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    « À qui veut régénérer une société quelconque en décadence, on prescrit avec raison de la ramener à ses origines. La perfection de toute société consiste, en effet, à poursuivre et à atteindre la fin en vue de laquelle elle a été fondée, en sorte que tous les mouvements et tous les actes de la vie sociale naissent du même principe d'où est née la société. Aussi, s'écarter de la fin, c'est aller à la mort ; y revenir, c'est reprendre vie. »

    — « Rerum Novarum, Lettre encyclique de sa sainteté le pape Léon XIII », Léon XIII, Le Vatican, 1891 (lire en ligne)


    « Il faut donc bien se garder d'attribuer aux lois physiques les maux qui sont la juste et inévitable punition de la violation de l'ordre même de ces lois, instituées pour opérer le bien. »

    — François Quesnay, « Observations sur le Droit naturel des hommes réunis en société » (1765), dans Journal de l’agriculture, du commerce et des finances, éd. Knapen, 1765, t. II, p. 17


    « Nous savons, sans qu'on nous le dise, que le Perse a des forces mille fois plus importantes que les nôtres. Cependant, la liberté nous est si chère que nous nous défendrons comme nous pourrons. [...] Les Lacédémoniens ont eu peur que nous ne traitions avec les Barbares, et leur crainte est fort naturelle, mais c'est, semble-t-il, bassement mettre en doute la noblesse d'Athènes, quand vous la connaissez bien, quand vous savez qu'il n'y a pas au monde assez d'or, une terre assez extraordinaire par sa richesse et sa beauté, pour que nous consentions à ce prix à nous ranger du côté du Perse et à réduire la Grèce en esclavage. Il existe de nombreuses raisons graves pour nous en empêcher, quand nous voudrions le faire, et la première et la plus grave, ce sont les images et les demeures de nos dieux, incendiées, gisant à terre, qui exigent de nous une vengeance éclatante plutôt qu'un accord avec l'auteur de ce crime ; ensuite, il y a le monde grec, uni par la langue et par le sang, les sanctuaires et les sacrifices qui nous sont communs, nos mœurs qui sont les mêmes, et cela, des Athéniens ne sauraient le trahir. Sachez donc, si par hasard vous ne le saviez pas encore, qu'aussi longtemps qu'il y aura sur terre un Athénien, nous ne pactiserons pas avec Xerxès. »

    — Hérodote, L’Enquête, trad. Andrée Barguet, éd. Gallimard, coll. « Folio », 1985, p. 143-144


    ”So things have gone. We have reached at last, as the final result of that catastrophe three hundred years ago, a state of society which cannot endure and a dissolution of standards, a melting of the spiritual framework, such that the body politic fails. Men everywhere feel that an attempt to continue down this endless and ever darkening road is like the piling up of debt. We go further and further from a settlement. Our various forms of knowledge diverge more and more. Authority, the very principle of life, loses its meaning, and this awful edifice of civilization which we have inherited, and which is still our trust, trembles and threatens to crash down. It is clearly insecure. It may fall in any moment. We who still live may see the ruin. But ruin when it comes is not only a sudden, it is also a final, thing.

    In such a crux there remains the historical truth: that this our European structure, built upon the noble foundations of classical antiquity, was formed through, exists by, is consonant to, and will stand only in the mold of, the Catholic Church.

    Europe will return to the Faith, or she will perish.

    The Faith is Europe. And Europe is the Faith.

    — Hilaire Belloc, Europe and the Faith (1920)

    « Ainsi vont les choses. Nous touchons, enfin, aux ultimes conséquences de la catastrophe de jadis, un État social qui se défait, et une décomposition morale, un désarroi spirituels tels qu’il n’y a plus de corps politique. Les hommes, de toutes parts, sentent que poursuivre cette route interminable et sans cesse assombrie, c’est accroître une dette inexpiable. Toute apparence de solution recule devant nous ; nos diverses formes de connaissance vont divergeant de plus en plus. L’Autorité, le principe même de la vie, perd son sens, et ce majestueux édifice de notre civilisation, dont nous sommes les héritiers, qui est commis à notre garde, chancelle et menace de crouler. Déjà se dessinent les lézardes. D’un instant à l’autre, il peut s’effondrer. Et nos yeux verront peut-être sa ruine. Ruine soudaine, mais ruine, surtout, définitive.
    En cet instant crucial, la vérité historique nous reste ; cette demeure européenne, la demeure de nos pères, élevée sur les nobles fondations de l’antiquité classique, ne s’est bâtie, n’existe, n’a de raison d’être et ne subsistera que par l’Église catholique.
    L’Europe retournera à la Foi, ou bien elle périra.
    La Foi, c’est l’Europe. Et l’Europe, c’est la Foi. »
    — Hilaire Belloc, L’Europe et la Foi (1920), trad. Maximilien Vox


    Die ganzen Zahlen hat der liebe Gott gemacht, alles andere ist Menschenwerk.

    (de) Leopold Kronecker, H. Weber, „Leopold Kronecker“ (1891-1892), éd. Jahresbericht der Deutschen Mathematiker-Vereinigung, 1891-1892, vol. 2, p. 19
    « Dieu a fait les nombres entiers, tout le reste est l'œuvre de l'homme. »
    (fr) Leopold Kronecker, H. Weber, „Leopold Kronecker“ (1891-1892), éd. Jahresbericht der Deutschen Mathematiker-Vereinigung, 1891-1892, vol. 2, p. 19


    « Je pense que la tâche du prochain siècle, en face de la plus terrible menace qu’ait connue l’humanité, va être d’y réintégrer les dieux. »

    — « L’homme et le fantôme », André Malraux, L’Express, nº 104, 21 mai 1955


    « Ainsi que l’ennemi par livres a séduit
    Le peuple dévoyé qui faussement le suit,
    Il faut, en disputant, par livres lui répondre,
    Par livres l’assaillir, par livres le confondre. »

    — Pierre de Ronsard, Élégie à des Autels (1560)


    The monopolization of money and banking is the ultimate pillar on which the modern state rests. In fact, it has probably become the most cherished instrument for increasing state income. For nowhere else can the state make the connection between redistribution-expen- diture and exploitation-return more directly, quickly and securely than by monopolizing money and banking. And nowhere else are the state’s schemes less clearly understood than here.”

    (en) Hans-Hermann Hoppe, The Economics and Ethics of Private Property: Studies in Political Economy and Philosophy (1993), éd. Ludwig von Mises Institute, 2006 (ISBN 9780945466406), p. 89
    « La monopolisation de la monnaie et de la banque est le dernier pilier sur lequel repose l'État moderne. »
    (fr) Hans-Hermann Hoppe, The Economics and Ethics of Private Property: Studies in Political Economy and Philosophy (1993)


    « L’instrumentalisation politique de la Shoah depuis Nuremberg, finalement c’est la réponse du berger à la bergère, c’est-à-dire que les juifs ont été accusés pendant deux milles ans d’être éternellement les meurtriers de Jésus et désormais ce sont les États qui sont les héritiers institutionnels de l’Église qui sont accusés d’être éternellement coupables d’un judéocide. Ça nous enseigne une chose, c’est que la légitimité du pouvoir se fonde sur le statut des morts, et c’est vrai dans les cultes des morts chinois, dans les cultes des morts des sociétés traditionnelles et c’est aussi vrai chez nous qui nous prétendons libérés de toute ascendance descendance [...] c’est malgré tout le statut des morts qui légitime le pouvoir. »

    Remarque en aparté d’un membre de l’audience au procès de Robert Faurisson contre Ariane Chemin, 9 mai 2017 à la XVIIe chambre correctionnelle de Paris


    « [...] notre siècle, qui se croit destiné à changer les lois en tout genre [...]. »

    — Jean le Rond D’Alembert, « Discours préliminaire de l’Encyclopédie » (1751), dans Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, éd. Le Breton, Durand, Briasson, Michel-Antoine David, 1751, t. I, p. xxi


    «Мы не будем шарлатанить и станем заявлять прямо, что на этом свете ничего не разберешь. Всё знают и всё понимают только дураки да шарлатаны.»

    — Антон Чехов, Письмо Ивану Щеглову, 9 июня 1888

    « Nous ne ferons pas les charlatans et nous déclarerons tout simplement qu’il n’y a rien à comprendre dans ce monde. Ceux qui savent et comprennent tout ne sont que des sots et des charlatans. »
    — Anton Tchekhov, Lettre à Ivan Chtchéglov, 9 juin 1888


    „Für die Toten hat man eher gebaut als für die Lebenden, und wenn für die Spanne Zeit, die diesen gegeben ist, vergängliches Holzwerk genügt, so verlangt die Ewigkeit jener Behausung den festen Stein der Erde.“

    — Johann Jakob Bachofen, Das Mutterrecht (1861)

    « Avant de bâtir pour les vivants, on a bâti pour les morts. Pour notre éphémère existence terrestre n'importe quelle fragile charpente semblait suffire, mais l’éternité de la mort exigeait pour ses demeures la solidité de la pierre. »
    — Johann Jakob Bachofen, Du règne de la mère au patriarcat, trad. Adrien Turel, éd. Presses universitaires de France, 1938, p. 5


    « Alors, les mers soulèvent leurs eaux, engloutissent dans leurs abîmes les planches ; les ouragans, les tremblements de terre renversent les maisons ; la peste, les maladies diverses déciment les familles priantes. Mais, les hommes ne s’en aperçoivent pas. Je les ai vus aussi rougissant, pâlissant de honte pour leur conduite sur cette terre ; rarement. Tempêtes, sœurs des ouragans ; firmament bleuâtre, dont je n’admets pas la beauté ; mer hypocrite, image de mon cœur ; terre, au sein mystérieux ; habitants des sphères ; univers entier ; Dieu, qui l’as créé avec magnificence, c’est toi que j’invoque : montre-moi un homme qui soit bon !... Mais, que ta grâce décuple mes forces naturelles ; car, au spectacle de ce monstre, je puis mourir d’étonnement : on meurt à moins. »

    — Comte de Lautréamont, Les Chants de Maldoror (1869), éd. Wittmann, 1874, p. 11


    « France, mère des arts, des armes et des loix,
    Tu m’as nourri long temps du laict de ta mammelle,
    Ores, comme un aigneau qui sa nourrice appelle,
    Je remplis de ton nom les antres et les bois.

    Si tu m’as pour enfant advoué quelquefois,
    Que ne me respons-tu maintenant, ô cruelle ?
    France, France, respons à ma triste querelle :
    Mais nul, sinon Écho, ne respond à ma voix.

    Entre les loups cruels j’erre parmi la plaine,
    Je sens venir l’hyver, de qui la froide haleine
    D’une tremblante horreur fait herisser ma peau.

    Las, tes autres aigneaux n’ont faute de pasture,
    Ils ne craignent le loup, le vent, ni la froidure :
    Si ne suis-je pourtant le pire du troppeau. »

    — Joachim du Bellay, Les Regrets (1558), IX


    « Vous vivez lâchement, sans rêve, sans dessein,
    Plus vieux, plus décrépits que la terre inféconde,
    Châtrés dès le berceau par le siècle assassin
    De toute passion vigoureuse et profonde.

    Votre cervelle est vide autant que votre sein,
    Et vous avez souillé ce misérable monde
    D’un sang si corrompu, d’un souffle si malsain,
    Que la mort germe seule en cette boue immonde.

    Hommes, tueurs de Dieux, les temps ne sont pas loin
    Où, sur un grand tas d’or vautrés dans quelque coin,
    Ayant rongé le sol nourricier jusqu’aux roches

    Ne sachant faire rien ni des jours ni des nuits,
    Noyés dans le néant des suprêmes ennuis,
    Vous mourrez bêtement en emplissant vos poches. »

    — Leconte de Lisle, « Poèmes barbares » (1862), dans Œuvres de Leconte de Lisle, éd. Librairie Alphonse Lemerre, 1889, « Aux modernes », p. 356


    “Now almost every Western country has signed up to full blown multiculturalism and I say just every Western country because the interesting thing about multiculturalism is that it's a unicultural phenomenon.

    — Mark Steyn, conference at Pepperdine University in Malibu, hosted by the American Freedom Alliance, June 10th, 2007

    « [...] le multiculturalisme est un phénomène uniculturel, il n’existe qu’en occident. »
    — Mark Steyn, conférence à l’université Pepperdine à Malibu, organisé par l’American Freedom Alliance, 10 juin 2007


    “[...] much of what we loosely call the Western world will not survive the twenty-first century, and much of it will effectively disappear within our lifetimes, including many if not most European countries.”

    (en) Mark Steyn, America Alone: The End Of The World As We Know It (2006), éd. Regnery Publishing, 2008 (ISBN 9781596985278), p. xxix
    « [...] la majeure partie du monde occidental ne survivra pas au XXIe siècle et une grande partie, dont la plupart sinon la totalité des pays européens, disparaîtra pendant notre génération. Nous assistons à la fin du monde tel que nous le connaissons. »
    (fr) Mark Steyn, America Alone : La fin du monde tel que nous le connaissons (2006), éd. Scali, 2008 (ISBN 9782350122243), p. xiii


    It is no coincidence that the century of total war coincided with the century of central banking.

    (en) Ron Paul, End the Fed (2009), éd. Grand Central Publishing, 2009 (ISBN 9780446549196), p. 63
    « Ce n'est pas un hasard si le siècle de la guerre totale a coïncidé avec le siècle des banques centrales. »
    (fr) Ron Paul, End the Fed (2009), éd. Grand Central Publishing, 2009 (ISBN 9780446549196), p. 63


    « Je trouve même que des opinions approchantes s'insinuant peu à peu dans l'esprit des hommes du grand monde, qui règlent les autres et dont dépendent les affaires, et, se glissant dans les livres à la mode, disposent toutes choses à la révolution générale dont l'Europe est menacée, et achèvent de détruire ce qui reste dans le monde des sentiments généreux des anciens Grecs et Romains, qui préféraient l'amour de la patrie et du bien public et le soin de la postérité à la fortune et même à la vie. »

    — Gottfried Wilhelm Leibniz, Nouveaux Essais sur l'entendement humain (1704), trad. Pierre Coste, éd. Flammarion, coll. « Garnier Flammarion », 1993, chap. 16, p. 


    « La LICRA, vous savez ce que c'est ? Ce sont des gens qui se servent du monceau de cadavres d'Auschwitz comme du fumier pour faire fructifier leur fortune. »

    — Marc-Édouard Nabe, « Apostrophes », Antenne 2, 15 février 1985


    « L'impulsion fondamentale qui met et maintient en mouvement la machine capitaliste est imprimée par les nouveaux objets de consommation, les nouvelles méthodes de production et de transport, les nouveaux marchés, les nouveaux types d'organisation industrielle — tous éléments créés par l'initiative capitaliste. [...] L'histoire de l'équipement productif d'énergie, depuis la roue hydraulique jusqu'à la turbine moderne, ou l'histoire des transports, depuis la diligence jusqu'à l'avion. L'ouverture de nouveaux marchés nationaux ou extérieurs et le développement des organisations productives, depuis l'atelier artisanal et la manufacture jusqu'aux entreprises amalgamées telles que l’U.S. Steel, constituent d'autres exemples du même processus de mutation industrielle — si l'on me passe cette expression biologique — qui révolutionne incessamment de l'intérieur la structure économique, en détruisant continuellement ses éléments vieillis et en créant continuellement des éléments neufs. Ce processus de Destruction Créatrice constitue la donnée fondamentale du capitalisme : c'est en elle que consiste, en dernière analyse, le capitalisme et toute entreprise capitaliste doit, bon gré mal gré, s'y adapter. »

    — Joseph Schumpeter, Capitalisme, socialisme, démocratie (1942), trad. Gaël Fain, éd. Payot, 1951, p. 163-164


    « La franc-maçonnerie est une fabrique de juifs synthétiques. »

    — Serge de Beketch, Conférence sur la franc-maçonnerie, 27 mars 1998


    « J’ai lu quelque part qu’à Paris seulement le nombre des peintres dépasse vingt mille : il y en a probablement autant en Angleterre, autant en Allemagne, autant dans le reste des pays de l’Europe. C’est donc environ cent mille peintres qu’il y a en Europe ; et sans doute on y trouverait aussi cent mille musiciens, et cent mille littérateurs. Si ces trois cent mille individus produisent par an chacun trois œuvres, on peut compter chaque année près d’un million de soi-disant œuvres d’art. [...]

    Et maintenant, combien y a-t-il de connaisseurs d’art qui soient impressionnés par ce million d’œuvres ? Sans parler des classes travailleuses, qui n’ont aucune idée de ces productions, c’est à peine si les hommes des classes supérieures même connaissent, de ces œuvres, une sur mille, et peuvent s’en rappeler une sur dix mille. »

    — Léon Tolstoï, Qu’est-ce que l’art ? (1898), trad. Teodor de Wyzewa, éd. Librairie Académique Didier, 1898, p. 186-187


    « Pour donner de l’art une définition correcte, il est donc nécessaire, avant tout, de cesser d’y voir une source de plaisir, pour le considérer comme une des conditions de la vie humaine. Et si on le considère à ce point de vue, on ne peut manquer de constater, tout de suite, que l’art est un des moyens qu’ont les hommes de communiquer entre eux.

    L’humanité, par sa nature, est portée à aller sans cesse d’une conception plus basse, plus partielle et plus obscure de la vie à une autre plus haute, plus générale, et plus claire.

    [...] comme c’était le cas chez les Grecs, la religion fait consister le sens de la vie dans le bonheur terrestre, dans la force et dans la beauté, on considère alors comme étant le bon art celui qui exprime la joie et l’énergie de la vie, et, comme étant le mauvais art, celui qui exprime des sentiments de mollesse ou de dépression. Si, comme c’était le cas chez les Romains, le sens de la vie consiste dans la collaboration à la grandeur d’une nation ou si, comme c’est le cas chez les Chinois, il consiste dans l’honneur rendu aux ancêtres et la continuation de leur mode de vie, on tient alors pour bon l’art qui exprime la joie du sacrifice du bien-être personnel au profit du bien de la nation, ou celui qui exprime le respect des ancêtres et le désir de les imiter ; et tout art qui exprime des sentiments opposés est tenu pour mauvais.

    Dès le moment où les classes supérieures de la société européenne perdirent leur foi dans le christianisme d’Église, la beauté, c’est-à-dire le plaisir artistique, devint pour eux la mesure du bon et du mauvais art. »

    — Léon Tolstoï, Qu’est-ce que l’art ? (1898), trad. Teodor de Wyzewa, éd. Librairie Académique Didier, 1898, p. 54-73


    « Le christianisme dans sa véritable signification détruit l’État. C’est ainsi qu’il fut compris dès le début et c’est pourquoi le Christ a été crucifié. Il a été compris ainsi de tout temps par les hommes que ne liait pas la nécessité de justifier l’État chrétien. Ce n’est qu'à partir du moment où les chefs d’État ont accepté le christianisme nominal extérieur qu’on a commencé à inventer les théories subtiles d’après lesquelles on peut concilier le christianisme avec l’État. Mais, pour tout homme sincère de notre époque, il ne peut pas ne pas être évident que le véritable christianisme — la doctrine de la résignation, du pardon, de l’amour — ne peut pas se concilier avec l’État, avec son despotisme, sa violence, sa justice cruelle et ses guerres. Non seulement le véritable christianisme ne permet pas de reconnaître l’État, mais il en détruit les principes mêmes.

    Mais, s’il en est ainsi, s’il est vrai que le christianisme est inconciliable avec l’État, une question se pose tout naturellement : Qu’est-ce qui est plus nécessaire pour le bien de l’humanité, qu’est-ce qui lui assure le plus de bonheur ? Est-ce l’organisation gouvernementale ou le christianisme ? »

    — Léon Tolstoï, Le Salut est en vous (1893), trad. Inconnu, éd. Perrin, 1893, p. 249


    « Aristocrates et paysans acceptaient que leurs fils allassent à la mort. Le bourgeois, lui, “planque” ses enfants car le courage ou l’obéissance héroïque ne sont pas son lot. Pour l’aristocrate : “Si mon fils est un lâche, mon nom est souillé”. Et pour le paysan : “Si je ne défends pas ma terre, l’ennemi l’annexera”. Pour le bourgeois : “Si mon fils est tué, qui héritera de mon or et qui prendra la succession de mon commerce ?” »

    — Jean Cau, Les Écuries de l’Occident (1973), éd. La Table Ronde, 1973, p. 


    « Il y a dans la promptitude à raisonner une sorte de volupté qui est encore une volupté de l'amour-propre, de la chair et du monde. On ne voit point d'homme, s'il est capable d'y réussir, qui n'éprouve de la complaisance pour les jeux subtils de la dialectique : c'est qu'ils démontrent son habileté et lui promettent une victoire. Il a moins de goût pour la vérité, dont l'évidence l'humilie. Que pour l'argument, dont l'invention le flatte. »

    — Louis Lavelle, La Conscience de soi (1933), éd. Christian de Bartillat, 1993, chap. II, p. 30


    « La civilisation industrielle n’est possible que lorsqu’il n’y a pas de renoncement. La jouissance jusqu’aux limites extrêmes que lui imposent l’hygiène et les lois économiques. Sans quoi les rouages cessent de tourner. [...] La passion et la neurasthénie, c’est l’instabilité. Et l’instabilité, c’est la fin de la civilisation. On ne peut avoir une civilisation durable sans une bonne quantité de vices aimables. [...] La civilisation n'a pas le moindre besoin de noblesse ou d'héroïsme. Ces choses-là sont des symptômes d'incapacité politique. Dans une société convenablement organisée comme la nôtre, personne n'a l'occasion d'être noble ou héroïque. Il faut que les conditions deviennent foncièrement instables avant qu'une telle occasion puisse se présenter. Là où il y a des guerres, là où il y a des serments de fidélité multiples et divisés, là où il y a des tentations auxquelles on doit résister, des objets d'amour pour lesquels il faut combattre ou qu'il faut défendre, là, manifestement, la noblesse et l'héroïsme ont un sens. Mais il n'y a pas de guerres, de nos jours. On prend le plus grand soin de vous empêcher d'aimer exagérément qui que ce soit. Il n'y a rien qui ressemble à un serment de fidélité multiple ; vous êtes conditionné de telle sorte que vous ne pouvez vous empêcher de faire ce que vous avez à faire. Et ce que vous avez à faire est, dans l'ensemble, si agréable, on laisse leur libre jeu à un si grand nombre de vos impulsions naturelles, qu'il n'y a véritablement pas de tentations auxquelles il faille résister. Et si jamais, par quelque malchance, il se produisait d'une façon ou d'une autre quelque chose de désagréable, eh bien, il y a toujours le soma qui vous permet de prendre un congé, de vous évader de la réalité. Et il y a toujours le soma pour calmer votre colère, pour vous réconcilier avec vos ennemis, pour vous rendre patient et vous aider à supporter les ennuis. Autrefois, on ne pouvait accomplir ces choses-là qu'en faisant un gros effort et après des années d'entraînement moral pénible. A présent, on avale deux ou trois comprimés d'un demi-gramme, et voilà. Tout le monde peut être vertueux, à présent. On peut porter sur soi, en flacon, au moins la moitié de sa moralité. Le christianisme sans larmes, voilà ce qu'est le soma. »

    — Aldous Huxley, Le Meilleur des mondes (1932), trad. Jules Castier, éd. Pocket, 1977 (ISBN 9782266023108), chap. 17, p. 262


    « L'État n'a aucune justification morale ni scientifique, mais [...] constitue le pur produit de l'émergence de la violence dans les sociétés humaines. »

    — Pascal Salin, Libéralisme (2000), éd. Odile Jacob, 2000 (ISBN 9782738108098), p. 517


    « C'est justement pour préserver ce qui est neuf et révolutionnaire dans chaque enfant que l'éducation doit être conservatrice ; elle doit protéger cette nouveauté et l'introduire comme un ferment nouveau dans un monde déjà vieux qui, si révolutionnaires que puissent être ses actes, est, du point de vue de la génération suivante, suranné et proche de la ruine. »

    — Hannah Arendt, La Crise de la culture (1961), trad. Patrick Lévy, éd. Gallimard, coll. « Folio », 1972 (ISBN 9782070325030), p. 241


    « Il serait d’un orgueil insensé de prétendre que les habitants de toutes les parties du monde devraient être des Européens pour vivre heureux ; car serions-nous devenus nous-mêmes ce que nous sommes hors d’Europe ? Celui qui nous a placé ici les plaça là-bas et leur a donné le même droit à jouir de la vie terrestre. Comme la félicité est un état intérieur, elle a son critère et sa définition non en dehors, mais au-dedans de chaque être individuel. »

    — Johann Gottfried von Herder, Histoire et Culture, éd. Flammarion, 2000, p. 65-66


    « Sommes-nous le dépotoir du monde ? Par toutes nos routes d'accès, transformées en grands collecteurs, coule sur nos terres une tourbe de plus en plus grouillante, de plus en plus fétide.

    C'est l'immense flot de la crasse napolitaine, de la guenille levantine, des tristes puanteurs slaves, de l'affreuse misère andalouse, de la semence d'Abraham et du bitume de Judée ; c'est tout ce que recrachent les vieilles terres de plaies et de fléaux. Doctrinaires crépus, conspirateurs furtifs, régicides au teint verdâtre, pollacks mités, gratin de ghettos, contrebandiers d'armes, pistoleros en détresse, espions, usuriers, gangsters, marchands de femmes et de cocaïne, ils accourent précédés de leur odeur, escortés de leurs punaises.

    Ils arrivent de tous les côtés, sans relâche, sur les océans, par-dessous les montagnes, à pleins trains, à pleins paquebots. Ils arrivent et on les attend. De "gauche" ou de "droite", ils ont toujours des amis. Révolution et coups d’État en offrent l'incessant prétexte. Sous couleur de droit d'asile, on laisse entrer pêle-mêle et sans la moindre précaution réfugiés politiques et condamnés de droit commun - tous d'accord au moins sur un point : le droit qu'ils s'arrogent de nous traiter en pays conquis. »

    — Henri Béraud, Gringoire : Écrits 1928-1937 (7 août 1936), éd. Éditions de Paris, 2004, p. 328


    « [...] l’univers n’est pas infini dans l’espace, mais que l’espace n’a pas pour autant de frontières. La gravité est si forte que l’espace est refermé sur lui-même, le rendant plutôt semblable à la surface de la Terre. Si quelqu’un avance dans une certaine direction à la surface de la Terre, il ne se heurtera jamais à une barrière infranchissable ni ne tombera du bord ; il finira par revenir à son point de départ. »

    — Stephen Hawking, Une brève histoire du temps (1988), trad. Isabelle Naddeo-Souriau, éd. Flammarion, 1989, p. 36


    « Il n'y a, bien entendu, aucune raison pour que les totalitarismes nouveaux ressemblent aux anciens. Le gouvernement au moyen de triques et de pelotons d'exécution, de famines artificielles, d'emprisonnements et de déportations en masse, est non seulement inhumain (cela, personne ne s'en soucie fort de nos jours) ; il est — on peut le démontrer — inefficace : et, dans une ère de technologie avancée, l'inefficacité est le péché contre le Saint-Esprit.

    Un État totalitaire vraiment "efficient" serait celui dans lequel le tout-puissant comité exécutif des chefs politiques et leur armée de directeurs auraient la haute main sur une population d'esclaves qu'il serait inutile de contraindre, parce qu'ils auraient l'amour de leur servitude.

    La leur faire aimer — telle est la tâche assignée dans les États totalitaires d'aujourd'hui aux ministères de la propagande, aux rédacteurs en chef de journaux et aux maîtres d'école. »

    — Aldous Huxley, Le Meilleur des mondes (1932), trad. Jules Castier, éd. Pocket, 1977, Préface Nouvelle de l'auteur de 1946, p. 15


    « La religion. — Si l’on veut, nous possédons la catholique, la protestante et la juive ; mais, à voir de plus haut, la France est divisée entre deux religions qui se contredisent violemment, et chacune impose à ses adeptes de ruiner l’autre. L’ancienne est fondée sur la révélation ; la nouvelle s’accorde avec la méthode scientifique et nous promet par elle, sous le nom de progrès nécessaire et indéfini, cet avenir de paix et d’amour dont tous les prophètes ont l’esprit halluciné. »

    — Maurice Barrès, « Les Déracinés » (1897), dans Maurice Barrès, romans et voyages, éd. Robert Laffont, 1994, t. 1, p. 617


    "To the debacle of liberal science can be traced the moral schism of the modern world which so tragically divides enlightened men. For the liberals are the inheritors of the science which truly interprets the progressive principle of the industrial revolution. But they have been unable to carry forward their science; they have not wrested from it a social philosophy which is humanly satisfactory. The collectivists, on the other hand, have the zest for progress, the sympathy for the poor, the burning sense of wrong, the impulse for great deeds, which have been lacking in latter-day liberalism. But their science is founded on a profound misunderstanding of the economy at the foundation of modern society, and their actions, therefore, are deeply destructive and reactionary. So men's hearts are torn, their minds are divided, they are offered impossible choices."

    (en) Walter Lippmann, The Good Society (1937), éd. Little, Brown and Company, 1938, p. 204
    « La déroute de la science libérale est à l'origine du schisme moral du monde moderne qui divise si tragiquement les esprits éclairés. [...] Il y a chez les collectivistes une passion du progrès, une sympathie pour les pauvres, un sentiment ardent de l'injustice, un désir d'accomplir de grandes choses qui manquent au libéralisme d'aujourd'hui. Mais leur science repose sur une erreur profonde [...] et leurs actes sont, par conséquent, extrêmement destructeurs et réactionnaires. Aussi le cœur des hommes est-il déchirée et leur esprit divisé ; il leur est proposé des choix impossibles. »
    (fr) Walter Lippmann cité par Karl Popper, La Société ouverte et ses ennemis (1945), trad. Jacqueline Bernard et Philippe Monod, éd. Seuil, 1979 (ISBN 9782020051378), t. 2, p. 5


    « Court est le temps qui t'est laissé. Vis comme sur une montagne. Car il n'importe en rien de vivre ici ou là, si partout tu te conduis dans le monde comme dans une cité. Que les hommes voient et observent un homme qui vit avec la nature en véritable conformité. S'ils ne le souffrent pas, qu'ils te tuent ! Cela vaut mieux que de vivre comme eux. »

    — Marc Aurèle, Pensées pour moi-même, trad. Mario Meunier, éd. Flammarion, coll. « Garnier Flammarion », 1984, XV, p. 147


    « Les Turcs ont passé là. Tout est ruine et deuil.
    Chio, l'île des vins, n'est plus qu'un sombre écueil,
    Chio, qu'ombrageaient les charmilles,
    Chio, qui dans les flots reflétait ses grands bois,
    Ses coteaux, ses palais, et le soir quelquefois
    Un chœur dansant de jeunes filles.

    Tout est désert. Mais non ; seul près des murs noircis,
    Un enfant aux yeux bleus, un enfant grec, assis,
    Courbait sa tête humiliée ;
    Il avait pour asile, il avait pour appui
    Une blanche aubépine, une fleur, comme lui
    Dans le grand ravage oubliée.

    Ah ! pauvre enfant, pieds nus sur les rocs anguleux !
    Hélas ! pour essuyer les pleurs de tes yeux bleus
    Comme le ciel et comme l'onde,
    Pour que dans leur azur, de larmes orageux,
    Passe le vif éclair de la joie et des jeux,
    Pour relever ta tète blonde,

    Que veux-tu ? Bel enfant, que te faut-il donner
    Pour rattacher gaîment et gaîment ramener
    En boucles sur ta blanche épaule
    Ces cheveux, qui du fer n'ont pas subi l'affront,
    Et qui pleurent épars autour de ton beau front,
    Comme les feuilles sur le saule ?

    Qui pourrait dissiper tes chagrins nébuleux ?
    Est-ce d'avoir ce lys, bleu comme tes yeux bleus,
    Qui d'Iran borde le puits sombre ?
    Ou le fruit du tuba, de cet arbre si grand,
    Qu'un cheval au galop met, toujours en courant,
    Cent ans à sortir de son ombre ?

    Veux-tu, pour me sourire, un bel oiseau des bois,
    Qui chante avec un chant plus doux que le hautbois,
    Plus éclatant que les cymbales ?
    Que veux-tu ? fleur, beau fruit, ou l'oiseau merveilleux ?
    — Ami, dit l'enfant grec, dit l'enfant aux yeux bleus,
    Je veux de la poudre et des balles. »

    — Victor Hugo, « L'enfant » (Juillet 1828), Les Orientales (1829)


    « La grande question qui se pose ici est de savoir pourquoi les Arabes, qui n'étaient certainement pas plus nombreux que les Germains, n'ont pas été absorbés comme eux par les populations de ces régions de civilisation supérieure dont ils se sont emparés ? Tout est là. Il n'est qu'une réponse et elle est d'ordre moral. Tandis que les Germains n'ont rien à opposer au christianisme de l'Empire, les Arabes sont exaltés par une foi nouvelle. C'est cela et cela seul qui les rend inassimilables. Car pour le reste, ils n'ont pas plus de préventions que les Germains contre la civilisation de ceux qu'ils ont conquis. Au contraire, ils se l'assimilent avec une étonnante rapidité ; en science, ils se mettent à l'école des Grecs ; en art, à celle des Grecs et des Perses. Ils ne sont même pas fanatiques, du moins au début, et n'entendent pas convertir leurs sujets. Mais ils veulent les faire obéir au seul dieu, Allah, à son prophète Mahomet et, puisqu'il était Arabe, à l'Arabie. Leur religion universelle est en même temps nationale. Ils sont les serviteurs de Dieu. [...]

    Islam signifie résignation ou soumission à Dieu et Musulman veut dire soumis. Allah est un et il est logique dès lors que tous ses serviteurs aient pour devoir de l’imposer aux incroyants, aux infidèles. Ce qu’ils se proposent, ce n’est pas, comme on l’a dit, leur conversion, mais leur sujétion. C’est cela qu’ils apportent avec eux. Ils ne demandent pas mieux, après la conquête, que de prendre comme un butin la science et l’art des infidèles ; ils les cultiveront en l’honneur d’Allah. Ils leur prendront même leurs institutions dans la mesure où elles leur seront utiles. Ils y sont poussés d’ailleurs, par leurs propres conquêtes. Pour gouverner l’Empire qu’ils ont fondé, ils ne peuvent plus s’appuyer sur leurs institutions tribales ; de même les Germains n’ont pu imposer les leurs à l’Empire romain. La différence est que partout où ils sont, ils dominent. Les vaincus sont leurs sujets, payent seuls l’impôt, sont hors de la communauté des croyants. La barrière est infranchissable ; aucune fusion ne peut se faire entre les populations conquises et les Musulmans. Quel contraste formidable avec un Théodoric qui se met au service de ses vaincus et cherche à s’assimiler à eux !

    Chez les Germains, le vainqueur ira au vaincu spontanément. Chez les Arabes c’est le contraire, c’est le vaincu qui ira au vainqueur et il n’y pourra aller qu’en servant, comme lui, Allah, en lisant, comme lui, le Coran, donc en apprenant la langue qui est la langue sainte en même temps que la langue maîtresse. »

    — Henri Pirenne, Mahomet et Charlemagne (1937), éd. Presses Universitaires de France, 1992, p. 109-110


    « Il y a cependant de l’authentique dans ce qui pousse étudiants et lycéens à manifester. On ne s’est pas assez avisé de la dégradation de notre environnement culturel dans les années 1980. Ces jeunes avaient entre 8 et 14 ans en 1981. Ce sont les enfants du rock débile, les écoliers de la vulgarité pédagogique, les béats de Coluche et Renaud nourris de soupe infra idéologique cuite au show-biz, ahuris par les saturnales de “touche pas à mon pote”, et, somme toute, les produits de la culture Lang. Ils ont reçu une imprégnation morale qui leur fait prendre le bas pour le haut. Rien ne leur paraît meilleur que n’être rien, mais tous ensemble, pour n’aller nulle part. Leur rêve est un monde indifférencié où végéter tièdement. Ils sont ivres d’une générosité au degré zéro, qui ressemble à de l’amour mais se retourne contre tout exemple ou projet d’ordre. L’ensemble des mesures que prend la société pour ne pas achever de se dissoudre : sélection, promotion de l’effort personnel et de la responsabilité individuelle, code de la nationalité, lutte contre la drogue, etc., les hérisse. Ce retour au réel leur est scandale. Ils ont peur de manquer de mœurs avachies. Voilà tout leur sentiment révolutionnaire. C’est une jeunesse atteinte d’un sida mental. Elle a perdu ses immunités naturelles ; tous les virus décomposants l’atteignent. Nous nous demandons ce qui se passe dans leurs têtes. Rien, mais ce rien les dévore. Il aura suffi de cinq ans pour fabriquer dans le mou une telle génération. Serait-ce toute la jeunesse ? Certainement pas. N’ayant pas a courtiser les minus, osons dire que c’est la lie avec quoi le socialisme fait son vinaigre. »

    — Louis Pauwels, « Le Monome des zombies », Figaro Magazine, 6 décembre 1986


    « Nous proposons donc de ranger sous le nom de complexe de Prométhée toutes les tendances qui nous poussent à savoir autant que nos pères, plus que nos pères, autant que nos maîtres, plus que nos maîtres. »

    — Gaston Bachelard, La Psychanalyse du feu (1938), éd. Gallimard, coll. « Folio essais », 1985, p. 30


    « Pour être heureux, il faut penser au bonheur d'un autre. »

    — Gaston Bachelard, La Psychanalyse du feu (1938), éd. Gallimard, coll. « Folio essais », 1985, p. 187


    « S’il n’y avait pas eu l’Allemagne, nous vivrions aujourd’hui sous la domination des Rouges. »

    — Philip K. Dick, Le Maître du Haut Château (1962), éd. J. Parsons, coll. « J'ai Lu », 1974, p. 


    « Même si tu es vaincu, même si tu meurs, même si l’on t’a rayé de la carte, même si l’on ne prononce plus ton nom, mon peuple, tu ressusciteras. Tu ressusciteras aussi longtemps que tu auras gardé au fond de ta conscience ton type fondamental dont les racines puisent une nouvelle et plus forte sève dans les os sacrés des morts. »

    — Gonzague de Reynold, Expérience de la Suisse (1970), éd. Éditions de Nuithonie, 1970, p. 264


    « Quand je récapitule, je n’ai qu’un sentiment, c’est un immense regret, regret que nous n’ayons pas réussi, que nous n'ayons pas pu créer ce monde européen qui eut été le maître de l’univers pour toujours, qui assurait à la race blanche, la première des races, la grande domination de l’esprit. Et quand nous voyons ce qu’il y a en face, ce que trente ans de victoire des autres ont donné... Cette anarchie dans le monde... Cette débandade du monde blanc... Cette désertion à travers l’univers... Quand nous voyons dans nos propres pays la décomposition des mœurs, la chute de la patrie, la chute de la famille, la chute de l’ordre social... Quand nous voyons cet appétit des biens matériels qui a succédé à la grande flamme de l’idéal qui nous animait... Eh bien, vraiment, entre les deux, nous avions choisi le bon côté !

    La petite Europe misérable d’aujourd’hui, de ce marché commun étriqué, ça peut pas donner le bonheur aux hommes ! La société de consommation pourrit l’humanité au lieu de la grandir ! Alors nous autres au moins nous avons rêvé à quelque chose de grandiose, et nous n’avons qu’un désir, c’est que cet esprit-là renaisse, et, avec mes forces et jusqu’au dernier moment de mon existence, je lutterai pour cela, pour que ce qui fut notre combat, notre martyr, soit un jour la résurrection du monde ! »

    — Léon Degrelle cité par Jean-Michel Charlier, Léon Degrelle persiste et signe (1976), éd. Jean Picollec, 1985, p. 


    « La loi naturelle, est en définitive le seul rempart valide contre l’arbitraire du pouvoir ou des tromperies de la manipulation idéologique.

    La première préoccupation de tous – et particulièrement pour qui a la responsabilité publique, est donc d’aider au progrès de la conscience morale. Tel est le progrès fondamental et sans ce progrès, tous les autres progrès ne sont pas de vrais progrès. »

    — Benoît XVI, Discours au Congrès international sur le thème loi morale naturelle organisé par l'Université du Latran, 12 février 2007

    "Natural law is, definitively, the only valid bulwark against the arbitrary power or the deception of ideological manipulation. The knowledge of this law inscribed on the heart of man increases with the progress of the moral conscience.
    The first duty for all, and particularly for those with public responsibility, must therefore be to promote the maturation of the moral conscience. This is the fundamental progress without which all other progress proves non-authentic."
    — Benedict XVI, Address to the participants of the International Congress on Natural Moral Law, 12 February 2007


    « Alors, c'est ça l'enfer. Je n'aurais jamais cru... Vous vous rappelez : le soufre, le bûcher, le gril... Ah ! quelle plaisanterie. Pas besoin de gril : l'enfer, c'est les Autres. »

    — Jean-Paul Sartre, Huis clos (1944), éd. Gallimard, coll. « Folio », 2001 (ISBN 9782070368075), p. 93


    « En un mot, l'homme doit se créer sa propre essence ; c'est en se jetant dans le monde, en y souffrant, en y luttant qu'il se définit peu à peu ; et la définition demeure toujours ouverte ; on ne peut point dire ce qu'est cet homme avant sa mort, ni l'humanité avant qu'elle ait disparu. »

    — Jean-Paul Sartre, « À propos de l'existentialisme - Mise au point », Action, nº 17, 29 décembre 1944


    « Si l'on calcule le trouble qu'elle apporte dans chaque vie, les idées fausses qu'elle met dans une foule d'esprits, les sentiments pervers et les passions haineuses qu'elle met dans une foule d'âmes ; si l'on compte le temps enlevé au travail, les discussions, les pertes de force, la mine des amitiés ou la création d'amitiés factices et d'affections qui ne sont que haineuses, les délations, la destruction de la loyauté, de la sécurité, de la politesse même, l'introduction du mauvais goût dans le langage, dans le style, dans l'art, la division irrémédiable de la société, la défiance, l'indiscipline, l'énervement et la faiblesse d'un peuple, les défaites qui en sont l'inévitable conséquence, la disparition du vrai patriotisme et même du vrai courage, les fautes qu'il faut que chaque parti commette tout à tour à mesure qu'il arrive au pouvoir dans des conditions toujours les mêmes, les désastres et le prix dont il faut les payer ; si l'on calcule tout cela, on ne peut manquer de dire que cette sorte de maladie est la plus funeste et la plus dangereuse épidémie qui puisse s'abattre sur un peuple, qu'il n'y en a pas qui porte de plus cruelles atteintes à la vie privée et à la vie publique, à l'existence matérielle et à l'existence morale, à la conscience et à l'intelligence, et qu'en un mot il n'y eut jamais de despotisme au monde qui put faire autant de mal. »

    — Fustel de Coulanges cité in Paul Guiraud, Fustel de Coulanges (1896), éd. Hachette & Cie, 1896, p. 244


    « [...] la société est toujours gouvernée par un petit nombre d'hommes, par une élite, alors même qu'elle semble avoir une constitution absolument démocratique ; c'est ce qu'on a reconnu depuis les temps les plus reculés. Dans la démocratie athénienne il y avait les démagogues, c'est-à-dire les “conducteurs du peuple”, et Aristophane, dans ses Chevaliers, nous les montre se rendant maîtres du peuple privé de bon sens. De nos jours la démocratie française, anglaise, des État-Unis, etc., sont en fait, gouvernés par un petit nombre de politiciens. »

    — Vilfredo Pareto, « Manuel d'économie politique » (1906), dans Œuvres complètes, trad. Giovanni Busino, éd. Librairie Droz, 1981, t. VII, p. 422-423


    « Fondamentalement, le mécanisme du crédit aboutit à une création de moyens de paiements ex nihilo [à partir de rien], car le détenteur d’un dépôt auprès d’une banque le considère comme une encaisse disponible, alors que, dans le même temps, la banque a prêté la plus grande partie de ce dépôt, qui, redéposée ou non dans une banque, est considérée comme une encaisse disponible par son récipiendaire. À chaque opération de crédit, il y a ainsi duplication monétaire. Au total, le mécanisme de crédit aboutit à une création de monnaie ex nihilo par de simples jeux d’écritures. »

    — Maurice Allais, La Crise mondiale d'aujourd'hui (1999), éd. Clément Juglar, 1999, p. 63


    « En fait, sans aucune exagération, le mécanisme actuel de la création de monnaie par le crédit est certainement le "cancer" qui ronge irrémédiablement les économies de marchés de propriété privée. »

    — Maurice Allais, La Crise mondiale d'aujourd'hui (1999), éd. Clément Juglar, 1999, p. 74


    « Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles. »

    — Paul Valéry, La Crise de l’esprit (1919), éd. NRF, 1919, t. XIII, p. 321


    « Élam, Ninive, Babylone étaient de beaux noms vagues, et la ruine totale de ces mondes avait aussi peu de signification pour nous que leur existence même. Mais France, Angleterre, Russie... ce seraient aussi de beaux noms. [...] Et nous voyons maintenant que l’abîme de l’histoire est assez grand pour tout le monde. »

    — Paul Valéry, La Crise de l’esprit (1919), éd. NRF, 1919, t. XIII, p. 322


    « Nous naissons tous fous. Quelques uns le demeurent. »

    — Samuel Beckett, En attendant Godot (1948), éd. Éditions de Minuit, 1952 (ISBN 9782707301482), p. 113


    « Un des grands malheurs de la vie moderne, c’est le manque d’imprévu, l’absence d’aventures. »

    — Théophile Gautier, « Malaga », in Voyage en Espagne (1843)


    « Votre système est une guerre civile légale, où les hommes se constituent en groupes antagonistes et se battent entre eux pour s’emparer de la machine à fabriquer les lois, laquelle leur sert à écraser leurs rivaux jusqu’à ce qu’un autre gang s’en empare à son tour pour les évincer, le tout dans une protestation perpétuelle d’attachement au bien non spécifié d’un public non précisé. »

    — Ayn Rand, La Grève [Atlas Shrugged] (1957), trad. Sophie Bastide-Foltz, éd. Les Belles Lettres, 2017, troisième partie, chap. VII, p. 


    « La marine marchande qui étonne le plus par ses progrès, est celle des États-Unis, qui n’ont point de colonies. Les vraies colonies d’un peuple commerçant, ce sont les peuples indépendants de toutes les parties du monde. Tout peuple commerçant doit désirer qu’ils soient tous indépendants, pour qu’ils deviennent tous plus industrieux et plus riches ; car plus ils sont nombreux et productifs, et plus ils présentent d’occasions et de facilités pour des échanges. Ces peuples alors deviennent pour vous des amis utiles, et qui ne vous obligent pas de leur accorder des monopoles onéreux, ni d’entretenir à grands frais des administrations, une marine et des établissements militaires aux bornes du monde. Un temps viendra où l’on sera honteux de tant de sottise, et où les colonies n’auront plus d’autres défenseurs que ceux à qui elles offrent des places lucratives à donner et à recevoir, le tout aux dépens des peuples. »

    — Jean-Baptiste Say, Traité d’économie politique (1803), éd. O. Zeller, 1841, p. 233


    « Cependant, les crimes de l'extrême civilisation sont, certainement, plus atroces que ceux de l'extrême barbarie par le fait de leur raffinement, de la corruption qu'ils supposent, et de leur degré supérieur d'intellectualité. »

    — Jules Barbey d'Aurevilly, Les Diaboliques (1874), éd. Gallimard, coll. « Folio classique », 2003 (ISBN 9782070302758), p. 296


    « [...] notre époque, grossièrement matérialiste et utilitaire, a pour prétention de faire disparaître toute espèce de friche et de broussailles aussi bien du globe que de l’âme humaine. Asservie aux idées de rapport, la société, cette vieille ménagère qui n’a plus de jeune que ses besoins et qui radote de ses lumières, ne comprend pas plus les divines ignorances de l’esprit, cette poésie de l’âme qu’elle veut échanger contre de malheureuses connaissances toujours incomplètes, qu’elle n’admet la poésie des yeux, cachée et visible sous l’apparente inutilité des choses. Pour peu que cet effroyable mouvement de la pensée moderne continue, nous n’aurons plus, dans quelques années, un pauvre bout de lande où l’imagination puisse poser son pied pour rêver, comme le héron sur une de ses pattes. Alors, sous ce règne de l’épais génie des aises physiques qu’on prend pour de la civilisation et du progrès, il n’y aura ni ruines, ni mendiants, ni terres vagues, ni superstitions [...]. »

    — Jules Barbey d'Aurevilly, L'Ensorcelée (1854), éd. Alphonse Lemerre, 1916, p. 2-3


    « Les journaux ! les chemins de fer du mensonge. »

    — Jules Barbey d'Aurevilly, Pensées détachées, Fragments sur les femmes (1889), éd. Alphonse Lemerre, 1889, LXVII, p. 36


    « C’était, en effet, Mme Ferjol qui avait, dans le sens le plus strict du mot, élevé Lasthénie. Elle lui avait appris tout ce qu’elle savait. Il est vrai que c’était peu de chose. Les filles nobles de ce temps-là avaient pour toute instruction de grands sentiments et de grandes manières, et elles s’en contentaient. Lorsqu’une fois elles étaient entrées dans le monde, elles y devinaient tout, sans en avoir rien appris. A présent, on leur apprend tout, et elles ne devinent plus rien. On leur oblitère toutes sortes de connaissances, et on les dispense ainsi d’avoir de la finesse, — cette gloire de nos mères ! »

    — Jules Barbey d'Aurevilly, Une Histoire sans nom (1882), éd. Flammarion, 1990 (ISBN 9782080705884), p. 67


    « Dans ce temps-là, il y avait encore des enlèvements dans le monde, avec la poésie de la chaise de poste et la dignité du danger et des coups de pistolet aux portières. À présent, les amoureux ne s’enlèvent plus. Ils s’en vont prosaïquement ensemble, dans un confortable wagon de chemin de fer, et ils reviennent, après “le petit badinage consommé”, comme dit Beaumarchais, aussi bêtement qu’ils étaient partis, et quelquefois beaucoup plus... C’est ainsi que nos plates mœurs modernes ont supprimé les plus belles et les plus charmantes folies de l’amour ! »

    — Jules Barbey d'Aurevilly, Une Histoire sans nom (1882), éd. Flammarion, 1990 (ISBN 9782080705884), p. 60


    « Nous nous exprimons nécessairement par des mots, et nous pensons le plus souvent dans l’espace. En d’autres termes, le langage exige que nous établissions entre nos idées les mêmes distinctions nettes et précises, la même discontinuité qu’entre les objets matériels. Cette assimilation est utile dans la vie pratique, et nécessaire dans la plupart des sciences. Mais on pourrait se demander si les difficultés insurmontables que certains problèmes philosophiques soulèvent ne viendraient pas de ce qu’on s’obstine à juxtaposer dans l’espace les phénomènes qui n’occupent point d’espace, et si, en faisant abstraction des grossières images autour desquelles le combat se livre, on n’y mettrait pas parfois un terme. Quand une traduction illégitime de l’inétendu en étendu, de la qualité en quantité, a installé la contradiction au cœur même de la question posée, est-il étonnant que la contradiction se retrouve dans les solutions qu’on en donne ? »

    — Henri Bergson, Essai sur les données immédiates de la conscience (1889), éd. Presses universitaires de France, coll. « Quadrige », 2003 (ISBN 9782130539995), Avant-propos, p. vii


    « L'art n'est sûrement qu'une vision plus directe de la réalité. »

    — Henri Bergson, Le Rire (1900), éd. Presses universitaires de France, coll. « Quadrige », 2002 (ISBN 9782130530893), chapitre III, p. 120


    « Quel est l'objet de l'art ? Si la réalité venait frapper directement nos sens et notre conscience, si nous pouvions entrer en communication immédiate avec les choses et avec nous-mêmes, je crois bien que l'art serait inutile, ou plutôt que nous serions tous artistes, car notre âme vibrerait alors continuellement à l'unisson de la nature. »

    — Henri Bergson, Le Rire (1900), éd. Presses universitaires de France, coll. « Quadrige », 2002 (ISBN 9782130530893), chapitre III, p. 115


    « La crise consiste justement dans le fait que l'ancien meurt et que le nouveau ne peut pas naître : pendant cet interrègne on observe les phénomènes morbides les plus variés. »

    — Antonio Gramsci, Cahiers de prison (1929-1935), trad. Monique Aymard et Françoise Bouillot, éd. Gallimard, coll. « NRF », 1996 (ISBN 9782070731978), Cahier 3, §34, p. 283


    « Instruisez-vous parce que nous aurons besoin de toute votre intelligence. Agitez-vous parce que nous aurons besoin de tout votre enthousiasme. Organisez-vous parce que nous aurons besoin de toute votre force. »

    — Antonio Gramsci, L’Ordine Nuovo, 1er mai 1919


    « Et c’est une folie à nulle autre seconde,
    De vouloir se mêler de corriger le monde. »

    — Molière, Le Misanthrope (1666), éd. Charpentier, 1910, t. 2, p. 176


    « [...] ils prennent l'étiolement de leur âme pour de la civilisation et de la générosité. »

    — Stendhal, Vie de Henry Brulard (1835-1836), éd. Le Livre de Poche, 2013 (ISBN 9782253168089), p. 82


    « Mais la bourgeoisie d'aujourd'hui est plus intelligente que celle d'hier car elle a compris qu'il fallait rester dans le brouillage de classes, et officiellement le concept de classes n'existe pas. La nouvelle bourgeoisie n'assume pas sa position de classe. Elle est excellente dans la promotion de la société ou de la ville ouverte, alors que ce sont les gens qui sont le plus dans les stratégies d'évitement, de renforcement de position de classe, mais avec un discours d'ouverture. Et quand le peuple conteste ce modèle, on l'ostracise. C'est pour cela que je dis que l'antifascisme est devenu une arme de classe, car cette arme n'est utilisée que par la bourgeoisie. Ce n'est pas un hasard si les antifascistes dans les manifestations sont des enfants de la bourgeoisie. Et tout cela dit un mépris de classe. Parce que personne ne va être pour le racisme et pour le fascisme. En réalité, derrière tout cela, il s'agit d'ostraciser le peuple lui-même, les classes populaires. C'est aussi une façon de délégitimer leur diagnostic, parce qu'en réalité, le "populisme", c'est le diagnostic des gens d'en bas, et la bourgeoisie s'en démarque en se voyant en défenseur de la démocratie. »

    — « Christophe Guilluy : "La France d'en haut s'est structurée autour d'Emmanuel Macron pour protéger ses intérêts, le monde d'en bas, lui, est complètement dispersé" », Christophe Guilluy, Atlantico, 23 Septembre 2017 (lire en ligne)


    « On a existé pendant dix ans et puis l’un des membres a écrit à Sarkozy pour lui demander de reconstruire la Bastille en lui disant que, quand elle avait été démolie, l’ordre ancien l’avait été également, le bonheur et la raison aussi. La brèche s’était ouverte sur la cruauté en plus de la volonté de renouvellement et, avec le temps, cette volonté s’est amenuisée tandis que les émanations du chaos se sont renforcées. Il fallait donc restaurer la Bastille pour juguler la destruction de la Terre. »

    — « Sergueï Nossov : « À l’époque, à Saint-Pétersbourg, il y avait autant de chiens que de poètes ! » », Sergueï Nossov, Le Courrier de Russie, 21 avril 2016 (lire en ligne)


    « “L'auto-suffisance bienheureuse”, le divin, en somme, tend à se réfugier dans les formes d'existence les plus éloignées de la nôtre, finalement dans l'inorganique lui-même, dans la substance impénétrable des matières les plus résistantes, comme la pierre ou le métal. Le désir débouche enfin sur la froideur vide des espaces de la science-fiction, sur ces trous noirs [...] d'une densité si effroyable qu'elle attire à elle toute matière dans un rayon de plus en plus vaste, et de ce fait même, sa puissance d'attraction ne cesse d'augmenter. »

    — René Girard, Des choses cachées depuis la fondation du monde (1978), éd. Grasset, 1978 (ISBN 2246005833), p. 437


    « La majorité ne fait pas la vérité, c’est la vérité qui doit faire la majorité. »

    — Mgr Lefebvre, Ils l'ont décourroné (1987), éd. Fideliter/Clovis, 1987, p. 91


    « En général, l’enfant présente à l’état passager des caractères mentaux qui se retrouvent à l’état fixe dans les civilisations primitives, à peu près comme l’embryon humain présente à l’état passager des caractères physiques qui se trouvent à l’état fixe dans des classes d’animaux inférieurs. »

    — Hippolyte Taine, De l’intelligence (1870), éd. Hachette, 1870, p. 373


    "Some socialists seem to believe that people should be numbers in a state computer. We believe they should be individuals. We're all unequal. No one, thank heavens, is quite like anyone else, however much the socialists may pretend otherwise. And we believe that everyone has the right to be unequal. But to us, every human being is equally important. A man's right to work as he will, to spend what he earns, to own property, to have the state as servant and not as master, they're the essence of a free economy and on that freedom all our other freedoms depend."

    — Margaret Thatcher, Speech to the Conservative Party Conference, 10 October, 1975

    « Certains socialistes semblent croire que les gens devraient être des nombres dans un ordinateur de l'État. Nous croyons qu'ils devraient être des individus. Nous sommes tous inégaux. Personne, grâce au ciel, ne ressemble à personne. Nous pensons que chacun a le droit d'être inégal même si, pour nous, chaque être humain est également important. Le droit d'un homme de travailler comme il l'entend, de dépenser ce qu'il gagne, de disposer de biens, d'avoir dans l'État un serviteur et non un maître, voilà l'essence d'une économie libre. Et de cette liberté, toutes les libertés dépendent. »
    — Margaret Thatcher, Discours à la conférence du parti conservateur, 10 Octobre 1975


    « La Russie est un État européen, et géographiquement, et mentalement. Qu'est-ce que l'Europe ? C'est la culture de la Rome Antique, c'est la culture de la Grèce Antique, c'est la culture de Byzance, c'est-à-dire du christianisme oriental. La Russie est pleinement et entièrement incorporée dans toutes ces trois composantes et ne pense pas son développement sans l'Europe. [...]

    Je crois que l'Europe ne peut à long terme affermir sa réputation de puissant et indépendant centre de la politique mondiale seulement si elle unifie ses moyens avec les hommes, le territoire et les ressources naturelles russes ainsi qu'avec le potentiel économique, culturel, et de Défense de la Russie. »

    — Vladimir Poutine, discours au Bundestag, Berlin, 25 septembre 2001


    « La guerre n'est rien d'autre que la continuation des relations politiques avec l'appoint d'autres moyens. »

    — Carl von Clausewitz, De la Guerre (1832), trad. Pierre Naville, éd. Éditions de Minuit, 1955, IIIe partie, p. 703


    "You know what the fellow said — in Italy, for thirty years under the Borgias, they had warfare, terror, murder and bloodshed, but they produced Michelangelo, Leonardo da Vinci and the Renaissance. In Switzerland, they had brotherly love, they had five hundred years of democracy and peace — and what did that produce? The cuckoo clock. So long Holly."

    The Third Man (1949), Harry Lime [Orson Welles]


    « Il embrassa la mer d'un regard et se rendit compte de l'infinie solitude où il se trouvait. »

    — Ernest Hemingway, Le Vieil Homme et la Mer (1952), trad. Jean Dutourd, éd. Gallimard, coll. « Folio », 1972 (ISBN 9782070360079), p. 69


    « Mais les autres hommes ignorent ce qu'ils ont fait en état de veille, comme ils oublient ce qu'ils font pendant leur sommeil. »

    — Héraclite, Penseurs grecs avant Socrate. De Thalès de Milet à Prodicos, trad. Jean Dutourd, éd. Flammarion, coll. « Garnier Flammarion », 1993 (ISBN 9782080700315), Fragments d'Héraclite, p. 74


    « Pour ceux qui sont en état de veille, il y a un seul et même monde. »

    — Héraclite, Penseurs grecs avant Socrate. De Thalès de Milet à Prodicos, trad. Jean Dutourd, éd. Flammarion, coll. « Garnier Flammarion », 1993 (ISBN 9782080700315), Fragments d'Héraclite, p. 79


    « On ne peut pas descendre deux fois dans le même fleuve. »

    — Héraclite, Penseurs grecs avant Socrate. De Thalès de Milet à Prodicos, trad. Jean Dutourd, éd. Flammarion, coll. « Garnier Flammarion », 1993 (ISBN 9782080700315), Fragments d'Héraclite, p. 79


    « Que dites-vous ?... C’est inutile ?... Je le sais !
    Mais on ne se bat pas dans l’espoir du succès !
    Non ! non, c’est bien plus beau lorsque c’est inutile ! »

    — Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac (1897), éd. Gallimard, coll. « Folio », 1993 (ISBN 9782080700315), acte V, scène 6, p. 417


    "Let your boat of life be light, packed with only what you need - a homely home and simple pleasures, one or two friends, worth the name, someone to love and someone to love you, a cat, a dog, and a pipe or two, enough to eat and enough to wear, and a little more than enough to drink; for thirst is a dangerous thing."

    — Jerome K. Jerome, Three Men in a Boat (1889), Chapter 3

    « Jette ton bric-à-brac, l'ami ! Que le bateau de la vie te soit léger, ne le charge que du strict nécessaire, une modeste demeure, quelques plaisirs simples, un ou deux amis dignes de ce nom, quelqu'un qui t'aime et que tu aimes, un chat, un chien, une ou deux pipes, ce qu'il faut pour manger et te vêtir, et de quoi boire un peu plus qu'il n'est nécessaire, car rien n'est plus dangereux que la soif. »
    — Jerome K. Jerome, Trois hommes dans un bateau (1889), trad. Jean-François Ménard, éd. Gallimard, coll. « Folio Junior », 1997, p. 42


    « Rentrer en soi-même et, des heures durant, ne rencontrer personne — voilà ce qu’il faut pouvoir atteindre. Être solitaire comme, enfant, on était solitaire quand les adultes allaient et venaient, tressés à des choses qui semblaient importantes et grandes parce que les grands avaient l'air si affairé, et qu'on ne comprenait rien à ce qu'il faisaient.

    Et si un jour on se rend compte que leurs occupations sont mesquines, leurs professions sclérosées, et qu’elles n’ont plus de lien avec la vie, pourquoi alors ne pas continuer, tel un enfant, à les regarder comme une chose étrangère depuis la profondeur du monde propre, depuis la vaste solitude propre qui est par elle-même travail, et grade, et profession ? »

    — Rainer Maria Rilke, Lettres à un jeune poète (1903), trad. Hans Hartje et Claude Mouchard, éd. Le Livre de Poche, coll. « Littérature & Documents », 1991 (ISBN 9782253055396), p. 56


    « Pour honorer des étrangers, tu as perdu ta cité ! »

    — Le Roi Pélasgos

    — Eschyle, « Les Suppliantes », dans Tragédies complètes, trad. Paul Mazon, éd. Gallimard, coll. « Folio », 1982 (ISBN 9782070373642), p. 65


    « L'Islam, ce communisme du désert. [...] Le communisme, cet Islam sans Dieu. »

    — Maurice G. Dantec, American Black Box (2006), éd. Albin Michel, 2007 (ISBN 9782226170910), p. 279-370


    « La dépravation suit le progrès des lumières. Chose très naturelle que les hommes ne puissent s'éclairer sans se corrompre. »

    — Restif de La Bretonne, Le Pornographe (1770), éd. J. Nourse/Gosse & Pinet, 1770, p. 302


    « [...] ce prétendu amour universel est le manteau de la plus odieuse hypocrisie ? Il ne prétend aimer tous les hommes également que pour se dispenser d'en aimer un seul véritablement. Il déteste l'amour national et patriotique, parce qu'il hait les lois des nations et celle de sa patrie. Il déteste jusqu'à l'amour de la famille, et il y substitue l'amour universel, parce qu'il n'aime pas davantage et ses concitoyens et sa famille, qu'il n'aime le Chinois, le Tartare et le Hottentot, ou le barbare qu'il ne verra jamais ; et parce qu'il lui faut pour tous la même indifférence. Il étend ce lien pour annuler sa force et son action. Il se dit citoyen de l'univers, pour cesser d'être citoyen dans sa patrie, ami dans ses sociétés, père et enfant dans sa famille. Il nous dit aimer tout d'un pôle à l'autre, pour n'aimer rien autour de lui. Voilà ce que c'est que nos Cosmopolites. »

    — Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme (1792-1798), éd. P. Fauche, 1803, t. 3, p. 128-129


    « Les mêmes qui pleurent le maïs modifié marient l’homme avec l’homme, la femme avec la femme, veulent donner à l’enfant des parents du même sexe, accepter que le fœtus soit créé ici, porté là-bas, nourri ailleurs, qu’il naisse en pipette ou qu’il soit introduit dans l’utérus d’une vieille folle qui veut encore sentir son ventre, tout cela n’a pas d’importance. Mais que personne ne touche aux légumes ! »

    — Pasquin, Pasquin concentré non sucré (2011), éd. Éditions de l'Homme Nouveau, 2011 (ISBN 9782915988376), Tas de betteraves !, p. 71


    « Si mon père était parmi nous, il vous inspirerait plus de confiance, car à peine me connaissez-vous. J'ai d'ailleurs contre moi et ma grande jeunesse et mon inexpérience ; mais je brûle déjà de me rendre digne de vous commander. Allons chercher l'ennemi : si j'avance, suivez-moi, si je recule, tuez-moi, si je meurs, vengez-moi. »

    — Harangue prononcée à ses hommes

    — Henri de la Rochejaquelein cité par Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle, ancienne et moderne (1824), éd. Michaud, 1967, t. 38, « Rochejaquelein (Henri de la) », p. 317-325


    « Notre héritage n'est précédé d'aucun testament. »

    — René Char, Fureur et mystère (1948), éd. Gallimard, 1967, « Feuillets d’Hypnos », p. 98


    « L'Islam, un des malheurs du monde, un Judaïsme pour les brutes et qui ramasse tout ce qu'Israël imagina de moins spirituel et de plus inhumain, l'Islam est l’égout de la Bible avec des relents d'hérésie chrétienne et le fatras du paganisme arabe, une coulée de boue sur le visage de l'espèce humaine et l'on préfère le néant à ce qu'il nous apporte (ou, si l'on veut, le Communisme, lequel ne lui fera pas grâce et lui ressemble trop pour l'épargner longtemps). Un musulman est toujours une brute, au moins par de certains côtés, sa foi l'oblige à l'arrogance, il mêle à la présomption l'humilité qu'il rend démonstrative et ses rigueurs l'attachent à la complaisance la moins sujette à la mesure. Religion — dit Levi-Strauss — religion de corps de garde (le règlement, les revues de détail et pas de femmes, enfin la bougrerie avec un peu de cuistrerie et l'étalage le plus sale de nos besoins les plus grossiers), vivant dans un chaos perpétuel et rétablissant l'ordre à coups de hache, sans foyer, cité ni patrie, niant le monde qu'elle déifie en ne le sachant pas. L'Islam est une foi qui n'apprenant jamais, refuse de comprendre et qui revient de tout en ne s'acheminant à rien, et ses fidèles sont des mules qui tournent dans le cercle, les yeux bandés et n'avançant d'un pas. Ses peuples ? Le fumier de l'avenir, à moins qu'ils ne se rendent communistes et n'aillent baiser le tombeau du Juif Lénine sous les icônes du Juif Marx. »

    — Albert Caraco, Journal d'une année (1957)


    « Le néolibéralisme ça n'existe pas ! Comme les moulins à vent de Don Quichotte, il n'est désigné que pour justifier et motiver une épopée. Mais la doctrine néolibérale n'existe que dans l'esprit de ses ennemis. [...] L'habileté diabolique des hommes de la "gauche moderne", de tous ceux qui s'étaient si constamment et tragiquement trompés, a consisté à faire croire à l'existence d'un ennemi imaginaire : le néolibéralisme. »

    — Pascal Salin, Le Figaro, 6 février 2002


    « Mon travail combat la nécessité d'une fonction critique de l'art et cherche à abolir le jugement afin que l'on puisse regarder le monde et l'accepter dans sa globalité. »

    — Jeff Koons, à l'occasion de sa rétrospective à Beaubourg au printemps 2015, lors d'un entretien avec Bernard Blistène, commissaire de l'exposition


    « L'art contemporain spécule sur la culpabilité de ceux qui n'y comprennent rien ou qui n'ont pas compris qu'il n'y avait rien à comprendre. »

    — Jean Baudrillard, « L'art contemporain est-il nul ? », Libération, octobre 1996


    « La vraie question devient alors : ne peut-on plus l'"ouvrir" de quelque façon, proférer quoi que ce soit d'insolite, d'insolent, d'hétérodoxe ou de paradoxal sans être automatiquement d'extrême droite (ce qui est, il faut bien le dire, un hommage rendu à l'extrême droite) ? Pourquoi tout ce qui est moral, conforme et conformiste, et qui était traditionnellement à droite, est-il passé à gauche ? Révision déchirante : alors que la droite incarnait les valeurs morales, et la gauche au contraire une certaine exigence historique et politique contradictoire, aujourd'hui, celle-ci, dépouillée de toute énergie politique, est devenue une pure juridiction morale, incarnation des valeurs universelles, championne du règne de la Vertu et tenancière des valeurs muséales du Bien et du Vrai, juridiction qui peut demander des comptes à tout le monde sans avoir à en rendre à personne. L'illusion politique de la gauche, congelée pendant vingt ans dans l'opposition, s'est révélée, avec l'accession au pouvoir, porteuse, non pas du sens de l'histoire, mais d'une morale de l'histoire. D'une morale de la Vérité, du Droit et de la bonne conscience degré zéro du politique et sans doute même point le plus bas de la généalogie de la morale. Défaite historique de la gauche (et de la pensée) que cette moralisation des valeurs. Même la réalité, le principe de réalité, est un article de foi. Mettez donc en cause la réalité d'une guerre : vous êtes aussitôt jugé comme traître à la loi morale. La gauche tout aussi politiquement dévitalisée que la droite ­ où est donc passé le politique ? Eh bien, du côté de l'extrême droite. Comme le disait très bien Bruno Latour dans le Monde, le seul discours politique en France, aujourd'hui, est celui de Le Pen. Tous les autres sont des discours moraux et pédagogiques, discours d'instituteurs et de donneurs de leçons, de gestionnaires et de programmateurs. »

    — « Opposer à Le Pen la vitupération morale, c'est lui laisser le privilège de l'insolence. La conjuration des imbéciles. », Jean Baudrillard, Libération, 7 mai 1997 (lire en ligne)


    « Tout ce qui fait événement aujourd’hui le fait contre cette universalité abstraite - y compris l’antagonisme de l’islam aux valeurs occidentales (c’est parce qu’il en est la contestation la plus véhémente qu’il est aujourd’hui l’ennemi numéro un).

    Qui peut faire échec au système mondial ? Certainement pas le mouvement de l’antimondialisation, qui n’a pour objectif que de freiner la dérégulation. L’impact politique peut être considérable, l’impact symbolique est nul. Cette violence-là est encore une sorte de péripétie interne que le système peut surmonter tout en restant maître du jeu. Ce qui peut faire échec au système, ce ne sont pas des alternatives positives, ce sont des singularités. Or, celles-ci ne sont ni positives ni négatives. Elles ne sont pas une alternative, elles sont d’un autre ordre. Elles n’obéissent plus à un jugement de valeur ni à un principe de réalité politique. Elles peuvent donc être le meilleur ou le pire. On ne peut donc les fédérer dans une action historique d’ensemble. Elles font échec à toute pensée unique et dominante, mais elles ne sont pas une contre-pensée unique - elles inventent leur jeu et leurs propres règles du jeu. [...]

    Il ne s’agit donc pas d’un “choc de civilisations”, mais d’un affrontement, presque anthropologique, entre une culture universelle indifférenciée et tout ce qui, dans quelque domaine que ce soit, garde quelque chose d’une altérité irréductible. Pour la puissance mondiale, tout aussi intégriste que l’orthodoxie religieuse, toutes les formes différentes et singulières sont des hérésies. A ce titre, elles sont vouées soit à rentrer de gré ou de force dans l’ordre mondial, soit à disparaître. La mission de l’Occident (ou plutôt de l’ex-Occident, puisqu’il n’a plus depuis longtemps de valeurs propres) est de soumettre par tous les moyens les multiples cultures à la loi féroce de l’équivalence. Une culture qui a perdu ses valeurs ne peut que se venger sur celles des autres. »

    — « La violence de la mondialisation », Jean Baudrillard, Le Monde diplomatique, novembre 2002


    « Toute société doit se désigner un ennemi, mais elle ne doit pas vouloir l’exterminer. Ce fut l’erreur fatale du fascisme et de la Terreur, mais c’est celle aussi de la terreur douce et démocratique, qui est en train d’éliminer l’Autre encore plus sûrement que par l’holocauste. L’opération qui consistait à hypostasier une race et à la perpétuer par reproduction interne que nous stigmatisons comme abjection raciste, est en train de se réaliser au niveau des individus au nom même des droits de l’homme à contrôler son propre processus génétiquement et sous toutes ses formes. SOS-Racisme. SOS-baleines. Ambiguïté : dans un cas, c’est pour dénoncer le racisme, dans l’autre, c’est pour sauver les baleines. Et si dans le premier cas, c’était aussi un appel subliminal à sauver le racisme, et donc l’enjeu de la lutte anti-raciste comme dernier vestige des passions politiques, et donc une espèce virtuellement condamnée. »

    — Jean Baudrillard, Cool Memories, t. 2 : 1987-1990, éd. Galilée, 1990 (ISBN 9782718603674), p. 134


    « Un cendrier a pour moi autant de valeur que la Piéta de Michel-Ange [...] Je veux renouer avec cet art facile, immédiat et amusant que tout le monde comprend. L'esthétique est pour moi un grand facteur discriminant pour les gens. Ils pensent que l'art est au-dessus d'eux, et cela je n'aime pas. »

    — Jeff Koons, Le Figaro, 6 octobre 2014


    « [...] il ne peut exister de culture de I'interrogation seule. »

    — André Malraux, « Un humanisme universel », Liberté de l'esprit, nº 11-12, juin-juillet 1950


    "It is seldom, that the people gain any thing by revolutions in government; because the new settlement, jealous and insecure, must commonly be supported with more expence and severity than the old [...]."

    (en) David Hume, The History of England (1754-1762), éd. Thomas Cadell, 1778, vol. 5, p. 520
    « Rarement le peuple gagne quelque chose aux révolutions d'un état, parce que le nouveau gouvernement, défiant, incertain, demande presque toujours d'être soutenu avec plus de dépense et de rigueur que l'ancien [...]. »
    — David Hume, Histoire d'Angleterre (1754-1762), trad. Vincent Campenon, éd. Furne et Cie, 1839-1840, t. 5, p. 408
    « Il est rare que le peuple gagne quelque chose aux révolutions qui changent la forme des gouvernements, par la raison que le nouvel établissement, nécessairement jaloux et défiant, a besoin, pour se soutenir, de plus de défense et de sévérité que l'ancien. »
    — David Hume cité par Joseph de Maistre, « Histoire d'Angleterre (1754-1762) », dans Considérations sur la France (1796), trad. Joseph de Maistre, éd. Complexe, coll. « Historiques », 2006 (ISBN 9782804801137), p. 174


    « Je ne vois pas pourquoi il faudrait protéger les races animales et laisser périr les peuples tels qu’ils ont été façonnés par des milliers d’années de longue patience.

    La véritable écologie, c’est de sauvegarder les baleines. Mais aussi les Touaregs et les Zoulous, les Basques et les Serbes, les Flamands et les Bretons, les Écossais et les Estoniens. »

    — Jean Mabire, La Torche et le Glaive (1994)

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    « Chaque geste que vous ferez vers une Europe unifiée protégera un peu plus le trésor du monde.

    Taxez-moi de romantisme. Qu’importe ! Pour moi le trésor du monde, c’est une infante de Vélasquez, un opéra de Wagner ou une cathédrale gothique. C’est un calvaire breton ou une nécropole de Champagne. C’est le romancero du Cid ou le visage hugolien de "l’enfant grec". C’est le tombeau des Invalides ou le grand aigle de Schœnbrunn, l’Alcazar de Tolède ou le Colisée de Rome, la Tour de Londres ou celle de Galata, le sang de Budapest ou le quadrige orgueilleux de la porte de Brandebourg, devenu le poste frontière de l’Europe mutilée. Pour ces pierres, ces aigles et ces croix ; pour la mémoire de l’héroïsme et du génie de nos pères ; pour notre terre menacée d’esclavage et le souvenir d’un plus grand passé, lecteurs, la lutte ne sera jamais vaine. Frêle Geneviève de Paris, patronne de l’Europe, seule contre les hordes mongoles de l'Est, tu symbolises notre esprit de résistance. Et toi, Alexandre, vainqueur blond au visage de dieu, Macédonien aux dix milles fidèles, toi qui conquis le monde oriental avec ta foi et ton épée, dressé contre le destin et l’Histoire, tu symboliseras peut-être un jour le triomphe de l’Europe impériale. »

    — Jean de Brem, Le Testament d'un Européen (posthume, 1964), éd. La Table ronde, 1964, t. I, Introduction à l'histoire de l'Europe, p. 16


    « Je sens peser sur mes épaules misérables le poids démesuré du plus glorieux des héritages. A moi, qui ne suis rien et qui n’apporte rien, la civilisation fait un cadeau gigantesque : le patrimoine de l’Europe. Il est fait de trésors et de souvenirs. Chacun de nous, je crois, à Londres et à Vienne, à Berlin et à Madrid, à Athènes et à Varsovie, à Rome et à Paris, à Sofia et à Belgrade, doit ressentir le même drame. Chacun de nous est le dernier des Européens. Je suis le prince débile issu d’une lignée de colosses et qui va peut-être clore une race. Je mourrai sans postérité, stérilisé par l’atome ou égorgé par un fanatique. Et mes frères auront le même sort. Des géants nous précèdent, des héros et des savants, des explorateurs de la terre et des explorateurs de l’âme, des César et des Antoine, des monarques et des capitaines, des silhouettes sévères en robe de bure, de belles courtisanes ou des brutes implacables. Tout un cortège de grandes figures, resplendissantes de splendeur et de puissance, se déroule à nos yeux, immense fardeau pour nos contemporains dérisoires. Voici que s’amassent à l’Orient les nuages sinistres de la ruée païenne et barbare. Je vais mourir. Je meurs. Et la race Europe avec moi. Avec nous. Je ne laisserai rien. Depuis cinquante ans j’ai dispersé l’héritage. Et laissé le royaume du ciel en friche. Je n’aurai pas d’héritiers dans ce monde hostile et chaotique. Je ne puis laisser qu’un message : l’histoire, la très belle histoire d’une civilisation mortelle, qui se croyait invincible. Une civilisation pour laquelle des milliards d’hommes ont lutté et vaincu pendant trente siècles. Personne ne sera là pour me lire. Qu’importe. Voici comme un dernier cri de rage et d’amertume : le Testament d'un Européen. »

    — Jean de Brem, Le Testament d'un Européen (posthume, 1964), éd. La Table ronde, 1964, t. I, Avant-Propos, p. 7-8


    « S’il est vrai, comme nous l’avons observé pour la droite orléaniste et le bonapartisme, que la droite est en général formée de traditions de gauche qui sont passées à droite, le moment ne serait pas venu en 1954 ou plus tard, d’enregistrer le passage à droite de nouvelles tendances ? »

    — Jules Monnerot, Inquisitions (1974), éd. José Corti, 1974, La droite, la gauche et la logique de monsieur Rémond, p. 51


    « Il semblerait que je me sois rendu coupable d'une grande faute envers les travailleurs de Russie. Nous sommes révolutionnaires d'une manière véritablement effrayante, mais il n'existe pas, je le sais à présent, de nouveauté absolue, vierge de tout élément du passé ; on ne peut pas éradiquer l'ancien d'un simple claquement de doigts. »

    — Lénine, mourant, fin 1923 ou janvier 1924, citation tirée du documentaire « Lénine, la fin du mythe » réalisé en 2012 par Ulrich H. Kasten et Hans-Dieter Schutt


    « Un jour, le gauchisme s’en prendra, dans son désir d’effacer les structures, aux espèces et le malentendu au sujet de la protection de la nature sera éclairci. »

    — « Vertu de l'isolation », Robert Hainard, CoÉvolution, nº 8-9, printemps-été 1982


    L'art contemporain est une « vidange généralisée des valeurs. »

    — Jean Clair, De Immundo (2004), éd. Galilée, 2004, p. 40


    « Le temps du dégoût a remplacé l’âge du goût. »

    — Jean Clair, De Immundo (2004), éd. Galilée, 2004, « Présentation », p. 


    « Or l'Église autant que l'État ne semblent plus agir que mus par la haine de la Beauté. »

    — Jean Clair, L’Hiver de la culture (2011), éd. Flammarion, 2011, p. 


    « Aujourd'hui, les politiques, qui ont la charge disent-ils de "faire l'Europe", ne semblent chez eux nulle part. Souvent peu cultivés, peu lettrés, indifférents à ce que fut ce passé, soucieux plutôt d'en effacer la trace, acharnés à dénier un héritage qui leur paraît être un fardeau, ils sont les inventeurs à Bruxelles et à Strasbourg d'une nouvelle Babel, bruissante des milliers de traducteurs que leurs discours supposent. Mais celle-ci, privée d'espoir, est plus proche du cône imaginé par Dante, qui s'enfonçait dans la Terre au fond duquel Lucifer s'ennuie, que de l'édifice orgueilleux dépeint par Bruegel et quelques autres qui, du moins, s'élevait vers les cieux, et vers Dieu. »

    — Jean Clair, Lait noir de l'aube (2007), éd. Gallimard, 2007, « Printemps, La Chine », novembre 2006, p. 


    « [...] vient le moment où des nations autres, des religions, des croyances, des langues différentes, plus vigoureuses, plus sûres d'elles-mêmes, font la vidange et prennent la place. Soutiers, boueux, balayeurs, hommes des peine et femmes de ménage, tous chargés du soin des vieilles sociétés d'Occident, déposeront bientôt le corps affaibli dont ils ont la charge. Un pays qui n'est plus conscient ni fier de ses propres idéaux finit seulement par appeler pluralisme ou tolérance ce qui n'est qu'impuissance. »

    — Jean Clair, Journal atrabilaire (2006), éd. Gallimard, coll. « L’Un et l’Autre », 2006, p. 


    From a "purely race-biological standpoint," it was a shame to have the two best "German peoples" of the world at war with each other while all the "nonwhite, black, yellow, Jewish and mixed races" stood by, rubbing their hands with glee.

    — Lettre de Konrad Lorenz à Oskar Heinroth lors de la déclaration de guerre de la Grande Bretagne à l'Allemagne

    (en) Konrad Lorenz cité par Richard W. Burkhardt, Patterns of Behavior: Konrad Lorenz, Niko Tinbergen, and the Foundation of Ethology, éd. University of Chicago Press, 2005 (ISBN 9780226080901), p. 276
    « Du pur point de vue biologique de la race, c'est un désastre de voir les deux meilleurs peuples germaniques du monde se faire la guerre pendant que les races non blanches, noire, jaune, Juive et mélangées restent là en se frottant les mains. »
    — Lettre de Konrad Lorenz à Oskar Heinroth lors de la déclaration de guerre de la Grande Bretagne à l'Allemagne
    (fr) Konrad Lorenz cité par Richard W. Burkhardt, Patterns of Behavior: Konrad Lorenz, Niko Tinbergen, and the Foundation of Ethology, éd. University of Chicago Press, 2005 (ISBN 9780226080901), p. 276


    « Seul le rien s'insère dans ce qui n'a pas de failles. »

    — Lao Tseu, Tao-tö king, trad. Liou Kia-hway, éd. Gallimard, coll. « Folio », 2002 (ISBN 9782070423170), partie 43, p. 65


    « Un État se régit par les lois.
    Une guerre se fait à coup de surprises.
    Mais c'est par le non-faire
    qu'on gagne l'univers.
    Comment le sais-je ?
    Par ce qui suit :

    Plus il y a d'interdits et de prohibition,
    plus le peuple s'appauvrit ;
    Plus on possède d'armes tranchantes,
    plus le désordre sévit ;
    Plus se développe l'intelligence fabricatrice,
    plus en découlent d'étranges produits ;
    Plus se multiplient les lois et les ordonnances,
    plus foisonnent les voleurs et les bandits. »

    — Lao Tseu, Tao-tö king, trad. Liou Kia-hway, éd. Gallimard, coll. « Folio », 2002 (ISBN 9782070423170), partie 57, p. 81


    « Les paroles vraies ne sont pas agréables ;
    les paroles agréables ne sont pas vraies. »

    — Lao Tseu, Tao-tö king, trad. Liou Kia-hway, éd. Gallimard, coll. « Folio », 2002 (ISBN 9782070423170), partie 81, p. 110


    « Notre patrie à nous, c’est nos villages, nos autels, nos tombeaux, tout ce que nos pères ont aimé avant nous. Notre patrie, c’est notre Foi, notre terre, notre Roi... Mais leur patrie à eux, qu’est-ce que c’est ? Vous le comprenez, vous ? Ils veulent détruire les coutumes, l’ordre, la tradition. Alors, qu’est-ce que cette Patrie narguante du passé, sans fidélité, sans amour ? Cette Patrie de billebaude et d’irréligion ? Beau discours, n’est-ce ? Pour eux, la Patrie semble n’être qu’une idée ; pour nous elle est une terre. Ils l’ont dans le cerveau ; nous l’avons sous les pieds… Il est vieux comme le diable, le monde qu’ils disent nouveau et qu’ils veulent fonder dans l’absence de Dieu… On nous dit que nous sommes les suppôts des vieilles superstitions ; faut rire ! Mais en face de ces démons qui renaissent de siècle en siècle, sommes une jeunesse, Messieurs ! Sommes la jeunesse de Dieu. La jeunesse de la fidélité ! Et cette jeunesse veut préserver pour elle et pour ses fils, la créance humaine, la liberté de l’homme intérieur... »

    — François-Athanase de Charette de La Contrie, harangue prononcée à ses hommes


    « Le monde n'a été créé qu'en vue d'Israël, voilà pourquoi la terre entière est un lieu qui lui sied. »

    — Juda Loew ben Bezalel, Netzah' Israel [L'Éternité d'Israël] (1599), chap. 24, p. 122


    « Entre les forces de la tradition et celles de l’avancée permanente, de la mise à l’écart, de la destruction, il y aura la guerre. »

    — Botho Strauss, Le Soulèvement contre le monde secondaire (1990), éd. L’Arche, 1996 (ISBN 9782851813701), p. 69-70


    « Être de droite, non par conviction bon marché, pour des visées vulgaires, mais de tout son être, c’est céder à la puissance supérieure d’un souvenir, qui s’empare de l'être humain, et pas tant du citoyen, qui l’isole et l’ébranle au milieu des rapports modernes et éclairés où il mène son existence habituelle. Cette pénétration n’a pas besoin de la mascarade abominable et ridicule d’une imitation servile, ni qu’on aille fouiller la brocante de l’histoire du malheur. Il s’agit d’un acte de soulèvement autre : soulèvement contre la domination totalitaire du présent qui veut ravir à l’individu et extirper de son champ toute présence d’un passé inexpliqué, d’un devenir historique, d’un temps mythique. À la différence de l’imagination de gauche qui parodie l’histoire du Salut, l’imagination de droite ne se brosse pas le tableau d’un royaume à venir, elle n’a pas besoin d’utopie, mais elle cherche le rattachement à la longue durée, celle que rien n’ébranle, elle est selon son essence souvenir de ce qui gît au fond de nous, et dans cette mesure elle est une initiation religieuse ou protopolitique. Elle est toujours et existentiellement une imagination de la Perte et non de la Promesse (terrestre). C’est donc une imagination de poète, depuis Homère jusqu’à Hölderlin. »

    — Botho Strauss, Le Soulèvement contre le monde secondaire (1990), éd. L’Arche, 1996 (ISBN 9782851813701), p. 69-70


    « Jamais on n'a autant discuté des tableaux et jamais ceux-ci n'ont eu aussi peu d'influence sur l'âme et l'esprit de l'homme, sur la société, l'économie et l’État ; et il en est ainsi non seulement des œuvres modernes, mais de tous les tableaux en général. »

    — Max Picard, De la désintégration des formes dans l'art moderne (1954), trad. Tony Faivre, éd. E. Vitte, 1960, p. 26


    « Ni Kafka, ni Joyce, ni Proust n'ont eu besoin de l'appui de l'État pour écrire ce qu'ils ont écrit, ni l'œuvre d'un Wajda, d'un Tadeusz Kantor ou d'un Grotowski n'a résulté des subventions culturelles du socialisme. Et ces six créateurs, bien qu'ils ne soient pas faciles et qu'ils exigent de leurs lecteurs ou spectateurs un effort intellectuel, ont trouvé un public qui pour les six est allé en s'élargissant, comme les cercles concentriques. Une société doit avoir l'art et la littérature qu'elle mérite : ceux qu'elle est capable de produire et ceux qu'elle est prête à payer. Et il est bon que les citoyens assument aussi dans ce domaine leurs propres responsabilités sans y renoncer devant les fonctionnaires, pour éclairés qu'ils soient. [...] Cela ne signifie évidemment pas que l'État n'ait aucune responsabilité culturelle. Il en a une, l'éducation. [...] mais en matière d'éducation non plus l'État ne doit pas seul avoir voix au chapitre. »

    — Mario Vargas Llosa, Les enjeux de la liberté (1991), trad. Albert Bensoussan, éd. Gallimard, coll. « Hors Série », 1997 (ISBN 9782070745562), p. 40


    « La vie moderne autorise les voyages, mais ne procure pas d’aventure. »

    — Jean Mermoz, Mes vols (1937), éd. Flammarion, chap. 1


    « [...] Israël est la croix même sur laquelle Jésus est éternellement cloué ; il est donc le peuple porte-salut, le peuple sacré dans la lumière et sacré dans l'abjection, tel que l'ignominieux et resplendissant gibet du Calvaire. »

    — Remy de Gourmont, « Le Salut par les Juifs », Le Figaro, 20 septembre 1892


    « Mort, c'est tout ce que nous voyons éveillés ; songes, ce que nous voyons en dormant. »

    — Héraclite, « Fragments d'Héraclite », dans Penseurs grecs avant Socrate. De Thalès de Milet à Prodicos, éd. Flammarion, coll. « Garnier Flammarion », 1993 (ISBN 9782080700315), p. 75


    « L'homme, dans la nuit, allume une lumière pour lui-même ; mort, il s'éteint. Or, au cours de sa vie, quand il dort, les yeux éteints, il ressemble à un mort ; éveillé, il semble dormir. »

    — Héraclite, « Fragments d'Héraclite », dans Penseurs grecs avant Socrate. De Thalès de Milet à Prodicos, éd. Flammarion, coll. « Garnier Flammarion », 1993 (ISBN 9782080700315), p. 75


    « Ce qui attend les hommes après la mort, ce n'est ni ce qu'ils espèrent, ni ce qu'ils croient. »

    — Héraclite, « Fragments d'Héraclite », dans Penseurs grecs avant Socrate. De Thalès de Milet à Prodicos, éd. Flammarion, coll. « Garnier Flammarion », 1993 (ISBN 9782080700315), p. 75


    « Plaise à Dieu que mon sang soit le dernier sang espagnol versé dans des discordes civiles. Plaise à Dieu que le peuple espagnol, si riche en qualités dignes d’être aimées, trouve dans la paix, la Patrie, le Pain et la Justice [...]. Que notre Seigneur accepte ma mort en sacrifice pour compenser en partie ce qu’il y a eu d’égoïsme et de vain dans ma vie. Je pardonne de toute mon âme à tous ceux qui ont pu me faire du tort ou m’offenser, sans aucune exception et je prie que tous ceux auxquels je dois la réparation d’un dommage grand ou petit me pardonnent [...]. Je veux être enterré conformément au rite de la religion Catholique, Apostolique et Romaine, que je pratique, en terre bénite et sous la protection de la Croix. »

    — José Antonio Primo de Rivera, « Testamento (18 novembre 1936) », dans Escritos y Discursos. Obras Completas (1922-1936), trad. Arnaud Imatz, éd. Instituto de Estudios Políticos, 1976, p. 1097


    « À travers la volonté générale, le peuple-roi coïncide désormais mythiquement avec le pouvoir ; cette croyance est la matrice du totalitarisme. »

    — François Furet, Penser la Révolution française (1978), éd. Gallimard, coll. « NRF », 1978, p. 232


    « Un peuple est tout dans son territoire. Le prix de son sol est le propre poids de son âme.

    Jugez de ce qu'un peuple défend quand il défend ses frontières ! »

    — Antoine Blanc de Saint-Bonnet, La Restauration française (1851), éd. Laroche, 1872, p. 


    « L'homme sans Dieu n'aboutit qu'à immoler l'homme. »

    — Antoine Blanc de Saint-Bonnet, La Légitimité (1873), éd. Casterman, 1873, p. 


    « Les industriels et les financiers ne regardent pas si les âmes se perdent, mais si les affaires se font. »

    — Antoine Blanc de Saint-Bonnet, La Légitimité (1873), éd. Casterman, 1873, p. 83


    « Quand les hommes perdent de vue les nécessités morales, Dieu fait sortir la lumière des nécessités d’un autre ordre ! Si la Foi n’est plus reçue par l’oreille, elle nous sera enseignée par la faim. La société rencontrera un empêchement dans chacun de nos vices. Il faudra en détruire un si l'on veut avancer d'un pas. Avant de changer vos gouvernements, il fallait vous changer vous-mêmes. La loi ne décrète pas la vertu, et quand cette dernière est loin, le décret reste sans arme. Le jour est venu où l'homme qui lance le mauvais exemple aiguise un poignard contre lui. Les barbares ne sont plus à nos portes, mais au-dedans, ce sont ceux qui dix-huit siècles de christianisme n'ont pas pu arracher à la vieille souche du monde ! Nos vices ont partagé la Société ; ils ont mis comme deux civilisations l'une dans l'autre. Position unique dans l'histoire ! La civilisation ouvrira ses propres flancs pour donner la bataille. Le christianisme constituera la Société moderne, ou la verra voler en éclats...

    Les faits économiques, avant peu, mettront les vérités à nu. Vos lois auront tout reconnu, tout consacré et tout administré ; les moyens humains seront tous employés ; jamais armée plus nombreuse, jamais législation plus complète, jamais administration plus puissante ; alors, arrivés au bout des causes secondes, vous viendrez vous briser contre la cause première ! Ce ne sera plus la doctrine méconnue que l’on entendra, ce ne sera plus la conscience inécoutée qui criera. Les faits parleront leur grande voix. La vérité quittera les hauteurs de la parole ; elle entrera dans le pain que nous mangeons, dans le sang dont nous vivons ; la lumière sera du feu ! Les hommes se verront entre la vérité et la mort... auront-ils l’esprit de choisir ? »

    — Antoine Blanc de Saint-Bonnet, La Restauration française (1851), éd. Laroche, 1872, avant-propos, p. 8


    « Une couronne d’épines a fait plus pour l’humanité que toutes les couronnes des rois. »

    — Antoine Blanc de Saint-Bonnet, De la douleur (1849), éd. Liberton et Brun, 1849, p. 


    « Le plaisir n’est pas offert pour y céder ; mais pour y résister, et par ce moyen devenir libre. »

    — Antoine Blanc de Saint-Bonnet, De la douleur (1849), éd. Liberton et Brun, 1849, p. 


    « Vous cherchez toutes les causes qui ruinent corps et âme la France ; ne trouverez-vous point que la première est dans la perte de la Foi ! Vous chercherez tous les moyens de réduire la misère ; ne trouverez-vous point que le premier est d’augmenter la vertu ! Par quel chemin verra-t-on, en France, revenir l’esprit à la place de la chair, l’humilité à la place du luxe, le champ à la place de la banque, enfin le capital à la place du paupérisme ? Par un chemin que Dieu tient en réserve s’il veut encore sauver la Nation qui l’oublie... »

    — Antoine Blanc de Saint-Bonnet, De la douleur (1849), éd. Liberton et Brun, 1849, p. 


    « Tout patriote est dur aux étrangers : ils ne sont qu’hommes, ils ne sont rien à ses yeux. Cet inconvénient est inévitable, mais il est faible. L’essentiel est d’être bon aux gens avec qui l’on vit [...]. Méfiez-vous de ces cosmopolites qui vont chercher loin de leur pays des devoirs qu'ils dédaignent accomplir chez eux. Tel philosophe aime les Tartares pour être dispensé d'aimer ses voisins. »

    — Jean-Jacques Rousseau, « Émile, ou De l'éducation (1762) », dans Œuvres complètes de J.-J. Rousseau, éd. A. Houssiaux, 1852-1853, t. II, livre 1, p. 401


    « Ô la femme ! Quel être perfide ! C’est maintenant seulement que j’ai compris ce qu’était la femme. Personne n’a jamais su jusqu’ici de qui elle était amoureuse : c’est moi le premier qui l’ai découvert. La femme est amoureuse du diable. Je ne plaisante pas. »

    — Nicolas Gogol, Le Journal d’un fou (1835), trad. Boris de Schlœzer, éd. La République des Lettres, 2013, p. 


    « On prétend que les filles de nos jours mûrissent plus vite qu'autrefois. Physiologiquement, c'est vrai. Mais, en un autre sens, elles sont au contraire en retard sur leurs aînées. Moralement, elles restent enfants plus longtemps. Il suffit pour s'en convaincre de voir la façon dont elles s'habillent et se coiffent. Leurs cheveux flottants, leurs minijupes, leurs nuisettes, leurs shorts sont comme le symbole de leur adoration pour l'enfance. Elles ne veulent pas devenir adultes, elles refusent d'assumer les responsabilités inhérentes à l'âge adulte. Et cependant, comme toutes les enfants, elles souhaitent qu'on les prenne pour des grandes personnes, elles souhaitent être libres d'accomplir ce qu'elles croient être des actes d'adultes. C'est cette attitude qui, parfois, conduit au drame. »

    —Agatha Christie, Némésis (1971)


    « [...] le besoin d'émancipation d'une femme, et l'aptitude chez elle à une telle émancipation ne reposent que sur ce qu'elle a de masculin. [...] Le plus grand, le seul ennemi de l'émancipation de la femme, est la femme. »

    — Otto Weininger, Sexe et caractère (1903), trad. Daniel Renaud, éd. L'Âge d'Homme, coll. « Sphinx », 1975 (ISBN 9782825123935), p. 66-75


    « On multiplie partout les manifestations sportives, hein ? Vraiment, quel signe de décadence ! Le genre de spectacle qu’il faudrait montrer aux gens, on ne le leur fait jamais voir ; ce qu’il faudrait leur montrer, ce sont les exécutions capitales. Pourquoi ne sont-elles pas publiques ? »

    — Yukio Mishima, Le Pavillon d’Or (1956), éd. Gallimard, coll. « Folio », 1975, p. 168


    "[...] corruptissima republica plurimae leges."

    — Cornelius Tacitus, Annales, III, 27

    « [...] et jamais les lois ne furent plus multipliées que lorsque l'État fut le plus corrompu. »
    — Tacite, « Annales », dans Œuvres complètes de Tacite, trad. Jean-Louis Burnouf, éd. Hachette, 1872, p. 110


    « Il restait au moins à chaque corps, à chaque communauté de citoyens le droit d’administrer ses propres affaires ; droit que nous ne disons pas qui fusse partie de la constitution primitive du royaume, car il remonte bien plus haut : c’est le droit naturel, c’est le droit de la raison. Cependant il a été aussi enlevé a vos sujets, sire, et nous ne craindrons pas de dire que l’administration est tombée à cet égard dans des excès qu’on peut nommer puérils.

    Depuis que des ministres puissants se sont fait un principe politique de ne point laisser convoquer d’assemblée nationale, on en est venu, de conséquences en conséquences, jusqu’à déclarer nulles les délibérations des habitants d’un village quand elles ne sont pas autorisées par l'intendant ; en sorte que si cette communauté a une dépense à faire, quelque légère qu'elle soit, il faut prendre l’attache du subdélégué de l’intendant, par conséquent suivre le plan qu’il a adopté, employer les ouvriers qu’il favorise, les payer suivant son arbitrage ; et si la communauté a un procès à soutenir, il faut aussi qu’elle se fasse autoriser par l’intendant ; il faut que la cause de la communauté soit plaidée à ce premier tribunal avant d’être portée à la justice ; et si l’avis de l’intendant est contraire aux habitants, ou si leur adversaire a du crédit à l’intendance, la communauté est déchue de la faculté de défendre ses droits.

    Voilà, sire, par quels moyens on a travaillé à étouffer en France tout esprit municipal, à éteindre, si on le pouvait, jusqu’aux sentiments de citoyens ; on a, pour ainsi dire, interdit à la nation entière, et on lui a donné des tuteurs. »

    — Chrétien Guillaume de Lamoignon de Malesherbes, Mémoires pour servir à l’histoire du droit public de la France en matière d’impôts (1779), éd. Bruxelles, 1779, p. 654


    « Car, hélas ! tout s’en va. Depuis seulement que j’existe il s’est fait plus de mouvement dans les idées et dans les coutumes de mon village, qu’il ne s’en était vu durant des siècles avant la révolution. Déjà la moitié des cérémonies celtiques, païennes ou moyen âge, que j’ai vues encore en pleine vigueur dans mon enfance, se sont effacées. Encore un ou deux ans peut-être, et les chemins de fer passeront leur niveau sur nos vallées profondes, emportant, avec le rapidité de la foudre, nos antiques traditions et nos merveilleuses légendes. »

    — George Sand, La Mare au diable (1846), éd. Gallimard, coll. « Folio », 1999, p. 154


    « Dans la lettre à Jaubert elle affirme : "Nous parlons ici le berrichon pur et le français le plus primitif." Elle le redit en 1846 dans son article de L'Éclaireur : "C'est dans la Vallée-Noire qu'on parle le vrai, le pur berrichon, qui est le vrai français de Rabelais." Dans Les Noces de campagne elle complète l'idée en assurant : "Le Berry est resté stationnaire et je crois qu'après la Bretagne et quelques provinces de l'extrême midi de la France, c'est le pays le plus conservé qui se puisse trouver à l'heure qu'il est." En 1844 avaient paru les trois premiers volumes de l'Histoire du Berry de Raynal qui lui ont appris qu'on retrouvait dans le Berry des traces de la civilisation gauloise. »

    — George Sand, La Mare au diable (1846), éd. Gallimard, coll. « Folio », 1999, Notice, p. 221-222


    « [...] la contraception, qui est faire l'amour sans faire l'enfant, la fécondation extracorporelle, qui est faire l'enfant sans faire l'amour, l'avortement, qui est défaire l'enfant, et la pornographie, qui est défaire l'amour, ne sont pas conformes à la dignité naturelle de l'homme. »

    — Jérôme Lejeune, « Existe-t-il une morale naturelle ? », Académie pontificale des sciences, 1989


    « Un homme qui travaille à assurer sa dynastie, qui bâtit pour l'éternité, est moins à craindre que des parvenus pressés de s'enrichir et de signaler leur passage par quelque folie d'éclat. »

    — Pierre-Joseph Proudhon, De la Création de l’Ordre dans l’Humanité (1843), éd. A. Lacroix et Cie, 1873, p. 372


    « Il faut rester là et crier la vérité, jusqu'à ce qu'on vous assomme. Il ne faut jamais s'en aller. »

    — Pierre Drieu La Rochelle, Charlotte Corday (1939), éd. Gallimard, 1944, p. 25


    « De tant de nouveautés je ne suis curieux ;
    Il me plaît d’imiter le train de mes aïeux ; »

    — Pierre de Ronsard, « Remontrance au peuple de France » (1563)


    « En nom Dieu, les hommes d'arme batailleront et Dieu donnera la victoire. »

    — Sainte Jeanne d'Arc, Procès de réhabilitation, t. II, p. 436-439


    « Pardonnez l'un à l'autre de bon cœur comme doivent le faire de valeureux chrétiens, et si vous tenez à guerroyer, allez combattre les Sarrasins. »

    — Sainte Jeanne d'Arc, Lettre au Duc de Bourgogne (17 juillet 1429), Procès, t. V, p. 126

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