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  • Ernst Jünger

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    Citationes

    « Élevés dans une ère de sécurité, nous avions tous la nostalgie de l’inhabituel, des grands périls. La guerre nous avait donc saisis comme une ivresse. C’est sous une pluie de fleurs que nous étions partis, grisés de roses et de sang. Nul doute que la guerre ne nous offrît la grandeur, la force, la gravité. Elle nous apparaissait comme l’action virile : de joyeux combats de tirailleurs, dans les prés où le sang tombait en rosée sur les fleurs. Pas de plus belle mort au monde... Ah ! surtout, ne pas rester chez soi, être admis à cette communion ! »

    — Ernst Jünger, Orages d'acier (1920), trad. Christian Bourgois (revue par Henri Plard), éd. Christian Bourgois, coll. « Livre de poche biblio », 1970, p. 9-10


    « On ne peut se contenter de connaître à l’étage supérieur le vrai et le bon, tandis que dans les caves on écorche vifs vos frères humains. »

    — Ernst Jünger, Traité du Rebelle (1951), trad. Henri Plard, éd. Seuil, coll. « Points », 1986, p. 56


    « À supposer même que le néant triomphe, dans la pire de ses formes, une différence subsiste alors, aussi radicale que celle du jour et de la nuit. D'un côté, le chemin s'élève vers des royaumes, le sacrifice de la vie, ou le destin du combattant qui succombe sans lâcher ses armes ; de l'autre, il descend vers les bas-fonds des camps d'esclavage et des abattoirs où les primitifs concluent avec la technique une alliance meurtrière ; où l'on n'est plus un destin, mais rien qu'un numéro de plus. Or, avoir son destin propre, ou se laisser traiter comme un numéro : tel est le dilemme que chacun, certes, doit résoudre de nos jours, mais est seul à pouvoir trancher. »

    — Ernst Jünger, Traité du Rebelle (1951), trad. Henri Plard, éd. Seuil, coll. « Points », 1986, p. 53
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    « Qu'il suffise d'indiquer qu'entre le nihilisme amené à sa perfection, et l'anarchie sans frein, l'opposition est profonde. Il s'agit de savoir, dans ce combat, ce que le séjour des hommes doit devenir, un désert ou une forêt vierge. »

    — Ernst Jünger, Sur les falaises de marbre (1939), trad. Henri Thomas, éd. Gallimard, coll. « L'Imaginaire », 2005, p. 118


    « [...] même le plus colossal affrontement n'est jamais que la balance où l'on pèse, aujourd'hui comme toujours, le poids des hommes. »

    — Ernst Jünger, Orages d'acier (1920), trad. Christian Bourgois (revue par Henri Plard), éd. Christian Bourgois, coll. « Livre de poche biblio », 1970, p. 349
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    « [...] les guerres dévastatrices sont les portes les mieux faites pour entrer dans des zones décisives de l’âme, et pour laquelle, lors des nouveaux déploiements de l’image du monde, lors des révolutions, la donnée brutale du sang qui coule est plus bouleversante et plus féconde que tout bouleversement spirituel. »

    — Ernst Jünger, Le Cœur aventureux (1929), trad. Henri Thomas, éd. Gallimard, coll. « L'Imaginaire », 1979, p. 161


    « Nous savions que cette fois, nous allions entrer dans une bataille telle que le monde n’en avait encore jamais vu. »

    — Ernst Jünger, Orages d'acier (1920), trad. Christian Bourgois (revue par Henri Plard), éd. Christian Bourgois, coll. « Livre de poche biblio », 1970, p. 120


    « Le mot "conservateur" ne fait pas partie des vocables les plus heureux. Il recèle un caractère axé sur le temps et se propose de restaurer des formes et des situations devenues impossibles à maintenir. Aujourd'hui, le plus faible est a priori celui qui veut encore maintenir quelque chose. Voilà pourquoi il est bon de chercher à dissocier le mot de la tradition. Il s'agit plutôt de trouver, voire de retrouver ce qui fut et sera de tout temps à la base d'un ordre sain. Mais c'est là quelque chose d'extratemporel, auquel nulle régression ni progression ne mène. Les divers mouvements ne font que tourner autour. Seuls changent les moyen et les noms. En ce sens, il convient d'approuver la définition d'Albrecht Günther qui comprend pas l'esprit conservateur comme un "attachement à ce qui fut hier, mais comme une vie faite de ce qui à jamais valable". Or seul peut être valable à jamais ce qui a été affranchi du temps. L'extratemporel revendique aussi son dû. Et alors, d'une façon néfaste, même quand on n'en tient pas compte. La volonté de maintenir ce qui est advenu inadmissible rend stérile la critique conservatrice qui est souvent alliée à la beauté et à l'acuité spirituelle. On pénètre dans les palais à demi écroulés, devenus inhabitables. »

    — Ernst Jünger, Rivarol et autres essais (1956), trad. Jeanne Naujac et Louis Eze, éd. Grasset, 1974, p. 66
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    « Quand le sentiment du droit et du bien s'évanouit, quand l'épouvante trouble les sens, alors les forces de l'homme de la rue sont bientôt taries. Mais chez la vieille aristocratie le sens de ce qui est vrai et légitime demeure vivant et c'est d'elle que sortent les nouveaux rejetons de l'esprit d'équité. Il n'est pas d'autre raison à la prééminence accordée chez tous les peuples au sang noble. »

    — Ernst Jünger, Sur les falaises de marbre (1939), trad. Henri Thomas, éd. Gallimard, coll. « L'Imaginaire », 2005, p. 116


    « Un abîme nous sépare de ceux qui se battent pour un bien-être matériel. »

    — Ernst Jünger, Le Boqueteau 125 (1925), trad. Julien Hervier, éd. Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 1995, p. 


    « Aujourd'hui on ne peut pas travailler en société [...] ; il faut le faire dans la solitude, comme un homme qui ouvre une brèche dans la forêt vierge, soutenu par l'unique espoir que, quelque part, dans les fourrés d'autres travaillent à la même oeuvre. »

    — Ernst Jünger, Le Cœur aventureux (1929), trad. Henri Thomas, éd. Gallimard, coll. « L'Imaginaire », 1979, p. 


    « Il est des temps de décadence, où s'efface la forme en laquelle notre vie profonde doit s'accomplir. Arrivés dans de telles époques, nous vacillons et trébuchons comme des êtres à qui manque l'équilibre. Nous tombons de la joie obscure à la douleur obscure, le sentiment d'un manque infini nous fait voir pleins d'attraits l'avenir et le passé. Nous vivons ainsi dans des temps écoulés ou dans des utopies lointaines, cependant que l'instant s'enfuit. »

    — Ernst Jünger, Sur les falaises de marbre (1939), trad. Henri Thomas, éd. Gallimard, coll. « L'Imaginaire », 2005, p. 35


    « Comme toujours là où le doute s'accompagne de plénitude, nous fîmes confiance à la force, et n'est-elle pas l'éternel balancier qui pousse en avant les aiguilles, indifférente au jour et à la nuit ? »

    — Ernst Jünger, Sur les falaises de marbre (1939), trad. Henri Thomas, éd. Gallimard, coll. « L'Imaginaire », 2005, p. 36


    « Profonde est la haine qui brûle contre la beauté dans les cœurs abjects. »

    — Ernst Jünger, Sur les falaises de marbre (1939), trad. Henri Thomas, éd. Gallimard, coll. « L'Imaginaire », 2005, p. 62


    « Mais que faire, si les faibles méconnaissent la loi, et dans leur aveuglement tirent les verrous qui n’étaient poussés que pour les protéger ? [...] L’ordre humain ressemble au Cosmos en ceci, que de temps en temps, pour renaître à neuf, il lui faut plonger dans la flamme. »

    — Ernst Jünger, Sur les falaises de marbre (1939), trad. Henri Thomas, éd. Gallimard, coll. « L'Imaginaire », 2005, p. 71
    Werner Heisenberg, Ernst Jünger et Martin Heidegger
    Ernst Jünger et Carl Schmitt, Rambouillet, octobre 1941
    Emil Cioran et Ernst Jünger
    Ernst Jünger et Emil Cioran
    Ernst Jünger et Alain de Benoist, Nice, 15 mai 1977
    Carl Schmitt et Ernst Jünger, Plettenberg, 1978

    Bibliographia

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