vers une Europe unifiée protégera un peu plus le trésor du monde.

    Taxez-moi de romantisme. Qu’importe ! Pour moi le trésor du monde, c’est une infante de Vélasquez, un opéra de Wagner ou une cathédrale gothique. C’est un calvaire breton ou une nécropole de Champagne. C’est le romancero du Cid ou le visage hugolien de "l’enfant grec". C’est le tombeau des Invalides ou le grand aigle de Schœnbrunn, l’Alcazar de Tolède ou le Colisée de Rome, la Tour de Londres ou celle de Galata, le sang de Budapest ou le quadrige orgueilleux de la porte de Brandebourg, devenu le poste frontière de l’Europe mutilée. Pour ces pierres, ces aigles et ces croix ; pour la mémoire de l’héroïsme et du génie de nos pères ; pour notre terre menacée d’esclavage et le souvenir d’un plus grand passé, lecteurs, la lutte ne sera jamais vaine. Frêle Geneviève de Paris, patronne de l’Europe, seule contre les hordes mongoles de l'Est, tu symbolises notre esprit de résistance. Et toi, Alexandre, vainqueur blond au visage de dieu, Macédonien aux dix milles fidèles, toi qui conquis le monde oriental avec ta foi et ton épée, dressé contre le destin et l’Histoire, tu symboliseras peut-être un jour le triomphe de l’Europe impériale. »

    — Jean de Brem, Le Testament d'un Européen (posthume, 1964), éd. La Table ronde, 1964, t. I, Introduction à l'histoire de l'Europe, p. 16


    « Je sens peser sur mes épaules misérables le poids démesuré du plus glorieux des héritages. A moi, qui ne suis rien et qui n’apporte rien, la civilisation fait un cadeau gigantesque : le patrimoine de l’Europe. Il est fait de trésors et de souvenirs. Chacun de nous, je crois, à Londres et à Vienne, à Berlin et à Madrid, à Athènes et à Varsovie, à Rome et à Paris, à Sofia et à Belgrade, doit ressentir le même drame. Chacun de nous est le dernier des Européens. Je suis le prince débile issu d’une lignée de colosses et qui va peut-être clore une race. Je mourrai sans postérité, stérilisé par l’atome ou égorgé par un fanatique. Et mes frères auront le même sort. Des géants nous précèdent, des héros et des savants, des explorateurs de la terre et des explorateurs de l’âme, des César et des Antoine, des monarques et des capitaines, des silhouettes sévères en robe de bure, de belles courtisanes ou des brutes implacables. Tout un cortège de grandes figures, resplendissantes de splendeur et de puissance, se déroule à nos yeux, immense fardeau pour nos contemporains dérisoires. Voici que s’amassent à l’Orient les nuages sinistres de la ruée païenne et barbare. Je vais mourir. Je meurs. Et la race Europe avec moi. Avec nous. Je ne laisserai rien. Depuis cinquante ans j’ai dispersé l’héritage. Et laissé le royaume du ciel en friche. Je n’aurai pas d’héritiers dans ce monde hostile et chaotique. Je ne puis laisser qu’un message : l’histoire, la très belle histoire d’une civilisation mortelle, qui se croyait invincible. Une civilisation pour laquelle des milliards d’hommes ont lutté et vaincu pendant trente siècles. Personne ne sera là pour me lire. Qu’importe. Voici comme un dernier cri de rage et d’amertume : le Testament d'un Européen. »

    — Jean de Brem, Le Testament d'un Européen (posthume, 1964), éd. La Table ronde, 1964, t. I, Avant-Propos, p. 7-8


    « S’il est vrai, comme nous l’avons observé pour la droite orléaniste et le bonapartisme, que la droite est en général formée de traditions de gauche qui sont passées à droite, le moment ne serait pas venu en 1954 ou plus tard, d’enregistrer le passage à droite de nouvelles tendances ? »

    — Jules Monnerot, Inquisitions (1974), éd. José Corti, 1974, La droite, la gauche et la logique de monsieur Rémond, p. 51


    « Il semblerait que je me sois rendu coupable d'une grande faute envers les travailleurs de Russie. Nous sommes révolutionnaires d'une manière véritablement effrayante, mais il n'existe pas, je le sais à présent, de nouveauté absolue, vierge de tout élément du passé ; on ne peut pas éradiquer l'ancien d'un simple claquement de doigts. »

    — Lénine, mourant, fin 1923 ou janvier 1924, citation tirée du documentaire « Lénine, la fin du mythe » réalisé en 2012 par Ulrich H. Kasten et Hans-Dieter Schutt


    « Un jour, le gauchisme s’en prendra, dans son désir d’effacer les structures, aux espèces et le malentendu au sujet de la protection de la nature sera éclairci. »

    — « Vertu de l'isolation », Robert Hainard, CoÉvolution, nº 8-9, printemps-été 1982


    L'art contemporain est une « vidange généralisée des valeurs. »

    — Jean Clair, De Immundo (2004), éd. Galilée, 2004, p. 40


    « Le temps du dégoût a remplacé l’âge du goût. »

    — Jean Clair, De Immundo (2004), éd. Galilée, 2004, « Présentation », p. 


    « Or l'Église autant que l'État ne semblent plus agir que mus par la haine de la Beauté. »

    — Jean Clair, L’Hiver de la culture (2011), éd. Flammarion, 2011, p. 


    « Aujourd'hui, les politiques, qui ont la charge disent-ils de "faire l'Europe", ne semblent chez eux nulle part. Souvent peu cultivés, peu lettrés, indifférents à ce que fut ce passé, soucieux plutôt d'en effacer la trace, acharnés à dénier un héritage qui leur paraît être un fardeau, ils sont les inventeurs à Bruxelles et à Strasbourg d'une nouvelle Babel, bruissante des milliers de traducteurs que leurs discours supposent. Mais celle-ci, privée d'espoir, est plus proche du cône imaginé par Dante, qui s'enfonçait dans la Terre au fond duquel Lucifer s'ennuie, que de l'édifice orgueilleux dépeint par Bruegel et quelques autres qui, du moins, s'élevait vers les cieux, et vers Dieu. »

    — Jean Clair, Lait noir de l'aube (2007), éd. Gallimard, 2007, « Printemps, La Chine », novembre 2006, p. 


    « [...] vient le moment où des nations autres, des religions, des croyances, des langues différentes, plus vigoureuses, plus sûres d'elles-mêmes, font la vidange et prennent la place. Soutiers, boueux, balayeurs, hommes des peine et femmes de ménage, tous chargés du soin des vieilles sociétés d'Occident, déposeront bientôt le corps affaibli dont ils ont la charge. Un pays qui n'est plus conscient ni fier de ses propres idéaux finit seulement par appeler pluralisme ou tolérance ce qui n'est qu'impuissance. »

    — Jean Clair, Journal atrabilaire (2006), éd. Gallimard, coll. « L’Un et l’Autre », 2006, p. 


    From a "purely race-biological standpoint," it was a shame to have the two best "German peoples" of the world at war with each other while all the "nonwhite, black, yellow, Jewish and mixed races" stood by, rubbing their hands with glee.

    — Lettre de Konrad Lorenz à Oskar Heinroth lors de la déclaration de guerre de la Grande Bretagne à l'Allemagne

    (en) Konrad Lorenz cité par Richard W. Burkhardt, Patterns of Behavior: Konrad Lorenz, Niko Tinbergen, and the Foundation of Ethology, éd. University of Chicago Press, 2005 (ISBN 9780226080901), p. 276
    « Du pur point de vue biologique de la race, c'est un désastre de voir les deux meilleurs peuples germaniques du monde se faire la guerre pendant que les races non blanches, noire, jaune, Juive et mélangées restent là en se frottant les mains. »
    — Lettre de Konrad Lorenz à Oskar Heinroth lors de la déclaration de guerre de la Grande Bretagne à l'Allemagne
    (fr) Konrad Lorenz cité par Richard W. Burkhardt, Patterns of Behavior: Konrad Lorenz, Niko Tinbergen, and the Foundation of Ethology, éd. University of Chicago Press, 2005 (ISBN 9780226080901), p. 276


    « Seul le rien s'insère dans ce qui n'a pas de failles. »

    — Lao Tseu, Tao-tö king, trad. Liou Kia-hway, éd. Gallimard, coll. « Folio », 2002 (ISBN 9782070423170), partie 43, p. 65


    « Un état se régit par les lois.
    Une guerre se fait à coup de surprises.
    Mais c'est par le non-faire
    qu'on gagne l'univers.
    Comment le sais-je?
    Par ce qui suit :

    Plus il y a d'interdits et de prohibition,
    plus le peuple s'appauvrit ;
    Plus on possède d'armes tranchantes,
    plus le désordre sévit ;
    Plus se développe l'intelligence fabricatrice,
    plus en découlent d'étranges produits ;
    Plus se multiplient les lois et les ordonnances,
    plus foisonnent les voleurs et les bandits. »

    — Lao Tseu, Tao-tö king, trad. Liou Kia-hway, éd. Gallimard, coll. « Folio », 2002 (ISBN 9782070423170), partie 57, p. 81


    « Les paroles vraies ne sont pas agréables ;
    les paroles agréables ne sont pas vraies. »

    — Lao Tseu, Tao-tö king, trad. Liou Kia-hway, éd. Gallimard, coll. « Folio », 2002 (ISBN 9782070423170), partie 81, p. 110


    « Notre patrie à nous, c’est nos villages, nos autels, nos tombeaux, tout ce que nos pères ont aimé avant nous. Notre patrie, c’est notre Foi, notre terre, notre Roi... Mais leur patrie à eux, qu’est-ce que c’est ? Vous le comprenez, vous ? Ils veulent détruire les coutumes, l’ordre, la tradition. Alors, qu’est-ce que cette Patrie narguante du passé, sans fidélité, sans amour ? Cette Patrie de billebaude et d’irréligion ? Beau discours, n’est-ce ? Pour eux, la Patrie semble n’être qu’une idée ; pour nous elle est une terre. Ils l’ont dans le cerveau ; nous l’avons sous les pieds… Il est vieux comme le diable, le monde qu’ils disent nouveau et qu’ils veulent fonder dans l’absence de Dieu… On nous dit que nous sommes les suppôts des vieilles superstitions ; faut rire ! Mais en face de ces démons qui renaissent de siècle en siècle, sommes une jeunesse, Messieurs ! Sommes la jeunesse de Dieu. La jeunesse de la fidélité ! Et cette jeunesse veut préserver pour elle et pour ses fils, la créance humaine, la liberté de l’homme intérieur... »

    — François-Athanase de Charette de La Contrie, harangue prononcée à ses hommes


    « Le monde n'a été créé qu'en vue d'Israël, voilà pourquoi la terre entière est un lieu qui lui sied. »

    — Juda Loew ben Bezalel, Netzah' Israel [L'Éternité d'Israël] (1599), chap. 24, p. 122


    « Entre les forces de la tradition et celles de l’avancée permanente, de la mise à l’écart, de la destruction, il y aura la guerre. »

    — Botho Strauss, Le Soulèvement contre le monde secondaire (1990), éd. L’Arche, 1996 (ISBN 9782851813701), p. 69-70


    « Être de droite, non par conviction bon marché, pour des visées vulgaires, mais de tout son être, c’est céder à la puissance supérieure d’un souvenir, qui s’empare de l'être humain, et pas tant du citoyen, qui l’isole et l’ébranle au milieu des rapports modernes et éclairés où il mène son existence habituelle. Cette pénétration n’a pas besoin de la mascarade abominable et ridicule d’une imitation servile, ni qu’on aille fouiller la brocante de l’histoire du malheur. Il s’agit d’un acte de soulèvement autre : soulèvement contre la domination totalitaire du présent qui veut ravir à l’individu et extirper de son champ toute présence d’un passé inexpliqué, d’un devenir historique, d’un temps mythique. À la différence de l’imagination de gauche qui parodie l’histoire du Salut, l’imagination de droite ne se brosse pas le tableau d’un royaume à venir, elle n’a pas besoin d’utopie, mais elle cherche le rattachement à la longue durée, celle que rien n’ébranle, elle est selon son essence souvenir de ce qui gît au fond de nous, et dans cette mesure elle est une initiation religieuse ou protopolitique. Elle est toujours et existentiellement une imagination de la Perte et non de la Promesse (terrestre). C’est donc une imagination de poète, depuis Homère jusqu’à Hölderlin. »

    — Botho Strauss, Le Soulèvement contre le monde secondaire (1990), éd. L’Arche, 1996 (ISBN 9782851813701), p. 69-70


    « Jamais on n'a autant discuté des tableaux et jamais ceux-ci n'ont eu aussi peu d'influence sur l'âme et l'esprit de l'homme, sur la société, l'économie et l’État ; et il en est ainsi non seulement des œuvres modernes, mais de tous les tableaux en général. »

    — Max Picard, De la désintégration des formes dans l'art moderne (1954), trad. Tony Faivre, éd. E. Vitte, 1960, p. 26


    « Ni Kafka, ni Joyce, ni Proust n'ont eu besoin de l'appui de l'État pour écrire ce qu'ils ont écrit, ni l'œuvre d'un Wajda, d'un Tadeusz Kantor ou d'un Grotowski n'a résulté des subventions culturelles du socialisme. Et ces six créateurs, bien qu'ils ne soient pas faciles et qu'ils exigent de leurs lecteurs ou spectateurs un effort intellectuel, ont trouvé un public qui pour les six est allé en s'élargissant, comme les cercles concentriques. Une société doit avoir l'art et la littérature qu'elle mérite : ceux qu'elle est capable de produire et ceux qu'elle est prête à payer. Et il est bon que les citoyens assument aussi dans ce domaine leurs propres responsabilités sans y renoncer devant les fonctionnaires, pour éclairés qu'ils soient. [...] Cela ne signifie évidemment pas que l'État n'ait aucune responsabilité culturelle. Il en a une, l'éducation. [...] Mais en matière d'éducation non plus l'État ne doit pas seul avoir voix au chapitre. »

    — Mario Vargas Llosa, Les enjeux de la liberté (1991), trad. Albert Bensoussan, éd. Gallimard, coll. « Hors Série », 1997 (ISBN 9782070745562), p. 40


    « La vie moderne autorise les voyages, mais ne procure pas d’aventure. »

    — Jean Mermoz, Mes vols (1937), éd. Flammarion, chap. 1


    « [...] Israël est la croix même sur laquelle Jésus est éternellement cloué ; il est donc le peuple porte-salut, le peuple sacré dans la lumière et sacré dans l'abjection, tel que l'ignominieux et resplendissant gibet du Calvaire. »

    — Remy de Gourmont, « Le Salut par les Juifs », Le Figaro, 20 septembre 1892


    « Mort, c'est tout ce que nous voyons éveillés ; songes, ce que nous voyons en dormant. »

    — Héraclite, « Fragments d'Héraclite », dans Penseurs grecs avant Socrate. De Thalès de Milet à Prodicos, éd. Flammarion, coll. « Garnier Flammarion », 1993 (ISBN 9782080700315), p. 75


    « L'homme, dans la nuit, allume une lumière pour lui-même ; mort, il s'éteint. Or, au cours de sa vie, quand il dort, les yeux éteints, il ressemble à un mort ; éveillé, il semble dormir. »

    — Héraclite, « Fragments d'Héraclite », dans Penseurs grecs avant Socrate. De Thalès de Milet à Prodicos, éd. Flammarion, coll. « Garnier Flammarion », 1993 (ISBN 9782080700315), p. 75


    « Ce qui attend les hommes après la mort, ce n'est ni ce qu'ils espèrent, ni ce qu'ils croient. »

    — Héraclite, « Fragments d'Héraclite », dans Penseurs grecs avant Socrate. De Thalès de Milet à Prodicos, éd. Flammarion, coll. « Garnier Flammarion », 1993 (ISBN 9782080700315), p. 75


    « Plaise à Dieu que mon sang soit le dernier sang espagnol versé dans des discordes civiles. Plaise à Dieu que le peuple espagnol, si riche en qualités dignes d’être aimées, trouve dans la paix, la Patrie, le Pain et la Justice [...]. Que notre Seigneur accepte ma mort en sacrifice pour compenser en partie ce qu’il y a eu d’égoïsme et de vain dans ma vie. Je pardonne de toute mon âme à tous ceux qui ont pu me faire du tort ou m’offenser, sans aucune exception et je prie que tous ceux auxquels je dois la réparation d’un dommage grand ou petit me pardonnent [...]. Je veux être enterré conformément au rite de la religion Catholique, Apostolique et Romaine, que je pratique, en terre bénite et sous la protection de la Croix. »

    — José Antonio Primo de Rivera, « Testamento (18 novembre 1936) », dans Escritos y Discursos. Obras Completas (1922-1936), trad. Arnaud Imatz, éd. Instituto de Estudios Políticos, 1976, p. 1097


    « À travers la volonté générale, le peuple-roi coïncide désormais mythiquement avec le pouvoir ; cette croyance est la matrice du totalitarisme. »

    — François Furet, Penser la Révolution française (1978), éd. Gallimard, coll. « NRF », 1978, p. 232


    « Un peuple est tout dans son territoire. Le prix de son sol est le propre poids de son âme.

    Jugez de ce qu'un peuple défend quand il défend ses frontières ! »

    — Antoine Blanc de Saint-Bonnet, La Restauration française (1851), éd. Laroche, 1872, p. 


    « L'homme sans Dieu n'aboutit qu'à immoler l'homme. »

    — Antoine Blanc de Saint-Bonnet, La Légitimité (1873), éd. Casterman, 1873, p. 


    « Les industriels et les financiers ne regardent pas si les âmes se perdent, mais si les affaires se font. »

    — Antoine Blanc de Saint-Bonnet, La Légitimité (1873), éd. Casterman, 1873, p. 83


    « Quand les hommes perdent de vue les nécessités morales, Dieu fait sortir la lumière des nécessités d’un autre ordre ! Si la Foi n’est plus reçue par l’oreille, elle nous sera enseignée par la faim. La société rencontrera un empêchement dans chacun de nos vices. Il faudra en détruire un si l'on veut avancer d'un pas. Avant de changer vos gouvernements, il fallait vous changer vous-mêmes. La loi ne décrète pas la vertu, et quand cette dernière est loin, le décret reste sans arme. Le jour est venu où l'homme qui lance le mauvais exemple aiguise un poignard contre lui. Les barbares ne sont plus à nos portes, mais au-dedans, ce sont ceux qui dix-huit siècles de christianisme n'ont pas pu arracher à la vieille souche du monde ! Nos vices ont partagé la Société ; ils ont mis comme deux civilisations l'une dans l'autre. Position unique dans l'histoire ! La civilisation ouvrira ses propres flancs pour donner la bataille. Le christianisme constituera la Société moderne, ou la verra voler en éclats...

    Les faits économiques, avant peu, mettront les vérités à nu. Vos lois auront tout reconnu, tout consacré et tout administré ; les moyens humains seront tous employés ; jamais armée plus nombreuse, jamais législation plus complète, jamais administration plus puissante ; alors, arrivés au bout des causes secondes, vous viendrez vous briser contre la cause première ! Ce ne sera plus la doctrine méconnue que l’on entendra, ce ne sera plus la conscience inécoutée qui criera. Les faits parleront leur grande voix. La vérité quittera les hauteurs de la parole ; elle entrera dans le pain que nous mangeons, dans le sang dont nous vivons ; la lumière sera du feu ! Les hommes se verront entre la vérité et la mort... auront-ils l’esprit de choisir ? »

    — Antoine Blanc de Saint-Bonnet, La Restauration française (1851), éd. Laroche, 1872, avant-propos, p. 8


    « Une couronne d’épines a fait plus pour l’humanité que toutes les couronnes des rois. »

    — Antoine Blanc de Saint-Bonnet, De la douleur (1849), éd. Liberton et Brun, 1849, p. 


    « Le plaisir n’est pas offert pour y céder ; mais pour y résister, et par ce moyen devenir libre. »

    — Antoine Blanc de Saint-Bonnet, De la douleur (1849), éd. Liberton et Brun, 1849, p. 


    « Vous cherchez toutes les causes qui ruinent corps et âme la France ; ne trouverez-vous point que la première est dans la perte de la Foi ! Vous chercherez tous les moyens de réduire la misère ; ne trouverez-vous point que le premier est d’augmenter la vertu ! Par quel chemin verra-t-on, en France, revenir l’esprit à la place de la chair, l’humilité à la place du luxe, le champ à la place de la banque, enfin le capital à la place du paupérisme ? Par un chemin que Dieu tient en réserve s’il veut encore sauver la Nation qui l’oublie... »

    — Antoine Blanc de Saint-Bonnet, De la douleur (1849), éd. Liberton et Brun, 1849, p. 


    « Tout patriote est dur aux étrangers : ils ne sont qu’hommes, ils ne sont rien à ses yeux. Cet inconvénient est inévitable, mais il est faible. L’essentiel est d’être bon aux gens avec qui l’on vit [...]. Méfiez-vous de ces cosmopolites qui vont chercher loin de leur pays des devoirs qu'ils dédaignent accomplir chez eux. Tel philosophe aime les Tartares pour être dispensé d'aimer ses voisins. »

    — Jean-Jacques Rousseau, « Émile, ou De l'éducation (1762) », dans Œuvres complètes de J.-J. Rousseau, éd. A. Houssiaux, 1852-1853, t. II, livre 1, p. 401


    « Ô la femme ! Quel être perfide ! C’est maintenant seulement que j’ai compris ce qu’était la femme. Personne n’a jamais su jusqu’ici de qui elle était amoureuse : c’est moi le premier qui l’ai découvert. La femme est amoureuse du diable. Je ne plaisante pas. »

    — Nicolas Gogol, Le Journal d’un fou (1835), trad. Boris de Schlœzer, éd. La République des Lettres, 2013, p. 


    « On prétend que les filles de nos jours mûrissent plus vite qu'autrefois. Physiologiquement, c'est vrai. Mais, en un autre sens, elles sont au contraire en retard sur leurs aînées. Moralement, elles restent enfants plus longtemps. Il suffit pour s'en convaincre de voir la façon dont elles s'habillent et se coiffent. Leurs cheveux flottants, leurs minijupes, leurs nuisettes, leurs shorts sont comme le symbole de leur adoration pour l'enfance. Elles ne veulent pas devenir adultes, elles refusent d'assumer les responsabilités inhérentes à l'âge adulte. Et cependant, comme toutes les enfants, elles souhaitent qu'on les prenne pour des grandes personnes, elles souhaitent être libres d'accomplir ce qu'elles croient être des actes d'adultes. C'est cette attitude qui, parfois, conduit au drame. »

    —Agatha Christie, Némésis (1971)


    « [...] le besoin d'émancipation d'une femme, et l'aptitude chez elle à une telle émancipation ne reposent que sur ce qu'elle a de masculin. [...] Le plus grand, le seul ennemi de l'émancipation de la femme, est la femme. »

    — Otto Weininger, Sexe et caractère (1903), trad. Daniel Renaud, éd. L'Âge d'Homme, coll. « Sphinx », 1975 (ISBN 9782825123935), p. 66-75


    « On multiplie partout les manifestations sportives, hein ? Vraiment, quel signe de décadence ! Le genre de spectacle qu’il faudrait montrer aux gens, on ne le leur fait jamais voir ; ce qu’il faudrait leur montrer, ce sont les exécutions capitales. Pourquoi ne sont-elles pas publiques ? »

    — Yukio Mishima, Le Pavillon d’Or (1956), éd. Gallimard, coll. « Folio », 1975, p. 168


    "[...] corruptissima republica plurimae leges."

    — Cornelius Tacitus, Annales, III, 27

    « [...] et jamais les lois ne furent plus multipliées que lorsque l'État fut le plus corrompu. »
    — Tacite, « Annales », dans Œuvres complètes de Tacite, trad. Jean-Louis Burnouf, éd. Librairie Hachette et Cie, 1872, p. 110


    « Il restait au moins à chaque corps, à chaque communauté de citoyens le droit d’administrer ses propres affaires ; droit que nous ne disons pas qui fusse partie de la constitution primitive du royaume, car il remonte bien plus haut : c’est le droit naturel, c’est le droit de la raison. Cependant il a été aussi enlevé a vos sujets, sire, et nous ne craindrons pas de dire que l’administration est tombée à cet égard dans des excès qu’on peut nommer puérils.

    Depuis que des ministres puissants se sont fait un principe politique de ne point laisser convoquer d’assemblée nationale, on en est venu, de conséquences en conséquences, jusqu’à déclarer nulles les délibérations des habitants d’un village quand elles ne sont pas autorisées par l'intendant ; en sorte que si cette communauté a une dépense à faire, quelque légère qu'elle soit, il faut prendre l’attache du subdélégué de l’intendant, par conséquent suivre le plan qu’il a adopté, employer les ouvriers qu’il favorise, les payer suivant son arbitrage ; et si la communauté a un procès à soutenir, il faut aussi qu’elle se fasse autoriser par l’intendant ; il faut que la cause de la communauté soit plaidée à ce premier tribunal avant d’être portée à la justice ; et si l’avis de l’intendant est contraire aux habitants, ou si leur adversaire a du crédit à l’intendance, la communauté est déchue de la faculté de défendre ses droits.

    Voilà, sire, par quels moyens on a travaillé à étouffer en France tout esprit municipal, à éteindre, si on le pouvait, jusqu’aux sentiments de citoyens ; on a, pour ainsi dire, interdit à la nation entière, et on lui a donné des tuteurs. »

    — Chrétien Guillaume de Lamoignon de Malesherbes, Mémoires pour servir à l’histoire du droit public de la France en matière d’impôts (1779), éd. Bruxelles, 1779, p. 654


    « Il n’est pas de pays où la manie de trop gouverner ait pris de plus profondes racines qu’en France, et où elle cause plus de mal. »

    — Thomas Jefferson, Lettres à James Madison, 28 août 1789


    « Car, hélas ! tout s’en va. Depuis seulement que j’existe il s’est fait plus de mouvement dans les idées et dans les coutumes de mon village, qu’il ne s’en était vu durant des siècles avant la révolution. Déjà la moitié des cérémonies celtiques, païennes ou moyen âge, que j’ai vues encore en pleine vigueur dans mon enfance, se sont effacées. Encore un ou deux ans peut-être, et les chemins de fer passeront leur niveau sur nos vallées profondes, emportant, avec le rapidité de la foudre, nos antiques traditions et nos merveilleuses légendes. »

    — George Sand, La Mare au diable (1846), éd. Gallimard, coll. « Folio », 1999, p. 154


    « Dans la lettre à Jaubert elle affirme : "Nous parlons ici le berrichon pur et le français le plus primitif." Elle le redit en 1846 dans son article de L'Éclaireur : "C'est dans la Vallée-Noire qu'on parle le vrai, le pur berrichon, qui est le vrai français de Rabelais." Dans Les Noces de campagne elle complète l'idée en assurant : " Le Berry est resté stationnaire et je crois qu'après la Bretagne et quelques provinces de l'extrême midi de la France, c'est le pays le plus conservé qui se puisse trouver à l'heure qu'il est." En 1844 avaient paru les trois premiers volumes de l'Histoire du Berry de Raynal qui lui ont appris qu'on retrouvait dans le Berry des traces de la civilisation gauloise. »

    — George Sand, La Mare au diable (1846), éd. Gallimard, coll. « Folio », 1999, Notice, p. 221-222


    « [...] la contraception, qui est faire l'amour sans faire l'enfant, la fécondation extracorporelle, qui est faire l'enfant sans faire l'amour, l'avortement, qui est défaire l'enfant, et la pornographie, qui est défaire l'amour, ne sont pas conformes à la dignité naturelle de l'homme. »

    — Jérôme Lejeune, « Existe-t-il une morale naturelle ? », Académie pontificale des sciences, 1989


    « Un homme qui travaille à assurer sa dynastie, qui bâtit pour l'éternité, est moins à craindre que des parvenus pressés de s'enrichir et de signaler leur passage par quelque folie d'éclat. »

    — Pierre-Joseph Proudhon, De la Création de l’Ordre dans l’Humanité (1843), éd. A. Lacroix et Cie, 1873, p. 372


    « Il faut rester là et crier la vérité, jusqu'à ce qu'on vous assomme. Il ne faut jamais s'en aller. »

    — Pierre Drieu La Rochelle, Charlotte Corday (1939), éd. Gallimard, 1944, p. 25


    « De tant de nouveautés je ne suis curieux ;
    Il me plaît d’imiter le train de mes aïeux ; »

    — Pierre de Ronsard, « Remontrance au peuple de France » (1563)


    « En nom Dieu, les hommes d'arme batailleront et Dieu donnera la victoire. »

    — Sainte Jeanne d'Arc, Procès de réhabilitation, t. II, p. 436-439


    « Pardonnez l'un à l'autre de bon cœur comme doivent le faire de valeureux chrétiens, et si vous tenez à guerroyer, allez combattre les Sarrasins. »

    — Sainte Jeanne d'Arc, Lettre au Duc de Bourgogne (17 juillet 1429), Procès, t. V, p. 126

    « Même si tu es vaincu, même si tu meurs, même si l’on t’a rayé de la carte, même si l’on ne prononce plus ton nom, mon peuple, tu ressusciteras. Tu ressusciteras aussi longtemps que tu auras gardé au fond de ta conscience ton type fondamental dont les racines puisent une nouvelle et plus forte sève dans les os sacrés des morts. »

    • Gonzague de Reynold, Expérience de la Suisse (1970), éd. Éditions de Nuithonie, 1970, p. 264

    « Tous les arts ont produit des merveilles ; l’art de gouverner n’a produit que des monstres [...]. »

    • Louis Antoine de Saint-Just, Discours sur la constitution à donner à la France (24 avril 1793), in Œuvres de Saint-Just, represéntant du peuple à la Convention nationale, éd. Prévot, 1834, p. 69

    « Avant de bâtir pour les vivants, on a bâti pour les morts. Pour notre éphémère existence terrestre n'importe quelle fragile charpente semblait suffire, mais l’éternité de la mort exigeait pour ses demeures la solidité de la pierre. »

    • Johann Jakob Bachofen, Du règne de la mère au patriarcat, trad. Adrien Turel, éd. Presses universitaires de France, 1938, p. 5
    „Für die Toten hat man eher gebaut als für die Lebenden, und wenn für die Spanne Zeit, die diesen gegeben ist, vergängliches Holzwerk genügt, so verlangt die Ewigkeit jener Behausung den festen Stein der Erde.“

    « Après vous avoir déclaré, Monsieur, combien je suis docile à l'autorité de la religion, je dois vous avouer combien je suis indocile à toute autorité de philosophie. »

    • Fénelon, Lettres sur la religion (1718), lettre IV, in Œuvres complètes de Fénelon, archevêque de Cambrai, éd. J. Leroux et Jouby, 1851, vol. 1, p. 124

    « La beauté affreuse de notre époque c’est que les races se sont mêlées sans se comprendre ni avoir eu le temps de se connaître et d’apprendre à se supporter. [...]

    La terre cesse d’être un drapeau aux couleurs violentes : c’est l’âge sale du Métis. »

    • Paul Morand, Rien que la terre (1926), premier chapitre

    « En fait, sans aucune exagération, le mécanisme actuel de la création de monnaie par le crédit est certainement le "cancer" qui ronge irrémédiablement les économies de marchés de propriété privée. »

    • Maurice Allais, La Crise mondiale d’aujourd’hui. Pour de profondes réformes des institutions financières et monétaires. (1999), éd. Clément Juglar, 1999, p. 74

    « Élam, Ninive, Babylone étaient de beaux noms vagues, et la ruine totale de ces mondes avait aussi peu de signification pour nous que leur existence même. Mais France, Angleterre, Russie... ce seraient aussi de beaux noms. [...] Et nous voyons maintenant que l’abîme de l’histoire est assez grand pour tout le monde. »

    • Paul Valéry, La Crise de l’esprit (1919), Première lettre, in Valéry, Œuvres, éd. Jean Hytier, vol. 1, 1957, p. 988

    « Le problème avec le mythe de la violence religieuse n'est pas qu'il condamne certains types de violence, mais qu'il détourne l'analyse morale des autres types de violence. La violence classée "religieuse" serait toujours répréhensible ; la violence classée "séculière" serait souvent nécessaire et parfois digne de louange. »

    • William Cavanaugh, Le mythe de la violence religieuse (2009), trad. Anne Fouques Duparc, éd. L'Homme Nouveau, 2009 (ISBN 9782915988291), p. 185

    "There will come an age in the far-off years when Ocean shall unloose the bonds of things, when the whole broad earth shall be revealed, when Tethys shall disclose new worlds and Thule not be the limit of the lands."

    • Seneca, Medea, Translated by Frank Justus Miller, v. 379
    « Un temps viendra, dans le cours des siècles, où l’Océan élargira la ceinture du globe, pour découvrir à l’homme une terre immense et inconnue ; la mer nous révélera de nouveaux mondes, et Thulé ne sera plus la borne de l’univers. »
    • Sénèque, Médée, trad. Charles-Louis-Fleury Panckoucke, 1834, acte II, scène 2

    « N'y allez pas. Penser contre son temps, c'est de l'héroïsme. Mais le dire, c'est de la folie. »

    • Eugène Ionesco, Tueur sans gages (1959), éd. Gallimard, coll. Folio, 1974 (ISBN 9782070365760), p. 165

    « Un des grands malheurs de la vie moderne, c’est le manque d’imprévu, l’absence d’aventures. »

    "The tragedy of modern man is not that he knows less and less about the meaning of his own life, but that it bothers him less and less."

    « L'élément tragique pour l'homme moderne, ce n'est pas qu'il ignore le sens de sa vie, mais que ça le dérange de moins en moins. »

    « Nos pères détruisirent joyeusement, parce qu'ils vivaient à une époque qui conservait quelques vestiges de la solidité du passé. C'était cela même qu'ils détruisaient qui donnait assez de force à la société pour qu'ils puissent détruire sans sentir l'édifice se disjoindre. Nous héritons de la destruction et de ses résultats. De nos jours, le monde appartient aux imbéciles, aux coeurs secs et aux agités. Le droit de vivre et de triompher s'acquiert aujourd'hui par les mêmes moyens que s'obtient un internement à l'asile : l'incapacité de penser, l'amoralité et l'hyperexcitation. »

    « Ici, nous n'avons pas l'emploi des vieilles choses. [...] Surtout si elles sont belles. La beauté attire, et nous ne voulons pas qu'on soit attiré par les vieilles choses. Nous voulons qu'on aime les neuves. »

    « Tout d’un coup, il m’est devenu indifférent de ne pas être moderne. »

    • Roland Barthes, « Délibération », in Tel Quel, note du 13 août 1977

    « On dirait que les hommes, plus ils se connaissent, moins ils s’aiment, plus ils se touchent et plus ils se rétractent, plus ils prennent une conscience exclusive d’eux-mêmes et plus ils s’attachent à leurs caractères propres et à leurs différences fondamentales. »

    • Paul Claudel, notant dans les années 30, l’étonnante concomitance entre la montée des nationalismes européens et les progrès de la communication, de la radio, du téléphone, de la photographie, du rail

    « Le canon a tué la féodalité ; l’encre tuera la société moderne. »

    « Je n’ai aucune foi dans le "progrès", ni dans la "modernité", ni dans la "bonté de l’homme". Au contraire, je suis un démolisseur de ces mythes. Je n'aime que les grands hommes, car ils sont la seule lueur dans les bois. »

    « Vous vivez lâchement, sans rêve, sans dessein,
    Plus vieux, plus décrépis que la terre inféconde,
    Châtrés dès le berceau par le siècle assassin
    De toute passion vigoureuse et profonde.

    Votre cervelle est vide autant que votre sein,
    Et vous avez souillé ce misérable monde
    D’un sang si corrompu, d’un souffle si malsain,
    Que la mort germe seule en cette boue immonde.

    Hommes, tueurs de Dieux, les temps ne sont pas loin
    Où, sur un grand tas d’or vautrés dans quelque coin,
    Ayant rongé le sol nourricier jusqu’aux roches,

    Ne sachant faire rien ni des jours ni des nuits,
    Noyés dans le néant des suprêmes ennuis,
    Vous mourrez bêtement en emplissant vos poches. »

    « Pour les hommes d’aujourd’hui la gloire n’est plus depuis longtemps que la célébrité, et par suite quelque chose de très douteux, un acquit jeté et distribué ici et là par les journaux et la radio – presque le contraire de l’être. »

    • Martin Heidegger, Introduction à la métaphysique [Einführung in die Metaphysik], 1935, 1958 (trad.)

    « La civilisation industrielle n’est possible que lorsqu’il n’y a pas de renoncement. La jouissance jusqu’aux limites extrêmes que lui imposent l’hygiène et les lois économiques. Sans quoi les rouages cessent de tourner. […] La passion et la neurasthénie, c’est l’instabilité. Et l’instabilité, c’est la fin de la civilisation. On ne peut avoir une civilisation durable sans une bonne quantité de vices aimables. […] La civilisation n'a pas le moindre besoin de noblesse ou d'héroïsme. Ces choses-là sont des symptômes d'incapacité politique. Dans une société convenablement organisée comme la nôtre, personne n'a l'occasion d'être noble ou héroïque. Il faut que les conditions deviennent foncièrement instables avant qu'une telle occasion puisse se présenter. Là où il y a des guerres, là où il y a des serments de fidélité multiples et divisés, là où il y a des tentations auxquelles on doit résister, des objets d'amour pour lesquels il faut combattre ou qu'il faut défendre, là, manifestement, la noblesse et l'héroïsme ont un sens. Mais il n'y a pas de guerres, de nos jours. On prend le plus grand soin de vous empêcher d'aimer exagérément qui que ce soit. Il n'y a rien qui ressemble à un serment de fidélité multiple ; vous êtes conditionné de telle sorte que vous ne pouvez vous empêcher de faire ce que vous avez à faire. Et ce que vous avez à faire est, dans l'ensemble, si agréable, on laisse leur libre jeu à un si grand nombre de vos impulsions naturelles, qu'il n'y a véritablement pas de tentations auxquelles il faille résister. Et si jamais, par quelque malchance, il se produisait d'une façon ou d'une autre quelque chose de désagréable, eh bien, il y a toujours le soma qui vous permet de prendre un congé, de vous évader de la réalité. Et il y a toujours le soma pour calmer votre colère, pour vous réconcilier avec vos ennemis, pour vous rendre patient et vous aider à supporter les ennuis. Autrefois, on ne pouvait accomplir ces choses-là qu'en faisant un gros effort et après des années d'entraînement moral pénible. A présent, on avale deux ou trois comprimés d'un demi-gramme, et voilà. Tout le monde peut être vertueux, à présent. On peut porter sur soi, en flacon, au moins la moitié de sa moralité. Le christianisme sans larmes, voilà ce qu'est le soma. »

    • Aldous Huxley, Le Meilleur des mondes, trad. Jules Castier, éd. Pocket, 1977 (ISBN 9782266023108), chap. 17, p. 262

    "Nowadays people know the price of everything, and the value of nothing."

    • Oscar Wilde, The Picture of Dorian Gray (1891), in The Major Works, Oscar Wilde, éd. Penguin, 2000 (ISBN 9780192840547), p. 82
    « Aujourd'hui, chacun sait le prix de toutes choses, et nul ne connaît la valeur de quoi que ce soit. »
    • Oscar Wilde, Le Portrait de Dorian Gray (1891), trad. Eugène Tardieu et Georges Maurevert, éd. A. Savine, 1895, chap. IV, p. 68
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    "To be really mediæval one should have no body. To be really modern one should have no soul. To be really Greek one should have no clothes."

    • Oscar Wilde, A Few Maxims for the Instruction of the Over-Educated (1894)
    « Pour être vraiment médiéval, il ne faut pas avoir de corps. Pour être vraiment moderne, il ne faut pas avoir d'âme. Pour être vraiment grec, il faut être nu. »

    "[...] by relieving the individual of the need to have ‘private virtues,’ you’ll ensure that they wither away to the edges of society... Almost by definition, secularism cannot be a future: it’s a present-tense culture that over time disconnects a society from cross-generational purpose."

    • Mark Steyn, America Alone: The End of the World as We Know It, Regnery Publishing, 2008 (ISBN 9781596985278), p. xxix

    « Ce qu'il faut dire, et c'est peut-être le plus piquant, c'est que, si ces penseurs se réclament de l'athéisme, c'est par un inconscient atavisme chrétien, qui leur interdit d'user du mot "dieu" pour une divinité aussi païenne qu'est la leur : un "Deus sive Natura".

    C'est la même courte vue, colmatée toujours par un christianisme rémanent, qui persuade tant de modernes que notre temps est particulièrement athée. En fait, de nos jours comme à bien d'autres époques, les hommes oscillent d'un panthéisme instinctif à un athéisme de tête. »

    • Louis Bouyer, Religieux et clercs contre Dieu, éd. Aubier Montaigne, 1975

    « L'athéisme a partie liée avec la mythologie et avec les philosophies de l'irrationnel [...] c'est une foi irrationnelle. [...] Le rationalisme, c'est le monothéisme. »

    « L'athéisme n'est pas un doctrine stable en elle-même. L'athéisme vire nécessairement en panthéisme, dès lors qu'il prend conscience de son propre contenu, dès lors qu'il prend conscience de ses implications, et dès lors qu'il tient compte du monde. »

    « L’athéisme, c’est le culte de l’État. »

    « En premier lieu, arrachez à la franc-maçonnerie le masque dont elle se couvre et faites la voir telle qu'elle est.

    Secondement, [...] instruisez vos peuples ; faites leur connaître les artifices employés par ces sectes pour séduire les hommes et les attirer dans leurs rangs, montrez leur la perversité de leur doctrine et l'infamie de leurs actes. »

    « Ils marchent sur les traces des impies qui, au siècle dernier, se parèrent du titre de philosophes, ceux qui, aujourd'hui, disent, que tout pouvoir vient du peuple... »

    [...] Nier cette souveraineté de Dieu et refuser de s’y soumettre, ce n’est pas la liberté, c’est abus de la liberté et révolte ; et c’est précisément d’une telle disposition d’âme que se constitue et que naît le vice capital du Libéralisme. On peut, du reste, en distinguer plusieurs espèces ; car il y a pour la volonté plus d’une forme et plus d’un degré dans le refus de l’obéissance due à Dieu ou à ceux qui participent à son autorité divine. [...]

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    Le modernisme est « l'égout collecteur de toutes les hérésies. »

    « Les modernistes sont les pires ennemis de l'Église. »

    « Que votre foi ait pour témoins non seulement les murs du foyer domestique ou des réunions privées, mais les églises, les places publiques, les grands foules, les assemblées populaires… Rendez hommage à Dieu en quelque lieu et devant quelque personne que ce soit. N'ayez jamais la lâcheté de craindre les moqueries de ceux qui voudraient fermer les lèvres ouvertes à la louange de Dieu. »

    • Saint Pie X, Allocution Réconforté, 25 septembre 1904

    « Ce qui exige surtout que Nous parlions sans délai, c'est que les artisans d'erreurs, il n'y a pas à les chercher aujourd'hui parmi les ennemis déclarés. Ils se cachent et c'est un sujet d'appréhension et d'angoisse très vives, dans le sein même et au cœur de l'Église, ennemis d'autant plus redoutables qu'ils le sont moins ouvertement. Nous parlons, Vénérables Frères, d'un grand nombre de catholiques laïques, et, ce qui est encore plus à déplorer, de prêtres, qui, sous couleur d'amour de l'Église, absolument courts de philosophie et de théologie sérieuses, imprégnés au contraire jusqu'aux moelles d'un venin d'erreur puisé chez les adversaires de la foi catholique, se posent, au mépris de toute modestie, comme rénovateurs de l'Église ; qui, en phalanges serrées, donnent audacieusement l'assaut à tout ce qu'il y a de plus sacré dans l'œuvre de Jésus-Christ, sans respecter sa propre personne, qu'ils abaissent, par une témérité sacrilège, jusqu'à la simple et pure humanité. »

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    « On ne bâtira pas la cité autrement que Dieu ne l’a bâtie ; on n'édifiera pas la société, si l'Eglise n'en jette les bases et ne dirige les travaux ; non, la civilisation n’est plus à inventer ni la cité nouvelle à bâtir dans les nuées. Elle a été, elle est ; c’est la civilisation chrétienne, c’est la cité catholique. Il ne s’agit que de l’instaurer et la restaurer sans cesse sur ses fondements naturels et divins contre les attaques toujours renaissantes de l’utopie malsaine, de la révolte et de l’impiété : "Omnia instaurare in Christo" [Tout restaurer en Christ]. »

    « L'absence de Dieu signifie l'abandon du monde, mais dans ce monde abandonné, l'homme découvrira qu'il est lui-même absent. »

    "Almost by definition, secularism cannot be a future: it’s a present-tense culture that over time disconnects a society from cross-generational purpose. Which is why there are no examples of sustained atheist civilizations. "Atheistic humanism" became inhumanism in the hands of the Fascists and Communists and, in its less malign form in today's European Union, a kind of dehumamism in which a present-tense culture amuses itself to extinction. Post-Christian European culture is already post-cultural and, with its surging Muslim populations, will soon be post-European."

    • Mark Steyn, America Alone: The End of the World as We Know It, Regnery Publishing, 2008 (ISBN 9781596985278), p. 98

    « L’athéisme dans les lois, l’indifférence en matière de religion et les maximes pernicieuses, appelées catholiques-libérales, sont, oui, elles sont véritablement la cause de la ruine des États ; elles l’ont été de la perte de la France. Croyez-moi, le mal que je vous dénonce est plus terrible que la Révolution, plus terrible même que la Commune. J’ai toujours condamné le catholicisme-libéral et je le condamnerai encore quarante fois si c’est nécessaire. »

    • Pie IX, répondant à une députation de catholiques français, 18 juin 1871

    « Si l'Homme n'était pas devenu criminel, il n'y aurait pas eu de Christ ? Et donc, dans cette hypothèse, dans cette conjecture, le chef-d'oeuvre de Dieu, le summum opus Dei, serait un accident, un fait qui résulte d'un accident, occasionatum. En somme, dans cette conjecture, le plus grand des biens, le Christ, proviendrait, résulterait de la faute de l'Homme. C'est tout à fait déraisonnable, irrationnel, valde irrationabile. »

    « L'Église est Israël, et elle le sait. Mais elle est Israël ouvert à toutes les nations qui viennent chercher la connaissance du Dieu vivant. L'Église a dû se séparer de l'Israël-peuple pour accomplir la vocation même d'Israël, et la promesse faite à Abraham : en toi seront bénies toutes les nations de la terre. »

    « Mes enfants le sel vient de l'eau, et s'il est en contact avec l'eau, il se dissout et disparaît. De même le moine naît de la femme, et s'il approche d'une femme, il se dissout et cesse d'être moine. »

    « Nos gouvernements modernes doivent incontestablement au christianisme leur plus solide autorité et leurs révolutions moins fréquentes. Il les a rendus eux-mêmes moins sanguinaires : cela se prouve par le fait, en les comparant aux gouvernements anciens. »

    • Jean-Jacques Rousseau, Émile, ou De l'éducation (1762), livre IV, dans la dix-neuvième note de la Profession de foi du vicaire savoyard

    « Mais où Jésus avait-il pris chez les siens cette morale élevée et pure dont lui seul a donné les leçons et l’exemple ? Du sein du plus furieux fanatisme la plus haute sagesse se fit entendre, et la simplicité des plus héroïques vertus honora le plus vil de tous les peuples. La mort de Socrate philosophant tranquillement avec ses amis est la plus douce qu’on puisse désirer ; celle de Jésus expirant dans les tourments, injurié, raillé, maudit de tout un peuple est la plus horrible qu’on puisse craindre ; Socrate prenant la coupe empoisonnée bénit celui qui la lui présente et qui pleure ; Jésus au milieu d’un supplice affreux prie pour ses bourreaux acharnés. Oui, si la vie et la mort de Socrate sont d’un sage, la vie et la mort de Jésus sont d’un Dieu. »

    « Le christianisme dans sa véritable signification détruit l’État. C’est ainsi qu’il fut compris dès le début et c’est pourquoi le Christ a été crucifié. Il a été compris ainsi de tout temps par les hommes que ne liait pas la nécessité de justifier l’État chrétien. Ce n’est qu'à partir du moment où les chefs d’État ont accepté le christianisme nominal extérieur qu’on a commencé à inventer les théories subtiles d’après lesquelles on peut concilier le christianisme avec l’État. Mais, pour tout homme sincère de notre époque, il ne peut pas ne pas être évident que le véritable christianisme — la doctrine de la résignation, du pardon, de l’amour — ne peut pas se concilier avec l’État, avec son despotisme, sa violence, sa justice cruelle et ses guerres. Non seulement le véritable christianisme ne permet pas de reconnaître l’État, mais il en détruit les principes mêmes.

    Mais, s’il en est ainsi, s’il est vrai que le christianisme est inconciliable avec l’État, une question se pose tout naturellement : Qu’est-ce qui est plus nécessaire pour le bien de l’humanité, qu’est-ce qui lui assure le plus de bonheur ? Est-ce l’organisation gouvernementale ou le christianisme ? »

    • Léon Tolstoï, Le salut est en vous (1893), éd. Perrin, 1893, p. 249

    "For the Son of God became man so that we might become God."

    « Dieu est devenu homme afin que l'homme devienne Dieu. »

    « Quant au reste, pour ma modeste part, j'incline beaucoup à partager les raisonnables sentiments du Führer quand il écrivait : "Les idées et les institutions religieuses de son peuple doivent toujours rester inviolables pour le chef politique ; sinon, qu'il cesse d'être un homme politique et qu'il devienne un réformateur, s'il en a l'étoffe." Il n'est pas de conducteur de peuples, en Occident, qui puisse rejeter du premier mouvement l'immense force, frein et moteur, que fut le christianisme, qui ne songe à canaliser cette force, à la [ici la phrase n'est pas terminée dans mon édition] Mais si les Eglises persistent à trahir la société, il est fatal que les Etats se substituent de plus en plus largement à elles, et qu'ils prêtent leur assistance à un réformateur. Les Eglises posséderaient encore en elles-mêmes le secret de leur salut et d'un rayonnement nouveau, le moyen de remplir leur plus belle mission parmi les hommes. Elles pourraient redevenir les parvis du monde surnaturel, restaurer leur métaphysique et leur mystique lézardées. Elles collaboreraient ainsi magnifiquement à cette réfection gigantesque du monde que nous sommes tenus aujourd'hui d'accomplir. Elles apparaissent bien mal préparées à ce rôle. Il leur faudrait assurément des chefs d'une autre envergure qu'un pape Pacelli, fouine oblique qui temporise et prend le vent, réchauffe des camomilles de nonnes, quand il lui faudrait sur l'heure fulminer l'encyclique "Errore judaïco". [...] Si j'étais le pape, à Dieu ne plaise, les six lettres L.U.T.H.E.R. hanteraient souvent mon sommeil. Mais il se pourrait bien cette fois que Luther ne surgît point d'entre les clercs. »

    "Then you will know the truth, and the truth will set you free."

    « Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libre. »

    « Le temps des mille ans s'achève. Voilà que sortent les nations qui sont aux quatre coins de la terre et qui égalent en nombre le sable de la mer. Elles partiront en expédition sur la surface de la terre, elles investiront le camp des saints et la ville bien-aimée. »

    « Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel des nids ; mais le Fils de l'homme n'a pas où poser sa tête. »

    • Saint Luc, IX, 58, cité par Emil Cioran dans Le crépuscule des pensées (1940), trad. Mirella Patureau-Nedelco, éd. Le Livre de Poche, coll. Essais, 1991 (ISBN 9782253065098), p. 72

    "Civilization is not inherited; it has to be learned and earned by each generation anew; if the transmission should be interrupted for one century, civilization would die, and we should be savages again."

    « Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles. »

    « Nous savons, sans qu'on nous le dise, que le Perse a des forces mille fois plus importantes que les nôtres. Cependant, la liberté nous est si chère que nous nous défendrons comme nous pourrons. [...] Les Lacédémoniens ont eu peur que nous ne traitions avec les Barbares, et leur crainte est fort naturelle, mais c'est, semble-t-il, bassement mettre en doute la noblesse d'Athènes, quand vous la connaissez bien, quand vous savez qu'il n'y a pas au monde assez d'or, une terre assez extraordinaire par sa richesse et sa beauté, pour que nous consentions à ce prix à nous ranger du côté du Perse et à réduire la Grèce en esclavage. Il existe de nombreuses raisons graves pour nous en empêcher, quand nous voudrions le faire, et la première et la plus grave, ce sont les images et les demeures de nos dieux, incendiées, gisant à terre, qui exigent de nous une vengeance éclatante plutôt qu'un accord avec l'auteur de ce crime ; ensuite, il y a le monde grec, uni par la langue et par le sang, les sanctuaires et les sacrifices qui nous sont communs, nos mœurs qui sont les mêmes, et cela, des Athéniens ne sauraient le trahir. Sachez donc, si par hasard vous ne le saviez pas encore, qu'aussi longtemps qu'il y aura sur terre un Athénien, nous ne pactiserons pas avec Xerxès. »

    • Hérodote, L'Enquête, VIII, 143-144, trad. Andrée Barguet

    « Une civilisation est une continuité qui, lorsqu’elle change, même aussi profondément que peut l’impliquer une nouvelle religion, s’incorpore des valeurs anciennes qui survivent à travers elle et restent sa substance. »

    « À qui veut régénérer une société quelconque en décadence, on prescrit avec raison de la ramener à ses origines. La perfection de toute société consiste, en effet, à poursuivre et à atteindre la fin en vue de laquelle elle a été fondée, en sorte que tous les mouvements et tous les actes de la vie sociale naissent du même principe d'où est née la société. Aussi, s'écarter de la fin, c'est aller à la mort ; y revenir, c'est reprendre vie. »

    "If you are not prepared to use force to defend civilization, then be prepared to accept barbarism."

    • Thomas Sowell, Is Reality Optional? (1993), Hoover Institution Press, 1993 (ISBN 9780817992620), p. 191
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    « Les idées de droite, exclues de la politique, rejetées dans les lettres, s’y cantonnent, y militent, exercent par elles, tout de même, un contrôle, exactement comme les idées de gauche le faisaient, dans les mêmes conditions, au XVIIIe siècle, ou sous les régimes monarchiques du XIXe siècle. »

    « Seraient de gauche, du point de vue de la trans-histoire et de l'esprit, ceux qui pensent que le monde est tel qu'il apparaît, qu'il n'y a pas d'« autre monde ». La droite, au contraire, ne verrait dans ce monde qu'un passage, une sorte de figure chiffrée d'un autre monde, invisible, hors d'atteinte. »

    • Dominique de Roux, « N'est pas de droite qui l'on pensait », in L'ouverture de la chasse, éd. L'Âge d'Homme, coll. Mobiles, 1968, p. 147

    « Dans nos sociétés occidentales, soixante ans après la chute de Hitler et Mussolini, le fascisme relève de l’hallucination. Mais l’antifascisme – figure de propagande mise au point par les communistes – reste efficace puisqu’il sert à intimider une droite intellectuellement dominée par la gauche. »

    • Jean Sévillia, Le terrorisme intellectuel, éd. Perrin, coll. Tempus, 2004, p. 259

    « Cependant, à des époques où se trouve déjà perdu ce qui ne devait pas l’être, déjà détruit, ce n’est pas conservateur qu’il s’agirait d’être, mais bel et bien réactif, voire réactionnaire. »

    • Renaud Camus, « Conservateur, conservatoire », in Etc. Abécédaire, éd. P.O.L, 1998, p. 53

    « Je vois monter à l’horizon avec la lenteur de tous les processus dont se compose la vraie histoire de l’homme, un grand mécontentement qui ne ressemble à aucun de ceux que l’on a connus jusqu’ici. On ne s’insurgera plus seulement, comme dans le passé, contre le règne d’une tendance déterminée, pour faire triompher d’autres tendances. On s’insurgera pour l’amour de l’authenticité dans la réalisation contre la fausse manière de réaliser une grande aspiration de l’aspiration à la communauté. On luttera contre la distorsion et pour la pureté de la forme, telle que l’ont vu les générations de la foi et de l’espoir. » Un « nouveau Moyen Âge » comme l’ont entrevu Berdiaeff et Chesterton ? Les ricorsi ne sont pas de pures répétitions ni même de simples renouvellements. Sûrement : une manière de rendre vaine l’opposition de l’individualisme et du collectivisme, telle qu’en usent, pour leurs courtes ambitions, les barbares et les freluquets. L’âge des héros rebâtira un pouvoir ; il n’est pas de grand siècle du passé qui ne se soit donné cette tâche même aux âges simplement humains, où les familles, lassées de grandeur, confiaient à quelque César leur destin, à charge de maintenir le droit commun, le pouvoir reconstruit gardait quelque saveur du monde précédent. Notre société n'a que des banques pour cathédrales ; elle n'a rien à transmettre qui justifie un nouvel « appel aux conservateurs » ; il n'y a, d'elle proprement dite, rien à conserver. Aussi sommes-nous libres de rêver que le premier rebelle, et serviteur de la légitimité révolutionnaire, sera le Prince chrétien... »

    « Vouloir être de son temps, c'est être déjà dépassé. »

    « Il y a cependant de l’authentique dans ce qui pousse étudiants et lycéens à manifester. On ne s’est pas assez avisé de la dégradation de notre environnement culturel dans les années 1980. Ces jeunes avaient entre 8 et 14 ans en 1981. Ce sont les enfants du rock débile, les écoliers de la vulgarité pédagogique, les béats de Coluche et Renaud nourris de soupe infra idéologique cuite au show-biz, ahuris par les saturnales de “touche pas à mon pote”, et, somme toute, les produits de la culture Lang. Ils ont reçu une imprégnation morale qui leur fait prendre le bas pour le haut. Rien ne leur paraît meilleur que n’être rien, mais tous ensemble, pour n’aller nulle part. Leur rêve est un monde indifférencié où végéter tièdement. Ils sont ivres d’une générosité au degré zéro, qui ressemble à de l’amour mais se retourne contre tout exemple ou projet d’ordre. L’ensemble des mesures que prend la société pour ne pas achever de se dissoudre : sélection, promotion de l’effort personnel et de la responsabilité individuelle, code de la nationalité, lutte contre la drogue, etc., les hérisse. Ce retour au réel leur est scandale. Ils ont peur de manquer de mœurs avachies. Voilà tout leur sentiment révolutionnaire. C’est une jeunesse atteinte d’un sida mental. Elle a perdu ses immunités naturelles ; tous les virus décomposants l’atteignent. Nous nous demandons ce qui se passe dans leurs têtes. Rien, mais ce rien les dévore. Il aura suffi de cinq ans pour fabriquer dans le mou une telle génération. Serait-ce toute la jeunesse ? Certainement pas. N’ayant pas a courtiser les minus, osons dire que c’est la lie avec quoi le socialisme fait son vinaigre. »

    • Louis Pauwels, « Le Monome des zombies », éditorial du Figaro Magazine, 6 décembre 1986

    « Le réactionnaire, en bien des cas, ce n'est pas l'homme qui veut corriger les excès du présent par les vertus du passé, c'est l'homme toujours en avant parce fidèle à des lois immuables, à une expérience nourrie dans le cœur et dans la saine raison. Il n'est pas un homme d'ancien régime. Il est l'homme d'avant le déluge, c'est-à-dire de toujours. »

    • Louis Chaigne, Bernanos, Paris, Editions universitaires, 1960, p 79

    « Le nouveau est un de ces poisons excitants qui finissent par être plus nécessaire que toute nourriture ; dont il faut, une fois qu’ils sont maîtres de nous, toujours augmenter la dose et la rendre mortelle à peine de mort.

    Il est étrange de s’attacher ainsi à la partie périssable des choses, qui est exactement leur qualité d’être neuves. »

    "We are living in a condition of permanent revolution... revolutions are here to stay and will grow much worse in scope and intensity unless men can be persuaded to return to Christianity, to practise its precepts and to obey the Gospel in its full implications for human life and civilized society. Barring such a revival, the future would belong to socialism and communism, which on this view were but the most consistent sects of the new secular religion. To Groen, therefore, the political spectrum that presented itself to his generation offered no meaningful choice. "In terms of his analysis, the 'radical left' was composed of fanatical believers in the godless ideology; the 'liberal centre,' by comparison, by warm believers who warned against excesses and preached moderation; while the 'conservative right' embraced all those who lacked either the insight, the prudence, or the will to break with the modern tenets yet who recoiled from the consequences whenever the ideology was practised and implemented in any consistent way. None of the shades or 'nuances of secular liberalism represented a valid option for Christian citizens." Groen called for a rejection of the entire available spectrum of political positions, calling for a "radical alternative in politics, along anti-revolutionary, Christian-historical lines"."

    • Guillaume Groen van Prinsterer, summarized by Harry Van Dyke, in Groen van Prinsterer's Lectures on Unbelief and Revolution (1989), Jordan Station, Ont: Wedge Pub. Foundation, 1989, pp. 3–4

    "[...] when it is not necessary to change, it is necessary not to change."

    « Lorsqu'il n'est pas nécessaire de changer, il est nécessaire de ne pas changer. »
    Lucius Cary

    « Tous les pays qui n'ont plus de légendes seront condamnés à mourir de froid. »

    « Pourquoi cette Europe, qui a conquis les cinq parties du monde a-t-elle honte de les avoir colonisées ? Nous nous reprochons d'avoir bâti Casablanca, alors que les Romains étaient tout fiers d'avoir détruit Carthage. »

    « L’Europe deviendra-t-elle ce qu’elle est en réalité, c’est-à-dire un petit cap du continent asiatique ? Ou bien l’Europe restera-t-elle ce qu’elle paraît, c’est-à-dire : la partie précieuse de l’univers terrestre, la perle de la sphère, le cerveau d’un vaste corps ? »

    « Partout où l'Esprit européen domine, on voit apparaître le maximum de besoins, le maximum de travail, le maximum de capital, le maximum de rendement, le maximum d'ambition, le maximum de modifications de la nature extérieure, le maximum de relations et d'échanges. Cet ensemble de maxima est Europe, ou image de l'Europe. »

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    "Infinitus est numerus stultorum
    Damnant quodnon intelligunt
    Alenda lux ubi orta libertas
    Ave, Europa, nostra vera patria!"

    "Infinite is the number of fools
    They condemn what they do not understand
    Where light has arisen there liberty should be sustained
    Hail, Europe, our true Fatherland!"

    "Take up the White Man's burden
    Send forth the best ye breed
    Go bind your sons to exile
    To serve your captives' need;
    To wait in heavy harness,
    On fluttered folk and wild
    Your new-caught, sullen peoples,
    Half-devil and half-child.

    Take up the White Man's burden
    In patience to abide,
    To veil the threat of terror
    And check the show of pride;
    By open speech and simple,
    An hundred times made plain
    To seek another's profit,
    And work another's gain.

    Take up the White Man's burden
    The savage wars of peace
    Fill full the mouth of Famine
    And bid the sickness cease;
    And when your goal is nearest
    The end for others sought,
    Watch sloth and heathen Folly
    Bring all your hopes to nought.

    Take up the White Man's burden
    No tawdry rule of kings,
    But toil of serf and sweeper
    The tale of common things.
    The ports ye shall not enter,
    The roads ye shall not tread,
    Go mark them with your living,
    And mark them with your dead.

    Take up the White Man's burden
    And reap his old reward:
    The blame of those ye better,
    The hate of those ye guard
    The cry of hosts ye humour
    (Ah, slowly!) toward the light:
    "Why brought he us from bondage,
    Our loved Egyptian night?"

    Take up the White Man's burden
    Ye dare not stoop to less
    Nor call too loud on Freedom
    To cloke your weariness;
    By all ye cry or whisper,
    By all ye leave or do,
    The silent, sullen peoples
    Shall weigh your gods and you.

    Take up the White Man's burden
    Have done with childish days
    The lightly proferred laurel,
    The easy, ungrudged praise.
    Comes now, to search your manhood
    Through all the thankless years
    Cold, edged with dear-bought wisdom,
    The judgment of your peers!"

    « Ô Blanc, reprends ton lourd fardeau :
    Envoie au loin ta génération choisie,
    Jette tes fils dans l'exil
    Pour servir les besoins de tes captifs,
    Pour, bien harnachés, veiller
    Sur les peuples sauvages, errants,
    Tes peuples récemment conquis,
    Mi-diables, mi-enfants.

    Ô Blanc, reprends ton lourd fardeau,
    Pour dans la patience demeurer,
    Pour voiler la menace de la terreur,
    Réprimer ce spectacle de fierté
    Par des paroles ouvertes et simples,
    Maintes fois prononcées,
    Pour veiller au profit d’un autre,
    Et, pour lui, travailler.

    Ô Blanc, reprends ton lourd fardeau,
    Les sauvages guerres de la paix
    Nourris la bouche de la famine
    Fais la maladie cesser ;
    Et lorsque tu toucheras au but
    Que pour ces autres tu désires,
    Regarde les indigents et les païens
    Par leur folie tous tes espoirs anéantir.

    Ô Blanc, reprends ton lourd fardeau :
    Non pas quelque oeuvre royale,
    Mais un travail de serf, de tâcheron,
    Un labeur commun et banal.
    Les ports où nul ne t'invite,
    Les routes dont tu ne t’approches,
    Va, construis-les de ta vie,
    Marque-les de tes morts.

    Ô Blanc, reprends ton lourd fardeau ;
    Tes récompenses sont dérisoires :
    Le blâme de ceux que tu ne veux qu’aider,
    La haine de ceux sur qui tu veilles.
    Les cris de ceux que tu assistes
    Que tu guides (ô, doucement !) vers la lumière :
    "Pourquoi nous délivrer de nos liens,
    Chère nuit égyptienne ?"

    Ô Blanc, reprends ton lourd fardeau ;
    N’ose pas courber le dos sous un poids moins rude,
    Ni appeler trop fort la liberté
    Pour déguiser ta lassitude ;
    Par tous tes murmures et toutes tes larmes,
    Par tes actions, tes omissions,
    Les peuples silencieux et maussades
    Tes dieux et toi t’écraseront.

    Ô Blanc, reprends ton lourd fardeau,
    Abandonne les voies de l’enfance
    Le laurier négligemment offert,
    La facile louange de complaisance.
    Viennent maintenant, pour trouver ta maturité,
    Après toutes ces années d’ingratitude,
    Froids, aiguisés de sagesse durement acquise,
    Tes semblables qui te jugent ! »

    "[...] much of what we loosely call the Western world will not survive the twenty-first century, and much of it will effectively disappear within our lifetimes, including many if not most European countries."

    • Mark Steyn, America Alone: The End Of The World As We Know It, Regnery Publishing, 2008 (ISBN 9781596985278), p. xxix

    « [...] la majeure partie du monde occidental ne survivra pas au XXIe siècle et une grande partie, dont la plupart sinon la totalité des pays européens, disparaîtra pendant notre génération. Nous assistons à la fin du monde tel que nous le connaissons. »

    • Mark Steyn, America Alone: The End Of The World As We Know It, Regnery Publishing, 2006, p. xiii

    "Europe by the end of this century will be a continent after the neutron bomb; the grand buildings will still be standing, but the people who built them will be gone. We are living through a remarkable period: the self-extinction of the race who, for good or ill, shaped the modern world."

    • Mark Steyn, It's the Demography, Stupid, column, 4 January 2006

    "The crisis of the West is a collapsing culture and vanishing peoples, as a Third World that grows by 100 million people, the equivalent of a new Mexico, every 18 months, mounts the greatest invasion in history of the world. If we do not shake off our paralysis, the West comes to an end."

    "Islamization of Europe is an unavoidable consequence, indeed, an inevitability, once Europe ceased to reproduce itself. The descendants of the men who went out from Europe to conquer and Christianize the world have decided to leave the world. The culture of death triumphs, as the poor but fecund Muslims, expelled centuries ago, return to inherit the estate."

    «- L'Europe a détruit le monde entier, dit Port. Dois-je lui en être reconnaissant ou lui en vouloir ? J'espère qu'elle va se rayer elle-même de la surface du globe.
    [...]
    - Pourquoi n'étends-tu pas ton souhait délicieux à toute l'humanité pendant que tu y es ? demanda-t-elle.
    - L'humanité ? s'écria Port. Qu'est-ce que c'est ? Qui est l'humanité ? Je vais te le dire. L'humanité c'est tout le monde, excepté soi. Par conséquent, quel intérêt chacun peut-il lui porter ? »

    « Au cours des 50 années ou à peu près de son déploiement, [la construction européenne] a profondément changé de sens. Elle a commencé comme l’entreprise commune de vieilles nations européennes, de la France et de l’Allemagne en premier lieu, pour mettre un terme à un siècle de rivalités démoralisantes et de guerres dévastatrices, et pour un avenir sensé qui, sans ressembler au passé, prolongerait des voies nationales convergeant éventuellement, mais très lointainement, dans un corps politique inédit. [...] À partir d’un point qu’il n’est pas aisé, ni d’ailleurs nécessaire, de situer exactement, mais qu’il est commode de désigner comme le moment de “Maastricht”, l’entreprise européenne subit un infléchissement décisif. L’instrument se détacha des corps politiques nationaux. L’artifice prit une vie propre. “L’Europe” se cristallisa en une Idée dotée d’une légitimité supérieure à toute autre et munie de mécanismes institutionnels capables de recomposer tous les aspects de la vie des Européens. Ceux-ci se trouvèrent pris dans une “finalité sans fin” qui n’avait plus de sens politique, et dont le seul avenir était une extension indéfinie que personne ne savait plus ni où ni comment on pourrait l’arrêter. Nous en sommes là. »

    • Pierre Manent, La Raison des nations (2006), éd. Gallimard, coll. L'Esprit de la cité, 2006, pp. 50-51

    « L'Angleterre est un empire, l'Allemagne un pays, une race ; la France est une personne. »

    • Jules Michelet, Histoire de France, éd. Chamerot, 1861, t. 2, livre III (« Tableau de la France »), « Centralisation », p. 103

    « Un Français est un condensé d’Européen. »

    « Prenez garde que la France ne devienne la colonie de ses colonies. »

    « Ainsi, Dieu choisit la France de préférence à toutes les autres nations de la terre pour la protection de la foi catholique et pour la défense de la liberté religieuse. Pour ce motif, le royaume de France est le royaume de Dieu ; les ennemis de la France sont les ennemis du Christ. De même qu'autrefois la tribu de Juda reçut d'en-haut une bénédiction toute spéciale parmi les autres fils du patriarche Jacob ; de même le Royaume de France est au-dessus de tous les autres peuples, couronné par Dieu lui-même de prérogatives extraordinaires. La tribu de Juda était la figure anticipée du royaume de France. »

    « En France, on laisse en repos ceux qui mettent le feu et on persécute ceux qui sonnent le tocsin. »

    « France, mère des arts, des armes et des loix,
    Tu m’as nourri long temps du laict de ta mammelle :
    Ores, comme un aigneau qui sa nourrice appelle,
    Je remplis de ton nom les antres et les bois.

    Si tu m’as pour enfant advoué quelquefois,
    Que ne me respons-tu maintenant, ô cruelle ?
    France, France, respons à ma triste querelle :
    Mais nul, sinon Écho, ne respond à ma voix.

    Entre les loups cruels j’erre parmi la plaine,
    Je sens venir l’hyver, de qui la froide haleine
    D’une tremblante horreur fait herisser ma peau.

    Las, tes autres aigneaux n’ont faute de pasture,
    Ils ne craignent le loup, le vent ni la froidure :
    Si ne suis-je pourtant le pire du troppeau. »

    « Des Turcs, des Mammelus, des Perses, des Tartares ;
    Bref, par tout l'univers tant craint et redouté,
    Faut-il que par les siens luy-mesme soit donté ?
    France, de ton malheur tu es cause en partie ;
    Je t'en ay par mes vers mille fois advertie :
    Tu es marastre aux tiens et mère aux estrangers,
    Qui se mocquent de toy quand tu es aux dangers,
    Car sans aucun travail les estrangers obtiennent
    Les biens qui à tes fils justement appartiennent. »

    • Pierre de Ronsard, Discours à Guillaume des-Autels, Œuvres complètes de Ronsard, éd. Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, tome II, p. 568

    « En même temps, il ne faut en aucun cas oublier que, mystérieusement, c'est en France et à partir de la France que la partie finale va devoir se jouer, parce que c'est ainsi qu'il en a été décidé "depuis les ultimes hauteurs des cieux". Ce sera donc dans les soubassements inconscients d'une certaine France profonde, dissimulée, que réside la décision salvatrice, et peu importe alors l'état d'abominable dégénérescence spirituelle et politico-historique de la France, parce que des puissances d'un autre ordre vont avoir à y mener la "bataille finale". Il est donc urgent que les nôtres – quel que soit leur nombre – se rassemblent déjà, et se tiennent prêts à se saisir de la grande vague montante. »

    • Jean Parvulesco, « La troisième guerre mondiale est commencée », Rébellion, n° 26, septembre-octobre 2007

    « La France est un pays extrêmement fertile : on y plante des fonctionnaires et il y pousse des impôts. »

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    « Hélas ! Il n'y a point de race française, mais un peuple français, une nation française. »

    • Maurice Barrès, Scènes et Doctrines du nationalisme (1902), éd. Plon-Nourrit, 1925, t. 1, p. 85

    « Nous devons chercher ce qui reste de la vieille France et nous y rattacher par toutes nos fibres, retrouver la province d’unité naturelle et héréditaire sous le département artificiel et morcelé, l’autonomie municipale sous la centralisation administrative, les Universités locales et fécondes sous notre Université officielle et morte, reconstituer la famille terrienne par la liberté de tester, protéger le travail par le rétablissement des corporations, rendre à la vie religieuse sa vigueur et sa dignité par la suppression du budget des cultes et le droit de posséder librement assuré aux associations religieuses, en un mot, sur ce point comme sur les autres, défaire systématiquement l’oeuvre meurtrière de la révolution française. »

    Le Gaulois mourant - The Dying Gaul

    « La France reviendra aux traditions de saint Louis, ou elle périra dans la honte et la ruine. »

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    "Long live our sacred Germany!"

    « Vive l'Allemagne sacrée ! »
    Es lebe das heilige Deutschland!

    « S’il n’y avait pas eu l’Allemagne, nous vivrions aujourd’hui sous la domination des Rouges. »

    • Philip K. Dick, Le Maître du Haut Château (1962), éd. Flammarion, trad. J. Parsons, coll. J'ai Lu, 1974

    « Nous ne connaissons point de nation plus ancienne que la juive. Outre son antiquité, elle a sur les autres une seconde prérogative qui n’est pas moins importante : c’est de n’avoir point passé par le polythéisme, et la suite des superstitions naturelles et générales pour arriver à l’unité de Dieu. La révélation et la prophétie ont été les deux premières sources de la connaissance de ses sages. Dieu se plut à s’entretenir avec Noé, Abraham, Isaac, Jacob, Joseph, Moïse et ses successeurs. La longue vie qui fut accordée à plusieurs d’entre eux ajouta beaucoup à leur expérience. Le loisir de l’état de pâtre qu’ils avaient embrassé était très favorable à la méditation et à l’observation de la nature. Chefs de familles nombreuses, ils étaient très versés dans tout ce qui tient à l’économie rustique et domestique et au gouvernement paternel. A l’extinction du patriarcat on voit paraître parmi eux un Moïse, un David, un Salomon, un Daniel, hommes d’une intelligence peu commune, et à qui on ne refusera pas le titre de grands législateurs. Qu’ont su les philosophes de la Grèce, des hiérophantes de l’Egypte et les gymnosophistes de l’Inde qui les élèvent au-dessus des prophètes ? »

    • Denis Diderot, Œuvres complètes, éd. Garnier frères, 1876, tome XV, p. 318

    « Le peuple juif, en revenant en Israël, a accompli sa "sortie d'Europe". Je veux dire: grâce au rétablissement de son État, il a cessé d'être dépendant spirituellement des nations européennes dans lesquelles il vivait ou vit encore. C'est l'issue d'une très longue séquence historique. Ce n'est pas seulement la conséquence de la destruction des Juifs d'Europe ; c'est aussi la suite de l'effacement de soi auquel les nations européennes travaillent depuis vingt ans avec un zèle qui étonne. Étant ainsi "sorti d'Europe", le peuple juif invite l'Europe à dire son nom. Il lui demande son nom. »

    • Pierre Manent, La Raison des nations (2006), éd. Gallimard, coll. L'Esprit de la cité, 2006

    "England has saved herself by her exertions, and will, as I trust, save Europe by her example."

    "In old days men had the rack. Now they have the Press. That is an improvement certainly. But still it is very bad, and wrong, and demoralizing. Somebody — was it Burke? — called journalism the fourth estate. That was true at the time no doubt. But at the present moment it is the only estate. It has eaten up the other three. The Lords Temporal say nothing, the Lords Spiritual have nothing to say, and the House of Commons has nothing to say and says it. We are dominated by Journalism."

    • Oscar Wilde, "The Soul of Man under Socialism" (February 1891), Fortnightly Review 49 (290): 292–319
    « Au temps jadis, on avait le chevalet de torture. Aujourd’hui on a la presse. Assurément c’est un progrès. Mais c’est encore chose mauvaise, nuisible, démoralisante.
    Quelqu’un — était-ce Burke, — a dit que la presse est le quatrième État. Évidemment c’était vrai alors. Mais à l’heure actuelle, c’est en réalité le seul État, il a mangé les trois autres. Les lords temporels ne disent rien, les lords ecclésiastiques n’ont rien à dire. La Chambre des Communes n’a rien à dire, et elle le dit ; nous sommes dominés par le journalisme. »
    • Oscar Wilde, « L’Âme humaine sous le régime socialiste » (1891), Le Portrait de Mr. W. H., trad. Albert Savine, éd. P.-V. Stock, 1906, pp. 304-305

    « La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres. »

    • Stéphane Mallarmé, Poésies, « Brise marine », Nouvelle Revue française, 1914, 8e éd., pp. 43-44

    « Ainsi que l'ennemi par livres a séduit
    Le peuple dévoyé qui faussement le suit,
    Il faut, en disputant, par livres lui répondre,
    Par livres l'assaillir, par livres le confondre. »

    "The very stone one kicks with one's boot will outlast Shakespeare."

    « Il n'y a pas de "philosophie islamique", pas plus qu'il n'y a ou a eu une "philosophie juive" ou une "philosophie chrétienne". Ce que, sans conteste, il y a eu, c'est un usage de pensées philosophiques de la part de musulmans, de chrétiens et de Juifs. »

    • Rémi Brague, Au moyen du Moyen Age : Philosophies médiévales en chrétienté, judaïsme et islam, éd. Transparence, 2006, « Les leçons du Moyen Age », p. 122

    « L'activité philosophique, au Moyen Age, n'a nulle part été institutionnalisée ailleurs qu'en chrétienté. »

    « Voilà près d'un siècle que dans les arts et dans les sciences, pour ne rien dire du reste, on prétend tout refaire ; sans doute parce qu'au fond personne ne sait plus rien faire. »

    « Plus ils sont intelligents, plus ils élaborent subtilement leur erreur. »

    "It is absurd to have a hard and fast rule about what one should read and what one shouldn't. More than half of modern culture depends on what one shouldn't read."

    « Il est absurde d'avoir une règle rigoureuse sur ce qu'on doit lire ou pas. Plus de la moitié de la culture intellectuelle moderne dépend de ce qu'on ne devrait pas lire. »

    « La beauté est une promesse de bonheur. »

    « L'art du clown va bien au-delà de ce qu'on pense. Il n'est ni tragique, ni comique ; Il est le miroir comique de la tragédie et le miroir tragique de la comédie. »

    « L'art, pas plus qu'il ne réclame, par essence, un mécénat étatique, ne souffre une quelconque "intermittence". »

    • Aldo Ciccolini, Le Figaro, août 2003, suite à une grève des intermittents du spectacle

    « L'art ne reproduit pas le visible, il rend visible. »

    « La vie n'est pas belle, les images de la vie sont belles. »

    « L'art est un anti-destin. »

    • André Malraux, l'art peut permettre à l'homme de surmonter sa condition d'être mortel. Dans l'oeuvre, l'homme se dépasse en maîtrisant la matière et, peut-être en laissant derrière lui une trace qui lui survit et témoigne de son passage dans la mémoire des hommes. L'art devient alors un moyen de conjurer la mort et de dépasser la condition de l'homme

    "Skill without imagination is craftsmanship and gives us many useful objects such as wickerwork picnic baskets. Imagination without skill gives us modern art."

    « Le talent sans l'imagination nous a donné l'artisanat à qui nous devons tant d'objets utiles, comme le panier de pique-nique en osier. L'imagination sans le talent nous a donné l'art moderne. »

    « Pour donner de l’art une définition correcte, il est donc nécessaire, avant tout, de cesser d’y voir une source de plaisir, pour le considérer comme une des conditions de la vie humaine. Et si on le considère à ce point de vue, on ne peut manquer de constater, tout de suite, que l’art est un des moyens qu’ont les hommes de communiquer entre eux.

    L’humanité, par sa nature, est portée à aller sans cesse d’une conception plus basse, plus partielle et plus obscure de la vie à une autre plus haute, plus générale, et plus claire.

    [...] comme c’était le cas chez les Grecs, la religion fait consister le sens de la vie dans le bonheur terrestre, dans la force et dans la beauté, on considère alors comme étant le bon art celui qui exprime la joie et l’énergie de la vie, et, comme étant le mauvais art, celui qui exprime des sentiments de mollesse ou de dépression. Si, comme c’était le cas chez les Romains, le sens de la vie consiste dans la collaboration à la grandeur d’une nation ou si, comme c’est le cas chez les Chinois, il consiste dans l’honneur rendu aux ancêtres et la continuation de leur mode de vie, on tient alors pour bon l’art qui exprime la joie du sacrifice du bien-être personnel au profit du bien de la nation, ou celui qui exprime le respect des ancêtres et le désir de les imiter ; et tout art qui exprime des sentiments opposés est tenu pour mauvais.

    Dès le moment où les classes supérieures de la société européenne perdirent leur foi dans le christianisme d’Église, la beauté, c’est-à-dire le plaisir artistique, devint pour eux la mesure du bon et du mauvais art. »

    • Léon Tolstoï, Qu’est-ce que l’art ? (1898), trad. Teodor de Wyzewa, éd. Librairie Académique Didier, 1898, pp. 54-73

    « J’ai lu quelque part qu’à Paris seulement le nombre des peintres dépasse vingt mille : il y en a probablement autant en Angleterre, autant en Allemagne, autant dans le reste des pays de l’Europe. C’est donc environ cent mille peintres qu’il y a en Europe ; et sans doute on y trouverait aussi cent mille musiciens, et cent mille littérateurs. Si ces trois cent mille individus produisent par an chacun trois œuvres, on peut compter chaque année près d’un million de soi-disant œuvres d’art. [...]

    Et maintenant, combien y a-t-il de connaisseurs d’art qui soient impressionnés par ce million d’œuvres ? Sans parler des classes travailleuses, qui n’ont aucune idée de ces productions, c’est à peine si les hommes des classes supérieures même connaissent, de ces œuvres, une sur mille, et peuvent s’en rappeler une sur dix mille. »

    • Léon Tolstoï, Qu’est-ce que l’art ? (1898), trad. Teodor de Wyzewa, éd. Librairie Académique Didier, 1898, pp. 186-187

    « Chez ces nouveaux fétichistes de la marchandise, c'est le même phénomène qui s'expose sous différents angles : dans le caractère sadomasochiste aussi bien que dans la résignation dont témoigne l'art de masse contemporain. La culture de masse masochiste est la manifestation nécessaire de la production toute-puissante elle-même. L'opération par laquelle on investit affectivement de la valeur d'échange n'est pas une transsubstantiation mystique. Elle correspond au comportement du prisonnier qui aime sa cellule parce qu'on ne lui laisse rien d'autre à aimer. Sacrifier son individualité en l'ajustant à ce qui a régulièrement du succès, faire comme tout le monde, cela découle du fait qu'au départ, c'est plus ou moins la même chose que la production standardisée des marchandises destinées à la consommation offre à tout le monde. Comme il est nécessaire de dissimuler cette uniformité, on en vient à manipuler le goût et à donner une apparence individuelle à la culture officielle, le terrain que gagne cette dernière étant nécessairement proportionnel à la liquidation de l'individu à laquelle elle contribue. »

    • Theodor W. Adorno, Le caractère fétiche dans la musique et la régression de l'écoute, éd. Allia, 2001, p. 33

    « Le professeur de belles-lettres me fit ses doléances : "C'en est fait, m'a-t-il dit, de la culture française. Nos élèves ne savent plus écrire ; ils sont plats et lourds ; ils n'ont plus cette délicatesse dans l'expression des sentiments, ni cette invention ingénieuse des images, que nous prenions à la lecture des grands écrivains. On dirait qu'ils n'ont point d'opinion sur Corneille, Racine ou Pascal ; et, le plus étrange, c'est qu'ils se passent très bien d'en avoir une. […] Même les plus intelligents ont une peine infinie à aligner là-dessus quelques phrases épaisses sans mouvement, sans chaleur, sans vie. Serait-ce qu'ils n'ont plus de jeunesse ? Quand j'étais Corneille, et que j'écrivais à Richelieu, mon sang bouillait. Mais on dit qu'ils ne rêvent que d'aéroplanes. Le positif chasse l'idéal. Nous vivons sous le règne du médiocre et des médiocres. La Démocratie, hélas, a donné ce qu'elle promettait.". »

    • Alain, Le règne du médiocre, 1909

    « De toutes parts, le flot de peinture arrive, vomi on ne sait d’où, roulant on ne sait quoi. Et cela monte, s’enfle, déborde, déferle tumultueusement. Nous nageons dans l’huile diluvienne ; nous nous noyons dans des vagues de cadmium, nous nous précipitons dans des cataractes d’outre-mer, nous tournoyons emportés comme des maelströms de laque garance. Où donc est l’arche qui nous recueillera et nous sauvera de ces cataclysmes ? »

    « Nous ne pourrons plus manger, nous vêtir, nous loger. Il n’y aura que des tableaux. Nous peindrons… D’abord, dans les salons de peinture, il y a bien trop de peintures, bien trop de sculptures, bien trop d’architecture, bien trop de tout… Depuis longtemps, je ne me hasarde plus dans les salons de peinture. Par peur de la folie et par ordonnance du médecin, j’ai renoncé à tourner, à tourner dans ces salles, parmi ces œuvres qui m’effarent et ces foules qui me neurasthénisent. »

    "You don't have to burn books to destroy a culture. Just get people to stop reading them."

    « Contrairement aux années 1930, nous ne sommes plus une nation où l’on se donnait du "mister" et du "madam", où même les plus démunis portaient veste et cravate et parlaient un anglais compréhensible, où les clochards vous disaient merci et où, en général, il y avait une culture et des valeurs communes. Nous sommes devenus une nation de voyous avec des flammes tatouées dans le cou, une nation de malotrus qui s’interpellent par des "motherfucker" et dont la seule compétence est de jouer à des jeux vidéo simulant des meurtres de masse. »

    « Les destructeurs de peuples, ce sont les mages noirs qui ne travaillent qu’à leur profit personnel, détruisent les communautés et engloutissent tout ce qui fait la vie d’un peuple. »

    « La transformation de la musique en bruit est un processus planétaire, qui fait entrer l'humanité dans la phase historique de la laideur totale. »

    "A general State education is a mere contrivance for moulding people to be exactly like one another: and the mould in which it casts them is that which pleases the predominant power in the government, whether this be a monarch, a priesthood, an aristocracy, or the majority of the existing generation; in proportion as it is efficient and successful, it establishes a despotism over the mind, leading by natural tendency to one over the body. »

    « Une éducation générale donnée par l'État, n'est autre chose qu'une combinaison pour jeter tous les hommes dans le même moule, et comme le moule dans lequel on les jette est celui qui plaît au pouvoir dominant (que ce soit un monarque, une théocratie, une aristocratie ou la majorité de la génération existante), plus ce pouvoir est efficace et puissant, pllus il établit un despotisme sur l'esprit qui tend naturellement à s'étendre sur le corps. Une éducation établit un despotisme sur l'esprit qui tend naturellement à s'étendre sur le corps. »
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    "For if you suffer your people to be ill-educated, and their manners to be corrupted from their infancy, and then punish them for those crimes to which their first education disposed them, what else is to be concluded from this, but that you first make thieves and then punish them."

    « C'est justement pour préserver ce qui est neuf et révolutionnaire dans chaque enfant que l'éducation doit être conservatrice ; elle doit protéger cette nouveauté et l'introduire comme un ferment nouveau dans un monde déjà vieux qui, si révolutionnaires que puissent être ses actes, est, du point de vue de la génération suivante, suranné et proche de la ruine. »

    • Hannah Arendt, La Crise de la culture (1961), éd. Gallimard, coll. Folio, 1972 (ISBN 9782070325030), p. 241
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    « L'éducation publique doit se borner à l'instruction. »

    « Le but de l'instruction n'est pas de faire admirer aux hommes une législation toute faite, mais de les rendre capables de l'apprécier et de la corriger. Il ne s'agit pas de soumettre chaque génération aux opinions comme à la volonté de celle qui la précède, mais de les éclairer de plus en plus, afin que chacun devienne de plus en plus digne de se gouverner par sa propre raison. »

    • Nicolas de Condorcet, « Sur l'instruction publique » (1791-1792), dans Œuvres, Condorcet, éd. Firmin-Didot, 1847

    "In order to conduct a propaganda there must be some barrier between the public and the event. Access to the real environment must be limited [...]"

    « Afin de mener à bien une propagande, il doit y avoir une barrière entre le public et les événements. L'accès à l'environnement réel doit être limité [...] »
    • Walter Lippmann, Public Opinion (1922), éd. Project Gutenberg, 2004, partie II, chap. II, 3, p. 21

    « La lumière est de l’information sans "contenu" »

    « L’imprimé a rendu possible l’unité politique par l’homogénéité pour la première fois. »

    « Avant que l’usage du papyrus et de l’alphabet ne provoque la construction de routes pavées et rapides, la ville fortifiée et la cité-État étaient des formes naturelles durables. […] Quand les sources d’approvisionnement en papier firent défaut, les routes devinrent désertes, comme à notre époque pendant le rationnement de l’essence. La cité-État resurgit du passé et le féodalisme submergea les républiques. »

    « C'est la vie et non pas la mort qui divise l'âme du corps. »

    « Si tu veux vivre, tu veux aussi mourir ; ou bien tu ne conçois pas ce qu'est la vie. »

    « Tandis que nous connaissons des peines adoucies, administrées avec hésitation, le Moyen Age ne connaît que deux extrêmes : la punition complète ou la grâce. La vie était si violente et si contrastée qu'elle répandait l'odeur mêlée du sang et des roses. Les hommes de cette époque, géants à têtes d'enfants, oscillent entre la peur de l'enfer et les plaisirs naïfs, entre la cruauté et la tendresse. L'homme du Moyen Age convertit immédiatement son émotion esthétique en sentiment de piété ou en joie de vivre. »

    • Johan Huizinga, L'Automne du Moyen Âge, éd. Payot, coll. Petite Bibliothèque Payot, 2002 (ISBN 9782228896023)

    « Lors de la dernière réunion de la société archéologique, le professeur Bernard Peyronne a parlé de "la peine de mort sous l'Ancien Régime". En introduction, il a expliqué qu'à chaque société ses délits, ses crimes et ses manières de les sanctionner. Chaque société affirme un goût très prononcé pour les violences faites aux contrevenants, délinquants ou criminels. On doit tenir cela de Caïn : le premier homme né sur cette terre est un assassin, il a tué son frère cadet Abel. Le mythe fondateur est là : l'homme tue. Qui ? Son frère. Tout meurtrier tue son frère, tout un symbole. Sous l'Ancien Régime, l'exécution est mise en scène selon la nature du crime et la classe sociale. S'ensuivent les tortures infligées pour passer les criminels à la question, puis le châtiment extrême : la pendaison, la roue, le bûcher ou l'écartèlement. La Révolution française abolit ces châtiments, elle généralise la guillotine, égalitaire et humanitaire. Victime de son succès, le spectacle cesse d'être public en juin 1939. Dorénavant, les exécutions se feraient au petit matin, dans une cour de prison. Le 9 octobre 1981, Marcel Chevalier, 60 ans, bourreau en chef, fut mis à la retraite d'office suite à l'abolition de la peine de mort en France. Le dernier criminel exécuté en France le fut le 10 septembre 1977. »

    « Pour moi les nations qui ont légalisé l’avortement sont les pays les plus pauvres. »

    • Mère Teresa, extrait du discours lors de la réception du Prix Nobel de la paix, 10 décembre 1979

    « Je suis contre l'avortement. Tuer un être humain avant qu'il ne soit né est impardonnable. C'est une preuve d'impatience. »

    "[...] democracy means simply the bludgeoning of the people by the people for the people"

    « [...] le mot de démocratie signifie simplement que le peuple régit le peuple à coups de triques dans l’intérêt du peuple. »
    • Oscar Wilde, L’Âme humaine sous le régime socialiste (1895), in Le Portrait de Monsieur W. H., trad. Albert Savine, éd. Stock, 1906, p. 277

    « La souveraineté du peuple est une hérésie. »

    • Charles Maignen, La Souveraineté du peuple est une hérésie. À propos d'une brochure du R. P. Maumus. (1892), éd. A. Roger et F. Cernoviz, 1892, p. 55

    « Deux ou trois accès de colère en un siècle n’empêchaient pas le peuple lui-même d’étendre et d’avilir le droit de cité par le nombre toujours croissant des décrets honorifiques. Déjà dans les dernières années du Vème siècle, ce genre d’abus faisait rire ou crier [...] Bientôt les récriminations des orateurs se font aussi vives et aussi fréquentes contre la facilité des naturalisations que contre les inscriptions frauduleuses. Isocrate s’attriste de voir prostituer un titre de noblesse qui devrait inspirer tant de respect et d’orgueil.
    Démosthène, dans une de ces tirades qu’il sait par cœur et qu’il fait passer d’un discours à un autre, oppose le temps où la plus belle récompense que pussent obtenir les souverains étrangers était une fictive exemption de taxe à ces tristes jours où le droit de cité n’est qu’une vile marchandise offerte à des esclaves fils d’esclaves. Ce n’est pas, dira-t-il à l’Assemblée, que vous soyez pas nature inférieurs à vos pères ; mais ils avaient, eux, la fierté de leur nom, et cette fierté, vous l’avez perdue.”
    [...]
    On ne voit pas encore au IVème siècle, comme à l’époque hellénistique, les banquiers cumuler autant de nationalités qu’ils ont de succursales et les cités vendre officiellement à prix fixes les lettres de naturalisation. Isocrate exagère évidemment, quand il en vient à dire que les étrangers remplacent les citoyens à la guerre. Pourtant dans ces exagérations, il y a beaucoup de vrai. Les exemples que nous fournissent les orateurs et les inscriptions donnent l’impression bien nette que les décrets conférant le droit de cité augmentent en nombre et diminuent en valeur.[...] Un fait curieux, bien propre à échauffer la bile de Démosthène, montre avec quelle légèreté se faisaient les nominations de ce genre: le droit de cité est successivement accordé au roi de Thrace Cotys et à ses meurtriers. »

    "You cannot have democratic accountability in anything bigger than a nation state."

    "Notwithstanding many similarities that may exist between voters on the one hand and market operators on the other, the actions of the two are far from actually being similar. No procedural rule seems able to allow voters to act in the same flexible, independent, consistent, and efficient way as operators employing individual choice in the market. While it is true that both voting and operating in the market are individual actions, we are compelled, however, to conclude that voting is a kind of individual action that almost inevitably undergoes a kind of distortion in its use."

    • Bruno Leoni, Freedom and the Law (1961), Chapter: 4, p. 166
    « Malgré de nombreuses similitudes pouvant exister entre les électeurs d'une part et les acteurs du marché d'autre part, les actions des deux sont loin d'être réellement similaires. Aucune règle procédurée ne semble en mesure de permettre aux électeurs d'agir de la même manière, souple, indépendante, cohérente et efficace, que les acteurs employant le choix individuel sur le marché. S'il est vrai qu'à la fois voter et opérer sur le marché sont des actions individuelles, nous sommes obligés, toutefois, de conclure que le vote est une sorte d'action individuelle qui presque inévitablement subit une sorte de distorsion à son utilisation. »
    • Bruno Leoni, Freedom and the Law (1961), Chapter: 4, p. 166

    « Le démocrate européen, idolâtre de ce qu'il appelle l'État, prend l'homme dès son berceau pour l'offrir en holocauste à la toute-puissance publique. Il professe que l'enfant, avant d'être la chose de la famille, est la chose de la cité, et que la cité, c'est-à-dire le peuple représenté par ceux qui le gouvernent, a le droit de former son intelligence sur un modèle uniforme et légal. Il professe que la commune, la province et toute association, même la plus indifférente, dépendent de l'État, et ne peuvent ni agir, ni parler, ni vendre, ni acheter, ni exister enfin sans l'intervention de l'État et la mesure déterminée par lui, faisant ainsi de la servitude civile la plus absolue le vestibule et le fondement de la liberté publique. »

    "Many forms of Government have been tried and will be tried in this world of sin and woe. No one pretends that democracy is perfect or all-wise. Indeed, it has been said that democracy is the worst form of government except all those other forms that have been tried from time to time."

    • Winston Churchill, Speech in the House of Commons (11 November 1947), published in 206–07 The Official Report, House of Commons (5th Series), 11 November 1947, vol. 444, cc. .
    « Il a été dit que la démocratie est la pire forme de gouvernement à l’exception de toutes les autres qui ont été essayées. »

    "The creation of consent is not a new art. It is a very old one which was supposed to have died out with the appearance of democracy. But it has not died out. It has, in fact, improved enormously in technic, because it is now based on analysis rather than on rule of thumb. And so, as a result of psychological research, coupled with the modern means of communication, the practice of democracy has turned a corner. A revolution is taking place, infinitely more significant than any shifting of economic power."

    • Walter Lippmann, Public Opinion (1922), Free Press, 1965 (ISBN 9789562916134), part V, chap. XV, 4, p. 158
    « La création du consentement n'est pas un art nouveau. Il est un très ancien et était supposé disparaitre avec l'apparition de la démocratie. Mais ce n'est pas le cas. La technique de cet art a, en fait, été énormément améliorée, parce qu'elle est à présent basée sur l'analyse plutôt que sur des règles approximatives. Ainsi, grâce aux résultats de la recherche et psychologie, associée aux moyens de communication modernes, la pratique de la démocratie a effectué un tournant. Une révolution est en train de prendre place, infiniment plus significative que tout déplacement du pouvoir économique. »
    • Walter Lippmann, Public Opinion (1922), éd. Free Press, 1965 (ISBN 9789562916134), partie V, chap. XV, 4, p. 158

    « Je bénis tous ceux qui coopèrent à la résurrection de la France ; Je les bénis dans le but (laissez-moi vous le dire), de les voir s’occuper d’une œuvre bien difficile, mais bien nécessaire, celle qui consiste à faire disparaître, ou à diminuer, une plaie horrible qui afflige la société contemporaine, et qu’on appelle le suffrage universel.

    Remettre la décision des questions les plus graves aux foules nécessairement inintelligentes et passionnées, n’est-ce pas se livrer au hasard, et courir volontairement à l’abîme ?

    Oui, le suffrage universel mériterait plutôt le nom de folie universelle, et quand les sociétés secrètes s’en emparent, comme il arrive trop souvent, celui de mensonge universel. »

    • Pie IX, cité par R.P. Limbour in Vie populaire de Pie IX (1904), éd. Société Saint-Augustin, Paris, Chapitre XIII : Paroles de Pie IX sur les erreurs modernes, à des pèlerins français en 1874, pp. 114-115

    « En séparant la fraternité de la charité chrétienne ainsi entendue, la Démocratie, loin d’être un progrès, constituerait un recul désastreux pour la civilisation. Car si l’on veut arriver, et nous le désirons de toute notre âme, à la plus grande somme de bien-être possible pour la société et pour chacun de ses membres par la fraternité, ou comme on dit encore par la solidarité universelle, il faut l’union des esprits dans la vérité, l’union des volontés dans la morale, l’union des coeurs dans l’amour de Dieu et de son Fils, Jésus-Christ. Or cette union n’est réalisable que par la charité catholique, laquelle, seule par conséquent, peut conduire les peuples dans la marche du progrès vers l’idéal de la civilisation. »

    « Un homme autorisé à se choisir un nouveau maître après un intervalle de quelques années n'en est pas moins un esclave. »

    • Lysander Spooner, Outrage à Chef d'État, trad. Jeannie Carlier, éd. Les Belles Lettres. coll. Iconoclastes, 1991

    "Democracy? An Aristocracy of Blackguards."

    « La démocratie ? Une aristocratie de vauriens. »

    "The path to democracy is the road to oblivion."

    « Il n'est pas besoin de chercher bien loin pour découvrir la raison pour laquelle la démocratie ne saurait être tenue pour un idéal suprême. La démocratie est une méthode politique, en d'autres termes, un certain type d'organisation institutionnelle visant à aboutir à des décisions politiques - législatives et administratives - et, par conséquent, elle ne peut constituer une fin en soi, indépendamment des décisions qu'elle sécrète dans des conditions historiques données. C'est précisément cette conception fonctionnelle qui doit servir de point de départ à toute tentative visant à définir la démocratie. »

    « Savez-vous ce que disent souvent les guérilleros ? Ils affirment que leur mouvement ne craint pas la guerre économique parce qu’ils ne possèdent pas d’économie, qu’il vivent en parasite sur ceux qu’il veulent renverser. Les malheureux ne se doutent pas qu’ils refusent simplement d’accréditer la monnaie dans laquelle ils seront au bout du compte obligés de payer. Le processus est inexorable dans sa dégénérescence. On le voit répété dans les systèmes de l’esclavagisme, de l’Etat-Providence, des religion de castes, de bureaucraties socialisantes – et dans tout système qui crée et entretient des dépendances. Un peu trop longtemps parasite, et l’on ne peut plus vivre sans hôte. »

    • Frank Herbert, L'Empereur-Dieu de Dune (1981), trad. Guy Abadia, éd. Robert Laffont, coll. Press Pocket, 1982

    « L'économie est certes une discipline qui se prête à la mesure, et à la quantification d'une foule de grandeurs, comme le taux de change, le produit national, le niveau de chômage, la balance commerciale, mais on ne parvient pas, malgré des efforts méritoires, à découvrir des relations universelles et permanentes, qui permettraient, de calculer l'une de ces grandeurs à partir des autres. L'économie est quantifiable, mais elle n'est pas modélisable. »

    « A l'heure où la faillite de l'économie comme système de survie frappe de dérision tant d'efforts investis dans la rage de gagner plus, d'être le meilleur, de posséder davantage, peut-être un revirement d'attitude est-il prévisible, peut-être l'opiniâtreté mise à se délabrer dans le travail va-t-elle redécouvrir la création des êtres, des choses, de l'environnement comme plaisir d'exister ?

    L'économie propage ainsi la subversion mieux et plus vite qu'une horde d'agitateurs spécialisés. Il suffit de jeter un regard sur les vitrines spectaculaires où la société exhibe les modèles de sa respectabilité et de son infamie ; il n'y traîne plus guère que des spécimens défraîchis de rois, prêtres, papes, policiers, militaires, noblions, bourgeois, bureaucrates, prolétaires, riches, miséreux, exploiteurs, exploités... et l'on a peine à croire qu'autour de tels magots s'élevèrent, il n'y a pas si longtemps, les ardeurs de la haine et de l'admiration. Jamais une époque n'a été à ce point soldée à des prix défiant toute concurrence. »

    • Raoul Vaneigem, « Adresse aux vivants sur la mort qui les gouverne et l'opportunité de s'en défaire »

    « L'impulsion fondamentale qui met et maintient en mouvement la machine capitaliste est imprimée par les nouveaux objets de consommation, les nouvelles méthodes de production et de transport, les nouveaux marchés, les nouveaux types d'organisation industrielle - tous éléments créés par l'initiative capitaliste. [...] L'histoire de l'équipement productif d'énergie, depuis la roue hydraulique jusqu'à la turbine moderne, ou l'histoire des transports, depuis la diligence jusqu'à l'avion. L'ouverture de nouveaux marchés nationaux ou extérieurs et le développement des organisations productives, depuis l'atelier artisanal et la manufacture jusqu'aux entreprises amalgamées telles que l’U.S. Steel, constituent d'autres exemples du même processus de mutation industrielle - si l'on me passe cette expression biologique - qui révolutionne incessamment de l'intérieur la structure économique, en détruisant continuellement ses éléments vieillis et en créant continuellement des éléments neufs. Ce processus de Destruction Créatrice constitue la donnée fondamentale du capitalisme : c'est en elle que consiste, en dernière analyse, le capitalisme et toute entreprise capitaliste doit, bon gré mal gré, s'y adapter. »

    • Joseph Schumpeter, Capitalisme, socialisme, démocratie (1942), trad. Gaël Fain, éd. Payot, 1954, p. 163-164

    « Fondamentalement, le mécanisme du crédit aboutit à une création de moyens de paiements ex nihilo [à partir de rien], car le détenteur d’un dépôt auprès d’une banque le considère comme une encaisse disponible, alors que, dans le même temps, la banque a prêté la plus grande partie de ce dépôt, qui, redéposée ou non dans une banque, est considérée comme une encaisse disponible par son récipiendaire. À chaque opération de crédit, il y a ainsi duplication monétaire. Au total, le mécanisme de crédit aboutit à une création de monnaie ex nihilo par de simples jeux d’écritures. »

    • Maurice Allais, La Crise mondiale d’aujourd’hui. Pour de profondes réformes des institutions financières et monétaires. (1999), éd. Clément Juglar, 1999, p. 63

    « Dans le système féodal, son usage est limité. Les biens sont distribués sous la forme de redevances en nature. La monnaie est donc rare jusqu’au XVIIIème siècle, même si elle est plus abondante entre les XIIIème et XVème siècles – période d’essor commercial et urbain – qu’aux siècles précédents. Dans la conscience d’un homme du Moyen Âge, la richesse se mesure en terres, en hommes, en pouvoir, pas en argent monétisé. »

    La monnaie est apparue comme « le résultat spontané d’efforts individuels et particuliers des différents membres de la société. »

    "It is no coincidence that the century of total war coincided with the century of central banking."

    • Ron Paul, End the Fed (2009), Grand Central Publishing, 2009 (ISBN 9780446549196), p. 63
    « Ce n'est pas un hasard si le siècle de la guerre totale a coïncidé avec le siècle des banques centrales. »

    "Lenin is said to have declared that the best way to destroy the capitalist system was to debauch the currency. [...] Lenin was certainly right. There is no subtler, no surer means of overturning the existing basis of society than to debauch the currency."

    « Lénine aurait déclaré que la meilleure manière de détruire le système capitaliste est de s’attaquer à sa monnaie. [...] Il avait raison. Il n’y a pas de manière plus subtile, plus sûre et plus discrète de renverser l’ordre existant de la société que de vicier sa monnaie. »

    « La préservation d’une valeur fictive de la monnaie, par la force de la loi s’exprimant dans la régulation des prix, contient en elle-même les graines du déclin économique final, et assèche rapidement la source de l’offre. »

    "All this argument, however, is a concession to the obfuscation with which custom, law, and sophistry have covered up the true character of taxation. There cannot be a good tax, or a just one; therefore, every tax rests its case on political power. And the power behind every levy fattens on its collections, while the power of the individual is commensurately weakened. The ultimate of the progressive process of taxation is the absorption of all production by the state—which is the ideal of socialism."

    « Toute cette discussion, cependant, est une concession à l'obscurcissement avec lequel les coutumes, la loi et la sophistication ont masqué le véritable caractère de la taxation. Il ne peut y avoir de bonne taxe ou impôt, ni de justes ; dès lors, chaque taxe appuie sa raison sur le pouvoir politique. Et le pouvoir derrière chaque levée engraisse de ses collectes, alors que le pouvoir de l'individu est proportionnellement affaibli. L'aboutissement du processus progressif de taxation est l'absorption de toute la production par l’état — ce qui est l’idéal du socialisme. »
    • Frank Chodorov, Fugitive Essay (1946)

    « Le travail est pour les hommes un trésor. »

    • Ésope, Fables, Le Laboureur et ses Enfants, VIe s. av. J.-C.

    "[...] children in modern, knowledge-based economies "inherit" the economic position of their parents primarily through the transmission of human capital."

    • Gary S. Becker, "Estate Taxes: An Idea Whose Time Has Gone", Businessweek, September 12, 1999

    "The more is given the less the people will work for themselves, and the less they work the more their poverty will increase."

    « Plus on leur donne, moins les gens travailleront pour eux-mêmes, et moins ils travaillent plus leur pauvreté augmentera. »
    Leo Tolstoy.jpg

    « Je suis en train de travailler à un roman, L'Argent, qui traitera des questions concernant le capital, le travail, etc., qui sont agitées en ce moment par les classes mécontentes. Je prendrai comme position que la spéculation est une bonne chose, sans laquelle les grandes industries du monde s'éteindraient, tout comme la population s'éteindrait sans la passion sexuelle.

    Aujourd'hui les grognements et grommellements émanant des centres socialistes sont le prélude à une éruption qui modifiera plus ou moins les conditions sociales existantes. Mais le monde a-t-il été rendu meilleur par notre grande Révolution ?

    Les hommes sont-ils en quoi que ce soit en réalité plus égaux qu'ils ne l'étaient il y a cent ans ? Pouvez-vous donner à un homme la garantie que sa femme ne le trompera jamais ? Pouvez-vous rendre tous les hommes également heureux ou également avisés ? Non ! Alors arrêtez de parler de l'égalité !

    La liberté, oui ; la fraternité, oui ; mais l'égalité, jamais ! »

    • Émile Zola, interviewé par un journaliste du New York Herald Tribune, le 20 avril 1890

    « Or, si l'on se réfère au concret, mise à part leur personnalité, les citoyens ne sont égaux devant la loi que dans le domaine où ils sont, par ailleurs, égaux en dehors de la loi. Seule l'égalité de capital, d'âge, de vigueur physique, de talent, de savoir-faire, etc. – ou aussi de crimes, etc. – qui de quelque façon que ce soit se trouve présente par ailleurs de manière contingente, peut et doit justifier qu'on la traite avec égalité devant la loi – du point de vue des impôts, du service militaire, de l'accès aux fonctions publiques, etc. Les lois, elles-mêmes, sauf dans la mesure où elles concernent le domaine étroit de la personnalité, tel qu'on l'a défini plus haut, présupposent les états inégaux et déterminent les compétences et les devoirs de droit inégaux qui résultent de ces états inégaux. »

    « Avec l'État intervient une inégalité, la différence entre puissances gouvernantes et gouvernées, pouvoirs publics, autorités, présidences, etc. S'il est logique avec lui-même, le principe d'égalité rejette toutes les différences et ne laisse ainsi subsister aucune sorte d'état étatique. »

    « Pour ce qui est d'abord de l'égalité, le proposition courante, que tous les hommes sont naturellement égaux, contient le malentendu de confondre le naturel avec le concept ; il est impossible de ne pas dire que, par nature, les hommes ne sont bien plutôt qu'inégaux. »

    « Mais le concept de liberté, à la manière dont il existe dès l'abord comme tel, sans autre détermination ni développement, est la subjectivité abstraite comme personne capable de propriété ; cette unique détermination abstraite de la personnalité constitue l'égalité effective entre les hommes. »

    « Dire que les citoyens sont égaux devant la loi, c'est dire là une vérité élevée, mais qui, ainsi énoncée, est une tautologie, car, de la sorte, on énonce purement et simplement l'état légal selon lequel, absolument parlant, les lois sont souveraines. »

    "[...] the finest opportunity ever given to the world was thrown away, because the passion for equality made vain the hope of freedom."

    • Lord Acton, The History of Freedom in Christianity, An Address Delivered to the Members of the Bridgnorth Institute, May 28, 1877
    « La meilleure chance de bonheur que le monde ait jamais entrevue a été gâchée parce que la passion de l'égalité a détruit l'espoir de la liberté. »
    • Lord Acton, cité par Friedrich von Hayek in La Route de la servitude (1944), trad. Georges Blumberg, éd. Presses universitaires de France, coll. Quadrige, 1993 (ISBN 9782130585411), p. 77

    « L'État n'a aucune justification morale ni scientifique, mais [...] constitue le pur produit de l'émergence de la violence dans les sociétés humaines. »

    • Pascal Salin, Libéralisme, éd. Odile Jacob, 2000 (ISBN 9782738108098), p. 517

    "What has always made the state a hell on earth has been precisely that man has tried to make it heaven."

    « Ce qui fait de l'État un enfer, c’est que l'homme essaie d’en faire un paradis. »
    • Friedrich Hölderlin, cité par Friedrich von Hayek in La Route de la servitude (1944), trad. Georges Blumberg, éd. Presses universitaires de France, coll. Quadrige, 1993 (ISBN 9782130619536), p. 24
    „Immerhin hat das den Staat zur Hölle gemacht, daß ihn der Mensch zu seinem Himmel machen wollte.“
    • Friedrich Hölderlin, Hyperion, I. Band, Erstes Buch / Hyperion an Bellarmin, J.G. Cotta’scher Verlag, Tübingen 1846

    « Le pire des États c'est l'État populaire. »

    • Pierre Corneille, Cinna, éd. Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, tome I, 1980, II, 1, vers 499-521, p. 927

    « Alors, les mers soulèvent leurs eaux, engloutissent dans leurs abîmes des planches ; les ouragans, les tremblements de terre renversent les maisons ; la peste, les maladies diverses déciment les familles priantes. Mais, les hommes ne s'en aperçoivent pas. Je les ai vus aussi rougissant, pâlissant de honte pour leur conduite sur cette terre ; rarement. Tempêtes, sœurs des ouragans ; firmament bleuâtre, dont je n'admets pas la beauté ; mer hypocrite, image de mon cœur ; terre, au sein mystérieux ; habitants des sphères ; univers entier ; Dieu, qui l'as créé avec magnificence, c'est toi que j'invoque : montre-moi un homme qui soit bon !... Mais, que ta grâce décuple mes forces naturelles ; car, au spectacle de ce monstre, je puis mourir d'étonnement : on meurt à moins. »

    « L'homme est un animal enfermé à l'extérieur de sa cage. Il s'agite hors de soi. »

    "He lit a lamp in broad daylight and said, as he went about, 'I am looking for a human.'"

    « Déambulant dans les rues d’Athènes, au beau milieu du jour, une lanterne à la main, il déclara : "Je cherche un homme." »

    « L'homme n'est pas un empire dans un empire. »

    "I do not think it right for me to laugh at nature, much less to weep over it, when I consider that men like the rest, are only part of nature, and that I do not know how each part of nature is connected with the whole of it, and how with the other parts."

    « Pour ma part ces troubles ne m'incitent ni au rire, ni, non plus, aux larmes ; ils m'engagent plutôt à philosopher et à mieux observer ce qu'est la nature humaine. »

    « Alors, c'est ça l'enfer. Je n'aurais jamais cru... Vous vous rappelez : le soufre, le bûcher, le gril... Ah ! quelle plaisanterie. Pas besoin de gril : l'enfer, c'est les Autres. »

    • Jean-Paul Sartre, Huis clos (1944), éd. Gallimard, coll. Folio, 2001 (ISBN 9782070368075), p. 93

    « En un mot, l'homme doit se créer sa propre essence ; c'est en se jetant dans le monde, en y souffrant, en y luttant qu'il se définit peu à peu ; et la définition demeure toujours ouverte ; on ne peut point dire ce qu'est cet homme avant sa mort, ni l'humanité avant qu'elle ait disparu. »

    • Jean-Paul Sartre, « À propos de l'existentialisme - Mise au point », Action, nº 17, 29 décembre 1944

    « Il serait d’un orgueil insensé de prétendre que les habitants de toutes les parties du monde devraient être des Européens pour vivre heureux ; car serions-nous devenus nous-mêmes ce que nous sommes hors d’Europe ? Celui qui nous a placé ici les plaça là-bas et leur a donné le même droit à jouir de la vie terrestre. Comme la félicité est un état intérieur, elle a son critère et sa définition non en dehors, mais au-dedans de chaque être individuel. »

    « Il n'y a d'amis, d'épouses, de pères et de frères que dans la patrie. L'exilé partout est seul. »

    « Et toi tu t'en tires en laissant en arrière
    Ceux à côté desquels ta vie aura coulé:
    C'est là le premier coup qui frappe l'exilé.
    Tu sentiras, bien loin de Florence et des nôtres,
    Qu'il est dur de montrer par l'escalier des autres,
    Et combien est amer le pain de l'étranger ! »

    « Sommes-nous le dépotoir du monde ? Par toutes nos routes d'accès, transformées en grands collecteurs, coule sur nos terres une tourbe de plus en plus grouillante, de plus en plus fétide.

    C'est l'immense flot de la crasse napolitaine, de la guenille levantine, des tristes puanteurs slaves, de l'affreuse misère andalouse, de la semence d'Abraham et du bitume de Judée ; c'est tout ce que recrachent les vieilles terres de plaies et de fléaux. Doctrinaires crépus, conspirateurs furtifs, régicides au teint verdâtre, pollacks mités, gratin de ghettos, contrebandiers d'armes, pistoleros en détresse, espions, usuriers, gangsters, marchands de femmes et de cocaïne, ils accourent précédés de leur odeur, escortés de leurs punaises.

    Ils arrivent de tous les côtés, sans relâche, sur les océans, par-dessous les montagnes, à pleins trains, à pleins paquebots. Ils arrivent et on les attend. De "gauche" ou de "droite", ils ont toujours des amis. Révolution et coups d'Etat en offrent l'incessant prétexte. Sous couleur de droit d'asile, on laisse entrer pêle-mêle et sans la moindre précaution réfugiés politiques et condamnés de droit commun - tous d'accord au moins sur un point : le droit qu'ils s'arrogent de nous traiter en pays conquis. »

    • Henri Béraud, Gringoire : Écrits 1928-1937, éd. Éditions de Paris, 2004 (ISBN 9782851621030), 7 août 1936, p. 328

    "The Stranger within my gate,
    He may be true or kind,
    But he does not talk my talk--
    I cannot feel his mind.
    I see the face and the eyes and the mouth,
    But not the soul behind.

    The men of my own stock,
    They may do ill or well,
    But they tell the lies I am wanted to,
    They are used to the lies I tell;
    And we do not need interpreters
    When we go to buy or sell.

    The Stranger within my gates,
    He may be evil or good,
    But I cannot tell what powers control--
    What reasons sway his mood;
    Nor when the Gods of his far-off land
    Shall repossess his blood.

    The men of my own stock,
    Bitter bad they may be,
    But, at least, they hear the things I hear,
    And see the things I see;
    And whatever I think of them and their likes
    They think of the likes of me.

    This was my father's belief
    And this is also mine:
    Let the corn be all one sheaf--
    And the grapes be all one vine,
    Ere our children's teeth are set on edge
    By bitter bread and wine."

    « L’étranger qui passe mon portail,
    Il peut être sincère ou aimable,
    Mais il ne parle pas ma langue,
    Je ne peux pas connaître son esprit
    Je vois son visage et ses yeux et sa bouche,
    Mais pas l’âme qui est derrière.

    Les hommes de mon propre sang,
    Ils peuvent faire le mal ou le bien,
    Mais ils disent les mensonges que je connais.
    Ils connaissent les mensonges que je dis,
    Et nous n’avons pas besoin d’interprète
    Lorsque nous allons acheter et vendre.

    L’étranger qui passe mon portail,
    Il peut être mauvais ou bon,
    Mais je ne peux pas dire quel pouvoir le contrôle
    Quelle raison gouverne son humeur ;
    Ni quand les dieux de son lointain pays
    Reprendront possession de son sang.

    Les hommes de mon propre sang
    Ils peuvent être très mauvais,
    Mais au moins ils entendent les choses que j’entends
    Et voient les choses que je vois ;
    Et quoi que je pense d’eux et de leurs goûts
    Ou qu’ils pensent de mes goûts.

    C’était la croyance de mon père
    Et c’est aussi la mienne :
    Le grain doit former une seule gerbe
    Et la grappe doit donner un seul vin,
    Et nos enfants doivent se faire les dents
    Sur le pain dur et le vin. »

    « Il n'y a pas de plus grand crime que d'introduire l'étranger dans la patrie. »

    « C’est une immense tragédie que la diminution de la race blanche, sa disparition… »

    • Paul Morand, entretien enregistré le 1er août 1970 à Rambouillet

    "Now almost every Western country has signed up to full blown multiculturalism and I say just every Western country because the interesting thing about multiculturalism is that it's a unicultural phenomenon."

    • Mark Steyn, conference at Pepperdine University in Malibu, hosted by the American Freedom Alliance, June 10th, 2007
    « [...] le multiculturalisme est un phénomène uniculturel, il n’existe qu’en occident. »
    • Mark Steyn, conference at Pepperdine University in Malibu, hosted by the American Freedom Alliance, June 10th, 2007

    « Tout comme l'homme et la femme ne peuvent être mêmes, à savoir humains, qu'en étant absolument différents l'un de l'autre, ainsi le national de chaque pays ne peut entrer dans cette histoire universelle de l'humanité qu'en restant ce qu'il est et en s'y tenant obstinément. Un citoyen du monde qui vivrait sous la tyrannie d'un empire universel, parlant et pensant dans une sorte de super-espéranto, ne serait pas moins un monstre qu'un hermaphrodite. »

    • Hannah Arendt, Vies politiques - Men in Dark Times (1968), extrait de The Philosophy of Karl Jaspers (1957), coll. Tel, 1986, pp. 102-105

    « La nature a organisé chaque individu en harmonie avec le lieu où il doit naître, vivre et mourir, des mers immenses, des montagnes qui percent les nues encadrent en quelque sorte chaque race dans la localité qui lui est propre, et lui défendent de se mêler aux autres races. Autour de l’homme naissent les animaux nécessaires à des voyages bornés, mais qui ne doivent pas le porter au-delà des limites que le doigt de Dieu lui a tracé pour patrie; tant que l’Européen s’abandonnera à son cheval, l’Arabe à son dromadaire, l’instinct de chacun de ces animaux le retiendra dans l’atmosphère qui lui convient, et ni l’animal ni son maître n’auront à souffrir. Déplacer une existence, c’est la fausser; les principes du bien qui, dans des climats amis, sur une terre maternelle, sous le soleil natal, eussent mûri comme un fruit, tournent à mal sur un sol étranger. Quand tout est hostile à un individu, l’individu devient hostile à tout; et, comme il ne peut anéantir cet air qui l’étouffe, ce soleil qui le brûle, cette terre qui le blesse, sa haine retombe sur les hommes dont il peut toujours se venger. L’enfant ravi à sa patrie vivra mal ailleurs que là où il aurait dû vivre: là-bas, il eût été heureux au milieu d’hommes heureux; ici, il sera malheureux par les autres, et les autres le seront par lui; car son espoir, ses pensées, ses désirs seront ceux d’une autre race et d’un autre pays, inconnu au pays qu’il habite, incompris de la race qui l’entoure. S’ils veulent se répandre au dehors, le défaut de sympathie les repoussera au dedans. Quelque temps, son cœur les renfermera pêle-mêle et grondant; puis, vienne une occasion, que la victime et le bourreau se trouvent face à face, il y aura des crimes et du sang. »

    « [...] le véritable exil n'est pas d'être arraché de son pays : c'est d'y vivre et de n'y plus rien trouver de ce qui le faisait aimer. »

    • Edgar Quinet, Fondation de la République des Provinces-Unies : Marnix de Sainte-Aldegonde (1854), éd. Pagnerre, 1857, vol. 5-6, « Religion, Politique et Art des Gueux », p. 132

    « Tout ce qui fait événement aujourd’hui le fait contre cette universalité abstraite - y compris l’antagonisme de l’islam aux valeurs occidentales (c’est parce qu’il en est la contestation la plus véhémente qu’il est aujourd’hui l’ennemi numéro un).

    Qui peut faire échec au système mondial ? Certainement pas le mouvement de l’antimondialisation, qui n’a pour objectif que de freiner la dérégulation. L’impact politique peut être considérable, l’impact symbolique est nul. Cette violence-là est encore une sorte de péripétie interne que le système peut surmonter tout en restant maître du jeu. Ce qui peut faire échec au système, ce ne sont pas des alternatives positives, ce sont des singularités. Or, celles-ci ne sont ni positives ni négatives. Elles ne sont pas une alternative, elles sont d’un autre ordre. Elles n’obéissent plus à un jugement de valeur ni à un principe de réalité politique. Elles peuvent donc être le meilleur ou le pire. On ne peut donc les fédérer dans une action historique d’ensemble. Elles font échec à toute pensée unique et dominante, mais elles ne sont pas une contre-pensée unique - elles inventent leur jeu et leurs propres règles du jeu. [...]

    Il ne s’agit donc pas d’un "choc de civilisations", mais d’un affrontement, presque anthropologique, entre une culture universelle indifférenciée et tout ce qui, dans quelque domaine que ce soit, garde quelque chose d’une altérité irréductible. Pour la puissance mondiale, tout aussi intégriste que l’orthodoxie religieuse, toutes les formes différentes et singulières sont des hérésies. A ce titre, elles sont vouées soit à rentrer de gré ou de force dans l’ordre mondial, soit à disparaître. La mission de l’Occident (ou plutôt de l’ex-Occident, puisqu’il n’a plus depuis longtemps de valeurs propres) est de soumettre par tous les moyens les multiples cultures à la loi féroce de l’équivalence. Une culture qui a perdu ses valeurs ne peut que se venger sur celles des autres. »

    • Jean Baudrillard, « La violence de la mondialisation », Le Monde diplomatique, novembre 2002, p. 18

    « Quant à la religion Mahométane, tout le monde sait qu'elle n'est autre chose qu'un mélange grotesque de judaïsme et d'hérésies, dont le propagateur fut un homme, vil, cruel, impudique, voleur, je veux dire Mahomet, qui, avec le concours d'une infâme canaille de sa trempe, séduisit les peuples pour leur faire embrasser une loi et une foi mieux faites pour des bêtes que pour des hommes raisonnables. »

    « César et Mahomet ont rempli la terre de leur renommée. Le dernier est, dans la moitié de l'univers, respecté comme l'ami de Dieu ; dans l'autre, il est honoré comme un grand génie : cependant, ce Mahomet, simple courtier d'Arabie, sans lettres, sans éducation, et dupe lui-même en partie du fanatisme qu'il inspirait, avait été forcé, pour composer le médiocre et ridicule ouvrage nommé al-koran, d'avoir recours à quelques moines grecs. Or, comment, dans un tel homme, ne pas reconnaître l'ouvrage du hasard qui le place dans le temps et les circonstances où devait s'opérer la révolution à laquelle cet homme hardi ne fit guère que prêter son nom ? »

    « Les imams et les muphtis de toutes les sectes me paraissent plus faits qu'on ne croit pour s'entendre ; leur but commun est de subjuguer, par la superstition, la pauvre espèce humaine. »

    « [...] l’Islam est favorable à la traite. Il a fallu que l’esclave noir vînt remplacer, dans les provinces musulmanes, l’esclave blanc d’autrefois. »

    « Las d'attrister des bêtes malades, et pour faire un métier contraire je me jette à corps perdu dans le théâtre : me fussé-je mis une pierre au cou ! Je broche une comédie dans les mœurs du sérail. Auteur espagnol, je crois pouvoir y fronder Mahomet sans scrupule : à l'instant un envoyé... de je ne sais où se plaint que j'offense dans mes vers la Sublime-Porte, la Perse, une partie de la presqu'île de l'Inde, toute l'Egypte, les royaumes de Barca, de Tripoli, de Tunis, d'Alger et de Maroc : et voilà ma comédie flambée, pour plaire aux princes mahométans, dont pas un, je crois, ne sait lire, et qui nous meurtrissent l'omoplate, en nous disant : chiens de chrétiens. Ne pouvant avilir l'esprit, on se venge en le maltraitant. [...] que sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur [...]. »

    « Si l’on préfère la vie à la mort, on doit préférer la civilisation à la barbarie. L’islamisme est le culte le plus immobile et le plus obstiné, il faut bien que les peuples qui le professent périssent s’ils ne changent de culte. »

    • Alfred de Vigny, « Journal d’un poète » (1831), dans Oeuvres complètes, Alfred de Vigny, éd. Conard, 1935, t. 8, p. 156

    « J'exposerai comment la religion de Mahomet, la plus simple dans ses dogmes, la moins absurde dans ses pratiques, la plus tolérante dans ses principes, semble condamner à un esclavage éternel, à une incurable stupidité, toute cette vaste portion de la terre où elle a étendu son empire ; tandis que nous allons voir briller le génie des sciences et de la liberté sous les superstitions les plus absurdes, au milieu de la plus barbare intolérance. La Chine nous offre le même phénomène, quoique les effets de ce poison abrutissant y aient été moins funestes. »

    • Nicolas de Condorcet, Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain (1793, 1re éd. 1795), 6e époque, éd. Flammarion, coll. Garnier-Flammarion, 1988, p. 174

    "How dreadful are the curses which Mohammedanism lays on its votaries! Besides the fanatical frenzy, which is as dangerous in a man as hydrophobia in a dog, there is this fearful fatalistic apathy. The effects are apparent in many countries. Improvident habits, slovenly systems of agriculture, sluggish methods of commerce, and insecurity of property exist wherever the followers of the Prophet rule or live. A degraded sensualism deprives this life of its grace and refinement; the next of its dignity and sanctity. The fact that in Mohammedan law every woman must belong to some man as his absolute property, either as a child, a wife, or a concubine, must delay the final extinction of slavery until the faith of Islam has ceased to be a great power among men.

    Individual Moslems may show splendid qualities. Thousands become the brave and loyal soldiers of the Queen; all know how to die; but the influence of the religion paralyses the social development of those who follow it. No stronger retrograde force exists in the world. Far from being moribund, Mohammedanism is a militant and proselytizing faith. It has already spread throughout Central Africa, raising fearless warriors at every step; and were it not that Christianity is sheltered in the strong arms of science, the science against which it had vainly struggled, the civilisation of modern Europe might fall, as fell the civilisation of ancient Rome."

    • Winston Churchill, The River War: An Historical Account of the Reconquest of the Soudan (1899), Volume II pp. 248-250
    « Combien effrayantes sont les malédictions que le mahométanisme fait reposer sur ses fidèles ! Outre la frénésie fanatique, qui est aussi dangereuse pour l’homme que la peur de l’eau pour le chien, on y trouve une terrible apathie fataliste. Les effets sont patents dans certains pays. Habitudes imprévoyantes, systèmes agricoles aberrants, lenteur des méthodes commerciales, et insécurité de la propriété se retrouvent partout ou les adeptes du Prophète gouvernent ou vivent. Un sensualisme avilissant dépouille la vie de sa grâce et de sa distinction, ensuite de sa dignité et de sa sainteté. Le fait que dans la loi mahométane toute femme, qu’elle soit enfant, épouse ou concubine doive appartenir à un homme comme son entière propriété, ne fait que repousser l’extinction totale de l’esclavage au jour où l’Islam aura cessé d’être un pouvoir important parmi les hommes.
    Certains musulmans peuvent montrer de splendides qualités, mais l’influence de la religion paralyse le développement social de ceux qui la suivent. Aucune force aussi rétrograde n’existe dans le monde. Loin d’être moribond le mahométanisme est une foi militante et prosélyte. Il s’est déjà répandu partout en Afrique centrale, attirant de courageux guerriers pour chaque avancée et partout où la chrétienté n’est pas protégée par les armes puissantes de la science, science contre laquelle elle a vainement luttée, la civilisation de l’Europe moderne peut s’écrouler, comme s’est écroulée la civilisation de la Rome antique. »
    • Winston Churchill, The River War: An Historical Account of the Reconquest of the Soudan (1899), first edition, Volume II, London : Longmans, Green & Co., 1899, pp. 248-250

    "Our sufferings today are the prelude of those you, Europeans and Western Christians, will also suffer in the near future. I lost my diocese. The physical setting of my apostolate has been occupied by Islamic radicals who want us converted or dead. But my community is still alive. Please, try to understand us. Your liberal and democratic principles are worth nothing here. You must consider again our reality in the Middle East, because you are welcoming in your countries an ever growing number of Muslims. Also you are in danger. You must take strong and courageous decisions, even at the cost of contradicting your principles. You think all men are equal, but that is not true: Islam does not say that all men are equal. Your values are not their values. If you do not understand this soon enough, you will become the victims of the enemy you have welcomed in your home."

    • Archbishop Amel Nona, Chaldean Catholic Archeparch of Mosul, Corriere della Sera, August 9, 2014
    « Nos souffrances actuelles sont le prélude de celles que vous, les Européens et les chrétiens occidentaux, allez souffrir aussi dans la un proche avenir. […] Vos principes libéraux et démocratiques ne valent rien ici. Vous êtes aussi en danger. Vous devez prendre des décisions fortes et courageuses, même si elles contredisent vos principes. Vous pensez que tous les hommes sont égaux, mais ce n’est pas vrai : l’islam ne dit pas que tous les hommes sont égaux. Vos valeurs ne sont pas leurs valeurs. Si vous ne comprenez pas ceci très vite, vous allez devenir les victimes de l’ennemi que avez accueilli chez vous. »
    • Mgr Amel Shimon Nona, archevêque catholique chaldéen de Mossoul, dans le Corriere della sera, 9 août 2014

    « La grande question qui se pose ici est de savoir pourquoi les Arabes, qui n'étaient certainement pas plus nombreux que les Germains, n'ont pas été absorbés comme eux par les populations de ces régions de civilisation supérieure dont ils se sont emparés ? Tout est là. Il n'est qu'une réponse et elle est d'ordre moral. Tandis que les Germains n'ont rien à opposer au christianisme de l'Empire, les Arabes sont exaltés par une foi nouvelle. C'est cela et cela seul qui les rend inassimilables. Car pour le reste, ils n'ont pas plus de préventions que les Germains contre la civilisation de ceux qu'ils ont conquis. Au contraire, ils se l'assimilent avec une étonnante rapidité ; en science, ils se mettent à l'école des Grecs ; en art, à celle des Grecs et des Perses. Ils ne sont même pas fanatiques, du moins au début, et n'entendent pas convertir leurs sujets. Mais ils veulent les faire obéir au seul dieu, Allah, à son prophète Mahomet et, puisqu'il était Arabe, à l'Arabie. Leur religion universelle est en même temps nationale. Ils sont les serviteurs de Dieu. [...]

    Islam signifie résignation ou soumission à Dieu et Musulman veut dire soumis. Allah est un et il est logique dès lors que tous ses serviteurs aient pour devoir de l’imposer aux incroyants, aux infidèles. Ce qu’ils se proposent, ce n’est pas, comme on l’a dit, leur conversion, mais leur sujétion. C’est cela qu’ils apportent avec eux. Ils ne demandent pas mieux, après la conquête, que de prendre comme un butin la science et l’art des infidèles ; ils les cultiveront en l’honneur d’Allah. Ils leur prendront même leurs institutions dans la mesure où elles leur seront utiles. Ils y sont poussés d’ailleurs, par leurs propres conquêtes. Pour gouverner l’Empire qu’ils ont fondé, ils ne peuvent plus s’appuyer sur leurs institutions tribales ; de même les Germains n’ont pu imposer les leurs à l’Empire romain. La différence est que partout où ils sont, ils dominent. Les vaincus sont leurs sujets, payent seuls l’impôt, sont hors de la communauté des croyants. La barrière est infranchissable ; aucune fusion ne peut se faire entre les populations conquises et les Musulmans. Quel contraste formidable avec un Théodoric qui se met au service de ses vaincus et cherche à s’assimiler à eux !

    Chez les Germains, le vainqueur ira au vaincu spontanément. Chez les Arabes c’est le contraire, c’est le vaincu qui ira au vainqueur et il n’y pourra aller qu’en servant, comme lui, Allah, en lisant, comme lui, le Coran, donc en apprenant la langue qui est la langue sainte en même temps que la langue maîtresse. »

    • Henri Pirenne, Mahomet et Charlemagne (1937), éd. Presses Universitaires de France, 1992, pp. 109-110

    « César et Mahomet ont rempli la terre de leur renommée. Le dernier est, dans la moitié de l'univers, respecté comme l'ami de Dieu ; dans l'autre, il est honoré comme un grand génie : cependant, ce Mahomet, simple courtier d'Arabie, sans lettres, sans éducation, et dupe lui-même en partie du fanatisme qu'il inspirait, avait été forcé, pour composer le médiocre et ridicule ouvrage nommé al-koran, d'avoir recours à quelques moines grecs. Or, comment, dans un tel homme, ne pas reconnaître l'ouvrage du hasard qui le place dans le temps et les circonstances où devait s'opérer la révolution à laquelle cet homme hardi ne fit guère que prêter son nom ? »

    « La multitude des lois fournit souvent des excuses aux vices en sorte qu’un État est bien mieux réglé lorsque n’en ayant que fort peu, elles y sont fort étroitement observées. »

    « Toute loi, prescription ou défense, édictée en vue du soi-disant intérêt de la masse au détriment des individus, est une duperie. Que l'individu se développe au contraire dans la plénitude de sa liberté, et la masse jouira d'un bonheur total fait de tous les bonheurs particuliers. »

    « Celui qui part de l'idée préconçue que la notion du droit doit être positive, et qui ensuite entreprend de la définir, n'aboutira à rien ; il veut saisir une ombre, poursuit un spectre, entreprend la recherche d'une chose qui n'existe pas. La notion du droit, comme celle de la liberté, est négative ; son contenu est une pure négation. C'est la notion du tort qui est positive ; elle a la même signification que nuisance - læsio - dans le sens le plus large. Cette nuisance peut concerner ou la personne, ou la propriété, ou l'honneur. Il s'ensuit de là que les droits de l'homme sont faciles à définir : chacun a le droit de faire tout ce qui ne nuit pas à un autre. »

    « Les longues lois sont des calamités publiques. Celui qui donne à un peuple trop de lois est un tyran. »

    "The legislator commands the future; to be feeble will avail him nothing: it is for him to will what is good and to perpetuate it; to make man what he desires to be: for the laws, working upon the social body, which is inert in itself, can produce either virtue or crime, civilized customs or savagery."

    « Le législateur commande à l’avenir ; il ne lui sert de rien d’être faible : c’est à lui de vouloir le bien et de le perpétuer ; c’est à lui de rendre les hommes ce qu’il veut qu’ils soient : selon que les lois animent le corps social, inerte par lui-même, il en résulte les vertus ou les crimes, les bonnes mœurs ou la férocité. »

    "Natural law is, definitively, the only valid bulwark against the arbitrary power or the deception of ideological manipulation. The knowledge of this law inscribed on the heart of man increases with the progress of the moral conscience.

    The first duty for all, and particularly for those with public responsibility, must therefore be to promote the maturation of the moral conscience. This is the fundamental progress without which all other progress proves non-authentic."

    • Benedict XVI, Address to the participants of the International Congress on Natural Moral Law, 12 February 2007
    « La loi naturelle, est en définitive le seul rempart valide contre l’arbitraire du pouvoir ou des tromperies de la manipulation idéologique.
    La première préoccupation de tous – et particulièrement pour qui a la responsabilité publique, est donc d’aider au progrès de la conscience morale. Tel est le progrès fondamental et sans ce progrès, tous les autres progrès ne sont pas de vrais progrès. »
    • Benoît XVI, Discours au Congrès international sur le thème loi morale naturelle organisé par l'Université du Latran, 12 février 2007

    « Ne perdons pas de vue en effet que "faire grève" ne veut pas simplement dire s’abstenir de travailler : cela suppose de s’abstenir de travailler dans le cadre d’un "contrat de travail en cours de validité". En d’autres termes, cela signifie manquer à ses obligations, prévues par le contrat. [...] C’est ainsi que la violation de contrat de travail, commise de la part de l’employé sous la forme d’une grève, devint un "droit", bien qu’il ne serait en aucun autre cas admis qu’une personne liée par un contrat puisse tranquillement le violer. »

    • Bruno Leoni, La libertà del lavoro. Scritti su concorrenza, sciopero e serrata, traduction libre, éd. Rubbettino, 2004 (ISBN 9788849807370), p. 166

    « Les vices sont les actes par lesquels un homme nuit à sa propre personne ou à ses biens.

    Les crimes sont les actes par lesquels un homme nuit à la personne ou aux biens d'autrui. [...]

    Tant qu'une distinction entre les vices et les crimes ne sera pas clairement établie et reconnue par les lois, il ne pourra exister sur terre aucun droit, liberté ou propriété individuels [...]. »

    • Lysander Spooner, Les Vices ne sont pas des crimes (1875), trad. Mickael Korvin, éd. Les Belles Lettres, 1993

    « À force d'être juste on est souvent coupable [...] »

    • Pierre Corneille, Pompée, in Les chefs-d'œuvre de P. Corneille, éd. De l'Imprimerie de P. Didot l'Aîné, 1814, tome 2, I, 1, p. 222

    « Il faut donc bien se garder d'attribuer aux lois physiques les maux qui sont la juste et inévitable punition de la violation de l'ordre même de ces lois, instituées pour opérer le bien. »

    • François Quesnay, « Observations sur le Droit naturel des hommes réunis en société » (1765), in Œuvres économiques complètes et autres textes, t. 1, éd. INED, 2005 (ISBN 9782733210314), p. 116

    "As reason tells us, all are born thus naturally equal, with an equal right to their persons, so also with an equal right to their preservation [...] and every man having a property in his own person, the labour of his body and the work of his hands are properly his own, to which no one has right but himself; it will therefore follow that when he removes anything out of the state that nature has provided and left it in, he has mixed his labour with it, and joined something to it that is his own, and thereby makes it his property [...] Thus every man having a natural right to (or being proprietor of) his own person and his own actions and labour, which we call property, it certainly follows, that no man can have a right to the person or property of another: And if every man has a right to his person and property; he has also a right to defend them [...] and so has a right of punishing all insults upon his person and property."

    « Ainsi, comme nous l’indique la raison, tous les hommes sont nés naturellement égaux c’est-à-dire dotés d’un Droit égal sur leur personne, et aussi d’un Droit égal à leur conservation [...] et comme chaque homme possède un Droit de propriété sur sa propre personne, le travail de son corps et l’œuvre de ses mains lui appartient en propre et personne n’y a Droit que lui-même ; il s’ensuit donc que lorsqu’il tire n’importe quel objet de l’état où la nature l’avait mis, il y mêle son travail et joint quelque chose qui lui appartient ; ainsi il en fait sa propriété... Aussi, puisque chaque homme a un Droit naturel sur sa propre personne (il en est propriétaire) et sur ses propres actions et travail, ce que nous appelons la propriété, il s’ensuit sans aucun doute que personne ne dispose d’aucun Droit sur la personne ni la propriété d’autrui. Et si chacun possède un Droit sur sa personne et sa propriété, il a aussi le Droit de les défendre [...] et donc le Droit de punir toute offense infligée à sa personne et à sa propriété. »
    • Elisha Williams, 1744

    « Renoncer à sa liberté, c'est renoncer à sa qualité d'homme. »

    • Jean-Jacques Rousseau, Du Contrat Social, éd. Marc-Michel Rey, 1762, Livre I, chap. IV (« De l'esclavage »), p. 17

    « La liberté est le seul bien pour lequel il vaille la peine de se battre. »

    • Jean Van Hamme, Le Maître Des Montagnes, éd. Le Lombard, 1999 (ISBN 9782803614462)

    « Il n’y a point d’assujettissement si parfait que celui qui garde l’apparence de la liberté [...]. »

    • Jean-Jacques Rousseau, Émile, ou De l'éducation (1762) in Œuvres complètes, éd. A. Houssiaux, 1852-1853, tome II, Livre 2, p. 460

    « Mais ce qu'il y a de particulièrement néfaste à imposer silence à l'expression d'une opinion, c'est que cela revient à voler l'humanité : tant la postérité que la génération présente, les détracteurs de cette opinion davantage encore que ses détenteurs. Si l'opinion est juste, on les prive de l'occasion d'échanger l'erreur pour la vérité ; si elle est fausse, ils perdent un bénéfice presque aussi considérable : une perception plus claire et une impression plus vive de la vérité que produit sa confrontation avec l'erreur. »

    • John Stuart Mill, De la liberté (1859), trad. Laurence Lenglet, éd. Gallimard, coll. Folio, 1990

    « Nous avons maintenant affirmé la nécessité – pour le bien-être intellectuel de l’humanité (dont dépend son bien-être général) – de la liberté de pensée et d’expression à l’aide de quatre raisons distinctes que nous allons récapituler ici.

    Premièrement, une opinion qu’on réduirait au silence peut très bien être vraie : le nier, c’est affirmer sa propre infaillibilité. Deuxièmement, même si l’opinion réduite au silence est fausse, elle peut contenir – ce qui arrive très souvent – une part de vérité ; et puisque l’opinion générale ou dominante sur n’importe quel sujet n’est que rarement ou jamais toute la vérité, ce n’est que par la confrontation des opinions adverses qu’on a une chance de découvrir le reste de la vérité. Troisièmement, si l’opinion reçue est non seulement vraie, mais toute la vérité, on la professera comme une sorte de préjugé, sans comprendre ou sentir ses principes rationnels, si elle ne peut être discutée vigoureusement et loyalement. Et cela n’est pas tout car, quatrièmement, le sens de la doctrine elle-même sera en danger d’être perdu, affaibli ou privé de son effet vital sur le caractère ou la conduite : le dogme deviendra une simple profession formelle, inefficace au bien, mais encombrant le terrain et empêchant la naissance de toute conviction authentique et sincère fondée sur la raison ou l’expérience personnelle.

    Avant de clore ce sujet de la liberté d’opinion, il convient de se tourner un instant vers ceux qui disent qu’on peut permettre d’exprimer librement toute opinion, pourvu qu’on le fasse avec mesure, et qu’on ne dépasse pas les bornes de la discussion loyale. On pourrait en dire long sur l’impossibilité de fixer avec certitude ces bornes supposées ; car si le critère est le degré d’offense éprouvé par ceux dont les opinions sont attaquées, l’expérience me paraît démontrer que l’offense existe dès que l’attaque est éloquente et puissante : ils accuseront donc de manquer de modération tout adversaire qui les mettra dans l’embarras. [...] Quant à ce que l’on entend communément par le manque de retenue en discussion, à savoir les invectives, les sarcasmes, les attaques personnelles, etc., la dénonciation de ces armes mériterait plus de sympathie si l’on proposait un jour de les interdire également des deux côtés ; mais ce qu’on souhaite, c’est uniquement en restreindre l’emploi au profit de l’opinion dominante. Qu’un homme les emploie contre les opinions minoritaires, et il est sûr non seulement de n’être pas blâmé, mais d’être loué pour son zèle honnête et sa juste indignation. Cependant, le tort que peuvent causer ses procédés n’est jamais si grand que lorsqu’on les emploie contre les plus faibles, et les avantages déloyaux qu’une opinion peut tirer de ce type d’argumentation échoient presque exclusivement aux opinions reçues. La pire offense de cette espèce qu’on puisse commettre dans une polémique est de stigmatiser comme des hommes dangereux et immoraux les partisans de l’opinion adverse. Ceux qui professent des opinions impopulaires sont particulièrement exposés à de telles calomnies, et cela parce qu’ils sont en général peu nombreux et sans influence, et que personne ne s’intéresse à leur voir rendre justice. »

    • John Stuart Mill, « De la liberté de pensée et de discussion » (extrait de De la liberté), Folio plus, 2007, pp. 58-60

    "Freedom has cost too much blood and agony to be relinquished at the cheap price of rhetoric."

    • Thomas Sowell, Knowledge and Decisions (1980), Basic Books, 1996 (ISBN 9780786723638), Ch. 5 Political Trade-Offs, p. 118
    « La liberté a coûté trop de sang et de souffrance pour être abandonnée au bas prix de la rhétorique. »
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    "To determine the true rulers of any society, all you must do is ask yourself this question: Who is it that I am not permitted to criticize?"

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    « La vraie question devient alors : ne peut-on plus l'"ouvrir" de quelque façon, proférer quoi que ce soit d'insolite, d'insolent, d'hétérodoxe ou de paradoxal sans être automatiquement d'extrême droite (ce qui est, il faut bien le dire, un hommage rendu à l'extrême droite) ? Pourquoi tout ce qui est moral, conforme et conformiste, et qui était traditionnellement à droite, est-il passé à gauche ? Révision déchirante : alors que la droite incarnait les valeurs morales, et la gauche au contraire une certaine exigence historique et politique contradictoire, aujourd'hui, celle-ci, dépouillée de toute énergie politique, est devenue une pure juridiction morale, incarnation des valeurs universelles, championne du règne de la Vertu et tenancière des valeurs muséales du Bien et du Vrai, juridiction qui peut demander des comptes à tout le monde sans avoir à en rendre à personne. L'illusion politique de la gauche, congelée pendant vingt ans dans l'opposition, s'est révélée, avec l'accession au pouvoir, porteuse, non pas du sens de l'histoire, mais d'une morale de l'histoire. D'une morale de la Vérité, du Droit et de la bonne conscience degré zéro du politique et sans doute même point le plus bas de la généalogie de la morale. Défaite historique de la gauche (et de la pensée) que cette moralisation des valeurs. Même la réalité, le principe de réalité, est un article de foi. Mettez donc en cause la réalité d'une guerre : vous êtes aussitôt jugé comme traître à la loi morale. La gauche tout aussi politiquement dévitalisée que la droite ­ où est donc passé le politique ? Eh bien, du côté de l'extrême droite. Comme le disait très bien Bruno Latour dans le Monde, le seul discours politique en France, aujourd'hui, est celui de Le Pen. Tous les autres sont des discours moraux et pédagogiques, discours d'instituteurs et de donneurs de leçons, de gestionnaires et de programmateurs. »

    « Je t'aime et je t'aimerai toujours mais je peux aussi te battre. »

    « Ce n’est pas par charité qu’il faut aimer ses ennemis — c’est par libre mobilité de soi-même et pour retordre la nature. — D’ailleurs il y a du mépris dans l’amour de ses ennemis. »

    « Les deux mots les plus brefs et les plus anciens, oui et non, sont ceux qui exigent le plus de réflexion. »

    « Idéal perdu dans la nuit d'un monde qui n'est plus,
    Monde qui pensait en contes et parlait en poèmes,
    Oh, je te vois, je t'entends, je rêve à toi, jeune et doux messager
    D'un ciel peuplé d'étoiles, de paradis, de dieux qui ne sont pas les nôtres. »

    "Here lies one whose name was writ in water."

    « Ici repose celui dont le nom était écrit dans l'eau. »

    « On aurait pu faire We Are The World – elle se met à chanter. Mais nous n'avons pas choisi comme trait d'union la race, la religion. Ici, c'est l'océan, l'histoire de l'évolution. Nous sommes des créatures nées dans la mer. Puis, nous avons marché sur le sable. La race humaine, après cette longue marche de l'évolution, est encore faite de cet océan. Notre transpiration est salée. »

    • Björk, entretien, Véronique Mortaigne, Le Monde

    « Je suis entre moi et moi. »

    « La barbarie plutôt que l'ennui. »

    « J’ai souvent éprouvé que la parabole de la brebis égarée reste une des plus difficiles à admettre pour certaines âmes, qui pourtant se croient profondément chrétiennes. Que chaque brebis du troupeau, prise à part, puisse aux yeux du berger être plus précieuse à son tour que tout le reste du troupeau pris en bloc, voici ce qu’elles ne peuvent s’élever à comprendre. Et ces mots : "Si un homme a cent brebis et que l’une d’elles s’égare, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes, pour aller chercher celle qui s’est égarée ?" [...]. »

    • André Gide, La symphonie pastorale, éd. Gallimard, coll. Folio, 1972 (ISBN 9782070360185), pp. 40-41

    "I've seen things you people wouldn't believe. Attack ships on fire off the shoulder of Orion. I watched C-beams glitter in the dark near the Tannhauser gate. All those moments will be lost in time... like tears in rain... Time to die."

    • Quote from Blade Runner (Batty)
    « J'ai vu tant de choses que vous, humains, ne pourriez pas croire. J'ai vu de grands navires en feu surgissant de l'épaule d'Orion. J'ai vu des rayons fabuleux, des rayons C, briller dans l'ombre de la porte de Tannhauser. Tous ces moments se perdront dans l'oubli, comme les larmes... dans la pluie. Il est temps... de mourir... »
    • Citation tiré du film Blade Runner (Batty)

    « Vous ne verrez pas la lumière dans le prisme, ni le prisme dans la lumière. »

    "III. The Universe is the interior of the Light Cone of the Creation.
    IV. Science is a Differential Equation. Religion is a Boundary Condition.
    V. Hyperboloids of wondrous Light Rolling for aye through Space and Time where Waves which somehow Might Play out God's holy pantomime"

    • Alan Turing, "Messages from the unseen world", March 1954, sent on postcards to Robin Gandy

    « - Je vais vous le dire, prononça Valentin. Imaginez un pique-nique...
    Nounane sursauta.
    - Comment avez-vous dit ?
    - Un pique-nique. Imaginez : une forêt, un chemin, une clairière. Une voiture passe du chemin dans la clairière, apparemment des jeunes gens, des paniers à provision, des jeunes filles, des transistors, des appareils photo et des caméras... On allume un feu, on dresse des tentes, on branche la musique. Et le lendemain matin, ils repartent. Les animeaux, les oiseaux et les insectes qui la nuit, épouvantés, avaient observé le cours des événements, sortent de leurs abris. Que voient-ils ? Sur l'herbe tachée d'huile traînent de vieilles bougies, un filtre à huile, des chiffons, des ampoules grillées, quelqu'un a laissé tomber une clé à molette... Les garde-boue ont laissé des saletés ramenées d'un marécage... et, évidemment, les traces du feu de bois, des morceaux de pommes, les papiers de bonbons, les boîtes de conserve, les bouteilles vides, un mouchoir, un couteau de poche, des journaux déchirés, de la petite monnaie, des fleurs fanées venues des autres clairières...
    - J'ai compris. Un pique-nique au bord du chemin.
    - Exactement. Un pique-nique au bord de je ne sais quel chemin cosmique. Et vous me demandez : reviendront-ils ou non ? »

    « Assurément je connaissais par expérience le mystérieux attrait de ce "jeu royal", le seul entre tous les jeux inventés par les hommes qui échappe souverainement à la tyrannie du hasard, le seul où l'on ne doive sa victoire qu'à son intelligence ou plutôt à une certaine forme d'intelligence. Mais n'est-ce pas déjà le limiter injurieusement que d'appeler les échecs un jeu ? N'est-ce pas une science, un art ou quelque chose qui, comme le cercueil de Mahomet entre ciel et terre, est suspendu entre l'un et l'autre, et qui réunit un nombre incroyable de contraires ? L'origine s'en perd dans la nuit des temps, et cependant il est toujours nouveau ; sa marche est mécanique, mais elle n'a de résultat que grâce à l'imagination ; il est étroitement limité dans un espace géométrique fixe, et pourtant ses combinaisons sont illimitées. Il poursuit un développement continuel, mais il reste stérile ; c'est une pensée qui ne mène à rien, une mathématique qui n'établit rien, un art qui ne laisse pas d'œuvre, une architecture sans matière; et il l'a prouvé néanmoins qu'il était plus durable, à sa manière, que les livres ou que tout autre monument, ce jeu unique qui appartient à tous les peuples et à tous les temps, et dont personne ne sait quel dieu en fit don à la terre pour tuer l'ennui, pour aiguiser l'esprit et stimuler l'âme. Où commence-t-il, où finit-il ? Un enfant peut en apprendre les premières règles, un ignorant s'y essayer et acquérir, dans le carée limité de l'échiquier, une maîtrise d'un genre unique, s'il a reçu ce don spécial. »

    • Stefan Zweig, Le Joueur d'échecs (1935), trad. Alzir Hella, éd. Le livre de poche, 2009 (ISBN 9782253057840), pp. 22-23

    “There is no such thing as an empty space or an empty time. There is always something to see, something to hear. In fact, try as we may to make a silence, we cannot. Sounds occur whether intended or not; the psychological turning in direction of those not intended seems at first to be a giving up of everything that belongs to humanity. But one must see that humanity and nature, not separate, are in this world together, that nothing was lost when everything was given away.”

    « Ne jouons pas aux charlatans, et pourquoi ne pas dire franchement qu'à ce monde on n'y comprend vraiment rien. Il n'y a que les imbéciles et les charlatans pour tout savoir et tout comprendre. »

    « Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
    Ou comme cestuy là qui conquit la toison,
    Et puis est retourné, plein d’usage et raison,
    Vivre entre ses parents le reste de son aage ! »

    "We are all in the gutter, but some of us are looking at the stars."

    « Nous sommes tous dans le caniveau, mais certains d'entre nous regardent les étoiles. »

    « Écoutez, Terre et Ciel ! nous faisons vœu D'être pour l'éternité prêtres de la Reine ! Venez, nouez de doux liens fraternels, O vous, qu'elle a anoblis, O vous, par millions sur le globe terrestre, Venez pour une nouvelle bienheureuse mission ! »

    « Je pense que la tâche du prochain siècle, en face de la plus terrible menace qu'ait connue l'humanité, va être d'y réintégrer leurs dieux. »

    • André Malraux, « L'homme et le fantôme », dans L'Express, 21 mai 1955

    « Je suis un lâche, je ne puis supporter la souffrance d'être heureux. »

    « Ce qui rend un homme malheureux, ce n'est pas de mourir, ni même de mourir de faim. Beaucoup d'hommes sont morts. Tous les hommes sont mortels. C'est de vivre dans la misère sans savoir pourquoi, de travailler comme des bêtes sans rien gagner, d'avoir le cœur usé, d'être épuisé, isolé, sans amis, dans un "laissez-faire" glacial et généralisé. »

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    « Pour être heureux, il faut penser au bonheur d'un autre. »

    • Gaston Bachelard, La Psychanalyse du feu (1938), éd. Gallimard, coll. Folio essais, 1985 (ISBN 9782070323258), p. 187

    « Nous naissons tous fous. Quelques uns le demeurent. »

    • Samuel Beckett, En attendant Godot (1952), éd. Éditions de Minuit, 1952 (ISBN 9782707301482), p. 113

    « Ce changement d’état (par lequel la conscience passe d’une modification à une autre), c’est la discrimination, et c’est le fondement de notre intelligence [...]. »

    « Il y a dans la promptitude à raisonner une sorte de volupté qui est encore une volupté de l'amour-propre, de la chair et du monde. On ne voit point d'homme, s'il est capable d'y réussir, qui n'éprouve de la complaisance pour les jeux subtils de la dialectique : c'est qu'ils démontrent son habileté et lui promettent une victoire. Il a moins de goût pour la vérité, dont l'évidence l'humilie. Que pour l'argument, dont l'invention le flatte. »

    • Louis Lavelle, La Conscience de soi (1933), éd. Christian de Bartillat, 1993, chap. II, p. 30

    « La mélancolie est un crépuscule. La souffrance s'y fond dans une sombre joie. La mélancolie, c'est le bonheur d'être triste. »

    « Cette capacité extraordinaire qu’a la femme d’être influencée par son milieu est en accord intime avec sa forte suggestibilité, ainsi qu’avec son désir immuable d’avoir le rôle passif et non le rôle actif dans l’acte sexuel. C’est cette universelle passivité qui est au fond de la nature de la femme qui lui fait à la fin accepter et reprendre à son compte les jugements mêmes que l’homme porte sur les choses alors que ces jugements sont en contradiction la plus totale avec ce qu’elle-même représente. Cette facilité à s’imprégner des idées masculines, cet abandon total de sa pensée à l’élément étranger, cette fausse reconnaissance de la moralité qu’on ne peut appeler hypocrisie parce qu’elle n’est pas un masque et ne recèle rien d’antimoral, ce fait de se soumettre à une loi qui n’est pas la sienne, peuvent aisément faire illusion tant que la femme ne s’est pas mis dans la tête de penser par elle-même. Les choses ne se gâtent que lorsque les valeurs que ces idées d’emprunt supposent entrent en conflit avec la seule qu’elle reconnaisse, le coït. »

    « La femme s’adapte en tout à l’homme comme l’écrin au bijou, les idées de l’homme deviennent les siennes, ses goûts deviennent ses propres goûts, chaque parole qu’il prononce, un événement, et cela d’autant plus que l’attirance sexuelle entre eux sera plus forte. La femme ne ressent pas cette influence de l’homme comme une entrave à son propre développement, elle ne s’en défend pas comme d’une ingérence étrangère en elle, ne cherche pas à s’en défaire comme de quelque chose qui constituerait un attentat à sa vie propre, en un mot elle n’éprouve aucune gêne à être réceptive, elle s’en réjouit au contraire et attend de l’homme qu’il l’y force. Elle veut la dépendance, et ne désire de l’homme qu’une chose, qu’il lui permette enfin d’être parfaitement passive. »

    « L'amour a été inventé par les femmes pour permettre à ce sexe de dominer, alors qu'il était fait pour obéir. »

    « Tout être métaphysique, tout être transcendantal est un être logique et moral. La femme est alogique et amorale. Elle n’est pas négation, elle est néant, elle n’est pas oui, mais elle n’est pas davantage non. L’homme a en lui la possibilité et de l’absolu quelque chose et de l’absolu néant et toute son action est orientée soit dans un sens, soit dans l’autre. La femme, elle, ne pèche pas, car elle est elle-même le péché, comme possibilité en l’homme. »

    "Russia under Nicholas II, with all the survivals of feudalism, had opposition political parties, independent trade unions and newspapers, a rather radical parliament and a modern legal system. Its agriculture was on the level of the USA, with industry rapidly approaching the West European level.

    In the USSR there was total tyranny, no political liberties and practically no human rights. Its economy was not viable; agriculture was destroyed. The terror against the population reached a scope unprecedented in history.

    No wonder many Russians look back at Tsarist Russia as a paradise lost."

    "This war would never have come unless, under American and modernising pressure, we had driven the Habsburgs out of Austria and Hungary and the Hohenzollerns out of Germany. By making these vacuums we gave the opening for the Hitlerite monster to crawl out of its sewer on to the vacant thrones. No doubt these views are very unfashionable...."

    • Winston Churchill, The Second World War, éd. Cassell & Company, 1954, vol. 6, p. 640, Prime Minister Winston Churchill to to Foreign Office, 8th April 1945

    "It is no part of the policy of His Majesty’s Government to hunt down the Archduke Otto of Habsburg or to treat as if it were a criminal organisation the loyalty which many Austrians friendly to Britain cherish for their ancient monarchy. We should not actively intervene on their behalf, being at all times resolved that in any case where we are forced for the time being to depart from the ideal of non-intervention our guide is the will of the people, expressed by the vote of a free, unfettered, secret ballot, universal suffrage election. The principle of a constitutional monarchy, provided it is based on the will of the people, is not, oddly enough, abhorrent to the British mind.

    2. Personally, having lived through all these European disturbances and studied carefully their causes, I am of opinion that if the Allies at the peace table in Versailles had not imagined that the sweeping away of long-established dynasties was a form of progress, and if they had allowed a Hohenzollern, a Wittelsbach, and a Habsburg to return to their thrones, there would have been no Hitler. To Germany a symbolic point on which the loyalties of the military classes could centre would have been found, and a democratic basis of society might have been preserved by a crowned Weimar in contact with the victorious Allies. This is a personal view, but perhaps you would meditate upon it."

    • Winston Churchill, The Second World War, éd. Cassell & Company, 1954, vol. 6, p. 643, Prime Minister Winston Churchill to the British Ambassador Sir H. Knatchbull-Hugessen in Brussels (Brussels), 26th April 1945

    "There is no doubt that of all the institutions which have grown up among us over the centuries or sprung into being in our lifetime, the Constitutional Monarchy is the most deeply founded and dearly cherished.

    In the present generation it has acquired a meaning incomparably more powerful than anyone had dreamed possible in former times. The Crown has become the mysterious link, may I say the magic link, which unites our loosely bound but strongly interwoven Commonwealth of Nations, states and races. People who would never tolerate the assertions of a written Constitution which implies any diminution of their independence are the foremost to be proud of their loyalty to the Crown."

    « Je voudrais encore une monarchie pour maintenir l'égalité entre les personnes, je voudrais une monarchie pour me garantir contre les grands citoyens ; je la voudrais pour n'avoir pas à me décider un jour, et très prochainement peut-être, entre César et Pompée. Je la voudrais pour qu'il y ait quelque chose au-dessus des grandes fortunes... »

    « Quand on hait les tyrans, on doit aimer les rois. »

    « Charlemagne ! C’est toi !
    Ah ! Puisque Dieu, pour qui tout obstacle s’efface,
    Prend nos deux majestés et les met face à face,
    Verse-moi dans le cœur, du fond de ce tombeau,
    Quelque chose de grand, de sublime et de beau !
    Oh ! Par tous ses côtés fais-moi voir toute chose !
    Montre-moi que le monde est petit, car je n’ose
    Y toucher ; apprends-moi ton secret de régner [...]. »

    • Victor Hugo, Hernani (1830), IV, 2, méditation de Don Carlos devant la tombe de Charlemagne

    « [...] la bonté est forte, plus forte peut-être même que la méchanceté, mais elle partage avec le « mal élémentaire » la violence élémentaire inhérente à toute force et nuisible à toutes les formes d’organisation politique. […] supposons que la pierre angulaire de la vie politique soit désormais le meurtre de Caïn par Abel. Ne voyez-vous pas qu’à partir de cet acte de violence, le même enchaînement de méfaits s’ensuivra, si ce n’est que l’humanité n’aura cette fois même plus la consolation de se dire que la violence qu’elle se doit d’appeler criminelle ne serait véritablement que l’attribut des méchants ? »

    • Hannah Arendt, De la révolution, Éd. Gallimard, 1964, Chapitre II, « La question sociale », § III

    « Faire le bien en homme qui peut faire le mal. »

    « Véritablement bon est l'homme qui jamais ne blâme les gens des maux qui leur arrive. »

    « Chez les vertueux le mal est condiment du bien, chez les vicieux, c'est tout le contraire.

    Si nous aimons faire le bien nous faisons ce que nous aimons. »

    « Court est le temps qui t'est laissé. Vis comme sur une montagne. Car il n'importe en rien de vivre ici ou là, si partout tu te conduis dans le monde comme dans une cité. Que les hommes voient et observent un homme qui vit avec la nature en véritable conformité. S'ils ne le souffrent pas, qu'ils te tuent ! Cela vaut mieux que de vivre comme eux. »

    • Marc Aurèle, Pensées pour moi-même, trad. Mario Meunier, éd. Flammarion, coll. GF, 1984 (ISBN 9782080700162), XV, p. 147
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    "A people is lost as a people and is dead, if, in surveying its history and in testing its will to the future, it cannot discover unity. No matter what forms the past may have taken in its course, when a nation arrives at the point of truly denying the allegorical images which stem from its first awakening, then it has denied the roots of its being and of its becoming and it has condemned itself to unfruitfulness. For history is not a development from nothing to something, nor from something insignificant to something great. It is not even the transformation of an essence into something completely different. Rather, the first racial folkish awakening brought about by heroes, gods and poets is the ultimate achievement for all times."

    • Alfred Rosenberg, The Myth of the Twentieth Century (1930), translation James Whisker, Chapter VII, "The Essential Unity"
    « Un peuple est perdu en tant que peuple, il est mort en tant que tel, si, regardant son avenir, il refuse d’y voir la continuité de son passé. Il ne s’agit pas de savoir quel fut ce passé : si une nation en arrive à renier véritablement et réellement les symboles de son premier éveil, elle a alors rejeté les racines de son être et de son devenir et elle s’est condamnée à la stérilité. L’Histoire n’est pas le développement d’un rien en quelque chose, ni même la transformation de quelque chose d’insignifiant en quelque chose de grand ; ce n’est pas non plus la mutation d’un être en un autre tout différent, mais le récit d’un réveil racial et populaire à travers des héros, des dieux ou des poètes, qui servent de modèles pour toujours. »
    • Alfred Rosenberg, Le Mythe du XXème siècle (1930), éd. Éditions Avalon, chap. VII, « L’Unité de l’Être »

    « Et quand nous voyons ce qu’il y a en face, ce que trente ans de victoire des autres ont donné… Cette anarchie dans le monde… Cette débandade du monde blanc… Cette désertion à travers l’univers… Quand nous voyons dans nos propres pays la décomposition des mœurs, la chute de la patrie, la chute de la famille, la chute de l’ordre social… Quand nous voyons cet appétit des biens matériels qui a succédé à la grande flamme de l’idéal qui nous animait… Eh bien, vraiment, entre les deux, nous avions choisi le bon côté !

    La petite Europe misérable d’aujourd’hui, de ce marché commun étriqué, ça peut pas donner le bonheur aux hommes ! La société de consommation pourrit l’humanité au lieu de la grandir ! Alors nous autres au moins nous avons rêvé à quelque chose de grandiose, et nous n’avons qu’un désir, c’est que cet esprit-là renaisse, et, avec mes forces et jusqu’au dernier moment de mon existence, je lutterai pour cela, pour que ce qui fut notre combat, notre martyr, soit un jour la résurrection du monde ! »

    « Les SS portent jusqu'au Caucase la torche de Prométhée et le glaive de Siegfried. Ils sont les fils des vieux guerriers germaniques surgis des glaces et des forêts. Ils sont les Teutoniques qui ont remplacé la croix du Christ par la roue du Soleil. Ils sont les SS d'Adolf Hitler. »

    • Jean Mabire, Les Jeunes Fauves du Führer, la Division SS Hitlerjungend dans la bataille de Normandie, Paris, Fayard, Le Livre de Poche, 1976, p. 46-47
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    « La vraie patrie est celle où l'on rencontre le plus de gens qui vous ressemblent. »

    « Je me souviens d’avoir été frappé dans mon enfance d’un spectacle assez simple, et dont pourtant l’impression m’est toujours restée, malgré le temps et la diversité des objets. Le régiment de Saint-Gervais avait fait l’exercice et, selon la coutume, on avait soupé par compagnies. La plupart de ceux qui les composaient se rassemblèrent, après le souper, dans la place de Saint-Gervais, et se mirent à danser tous ensemble, officiers et soldats, autour de la fontaine, sur le bassin de laquelle étaient montés les tambours, les fifres, et ceux qui portaient les flambeaux. Une danse de gens égayés par un long repas sembleraient n’offrir rien de fort intéressant à voir ; cependant l’accord de cinq ou six cents hommes en uniformes, se tenant tous par la main, et formant une longue bande qui serpentait en cadence et sans confusion, avec mille tours et retours, mille espèce d’évolutions figurées, le choix des airs qui les animaient, le bruit des tambours, l’éclat des flambeaux, un certain appareil militaire au sein du plaisir, tout cela formait une sensation très vive qu’on ne pouvait supporter de sang-froid. Il était tard, les femmes étaient couchées ; toutes se relevèrent. Bientôt les fenêtres furent plein de spectatrices qui donnaient un nouveau zèle aux acteurs : elles ne purent tenir longtemps à leurs fenêtres, elles descendirent ; les maitresses venaient voir leurs maris, les servantes apportaient du vin ; les enfants, même, éveillés par le bruit, accoururent demi-vêtus entre les pères et les mères. La danse fut suspendue ; ce ne furent qu’embrassements, ris, santés, caresses. Il résulta de tout cela un attendrissement général que je ne saurais peindre, mais que, dans l’allégresse universelle, on éprouve assez naturellement au milieu de tout ce qui nous est cher. Mon père, en m’embrassant, fut saisi d’un tressaillement que je crois sentir et partager encore. « Jean-Jacques, me disait-il, aime ton pays. Vois-tu ces bons Genevois ? Ils sont tous amis, ils sont tous frères, la joie et la concorde règnent au milieu d’eux. Tu es Genevois ; tu verras un jour d’autres peuples ; mais, quand tu voyagerais autant que ton père, tu ne trouveras jamais leurs pareils. »

    « Je suis convaincu, en effet, que les Nations ne doivent jamais accepter de voir disparaître ce qui fait leur identité propre. Dans une famille, les différents membres ont beau avoir le même père et la même mère, ils ne sont pas des individus indifférenciés, mais bien des personnes avec leur propre singularité. Il en va de même pour les pays, qui doivent veiller à préserver et développer leur culture propre, sans jamais la laisser absorber par d’autres ou se noyer dans une terne uniformité. »

    • Benoît XVI, extrait du discours à la conférence des évêques de France, 14 septembre 2008

    "Who would lay down his life for the UN, EU or a "North American Union?"... Every true nation is the creation of a unique people, separate from all others. Indeed, if America is an ideological nation grounded no deeper than in the sandy soil of abstract ideas, she will not survive the storms of this century any more than the Soviet Union survived the storms of the last..."

    « Pourtant un peuple, une société ne sauraient vivre sans un territoire pour eux sacré. Nous avons besoin, nous les humains, de lieux d’appartenance, de familles, de patries, et tant pis si c’était un slogan de Pétain. Nous avons besoin de nous identifier à des territoires où naissent nos langues et où gisent nos morts, où grandissent des enfants qui nous ressemblent et où dorment tout vivants les souvenirs de notre existence passée. Nous ne sommes pas des êtres de nulle part, de purs cosmopolites, d’absolus citoyens du monde, comme la vulgate branchée voudrait nous le faire croire. À moins de devenir fous, il nous faut des ancrages, car ce sont eux qui nous identifient et nous permettent de vivre une vie complète. La patrie est l’un de ces ancrages, qui ne peut être supprimé au profit d’une vaniteuse citoyenneté du monde […]. »

    • Chantal Delsol, « 14 juillet 2014, l’étrange fête nationale », in Le Figaro, 14 juillet 2014

    « Si l'on calcule le trouble qu'elle apporte dans chaque vie, les idées fausses qu'elle met dans une foule d'esprits, les sentiments pervers et les passions haineuses qu'elle met dans une foule d'âmes ; si l'on compte le temps enlevé au travail, les discussions, les pertes de force, la mine des amitiés ou la création d'amitiés factices et d'affections qui ne sont que haineuses, les délations, la destruction de la loyauté, de la sécurité, de la politesse même, l'introduction du mauvais goût dans le langage, dans le style, dans l'art, la division irrémédiable de la société, la défiance, l'indiscipline, l'énervement et la faiblesse d'un peuple, les défaites qui en sont l'inévitable conséquence, la disparition du vrai patriotisme et même du vrai courage, les fautes qu'il faut que chaque parti commette tout à tour à mesure qu'il arrive au pouvoir dans des conditions toujours les mêmes, les désastres et le prix dont il faut les payer ; si l'on calcule tout cela, on ne peut manquer de dire que cette sorte de maladie est la plus funeste et la plus dangereuse épidémie qui puisse s'abattre sur un peuple, qu'il n'y en a pas qui porte de plus cruelles atteintes à la vie privée et à la vie publique, à l'existence matérielle et à l'existence morale, à la conscience et à l'intelligence, et qu'en un mot il n'y eut jamais de despotisme au monde qui put faire autant de mal. »

    • Fustel de Coulanges, La maladie de la politique, fragment cité in Paul Guiraud, Fustel de Coulanges, éd. Hachette & Cie, 1896, p. 244

    « Civiliser consiste à faire échec au pouvoir politique. »

    « Ne vois-tu pas que les établissements humains les plus antiques et les plus sages, les États et les nations, sont aussi les plus religieux, que les époques les plus éclairées sont celles de la plus grande piété ? »

    • Xénophon, Mémoires sur Socrate, in Œuvres complètes de Xénophon, trad. Eugène Talbot, éd. Hachette, 1859, livre I, chap. 4, p. 24

    "... iam pridem, ex quo suffragia nulli
    uendimus, effudit curas; nam qui dabat olim
    imperium, fasces, legiones, omnia, nunc se
    80 continet atque duas tantum res anxius optat,
    panem et circenses. ..."

    « ... Already long ago, from when we sold our vote to no man, the People have abdicated our duties; for the People who once upon a time handed out military command, high civil office, legions — everything, now restrains itself and anxiously hopes for just two things: bread and circuses. »
    « ... Depuis qu'il n'y a plus de suffrages à vendre, il se désintéresse de tout ; lui qui jadis disposa du commandement, des faisceaux, des légions enfin de tout, il n'a plus d'ambitions, il n'éprouve plus qu'un double désir passionné : du pain et des jeux. ... »

    "If thou wouldst rule well, thou must rule for God, and to do that, thou must be ruled by Him. Those who will not be governed by God will be ruled by tyrants."

    • William Penn, From a letter to Peter the Great, Tsar of Russia; as quoted in Can These Bones Live (2008), by David P. Pett, p. 117

    « C’est moins 1789 qui crée l’opposition droite/gauche, que les dix années suivantes qui, au travers d’expériences confuses et souvent mal comprises, installent un cadre de pensée dont la dichotomie n’est à peu près établie qu’en 1797-1799 seulement.»

    • Jean-Clément Martin, Contre-Révolution, Révolution et Nation en France 1789-1799, éd. Seuil, coll. Histoire, 1998, p. 303

    « Il est très faux que tout Empire dépende du consentement de ceux sur qui on l'exerce. Cela n'a lieu qu'à l'égard de l'autorité humaine qui, étant établie entre des créatures naturellement égales, n'est légitime qu'autant qu'elle est fondée sur une convention, par laquelle ceux qui en dépendent se sont dépouillés du droit et du pouvoir qu'ils avaient de résister à quiconque voudrait les réduire sous son obéissance. Mais osera-t-on soutenir que Dieu n'a aucun droit de commander à sa créature, à moins qu'elle ne se soumette volontairement à son empire ? »

    • Samuel von Pufendorf, Du droit de la nature et des gens (1672), trad. Jean Barbeyrac, éd. E. Thourneisen, 1750, vol. 1, p. 406

    "Power tends to corrupt and absolute power corrupts absolutely. Great men are almost always bad men."

    • Lord Acton, Letter to Bishop Mandell Creighton (5 avril 1887)
    « Le pouvoir tend à corrompre, le pouvoir absolu corrompt absolument. Les grands hommes sont presque toujours des hommes mauvais. »

    « On entend dire souvent, de nos jours, que les Japonais évoluent de manière frappante et transforment actuellement les caractéristiques de leur race. Mais c’est une illusion [...] Ce n’est pas une évolution pour un peuple que d’adopter ce qui est issu d’un peuple étranger. Évoluer, c’est développer des germes latents dans sa propre nature. »

    • Rudolf Steiner, L’Univers, la Terre et l’Homme, Paris, 1977, p. 203-4

    « L'erreur la plus fatale pour un peuple, est d'abandonner ses caractères biologiques. »

    « Les Africains, en revanche, ne sont pas encore parvenus à cette reconnaissance de l’universel. Leur nature est le repliement en soi. Ce que nous appelons religion, état, réalité existant en soi et pour soi, valable absolument, tout cela n’existe pas encore pour eux. Les abondantes relations des missionnaires mettent ce fait hors de doute [...] Ce qui caractérise en effet les nègres, c’est précisément que leur conscience n’est pas parvenue à la contemplation d’une objectivité solide, comme par exemple Dieu, la loi, à laquelle puisse adhérer la volonté de l’homme, et par laquelle il puisse parvenir à l’intuition de sa propre essence" et de continuer en disant que l’Afrique est "un monde anhistorique non développé, entièrement prisonnier de l’esprit naturel et dont la place se trouve encore au seuil de l’histoire de l’universel. »

    « Je suspecte les Nègres et en général les autres espèces humaines d’être naturellement inférieurs à la race blanche. Il n’y a jamais eu de nation civilisée d’une autre couleur que la couleur blanche, ni d’individu illustre par ses actions ou par sa capacité de réflexion... Il n’y a chez eux ni engins manufacturés, ni art, ni science. Sans faire mention de nos colonies, il y a des Nègres esclaves dispersés à travers l’Europe, on n’a jamais découvert chez eux le moindre signe d’intelligence. »

    • David Hume, Sur les caractères nationaux, Vol. III

    « J’incline à penser que les nègres, et en général toutes les autres espèces d’hommes sont naturellement inférieurs aux blancs. Il n’y eut jamais une nation civilisée d’une couleur de peau autre que blanche, ni même aucun individu éminent, que ce soit dans le domaine de l’action ou de l’esprit. »

    "[I'm] inherently gloomy about the prospect of Africa [because] all our social policies are based on the fact that their intelligence is the same as ours – whereas all the testing says not really."

    Je suis « fondamentalement pessimiste quant à l’avenir de l’Afrique » parce que « toutes nos politiques d’aide sont fondées sur le fait que leur intelligence [celle des Africains] est la même que la nôtre [Occidentaux] alors que tous les tests disent que ce n’est pas vraiment le cas ».
    • James Watson, généticien et biochimiste américain, prix Nobel de médecine et co-découvreur de la structure de l'ADN

    « La race nègre est confinée au midi de l’Atlas, son teint est noir, ses cheveux crépus, son crâne comprimé et son nez écrasé ; son museau saillant et ses grosses lèvres la rapprochent manifestement des singes : les peuplades qui la composent sont toujours restées barbares […] la plus dégradée des races humaines, dont les formes s’approchent le plus de la brute, et dont l’intelligence ne s’est élevée nulle part au point d’arriver à un gouvernement régulier. »

    • Georges Cuvier, Recherches sur les ossements fossiles, Volume 1, Paris, Deterville, 1812

    « Quelques minutes après, le Victoria s’élevait dans l’air et se dirigeait vers l’est sous l’impulsion d’un vent modéré. – En voilà un assaut ! dit Joe. – Nous t’avions cru assiégé par des indigènes. – Ce n’étaient que des singes, heureusement ! répondit le docteur. – De loin, la différence n’est pas grande, mon cher Samuel. – Ni même de près, répliqua Joe. »

    « Je connais assez les tribus en Afrique. Elles se ressemblent toutes pour penser qu’elles ne céderont qu’à la force. Or, ma politique a toujours été d’exercer celle-ci par le terrorisme brutal, voire par la cruauté. J’anéantis les tribus insurgées dans les flots de sang, car c’est la seule semence pour faire pousser quelque chose de nouveau qui soit stable. »

    • Lothar von Trotha, cité par Ingold Diener, Apartheid ! la cassure, Paris, 1986, p. 103

    « La LICRA, vous savez ce que c'est ? Ce sont des gens qui se servent du monceau de cadavres d'Auschwitz comme du fumier pour faire fructifier leur fortune. »

    « [L]'idéologie prétendument "antiraciste", "sans-frontiériste" acquise au relativisme multiculturel [...] a perverti les valeurs de tolérance et d’ouverture. »

    « Toute société doit se désigner un ennemi, mais elle ne doit pas vouloir l’exterminer. Ce fut l’erreur fatale du fascisme et de la Terreur, mais c’est celle aussi de la terreur douce et démocratique, qui est en train d’éliminer l’Autre encore plus sûrement que par l’holocauste. L’opération qui consistait à hypostasier une race et à la perpétuer par reproduction interne que nous stigmatisons comme abjection raciste, est en train de se réaliser au niveau des individus au nom même des droits de l’homme à contrôler son propre processus génétiquement et sous toutes ses formes. SOS-Racisme. SOS-baleines. Ambiguïté : dans un cas, c’est pour dénoncer le racisme, dans l’autre, c’est pour sauver les baleines. Et si dans le premier cas, c’était aussi un appel subliminal à sauver le racisme, et donc l’enjeu de la lutte anti-raciste comme dernier vestige des passions politiques, et donc une espèce virtuellement condamnée. »

    • Jean Baudrillard, Cool Memories, t. 2 : 1987-1990, éd. Galilée, 1990 (ISBN 9782718603674), p. 134

    "By mixing science with politics, geneticists and anthropologists are committing the same infraction of which they are accusing other scientists, whom they themselves label as racist. Even worse, by dismissing the genetic differences as insignificant, they play into the hands of genuine racists who can easily demolish this claim and so further their own agenda. It is intellectually more honest to acknowledge the differences and then point out that they by no means imply supremacy of one race over others. This can be done by demonstrating that the differences are in genes that cannot be linked to any features that would be required for the preeminence of a particular race."

    • Jan Klein & Naoyuki Takahata, Where Do We Come From? The Molecular Evidence for Human Descent, 2002

    « J’adhérerai à SOS-racisme quand ils mettront un S à racisme. Il y a des racistes noirs, arabes, juifs, chinois et même des ocre-crème et des anthracite-argenté. Mais à SOS-Machin, ils ne fustigent que le Berrichon de base ou le Parisien-baguette. C’est sectaire. »

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    « - C’est un handicap d’être une femme quand on fait de la musique ?

    - Non, parce qu’aujourd’hui, ce n’est pas facile d’être un homme, surtout si tu es blanc ! Les mecs marchent sur la pointe des pieds et sont obligés d’être gentils avec tout le monde. C’est dur ! »

    BOTARD : Vous appelez cela de la précision ? Voyons. De quel pachyderme s'agit-il ? Qu'est-ce que le rédacteur de la rubrique des chats écrasés entend-il par un pachyderme ? Il ne nous le dit pas. Et qu'entend-il par chat ?
    DUDARD : Tout le monde sait ce qu'est un chat.
    BOTARD : Est-ce d'un chat, ou est-ce d'une chatte qu'il s'agit ? Et de quelle couleur ? De quelle race ? Je ne suis pas raciste, je suis même antiraciste.
    MONSIEUR PAPILLON: Voyons, monsieur Botard, il ne s'agit pas de cela, que vient faire ici le racisme ?
    BOTARD : Monsieur le Chef, je vous demande bien pardon. Vous ne pouvez nier que le racisme est une des grandes erreurs du siècle.
    DUDARD : Bien sûr, nous sommes tous d'accord, mais il ne s'agit pas là de...
    BOTARD : Monsieur Dudard, on ne traite pas cela à la légère. Les événements historiques nous ont bien prouvé que le racisme...
    DUDARD : Je vous dis qu'il ne s'agit pas de cela.
    BOTARD : On ne le dirait pas.
    MONSIEUR PAPILLON : Le racisme n'est pas en question.
    BOTARD : On ne doit perdre aucune occasion de le dénoncer.
    DAISY : Puisqu'on vous dit que personne n'est raciste. Vous déplacez la question, il s'agit tout simplement d'un chat écrasé par un pachyderme : un rhinocéros en l'occurence.

    LE PATRON : J'ai déjà fait la révolution. J'aurais bien pris la tête.
    LA SERVEUSE : Vous êtres trop fatigué maintenant, vous êtes trop vieux.
    LE PATRON : C'est pas pour ça, c'est parce que ce ne sont pas des révolutionnaires, ce sont des réactionnaires.
    LA SERVEUSE : Et leurs adversaires ?
    LE PATRON : Ce sont aussi des réactionnaires. Les uns sont payés par les Lapons, les autres sont payés par les Turcs.
    LA SERVEUSE: Vous avez bien vu les gueules d'Ottomans qu'ils avaient.
    LE PATRON : Ah, ne soyez pas raciste.
    LA SERVEUSE : Si, je suis raciste. Parce que moi, je suis pour toutes les races, je ne suis pas antiraciste.

    « Les juifs sont les grands maîtres du mensonge. »

    « Une race sujette à la superstition, opposée à la religion. »

    « Les juifs sont de toutes ces sectes la plus dangereuse, à cause qu'ils font tort au négoce des Chrétiens, et qu'ils sont inutiles à l'État. Nous avons besoin de cette nation pour faire un certain commerce en Pologne, mais il faut empêcher que leur nombre n'augmente, et les mettre, non pas à un certain nombre de familles, mais ä un nombre de têtes, et resserrer leur commerce, les empêcher de faire des entreprises en gros, pour qu'ils ne soient que détailleurs. [...] Nous avons trop de juifs dans les villes. II en faut sur les frontières de la Pologne, à cause qu'il n'y a dans ce pays que des Hébreux qui fassent le négoce. Des qu'une ville est éloignée de la Pologne, les juifs y deviennent préjudiciables par leurs usures qu'ils font, par la contrebande qui passe par eux, et par mille friponneries qui tournent au détriment des bourgeois et des marchands chrétiens. Je n'ai jamais persécuté les gens de cette secte ni personne ; je crois cependant qu'il est prudent de veiller, pour que leur nombre n'augmente pas trop. »

    « Vous qui vivez en toute quiétude
    Bien au chaud dans vos maisons,
    Vous qui trouvez le soir en rentrant
    La table mise et des visages amis,
    Considérez si c'est un homme
    Que celui qui trime dans la boue,
    Qui ne connaît pas de repos,
    Qui se bat pour un quignon de pain,
    Qui meurt pour un oui ou pour un non.
    Considérez si c'est une femme
    Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux
    Et jusqu'à la force de se souvenir,
    Les yeux vides et le sein froid
    Comme une grenouille en hiver.
    N'oubliez pas que cela fut,
    Non, ne l'oubliez pas :
    Gravez ces mots dans votre cœur,
    Pensez-y chez vous, dans la rue,
    En vous couchant, en vous levant ;
    Répétez-les à vos enfants,3
    Ou que votre maison s'écroule,
    Que la maladie vous accable,
    Que vos enfants se détournent de vous. »

    • Primo Levi, poème placé en exergue de Si c'est un homme, 10 janvier 1946

    « [...] notre siècle, qui se croit destiné à changer les lois en tout genre [...]. »

    • Jean le Rond D'Alembert, « Discours préliminaire de l'Encyclopédie » (1751), Œuvres, éd. A. Belin, 1821, t. I, p. 56

    « Je trouve même que des opinions approchantes s'insinuant peu à peu dans l'esprit des hommes du grand monde, qui règlent les autres et dont dépendent les affaires, et, se glissant dans les livres à la mode, disposent toutes choses à la révolution générale dont l'Europe est menacée, et achèvent de détruire ce qui reste dans le monde des sentiments généreux des anciens Grecs et Romains, qui préféraient l'amour de la patrie et du bien public et le soin de la postérité à la fortune et même à la vie. »

    "…the schemes of the International Jews. The adherents of this sinister confederacy are mostly men reared up among the unhappy populations of countries where Jews are persecuted on account of their race. Most, if not all of them, have forsaken the faith of their forefathers, and divorced from their minds all spiritual hopes of the next world. This movement among the Jews is not new. From the days of Spartacus-Weishaupt to those of Karl Marx, and down to Trotsky (Russia), Bela Kun (Hungary), Rosa Luxembourg (Germany), and Emma Goldman (United States), this world-wide conspiracy for the overthrow of civilisation and for the reconstitution of society on the basis of arrested development, of envious malevolence, and impossible equality, has been steadily growing. It played, as a modern writer, Mrs. Webster, has so ably shown, a definitely recognisable part in the tragedy of the French Revolution. It has been the mainspring of every subversive movement during the Nineteenth Century; and now at last this band of extraordinary personalities from the underworld of the great cities of Europe and America have gripped the Russian people by the hair of their heads and have become practically the undisputed masters of that enormous empire."

    • Winston Churchill, Rt. Hon. Winston Churchill ‘Bolshevism versus Zionism; a struggle for the soul of the Jewish people’ in Illustrated Daily Herald, 8 February 1920
    « Depuis l'époque des Spartacus, Weishaupt, Karl Marx, Trotski, Belacoon, Rosa Luxembourg et Ema Goldman, cette conspiration mondiale a connu une croissance constante. Cette conspiration a joué un rôle décisif et identifiable dans la Révolution Française. Elle a été le berceau de tous les mouvements subversifs pendant le 19e siècle. Et finalement, ce groupe de personnalités extraordinaires du monde secret des grandes villes d'Europe et d'Amérique ont saisi le peuple Russe par les cheveux, et sont maintenant devenus les maîtres incontestables de cet énorme empire. »

    « The Apocalypse is, to those who recieve the nineteenth Degree, the Apothesis of that Sublime Faith which aspires to God alone, and despises all the pomps and works of Lucifer. Lucifer, the Light-bearer ! Strange and mysterious name to give to the Spirit of Darknesss ! Lucifer, the Son of the Morning ! Is it he who bears the Light, and with its splendors intolerable blinds feeble, sensual or selfish Souls ? Doubt it not! for traditions are full of Divine Revelations and Inspirations ; and Inspiration is not of one Age nor of one Creed. Plato and Philo, also, were inspired. »

    « L'Apocalypse est, pour ceux qui reçoivent le dix-neuvième degré, l'apothéose de la foi sublime qui n'aspire qu'à Dieu, en dépit des pompes et des travaux de Lucifer. Lucifer, le porteur de lumière ! Quel nom étrange et mystérieux pour l'esprit des ténèbres ! Lucifer, le fils du matin ! Est-ce lui qui apporte la lumière et qui de sa splendeur intolérable aveugle les âmes faibles, sensuelles ou égoïstes ? N'en doutons pas car les traditions sont pleines d'inspirations et de révélations divines, et l'inspiration n'est pas propre à une seule époque et à une seule croyance. Platon et Philon, eux-aussi, étaient inspirés. »

    « A Lodge inaugurated under the auspices of Rousseau, the fanatic of Geneva, became the centre of the revolutionary movement in France, and a Prince of the blood-royal went thither to swear the destruction of the successors of Philippe le Bel on the tomb of Jacques de Molai. The registers of the Order of Templars attest that the Regent, the Duc d'Orleans, was Grand Master of that formidable Secret Society, and that his successors were the Duc de Maine, the Prince of Bourbon-Conde, and the Duc de Cosse-Brissac. »

    « Une loge inaugurée sous les auspices de Rousseau, le fanatique de Genève, devint le centre du mouvement révolutionnaire français, et un prince de sang royal s'y rendit pour jurer la destruction des successeurs de Philippe le Bel sur la tombe de Jacques de Molai. Les registres de l'Ordre des Templiers attestent que le Régent, le Duc d'Orléans, était Grand-Maître de cette formidable société secrète et que ses successeurs ont été le Duc de Maine, le Prince de Bourbon-Condé et le Duc de Cossé-Brissac. »

    « La révolution française a fait plus de morts en un mois au nom de l’athéisme que l’Inquisition au nom de Dieu pendant tout le Moyen Age et dans toute l’Europe. »

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    "The French Revolution had engendered a spirit of nationalism which was something new in the world. It was a doctrinaire idea divorced from history and it was at war, militarily and ideologically, with everything different from itself. Analytically considered, the important effect of the French Revolution upon France was as the breaking point of all intermediate structures, sometimes referred to as the feudal heritage, and the forging of the French people into a single entity, “the nation.” Under the impact of some of Rousseau’s large ideas, the French people were “collectivized”; they were instituted as a sovereign, and that historical system of checks and balances which had grown up under feudalism was swept out of existence. Local prerogatives and loyalties were impeached, and something enthroned as the “general will” was made the supreme arbiter. In passion for liberty, equality, and fraternity, structure was sacrificed to a political unity of an extremely unrelenting kind. That this type of revolution was intended not just for France but for the world can be read in the statements of many of its leaders. Furthermore, it was ordained, by the forces that had been unloosed, that the new nationalized France would embark upon campaigns of conquest."

    « La Révolution a échoué parce que le fondement de sa philosophie politique était erroné. Son dogme central était le transfert originel de l'homme à la société. Elle avait l'idée rose que l'homme est bon par nature et qu'il n'est corrompu que par une société mal organisée. Il suffirait de détruire les mauvaises institutions, de remonter un peu la machine et hop !, on avait l'utopie de l'homme naturel revenu dans toute sa bonté... C'est une idée très attirante mais elle est tout simplement fausse. On a tout pris à l'envers. La société est corrompue parce que l'homme est corrompu – il est faible, égoïste, hypocrite et avide. »

    • Stanley Kubrick, faisant parler Napoléon dans le scénario du même nom (jamais tourné)

    « Nous proposons donc de ranger sous le nom de complexe de Prométhée toutes les tendances qui nous poussent à savoir autant que nos pères, plus que nos pères, autant que nos maîtres, plus que nos maîtres. »

    • Gaston Bachelard, La Psychanalyse du feu (1938), éd. Gallimard, coll. Folio essais, 1985 (ISBN 9782070323258), p. 30

    "God made integers; all else is the work of man."

    • Leopold Kronecker, H. Weber, "Leopold Kronecker", Jahresber. DMV, vol. 2, 1891-92, p. 19
    « Dieu a fait les nombres entiers, tout le reste est l'œuvre de l'homme. »
    • Leopold Kronecker, H. Weber, « Leopold Kronecker », Jahresber. DMV, vol. 2, 1891-92, p. 19
    Die ganzen Zahlen hat der liebe Gott gemacht, alles andere ist Menschenwerk.
    • Leopold Kronecker, H. Weber, „Leopold Kronecker“, Jahresber. DMV, vol. 2, 1891-92, p. 19

    « [...] l’univers n’est pas infini dans l’espace, mais que l’espace n’a pas pour autant de frontières. La gravité est si forte que l’espace est refermé sur lui-même, le rendant plutôt semblable à la surface de la Terre. Si quelqu’un avance dans une certaine direction à la surface de la Terre, il ne se heurtera jamais à une barrière infranchissable ni ne tombera du bord ; il finira par revenir à son point de départ. »

    • Stephen Hawking, Une brève histoire du temps (1988), éd. Flammarion, 1989 (ISBN 9782080812386), p. 36

    "The question of whether Machines Can Think [...] is about as relevant as the question of whether Submarines Can Swim."

    • Edsger Dijkstra, The threats to computing science (EWD898), 1984, E.W. Dijkstra Archive, Center for American History, University of Texas at Austin
    « Se demander si un ordinateur peut penser est aussi intéressant que de se demander si un sous-marin peut nager. »

    "Computer science is no more about computers than astronomy is about telescopes, biology is about microscopes, or chemistry is about beakers and test tubes."

    • Michael Fellows and Ian Parberry, "Invitation to Computer Science" in Computing Research News
    « L'informatique n'est pas plus la science des ordinateurs que l'astronomie n'est celle des télescopes. »
    Michael R. Fellows et Ian Parberry dans un article du journal Computing Research News

    "It is interesting to contemplate a tangled bank, clothed with many plants of many kinds, with birds singing on the bushes, with various insects flitting about, and with worms crawling through the damp earth, and to reflect that these elaborately constructed forms, so different from each other, and dependent upon each other in so complex a manner, have all been produced by laws acting around us. These laws, taken in the largest sense, being Growth with Reproduction; Inheritance which is almost implied by reproduction; Variability from the indirect and direct action of the conditions of life and from use and disuse: a Ratio of Increase so high as to lead to a Struggle for Life, and as a consequence to Natural Selection, entailing Divergence of Character and the Extinction of less-improved forms. Thus, from the war of nature, from famine and death, the most exalted object which we are capable of conceiving, namely, the production of the higher animals, directly follows. There is grandeur in this view of life, with its several powers, having been originally breathed by the Creator into a few forms or into one; and that, whilst this planet has gone cycling on according to the fixed law of gravity, from so simple a beginning endless forms most beautiful and most wonderful have been, and are being evolved."

    • Charles Darwin, The Origin of Species (1872), John Murray, 1873, (Thirteenth Thousand.), last Paragraph, p. 429
    « Il est intéressant de contempler un rivage luxuriant, tapissé de nombreuses plantes appartenant à de nombreuses espèces abritant des oiseaux qui chantent dans les buissons, des insectes variés qui voltigent çà et là, des vers qui rampent dans la terre humide, si l’on songe que ces formes si admirablement construites, si différemment conformées, et dépendantes les unes des autres d’une manière si complexe, ont toutes été produites par des lois qui agissent autour de nous. Ces lois, prises dans leur sens le plus large, sont : la loi de croissance et de reproduction ; la loi d’hérédité qu’implique presque la loi de reproduction ; la loi de variabilité, résultant de l’action directe et indirecte des conditions d’existence, de l’usage et du défaut d’usage ; la loi de la multiplication des espèces en raison assez élevée pour amener la lutte pour l’existence, qui a pour conséquence la sélection naturelle, laquelle détermine la divergence des caractères, et l’extinction des formes moins perfectionnées. Le résultat direct de cette guerre de la nature, qui se traduit par la famine et par la mort, est donc le fait le plus admirable que nous puissions concevoir, à savoir : la production des animaux supérieurs. N’y a-t-il pas une véritable grandeur dans cette manière d’envisager la vie, avec ses puissances diverses attribuées primitivement par le Créateur à un petit nombre de formes, ou même à une seule ? Or, tandis que notre planète, obéissant à la loi fixe de la gravitation, continue à tourner dans son orbite, une quantité infinie de belles et admirables formes, sorties d’un commencement si simple, n’ont pas cessé de se développer et se développent encore ! »
    • Charles Darwin, L’Origine des espèces (1859), trad. Edmond Barbier, éd. Librairie C. REINWALD, Schleicher Frères éditeurs, 1906 (6e éd., traduite en 1876), pp. 575-576

    « La religion est l’aromate qui empêche la science de se corrompre. »

    « L'Univers savait quelque part que l'homme allait venir. »

    "Believers in psychic phenomena... appear to have won a decisive victory and virtually silenced opposition.... This victory is the result of careful experimentation and intelligent argumentation. Dozens of experimenters have obtained positive results in ESP experiments, and the mathematical procedures have been approved by leading statisticians.... Against all this evidence, almost the only defense remaining to the skeptical scientist is ignorance."

    "It is to be regretted that a portion of our community should be practically in slavery, but to propose to solve the problem by enslaving the entire community is childish."

    « Il est fort regrettable qu’une partie de notre communauté soit pratiquement réduite en esclavage, mais suggérer pour résoudre ce problème d’asservir la communauté toute entière est puéril. »
    • Oscar Wilde, L'Âme humaine sous le régime socialiste (1895), in Œuvres, trad. Véronique Béghain, éd. Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, 1996, p. 934

    « Le communisme est un bel idéal. Que les communistes s'organisent dans leurs communes et phalanstères, qu'ils affichent leur bonheur d'y vivre, et ils seront rejoints par des millions et des milliards de gens. [...] Ce qu'il faut combattre n'est pas le communisme, ni aucune autre idéologie, mais la traduction politique de cette idéologie. »

    « Le socialisme ira se développant dans toutes ses phases, jusqu’à ce qu’il atteigne ses extrêmes et ses absurdités. Alors s’échappera de nouveau du sein titanesque de la minorité en révolte un cri de refus, et la lutte à mort recommencera, où le socialisme prendra la place du conservatisme actuel et sera vaincu par la révolution à venir, que nous ne connaissons point encore. »

    "Big business is by no means antipathetic to Communism. The larger big business grows the more it approximates to Collectivism. It is the upper road of the few instead of the lower road of the masses to Collectivism."

    « Il n'y a, bien entendu, aucune raison pour que les totalitarismes nouveaux ressemblent aux anciens. Le gouvernement au moyen de triques et de pelotons d'exécution, de famines artificielles, d'emprisonnements et de déportations en masse, est non seulement inhumain (cela, personne ne s'en soucie fort de nos jours) ; il est — on peut le démontrer — inefficace : et, dans une ère de technologie avancée, l'inefficacité est le péché contre le Saint-Esprit.

    Un État totalitaire vraiment "efficient" serait celui dans lequel le tout-puissant comité exécutif des chefs politiques et leur armée de directeurs auraient la haute main sur une population d'esclaves qu'il serait inutile de contraindre, parce qu'ils auraient l'amour de leur servitude.

    La leur faire aimer - telle est la tâche assignée dans les États totalitaires d'aujourd'hui aux ministères de la propagande, aux rédacteurs en chef de journaux et aux maîtres d'école. »

    • Aldous Huxley, Préface Nouvelle de l'auteur de 1946, Le Meilleur des mondes (1932), trad. Jules Castier, éd. Pocket, 1977 (ISBN 9782266023108), p. 15

    « L'une des conséquences les plus néfastes du socialisme est que l'homme y est amené à se démettre de ses responsabilités, à s'en remettre en tout à l'État, ce qui équivaut à renoncer en même temps à sa liberté. »

    • Vladimir Boukovsky, Cette lancinante douleur de la liberté, Robert Laffont, coll. Pluriel, 1981, p. 165

    « Le gonflement de l'appareil bureaucratique est l'un des traits immuables du socialisme. »

    • Vladimir Boukovsky, Cette lancinante douleur de la liberté, Robert Laffont, coll. Pluriel, p. 166

    « Il n'existe pas un seul État socialiste dont les habitants ne cherchent pas à fuir. »

    • Vladimir Boukovsky, Cette lancinante douleur de la liberté, Robert Laffont, coll. Pluriel, p. 170
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    « Si la loi exige que chaque paquet de cigarettes porte la mention "Le tabac est nocif pour votre santé", pourquoi ne pas proposer un projet de loi qui rende obligatoire de mentionner sur la couverture de chaque livre marxiste : "L'application de cette théorie a entraîné la mort de plusieurs dizaines de millions d'hommes au cours des derniers soixante ans" ? Un tel projet de loi ne serait pas compris, car le marxisme est devenu partie intégrante de la mentalité occidentale. »

    • Vladimir Boukovsky, Cette lancinante douleur de la liberté, Robert Laffont, coll. Pluriel, p. 176

    « La solidarité obligatoire, par mesure coercitive, est une régression morale ; car elle veut comprendre dans la loi des actes qui appartiennent à la morale ; et elle aboutit à remplacer le sentiment de la solidarité par deux autres sentiments : celui de la spoliation pour ceux qui veulent profiter des biens des autres ; celui de la révolte et de la dissimulation pour ceux qui sont menacés d’être dépouillés. »

    « L'erreur fondamentale du socialisme est de caractère anthropologique. En effet, il considère l'individu comme un simple élément, une molécule de l'organisme social, de sorte que le bien de chacun est tout entier subordonné au fonctionnement du mécanisme économique et social, tandis que, par ailleurs, il estime que ce même bien de l'individu peut être atteint hors de tout choix autonome de sa part, hors de sa seule et exclusive décision responsable devant le bien ou le mal. L'homme est ainsi réduit à un ensemble de relations sociales, et c'est alors que disparaît le concept de personne comme sujet autonome de décision morale qui construit l'ordre social par cette décision. De cette conception erronée de la personne découlent la déformation du droit qui définit la sphère d'exercice de la liberté, ainsi que le refus de la propriété privée. En effet, l'homme dépossédé de ce qu'il pourrait dire "sien" et de la possibilité de gagner sa vie par ses initiatives en vient à dépendre de la machine sociale et de ceux qui la contrôlent ; cela lui rend beaucoup plus difficile la reconnaissance de sa propre dignité de personne et entrave la progression vers la constitution d'une authentique communauté humaine. »

    « Un troisième facteur contribue largement à la diffusion du communisme, c'est la conjuration du silence dans une grande partie de la presse mondiale non catholique. Nous disons conjuration, car on ne saurait expliquer autrement le fait qu'une presse aussi avide de commenter les menus incidents de la vie quotidienne ait pu si longtemps garder le silence au sujet des horreurs commises en Russie, au Mexique et dans une grande partie de l'Espagne, qu'elle parle relativement peu d'une organisation mondiale aussi vaste que le communisme dirigé par Moscou. Cette conjuration est due en partie à des raisons inspirées par une politique à courte vue ; elle est favorisée par diverses organisations secrètes, qui depuis longtemps cherchent à détruire l'ordre social chrétien. »

    • Pie XI, Divini Redemptoris, 1937

    "To the debacle of liberal science can be traced the moral schism of the modern world which so tragically divides enlightened men. For the liberals are the inheritors of the science which truly interprets the progressive principle of the industrial revolution. But they have been unable to carry forward their science; they have not wrested from it a social philosophy which is humanly satisfactory. The collectivists, on the other hand, have the zest for progress, the sympathy for the poor, the burning sense of wrong, the impulse for great deeds, which have been lacking in latter-day liberalism. But their science is founded on a profound misunderstanding of the economy at the foundation of modern society, and their actions, therefore, are deeply destructive and reactionary. So men's hearts are torn, their minds are divided, they are offered impossible choices."

    • Walter Lippmann, The Good Society (1937), Little, Brown and Company, 1938, p. 204
    « La déroute de la science libérale est à l'origine du schisme moral du monde moderne qui divise si tragiquement les esprits éclairés. [...] Il y a chez les collectivistes une passion du progrès, une sympathie pour les pauvres, un sentiment ardent de l'injustice, un désir d'accomplir de grandes choses qui manquent au libéralisme d'aujourd'hui. Mais leur science repose sur une erreur profonde [...] et leurs actes sont, par conséquent, extrêmement destructeurs et réactionnaires. Aussi le coeur des hommes est-il déchirée et leur esprit divisé ; il leur est proposé des choix impossibles. »
    • Walter Lippmann, cité par Karl Popper in La Société ouverte et ses ennemis (1962), trad. Jacqueline Bernard et Philippe Monod, éd. Le Seuil, 1979 (ISBN 9782020051378), t. 2, p. 5 et p. 59

    « [...] Il n’en va pas forcément de même en France où la plupart des gens naissent avec les "acquis sociaux" dans la tête et ont l’impression d’être orphelins quand il est question de "moins d’Etat". »

    • Alain Laurent, préface de La Vertu d'Égoïsme, Ayn Rand, éd. Les Belles Lettres, 2008 (ISBN 9782251390468), p. 17

    "But Catholic wisdom, sustained by the precepts of natural and divine law, provides with especial care for public and private tranquility in its doctrines and teachings regarding the duty of government and the distribution of the goods which are necessary for life and use. For, while the socialists would destroy the "right" of property, alleging it to be a human invention altogether opposed to the inborn equality of man, and, claiming a community of goods, argue that poverty should not be peaceably endured, and that the property and privileges of the rich may be rightly invaded, the Church, with much greater wisdom and good sense, recognizes the inequality among men, who are born with different powers of body and mind, inequality in actual possession, also, and holds that the right of property and of ownership, which springs from nature itself, must not be touched and stands inviolate. For she knows that stealing and robbery were forbidden in so special a manner by God, the Author and Defender of right, that He would not allow man even to desire what belonged to another, and that thieves and despoilers, no less than adulterers and idolaters, are shut out from the Kingdom of Heaven."

    « Quant à la tranquillité publique et domestique, la sagesse catholique, appuyée sur les préceptes de la loi divine et naturelle, y pourvoit très prudemment par les idées qu'elle adopte et qu'elle enseigne sur le droit de propriété et sur le partage des biens qui sont acquis pour la nécessité et l'utilité de la vie. Car, tandis que les socialistes présentent le droit de propriété comme étant une invention humaine, répugnant à l'égalité naturelle entre les hommes, tandis que, prêchant la communauté des biens, ils proclament qu'on ne saurait supporter patiemment la pauvreté et qu'on peut impunément violer les possessions et les droits des riches, l'Eglise reconnaît beaucoup plus utilement et sagement que l'inégalité existe entre les hommes naturellement dissemblables par les forces du corps et de l'esprit, et que cette inégalité existe même dans la possession des biens ; elle ordonne, en outre, que le droit de propriété et de domaine, provenant de la nature même, soit maintenu intact et inviolable dans les mains de qui le possède ; car elle sait que le vol et la rapine ont été condamnés par Dieu, l'auteur et le gardien de tout droit, au point qu'il n'est même pas permis de convoiter le bien d'autrui, et que les voleurs et les larrons sont exclus, comme les adultères et les idolâtres, du royaume des cieux. »

    « La religion. — Si l’on veut, nous possédons la catholique, la protestante et la juive ; mais, à voir de plus haut, la France est divisée entre deux religions qui se contredisent violemment, et chacune impose à ses adeptes de ruiner l’autre. L’ancienne est fondée sur la révélation ; la nouvelle s’accorde avec la méthode scientifique et nous promet par elle, sous le nom de progrès nécessaire et indéfini, cet avenir de paix et d’amour dont tous les prophètes ont l’esprit halluciné. »

    • Maurice Barrès, Les Déracinés (1897), in Maurice Barrès, romans et voyages, t. 1, éd. Robert Laffont, 1994, p. 617

    "Environmentalism is a dangerous ideology endangering human freedom."

    • Václav Klaus, HARDtalk with Vaclav Klaus. BBC News, November 2007

    « Les alarmistes du climat croient en leur propre omnipotence. Ils se disent qu’ils savent mieux que des millions d’êtres humains se conduisant rationnellement ce qui est bien ou mal, et ils ne doutent pas de leur propre aptitude à assembler toutes les données requise dans le Bureau central de la règlementation climatique en utilisant de gros ordinateurs, et à donner depuis là des instructions adéquates à des millions d’individus et d’institutions. »

    • Václav Klaus, discours prononcé le 4 mars 2008 à la Conférence internationale sur la changement climatique à New York

    « La menace communiste a été remplacée par celle d’un environnementalisme ambitieux. »

    • Václav Klaus, communication au Sénat américain sur le changement climatique, 21 mars 2007

    "Communism was replaced by the threat of ambitious environmentalism. [...] Their reasoning is based on historically short and incomplete observations and data series which cannot justify the catastrophic conclusions they draw"

    • Václav Klaus, speech to the United Nations in New York, Sept 24, 2007

    « Celui qui vit et proclame la foi de l’Église est par de nombreux aspects en décalage avec la pensée dominante. L’approbation des idées les plus répandues n’est pas un critère auquel nous nous soumettons. »

    • Benoît XVI, à l’occasion de la fête de l’Épiphanie, janvier 2013

    « Bien me plaît le gai temps de Pâques,
    qui fait venir feuilles et fleurs.
    Et me plaît d'entendre la joie
    des oiseaux qui font retentir
    leur chant par le bocage.
    Mais me plaît aussi de voir sur les prés,
    tentes et pavillons dressés.
    Et j'ai grande allégresse
    quand je vois par la campagne rangés
    chevaliers et chevaux armés.
    Et me plaît quand les coureurs
    font s'enfuir les gens et le bétail.
    Et quand je vois à leur suite
    une grande masse d'hommes armés
    ensemble venir… »

    « Que si l'on vous disait que tous les chats d'un grand pays se sont assemblés par milliers dans une plaine, et qu'après avoir miaulé tout leur soûl, ils se sont jetés avec fureur les uns sur les autres, et ont joué ensemble de la dent et de la griffe ; que de cette mêlée il est demeuré de part et d'autre neuf à dix mille chats sur la place, qui ont infecté l'air à dix lieues de là par leur puanteur, ne diriez-vous pas : « Voilà le plus abominable sabbat dont on ait jamais ouï parler ? » Et si les loups en faisaient de même : « Quels hurlements, quelle boucherie ! » Et si les uns ou les autres vous disaient qu'ils aiment la gloire, concluriez-vous de ce discours qu'ils la mettent à se trouver à ce beau rendez-vous à détruire ainsi, et à anéantir leur propre espèce ; ou près l'avoir conclu ne ririez-vous pas de tout votre coeur de l'ingénuité de ces pauvres bêtes ? »

    « Les Turcs ont passé là. Tout est ruine et deuil.
    Chio, l'île des vins, n'est plus qu'un sombre écueil,
    Chio, qu'ombrageaient les charmilles,
    Chio, qui dans les flots reflétait ses grands bois,
    Ses coteaux, ses palais, et le soir quelquefois
    Un chœur dansant de jeunes filles.

    Tout est désert. Mais non ; seul près des murs noircis,
    Un enfant aux yeux bleus, un enfant grec, assis,
    Courbait sa tête humiliée ;
    Il avait pour asile, il avait pour appui
    Une blanche aubépine, une fleur, comme lui
    Dans le grand ravage oubliée.

    Ah ! pauvre enfant, pieds nus sur les rocs anguleux !
    Hélas ! pour essuyer les pleurs de tes yeux bleus
    Comme le ciel et comme l'onde,
    Pour que dans leur azur, de larmes orageux,
    Passe le vif éclair de la joie et des jeux,
    Pour relever ta tète blonde,

    Que veux-tu ? Bel enfant, que te faut-il donner
    Pour rattacher gaîment et gaîment ramener
    En boucles sur ta blanche épaule
    Ces cheveux, qui du fer n'ont pas subi l'affront,
    Et qui pleurent épars autour de ton beau front,
    Comme les feuilles sur le saule ?

    Qui pourrait dissiper tes chagrins nébuleux ?
    Est-ce d'avoir ce lys, bleu comme tes yeux bleus,
    Qui d'Iran borde le puits sombre ?
    Ou le fruit du tuba, de cet arbre si grand,
    Qu'un cheval au galop met, toujours en courant,
    Cent ans à sortir de son ombre ?

    Veux-tu, pour me sourire, un bel oiseau des bois,
    Qui chante avec un chant plus doux que le hautbois,
    Plus éclatant que les cymbales ?
    Que veux-tu ? fleur, beau fruit, ou l'oiseau merveilleux ?
    - Ami, dit l'enfant grec, dit l'enfant aux yeux bleus,
    Je veux de la poudre et des balles. »

    • Victor Hugo, « L'enfant » (Juillet 1828), Les Orientales (1829)


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