• Recensere
  • Friedrich von Hayek

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    Citationes

    « La tendance moderne vers le socialisme signifie une rupture brutale avec toute l’évolution de la civilisation occidentale. [...] Nous abandonnons rapidement non seulement les idées de Cobden, de Bright, de Smith, de Hume, de Locke, de Milton mais encore une des caractéristiques les plus saillantes de la civilisation occidentale telle qu’elle s’est édifiée sur les fondations posées par le christianisme, par la Grèce et par Rome. Ce qu’on abandonne, ce n’est pas simplement le libéralisme du 19e et du 18e siècle, mais encore l’individualisme fondamental que nous avons hérité d’Érasme et de Montaigne, de Cicéron et de Tacite, de Périclès et de Thucydide. »

    — Friedrich von Hayek, La Route de la servitude (1944), trad. Georges Blumberg, éd. Presses universitaires de France, coll. « Quadrige », 1993 (ISBN 9782130585411), p. 17


    « Il est hors de doute que la promesse d’une plus grande liberté est devenue une des armes les plus efficaces de la propagande socialiste et que les gens croient authentiquement et sincèrement que le socialisme apporte la liberté. La tragédie est d'autant plus atroce s'il est prouvé que la route de la liberté promise ne mène qu'à la servitude. C'est incontestablement cette promesse de liberté qui a entraîné un nombre de plus en plus grand de libéraux sur la voie socialiste, qui leur a masqué le conflit qui existe entre les principes fondamentaux du socialisme et ceux du libéralisme et qui a souvent permis aux socialistes d'usurper jusqu'au nom du vieux parti de la liberté. La plupart des intellectuels embrassèrent le socialisme comme l’héritier présomptif de la tradition libérale : aussi n’est-il pas surprenant qu’ils n’aient pu concevoir que le socialisme mène à l’opposé de la liberté. »

    — Friedrich von Hayek, La Route de la servitude (1944), trad. Georges Blumberg, éd. Presses universitaires de France, coll. « Quadrige », 1993 (ISBN 9782130585411), p. 26


    « Comme il arrive souvent, la nature de notre civilisation a été plus clairement discernée par ses ennemis que par la plupart de ses amis : "l'éternelle maladie occidentale, la révolte de l'individu contre l'espèce" comme disait ce totatlitaire du XIXe siècle, Auguste Comte, a bien été la force qui a construit notre civilisation. »

    — Friedrich von Hayek, La Route de la servitude (1944), trad. Georges Blumberg, éd. Presses universitaires de France, coll. « Quadrige », 1993 (ISBN 9782130585411), p. 19


    « Il y a infiniment de bonnes choses que nous sommes tous d'accord pour trouver désirables, mais dont nous ne pouvons espérer atteindre qu'un très petit nombre au cours de notre vie, et très imparfaitement. C'est parce qu'il voit ses ambitions frustrées dans son propre domaine que le spécialiste se révolte. Nous souffrons tous de voir inachevées des choses que tout le monde juge désirables et possibles. Que ces choses ne peuvent être faites toutes en même temps, et que chacune d'entre elles ne peut être accomplie qu'aux dépens de certaines autres, c'est ce dont on ne peut se rendre compte qu'en prenant en considération des facteurs qui échappent à toute spécialisation, qui ne peuvent être appréciés que par un pénible effort intellectuel, d'autant plus pénible qu'il nous oblige à envisager sur un plan plus large les objets auxquels s'adresse la plus grande part de nos peines, et à les comparer à d'autres qui sont situés hors de la sphère de notre intérêt immédiat. »

    — Friedrich von Hayek, La Route de la servitude (1944), trad. Georges Blumberg, éd. Presses universitaires de France, coll. « Quadrige », 1993 (ISBN 9782130585411), p. 45


    « C’est parce que la propriété des moyens de production est répartie entre un grand nombre d’hommes agissant séparément, que personne n’a un pouvoir complet sur nous et que les individus peuvent agir à leur guise. »

    — Friedrich von Hayek, La Route de la servitude (1944), trad. Georges Blumberg, éd. Presses universitaires de France, coll. « Quadrige », 1993 (ISBN 9782130585411), p. 78-79
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    « Partager ou décentraliser le pouvoir c’est en diminuer la force absolue : seul le système de concurrence est capable de réduire, par le moyen de la décentralisation, le pouvoir exercé par l’homme sur l’homme. »

    — Friedrich von Hayek, La Route de la servitude (1944), trad. Georges Blumberg, éd. Presses universitaires de France, coll. « Quadrige », 1993 (ISBN 9782130585411), p. 106


    « Il se peut que ce soit de loin la tâche à la fois la plus difficile, et aussi l'une des plus importantes, pour la raison humaine, que celle de saisir intellectuellement ses propres limites. Il est essentiel pour la croissance de la raison que nous devions, comme individus, nous incliner devant des forces et obéir à des principes que nous ne pouvons espérer comprendre complètement, et qui conditionnent, cependant, non seulement les progrès de la civilisation, mais sa survie. »

    — Friedrich von Hayek, La Route de la servitude (1944), trad. Georges Blumberg, éd. Presses universitaires de France, coll. « Quadrige », 1993 (ISBN 9782130585411), p. 33


    « C'est la soumission de l'homme aux forces impersonnelles du marché qui, dans le passé, a rendu possible le développement d'une civilisation qui sans cela n'aurait pu se développer ; c'est par cette soumission que nous contribuons à construire quelque chose qui est plus grand que nous pouvons le comprendre. »

    — Friedrich von Hayek, La Route de la servitude (1944), trad. Georges Blumberg, éd. Presses universitaires de France, coll. « Quadrige », 1993 (ISBN 9782130585411), p. 148


    « Les Nazis ne s’opposaient pas aux éléments socialistes du marxisme, mais à ses éléments libéraux : à l’internationalisme et à la démocratie. »

    — Friedrich von Hayek, La Route de la servitude (1944), trad. Georges Blumberg, éd. Presses universitaires de France, coll. « Quadrige », 1993 (ISBN 9782130585411), p. 


    « Les forces qui influencent le recrutement dans les rangs des intellectuels opèrent toutes dans la même direction et permettent d'expliquer pourquoi tant des gens parmi les plus capables penchent vers le socialisme. Il y a bien sûr de nombreuses différences d'opinion parmi les intellectuels, comme dans tout groupe. Mais il semble vrai qu'en général ce sont les hommes les plus actifs, les plus intelligents et les plus originaux au sein des intellectuels qui penchent le plus fréquemment vers le socialisme, alors que ses adversaires sont d'un calibre inférieur. C'est particulièrement vrai au début de l'infiltration des idées socialistes. Plus tard, bien qu'en dehors des cercles intellectuels ce soit parfois encore un acte de courage de professer des convictions socialistes, la pression de l'opinion parmi les intellectuels sera souvent tellement faveur du socialisme qu'il faudra à un homme plus de force et d'indépendance pour y résister que pour rejoindre ce que ses collègues considèrent comme des idées modernes. Par exemple, personne ne peut ignorer, s'il est familier d'un grand nombre d'universités (et de ce point de vue la majorité des enseignants de l'université doivent être classés comme intellectuels plutôt que comme experts), le fait que les professeurs les plus brillants et ayant le plus de succès ont aujourd'hui plus de chances d'être socialistes, alors que ceux qui ont des idées plus conservatrices sont fréquemment des médiocrités. C'est évidemment en soi un facteur important qui conduit la plus jeune génération vers le camp socialiste.

    Le socialiste y verra, bien sûr, une preuve que les personnes les plus intelligentes sont destinées de nos jours à devenir socialistes. Mais c'est loin d'être l'explication nécessaire ni même la plus probable. La raison principale de cet état de fait est probablement que, pour l'homme exceptionnellement doué qui accepte l'ordre actuel de la société, s'offrent une multitude d'autres possibilités pour exercer son pouvoir et son influence. Alors que la carrière intellectuelle est pour celui qui est mécontent le chemin le plus prometteur pour exercer influence et pouvoir afin de contribuer à la réussite de ses idéaux. Plus que ça : l'homme conservateur très doué choisira en général un travail intellectuel (et le sacrifice matériel qui en résulte d'habitude) seulement si le travail en lui-même lui plaît. Il est donc plus fréquemment amené à devenir un savant expert plutôt qu'un intellectuel au sens spécifique du terme. Tandis que, que pour celui qui a des idées socialistes, le travail intellectuel est le plus souvent un moyen plutôt qu'une fin, un chemin vers la grande influence exercée par l'intellectuel professionnel. Probablement, la réalité n'est pas que les plus intelligents soient socialistes, mais qu'une plus grandes proportion de socialistes parmi les esprits intelligents se destinent aux occupations intellectuelles grâce auxquelles il obtiennent une influence décisive sur l'opinion publique dans la société moderne. »

    — « Les intellectuels et le socialisme », Friedrich von Hayek (trad. Hervé de Quengo), University of Chicago Law Review, 1949


    « Un autre phénomène familier est lié à cette idée : il y a peu de raisons de croire que les très grandes capacités intellectuelles pour créer un travail original soient plus rares chez les Gentils que chez les Juifs. Pourtant il n'y a pas de doute que la quantité de gens d'origine juive constitue presque partout un nombre disproportionnellement grand parmi les intellectuels selon notre définition, c'est-à-dire dans les rangs des interprètes professionnels des idées. C'est peut-être un don spécial de leur part et c'est certainement leur meilleur occasion dans des pays où des obstacles leur sont opposés dans d'autres domaines. Plus que pour toute autre raison, c'est probablement parce que les Juifs constituent une si grande proportion chez les intellectuels qu'ils semblent être plus réceptifs aux idées socialistes que les gens d'autres origines. »

    — « Les intellectuels et le socialisme », Friedrich von Hayek (trad. Hervé de Quengo), University of Chicago Law Review, 1949


    “It is not to be denied that modern developments, especially the development of the large city, have destroyed much of the feeling of responsibility for local concerns which in the past led to much beneficial and spontaneous common action.”

    — Friedrich von Hayek, The Constitution of Liberty (1960), éd. Routledge, 2006 (ISBN 9780415404242), p. 73


    « La plupart des grands accomplissements humains ne sont pas le résultat d'une pensée consciemment dirigée, encore moins le produit de l'effort délibérément coordonné de beaucoup de personnes, mais le résultat d'un processus où l'individu joue un rôle qu'il ne peut jamais pleinement comprendre. »

    — Friedrich von Hayek, Scientisme et sciences sociales [Scientism and the study of Society] (1952), trad. Raymond Barre, éd. Plon, coll. « Agora », 1986, p. 135


    « C’est en fait la compréhension de ses propres limites qui paraît être la tâche la plus difficile et la plus importante de la raison humaine. »

    — Friedrich von Hayek, Scientisme et sciences sociales [Scientism and the study of Society] (1952), trad. Raymond Barre, éd. Plon, coll. « Agora », 1986, p. 147
    Ludwig von Mises et Friedrich von Hayek
    Karl Popper et Friedrich von Hayek
    Alexandre Soljenitsyne recevant le prix Nobel de littérature en 1970 avec Friedrich von Hayek en arrière-plan
    Ludwig Lachmann, Friedrich von Hayek, Walter Block et Murray Rothbard, Windsor, 1976
    Ronald Reagan et Friedrich von Hayek

    Citationes de Friedrich von Hayek

    « F. A. von Hayek, dans The Road to Serfdom (1944) et dans divers articles, désigne sous le nom de planification centralisée ou collectiviste ce que j'appelle la méthode utopiste. Il reproche à celle-ci d'exclure de la vie économique une des fonctions les plus importantes pour l'individu : le choix du produit par un libre consommateur, et il estime techniquement impossible d'établir le plan d'une société qui serait à la fois centralisée et individualiste.

    D'autre part, s'il reconnaît l'urgence, dans une société libre, de transformer le "cadre juridique" existant, il s'oppose au terme de social engineering qui, d'après lui, se rattache à ce qu'il appelle le scientisme, c'est-à-dire à l'idée naïve qu'il faut appliquer dans le domaine social les méthodes qui ont fait leurs preuves dans celui des sciences naturelles (cf. ses deux séries d'articles : « The Counter-Revolution of Science » et « Scientism and the Study of Society », Economica, vol. VIII, 1941, et IX, 1942-1944).

    Si l'on désigne, en effet, sous le nom de scientisme une tendance à imiter aveuglément en matière sociale ce qu'on croit être les méthodes des sciences naturelles, on peut considérer l'historicisme comme une forme du scientisme, quand il prétend que les sciences sociales, comme les autres, ont pour tâche d'opérer des prévisions, mais de caractère social, c'est-à-dire historique. Dans ce sens, je suis évidemment contre le scientisme, comme en font foi nombre de mes écrits.

    Mais si l'on entend par scientisme l'idée que les méthodes des sciences sociales sont, dans une grande mesure, analogues à celles des sciences naturelles, alors je suis pour le scientisme et je pense que leurs analogies peuvent être instructives. C'est pourquoi j'ai continué à utiliser l'expression social engineering, dans le même sens que Roscoe Pound, dans lequel il ne me semble pas entaché de la forme de scientisme que je récuse. »

    Karl Popper, La Société ouverte et ses ennemis (1945), trad. Jacqueline Bernard et Philippe Monod, éd. Seuil, 1979 (ISBN 9782020051361), t. 1, p. 240


    Textus

    Bibliographia

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