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  • Max Weber

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    Citationes

    « Toutefois, ce n’est pas au judaïsme palestinien de l’époque où ont été composés les textes de l’Ancien Testament qu’il faut penser, mais au judaïsme tel qu’il est peu à peu devenu, après des siècles d’éducation formaliste, légaliste et talmudique, et encore est-il nécessaire de se montrer extrêmement prudent devant un tel parallèle. L’esprit du judaïsme primitif, porté à une valorisation [Schätzung] naïve de la vie en tant que telle, était dépourvu des caractères propres au puritanisme. De même il était fort éloigné — il convient de ne pas l’oublier — de l’éthique économique du judaïsme médiéval et moderne, et des caractéristique qui ont déterminé les positions du judaïsme et celles du puritanisme au cours du développement de l’éthos capitaliste. Le judaïsme s’est tenu du côté du capitalisme “aventurier” [Abenteurer-Kapitalismus], orienté vers la politique et la spéculation ; en un mot, son éthos était celui d’un capitalisme de parias [Paria-Kapitalismus] ; le puritanisme soutenait l’éthos de l’entreprise [Betrieb] bourgeoise rationnelle et de l‘organisation rationnelle du travail. Il n’a emprunté à l’éthique juive que ce qui pouvait l’y aider. »

    — Max Weber, L'Éthique protestante et l'esprit du capitalisme (1905), trad. Jacques Chavy, éd. Pocket, coll. « Agora », 1991 (ISBN 9782266034029), p. 201


    « [...] il faut concevoir l’État contemporain comme une communauté humaine qui, dans les limites d’un territoire déterminé [...], revendique avec succès pour son propre compte le monopole de la violence physique légitime. »

    — Max Weber, Le Savant et le Politique (1919), trad. Julien Freund, Eugène Fleischmann et Éric de Dampierre, éd. Union Générale d’Éditions, coll. « 10/18 », 1963 (ISBN 9782264031594), p. 125


    « Abraham ou les paysans d'autrefois sont morts “vieux et comblés par la vie” parce qu'ils étaient installés dans le cycle organique de la vie, parce que celle-ci leur avait apporté au déclin de leurs jours tout le sens qu'elle pouvait leur offrir et parce qu'il ne subsistait aucune énigme qu'ils auraient encore voulu résoudre. Ils pouvaient donc se dire “satisfaits” de la vie. L'homme civilisé au contraire, placé dans le mouvement d'une civilisation qui s'enrichit continuellement de pensées, de savoirs et de problèmes, peut se sentir “las” de la vie et non pas “comblé” par elle. En effet il ne peut jamais saisir qu'une infime partie de tout ce que la vie de l'esprit produit sans cesse de nouveau, il ne peut saisir que du provisoire et jamais du définitif. C'est pourquoi la mort est à ses yeux un événement qui n'a pas de sens. »

    — Max Weber, Le Savant et le Politique (1919), trad. Julien Freund, Eugène Fleischmann et Éric de Dampierre, éd. Union Générale d’Éditions, coll. « 10/18 », 1963 (ISBN 9782264031594), p. 91
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    « C'est un fait que, dans l'Antiquité, “l'antisémitisme” était universellement répandu. Mais aussi que ce rejet des juifs, qui ne se développa d'abord que progressivement, alla de pair avec un rejet croissant, de la part des juifs eux-mêmes, de la communauté avec des non-juifs. [...] Ce fut bien plutôt l'attitude de rejet des juifs eux-mêmes qui, dans ces rapports mutuels, représenta le facteur décisif. [...] Si l'on va au fond des choses, le reproche ultime et déterminant qui était fait aux juifs concernait leur “haine des hommes” : leur rejet de principe du connubium, de la commensalité et de toute forme de fraternisation ou de communauté étroite, de quelque type que ce fût, y compris dans le domaine des affaires, mais aussi — l'importance de ce facteur ne doit pas non plus être sous-estimée — le soutien extrêmement puissant que leur confrérie apportait à tous les juifs pharisiens, en vertu de la hevra — un facteur dont les effets économiques ne purent échapper à l'attention de leurs concurrents païens. L'isolement social des juifs, ce “ghetto” au sens le plus intime du terme, fut d'abord absolument choisi et voulu par eux, et il le fut toujours davantage. »

    — Max Weber, Le Judaïsme antique (1917-1918), trad. Isabelle Kalinowski, éd. Flammarion, 2010, « Les pharisiens », p. 651-652


    Bibliographia

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