• Recensere
  • Gustave de Molinari

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    Citationes

    « Tout monopole s’appuie nécessairement sur la force. »

    • Gustave de Molinari, De la production de la sécurité (1849), éd. Institut Coppet, 2014 (ISBN 9781500896690), p. 23

    « S’il est une vérité bien établie en économie politique, c’est celle-ci :

    Qu’en toutes choses, pour toutes les denrées servant à pourvoir à ses besoins matériels ou immatériels, le consommateur est intéressé à ce que le travail et l’échange demeurent libres, car la liberté du travail et de l’échange a pour résultat nécessaire et permanent d’abaisser au maximum le prix des choses. »

    • Gustave de Molinari, De la production de la sécurité (1849), éd. Institut Coppet, 2014 (ISBN 9781500896690), p. 18

    « L’esprit d’innovation modifiera perpétuellement tout ce que les hommes ont établi, et si, comme vous l’affirmez, les lois qui régissent les sociétés sont d’origine humaine, l’esprit d’innovation ne s’arrêtera point devant elles. Il les modifiera, les changera, les bouleversera aussi longtemps que l’humanité séjournera sur la terre. Le monde est voué à d’incessantes révolutions, à d’éternels déchirements, à moins [...] qu’il n’y ait des principes absolus, à moins que les lois qui gouvernent le monde moral et le monde économique, ne soient des lois préétablies comme celles qui gouvernent le monde physique. »

    • Gustave de Molinari, Les Soirées de la Rue Saint-Lazare : entretiens sur les lois économiques et la défense de la propriété (1849), éd. Guillaumin, 1849, p. 23

    « Que fait l'impôt ? Il enlève soit au producteur, soit au consommateur, une portion plus ou moins considérable du produit destiné, partie à la consommation immédiate, partie à l'épargne, pour l'employer à des fins moins productives ou destructives, et plus rarement à l'épargne. [...] Il est impossible de savoir si le prix fixé par le gouvernement investi du monopole de la fourniture de ses services ne dépasse pas abusivement celui qu’aurait établi la concurrence. [...] Mais il convient de remarquer que l'État possède une clientèle obligatoire, qu'il a beau élever le prix de ses services ou en abaisser la qualité, la nation, sa cliente ne peut les refuser. Si ruineux que soit l'impôt, l'État est amplement pourvu des pouvoirs nécessaires pour la contraindre à payer. »

    • Gustave de Molinari, Journal des économistes : revue de la science économique et de la statistique, éd. Presses universitaires de France, 1908, p. 167

    « Jadis, lorsque les gouvernements se trouvaient hors d'état de payer leurs dettes, ils falsifiaient leurs monnaies, en y ajoutant du cuivre ou du plomb, ou bien encore en diminuant le poids des pièces. De nos jours, ils procèdent autrement : ils empruntent de grosses sommes à des établissements qu'ils autorisent exclusivement à fabriquer de la monnaie de papier. Privé de sa base naturelle et nécessaire, cette monnaie se déprécie dans les moments de crise. Le gouvernement intervient alors pour obliger le public à supporter la dépréciation. »

    • Gustave de Molinari, Les Soirées de la Rue Saint-Lazare : entretiens sur les lois économiques et la défense de la propriété (1849), éd. Guillaumin, 1849, p. 265

    « Qu'est-ce que la propriété ? C'est le droit naturel de disposer librement de ses facultés et du produit de son travail. »

    « [...] la société n'a pas institué la propriété ; c'est bien plutôt la propriété qui a institué la société. »

    • Gustave de Molinari, Les Soirées de la Rue Saint-Lazare : entretiens sur les lois économiques et la défense de la propriété (1849), éd. Guillaumin, 1849, p. 33

    « La société, disaient les économistes du dix-huitième siècle, s’organise en vertu de lois naturelles ; ces lois ont pour essence la Justice et l‘Utilité. Lorsqu’elles sont méconnues, la société souffre ; lorsqu’elles sont pleinement respectées, la société jouit d’un maximum d’abondance, et la justice règne dans les relations des hommes.

    Ces lois providentielles sont-elles aujourd’hui respectées ou méconnues ? Les souffrances des masses ont-elles leur source dans les lois économiques qui gouvernent la société ou dans les entraves apportées à l’action bienfaisante de ces lois ? Telle est la question que les événements ont posée.

    A cette question, les écoles socialistes répondent tantôt en niant que le monde économique soit, comme le monde physique, gouverné par des lois naturelles ; tantôt en affirmant que ces lois sont imparfaites ou vicieuse, et que les maux de la société proviennent de leurs imperfections ou de leurs vices.

    Les plus timides concluent qu’il les faut modifier ; les plus audacieux sont d’avis qu’il faut faire table rase d’une Organisation radicalement mauvaise et la remplacer par une Organisation nouvelle.

    La base sur laquelle repose tout l’édifice de la société, c’est la propriété ; les socialistes s’efforcent donc d’altérer ou de détruire le principe de la propriété.

    Les conservateurs défendent la propriété ; mais ils la défendent mal.

    Voici pourquoi.

    Les conservateurs sont naturellement partisans du statu quo ; ils trouvent que le monde va bien comme il va, et ils s’épouvantent à la seule idée d’y rien changer. Ils évitent, en conséquence, de sonder les profondeurs de la société, dans la crainte d’y rencontrer des souffrances qui nécessiteraient une réforme quelconque dans les institutions actuelles.

    D’un autre côté, ils n’aiment pas les théories, et ils ont peu de foi dans les principes. Ce n’est qu’à leur corps défendant qu’ils engagent une discussion sur la propriété ; on dirait qu’ils redoutent la lumière pour ce principe sacré. A l’exemple de ces chrétiens ignorants et sauvages qui proscrivaient jadis les hérétiques au lieu de les réfuter, ils invoquent la loi, de préférence à la science, pour avoir raison des aberrations du socialisme.

    Il m’a semblé que l’hérésie socialiste exigeait une autre réfutation et la propriété une autre défense.

    Reconnaissant, avec tous les économistes, la propriété comme la base de l’organisation naturelle de la société, j’ai recherché si le mal dénoncé par les socialistes, et que nul, à moins d’être aveugle ou de mauvaise foi, ne saurait nier, j’ai recherché si ce mal provient, oui ou non, de la propriété.

    Le résultat de mes études et de mes recherches a été que les souffrances de la société, bien loin d’avoir leur origine dans le principe de la propriété, proviennent au contraire, d’atteintes directement ou indirectement portées à ce principe.

    D’où j’ai conclu que l’amélioration du sort des classes laborieuses réside dans l’affranchissement pur et simple de la propriété.

    Comment le principe de la propriété sert de base à l’organisation naturelle de la société ; comment ce principe n’a pas cessé d’être limité ou méconnu ; quels maux découlent des blessures profondes dont on l’a criblé ; comment enfin l’affranchissement de la propriété restituera à la société son organisation naturelle, organisation équitable et utile par essence, telle est la substance de ces dialogues.

    La thèse que j’entreprends de soutenir n’est pas nouvelle ; tous les économistes ont défendu la propriété, et l’économie politique n’est autre chose que la démonstration des lois naturelles qui ont la propriété pour base. Quesnay, Turgot, Adam Smith, Malthus, Ricardo, Jean-Baptiste Say ont passé leur vie à observer ces lois et à les démontrer ; leurs disciples, MM. Mac Culloch, Senior, Wilson, Dunoyer, Michel Chevalier, Bastiat, Joseph Garnier, etc., poursuivent avec ardeur la même tâche. Je me suis borné à suivre la voie qu’ils ont tracée.

    On trouvera peut-être que j’ai été trop loin, et qu’à force de vouloir me tenir dans le droit chemin des principes, je n’ai pas su éviter l’abîme des chimères et des utopies ; mais il n’importe ! j’ai la conviction profonde que la vérité économique se cache sous ces chimères et sous ces utopies apparentes, j’ai la conviction profonde que l’affranchissement complet, absolu de la propriété seul peut sauver la société, en réalisant toutes les nobles et généreuses espérances des amis de la justice et de l’humanité. »

    • Gustave de Molinari, Les Soirées de la Rue Saint-Lazare : entretiens sur les lois économiques et la défense de la propriété (1849), éd. Guillaumin, 1849, préface, pp. 1-4

    « En affirmant qu’aucun principe absolu et surhumain ne gouverne les sociétés, n’avez-vous pas ouvert les écluses aux grandes eaux de l’utopie ? N’avez-vous pas autorisé le premier venu à refaire ces sociétés que vous prétendez avoir faites ? Le socialisme n’est-il pas un écoulement de vos propres doctrines ? »

    • Gustave de Molinari, Les Soirées de la Rue Saint-Lazare : entretiens sur les lois économiques et la défense de la propriété (1849), éd. Guillaumin, 1849, préface, pp. 12-13

    « La souveraineté réside dans la propriété de l'individu sur sa personne et sur ses biens et dans la liberté d'en disposer, impliquant le droit de garantir lui-même sa propriété et sa liberté ou de les faire garantir par autrui... Si un individu ou une collection d'individus use de sa souveraineté pour fonder un établissement destiné à pourvoir à la satisfaction d'un besoin quelconque, il a le droit de l'exploiter et de le diriger suivant les impulsions de son intérêt, comme aussi de fixer à son gré le prix de ses produits et de ses services. C'est le droit souverain du producteur. Mais ce droit est limité naturellement par celui des autres individus non moins souverains, considérés en leur double qualité de producteurs et de consommateurs. »

    • Gustave de Molinari, L'Évolution politique et la Révolution (1884), éd. G. Reinwald, 1884, p. 410

    « Le monopole d'un gouvernement ne saurait valoir mieux que celui d'une boutique d'épiceries. La production de la sécurité devient inévitablement coûteuse et mauvaise lorsqu'elle est organisée en monopole.

    C'est dans le monopole de la sécurité que réside la principale cause des guerres qui ont, jusqu'à nos jours, désolé l'humanité. »

    • Gustave de Molinari, Les Soirées de la Rue Saint-Lazare : entretiens sur les lois économiques et la défense de la propriété (1849), éd. Guillaumin, 1849, p. 308

    « Car un moment viendra où l’État, soit qu’il demeure dans les mains des conservateurs ou qu’il tombe dans celles des socialistes, pèsera sur la société d’un tel poids qu’elle cessera de pouvoir le porter. »

    • Gustave de Molinari, Questions économiques à l'ordre du jour (1906), éd. Guillaumin, 1906, VIII, p. 387
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