• Recensere
  • Juan Donoso Cortés

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    Citationes

    « Je n’ignore pas que la génération actuelle, nourrie au sein de la révolution, affirme tout ce que je nie et nie tout ce que j’affirme. Je sais qu’elle admet et proclame comme une chose hors de doute le principe de la perfectibilité indéfinie de la société et de l’homme, quand je tiens pour vérifié que l’humanité est identique à elle-même dans toute la continuité... Je sais plus encore : je sais que les idées que je me propose de combattre comme fausses, comme dangereuses, ou comme absurdes, cheminent en avant triomphant de tous les obstacles. »

    • Juan Donoso Cortés, Essai sur le catholicisme, le libéralisme et le socialisme, Paris, Bibliothèque nouvelle, 1851, rééd. Bouère, Dominique Martin Morin, 1986, Avant-propos, p. 12-13, Arnaud Imatz citant Histoire de la Régence de Marie-Christine (1843)

    « Le monde marche à grands pas à la constitution d'un despotisme, le plus gigantesque et le plus terrible que les hommes aient jamais vu [...]. Il n'y a, messieurs, que deux répressions possibles : l'une intérieure, l'autre extérieure ; la répression religieuse et la répression politique. Elles sont de telle nature que, lorsque le thermomètre religieux s'élève, le thermomètre de la répression baisse, et que, réciproquement, lorsque le thermomètre religieux baisse, le thermomètre politique, la répression politique, la tyrannie monte. C'est une loi de l'humanité, une loi de l'histoire. »

    • Juan Donoso Cortés, Essai sur le catholicisme, le libéralisme et le socialisme, Paris, Bibliothèque nouvelle, 1851, rééd. Bouère, Dominique Martin Morin, 1986, Avant-propos, p. 14-15, Arnaud Imatz citant Juan Donoso Cortés

    « Contre la révolution et le socialisme, il n'y a qu'un remède radical et souverain : le catholicisme, seule doctrine qui en soit la contradiction absolue. »

    • Juan Donoso Cortés, Essai sur le catholicisme, le libéralisme et le socialisme, Paris, Bibliothèque nouvelle, 1851, rééd. Bouère, Dominique Martin Morin, 1986, Avant-propos, p. 17, Arnaud Imatz citant Juan Donoso Cortés

    « Messieurs, les réformes économiques ne sont pas un remède suffisant à ce mal ; la chute d'un gouvernement et son remplacement par un autre gouvernement ne sont pas non plus un remède. L'erreur fondamentale en cette matière est de croire que les maux que souffre l'Europe viennent des gouvernements. Je ne nierai pas l'influence du gouvernement sur les gouvernés ; comment la nierais-je ? Qui l'a jamais niée ? Mais le mal est beaucoup plus profond, beaucoup plus grave. Le mal n'est pas dans les gouvernements, le mal est dans les gouvernés : le mal vient de ce que les gouvernés sont devenus ingouvernables. (Rires. Bien ! Bien !)

    La vraie cause de ce mal grave et profond, c'est que l'idée de l'autorité divine et de l'autorité humaine a disparu. Voilà le mal qui travaille l'Europe, la société, le monde ; et voilà pourquoi, messieurs, les peuples sont ingouvernables. »

    • Juan Donoso Cortés, extrait du discours sur la situation générale de l'Europe, prononcé à la chambre des députés de Madrid, le 30 janvier 1850, Revue Totalité n°26, automne 1986

    « Les voies sont préparées pour un tyran gigantesque, colossal, universel ; tout est préparé pour cela. Veuillez y réfléchir : il n'y a plus maintenant de résistance soit matérielles, soit morales. Il n'y a plus de résistances matérielles, parce que avec les bateaux à vapeur et les chemins de fer, il n'y a plus de frontières et parce que, avec le télégraphe électrique, il n'y a plus de distances , et il n'y a plus de résistances morales, parce que tous les esprits sont divisés et tous les patriotismes sont morts. »

    « Gouverner, ce n'est pas être servi, c'est servir; ce n'est pas jouir, c'est ramer, et vivre et mourir la main sur la rame. [...] L'ordre matériel n'est rien sans l'ordre moral... C'est en vain que les philosophes s'épuisent en théorie, c'est en vain que les socialistes s'agitent ; sans l'aumône, sans la charité, il n'y a pas, il ne peut y avoir de distribution équitable de la richesse. Dieu seul pouvait résoudre ce problème, qui est le problème de l'humanité et de l'histoire. »

    • Juan Donoso Cortés, Essai sur le catholicisme, le libéralisme et le socialisme, Paris, Bibliothèque nouvelle, 1851, rééd. Bouère, Dominique Martin Morin, 1986, Avant-propos, p. 20, Arnaud Imatz citant le discours sur la situation de l'Espagne du 30 décembre 1850

    « Je ne sais, messieurs, si je serai seul ; cela est possible ; mais, seul, absolument seul, ma conscience me dit que je suis très fort, non par ce que je suis, mais par ce que je représente. Je ne représente pas seulement les deux ou trois cents électeurs de mon district ; qu'est un district ? [...] Je ne représente pas seulement la nation ; qu'est-ce que la nation espagnole, ou toute autre, considérée dans une seule génération ou dans un seul jour d'élections générales ? Rien. Je représente quelque chose de plus grand, de beaucoup plus grand ; je représente la tradition par laquelle les nations sont ce qu'elles sont dans toute la durée des siècles. Si ma voix a quelque autorité, ce n'est pas, messieurs, parce qu'elle est mienne, c'est parce qu'elle est la voix de vos pères. Vos votes me sont indifférents ; je ne me suis pas proposé de m'adresser à vos volontés, qui votent, mais à vos consciences, qui jugent ; je ne me suis pas proposé d'incliner vos volontés vers moi, mais d'obliger vos consciences à ne pas me refuser leur estime. »

    • Juan Donoso Cortés, Essai sur le catholicisme, le libéralisme et le socialisme, Paris, Bibliothèque nouvelle, 1851, rééd. Bouère, Dominique Martin Morin, 1986, Avant-propos, p. 21, Arnaud Imatz citant le discours sur la situation de l'Espagne du 30 décembre 1850

    « Il s’agit de choisir entre la dictature qui vient d’en bas, et la dictature qui vient d’en haut : je choisis celle qui vient d’en haut, parce qu’elle vient de régions plus pures et sereines ; il s’agit de choisir, en fin de compte, entre la dictature du poignard et la dictature du sabre : je choisis celle du sabre, parce qu’elle est plus noble. »

    • Juan Donoso Cortés, « Discurso sobre la dictadura », in Obras completas, éd. La Editorial Católica, coll. Biblioteca de Autores Cristianos, 1970, p. 323
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    « Ce n'est pas mon opinion, cependant, que l'Europe n'ait rien à redouter de la Russie, je crois tout le contraire ; mais, pour que la Russie accepte une guerre générale, pour que la Russie s'empare de l'Europe, il faut auparavant les trois événements que je vais dire, lesquels sont, remarquez-le messieurs, non seulement possibles, mais encore probables. Il faut d'abord que la révolution, après avoir dissous la société, dissolve les armées permanentes. En second lieu, que le socialisme, en dépouillant les propriétaires, éteigne le patriotisme, parce qu'un propriétaire dépouillé n'est pas, ne peut pas être patriote (dès que la question est poussée jusqu'à ce terme, jusqu'à cette angoisse, tout patriotisme meurt au cœur de l'homme). En troisième lieu, il faut que se réalise la confédération puissante de tous les peuples slaves sous l'influence et le protectorat de la Russie. Les nations slaves comptent, messieurs, quatre-vingts millions d'habitants. Eh bien, lorsque la Révolution aura détruit en Europe les armées permanentes ; lorsque les révolutions socialistes auront éteint le patriotisme en Europe ; lorsque, à l'Orient de l'Europe, se sera accomplie la grande fédération des peuples slaves, lorsque dans l'Occident il n'y aura plus que deux armées, celle des spoliés et celle des spoliateurs, alors l'heure de la Russie sonnera ; alors la Russie pourra se promener tranquillement, l'arme au bras, en Europe, alors le monde assistera au plus grand châtiment qu'ait enregistré l'histoire... De plus, messieurs, la Russie, placée au milieu de l'Europe conquise et prosternée à ses pieds, absorbera par toutes ses veines le poison que l'Europe a bu et qui la tue, puis elle ne tardera guère à tomber, elle aussi, en putréfaction. »

    • Juan Donoso Cortés, Essai sur le catholicisme, le libéralisme et le socialisme, Paris, Bibliothèque nouvelle, 1851, rééd. Bouère, Dominique Martin Morin, 1986, Avant-propos, p. 18, Arnaud Imatz citant le discours sur la situation générale de l'Europe, prononcé à la chambre des députés de Madrid, le 30 janvier 1850

    « Mes tristes prévisions s'appliquaient à l'Europe en général ; aujourd'hui, par malheur, elles concernent aussi la nation espagnole. Je crois, messieurs, je crois avec la conviction la plus profonde que nous entrons dans une période d'angoisses ; tous les symptômes l'annoncent à la fois : l'aveuglement des intelligences, l'animosité des esprits, les discussions sans objet, les luttes sans motif ; mais par-dessus tout, - j'étonnerai sans doute beaucoup l'Assemblée, - la fureur des réformes économiques. Quand cette fureur qui vous agite tous emporte les esprits, comme elle le fait à cette heure, on peut y voir le présage assuré de grandes catastrophes et de grandes ruines. »

    • Juan Donoso Cortés, extrait du discours sur la situation générale de l'Europe, prononcé à la chambre des députés de Madrid, le 30 janvier 1850, Revue Totalité n°26, automne 1986

    « Nul homme, entre ceux qui sont arrivés à l'immortalité, n'a basé sa gloire sur la vérité économique ; tous ont fondé les nations sur la base de la vérité sociale, sur la base de la vérité religieuse. Cela ne veut pas dire, car je prévois les objections et je vais au-devant d'elles, cela ne veut pas dire qu'à mon avis les gouvernements doivent négliger les questions économiques, que les peuples doivent être mal administrés ; je ne suis pas assez dépourvu de raison et de cœur pour me laisser aller à une semblable extravagance. Je ne dis pas cela, mais je dis que chaque question doit être mise à son rang, et que le rang de ces questions est le troisième ou le quatrième, et non le premier : voilà ce que je dis.

    Traiter ici ces questions, c'est, a-t-on prétendu, le moyen de vaincre le socialisme. Ah ! messieurs, le moyen de vaincre le socialisme! Qu'est-ce donc que le socialisme, si ce n'est une secte  économique ? Le socialisme est le fils de l'économie politique, comme le vipereau est fils de la vipère, lequel, à peine né, dévore celle qui vient de lui donner la vie. Entrez dans ces questions  économiques, mettez-les au premier rang, et je vous annonce qu'avant deux années vous aurez toutes les questions socialistes dans le parlement et dans la rue. »

    • Juan Donoso Cortés, extrait du discours sur la situation générale de l'Europe, prononcé à la chambre des députés de Madrid, le 30 janvier 1850, Revue Totalité n°26, automne 1986

    « En supposant la bonté innée et absolue de l'homme, l'homme est en même temps réformateur universel et irréformable , il finit par se changer d'homme en dieu ; son essence cesse d'être humaine pour être divine. Il est en soi absolument bon et il produit hors de lui par ses bouleversements le bien absolu. »

    • Juan Donoso Cortés, Essai sur le catholicisme, le libéralisme et le socialisme, Paris, Bibliothèque nouvelle, 1851, rééd. Bouère, Dominique Martin Morin, 1986

    « Ou le mal qui est dans la société est une essence, ou un accident ; si c'est une essence, il ne suffit pas, pour le détruire, de bouleverser les institutions sociales, il faut en outre détruire la société même qui est l'essence qui soutient toutes ces formes. Si le mal social est accidentel, alors vous êtes obligés de faire ce que vous n'avez pas fait... de m'expliquer en quels temps, par quelle cause, de quelle manière et en quelle forme est survenu cet accident, et ensuite par quelle série de déductions vous arrivez à changer l'homme en rédempteur de la société... le rationalisme qui attaque avec fureur tous les mystères catholiques, proclame ensuite, d'une autre manière et dans un autre but, ces mêmes mystères. »

    • Juan Donoso Cortés, Essai sur le catholicisme, le libéralisme et le socialisme (1851), éd. Bibliothèque nouvelle, 1851, réed. Dominique Martin Morin, 1986 (ISBN 9782856520864)

    « Pour ce qui est du communisme, il me semble évident qu’il procède des hérésies panthéistes et de celles qui leurs son parentes. Lorsque tout est Dieu et que Dieu est tout, Dieu est surtout démocratie et multitude ; les individus atomes divins et rien de plus, sortent du tout qui les engendre perpétuellement pour rentrer dans le tout qui perpétuellement les absorbe. Dans ce système, ce qui n'est pas le tout n'est pas Dieu, quoique participant à la divinité, et ce qui n'est pas Dieu n'est rien, parce qu'il n'y a rien hors de Dieu, qui est tout. De là, le superbe méprise des communistes pour l'homme et leur négation insolente de la liberté humaine ; de là ces aspirations immenses à la domination universelle par la future démagogie, qui s'étendra sur tous les continents et jusqu'aux dernières limites de la terre ; de là ces projets d'une folie furieuses, qui prétend mêler et confondre toutes les familles, toutes les classes, tous les peuples, toutes les races d'hommes, pour les broyer ensemble dans le grand mortier de la révolution, afin que de ce sombre et sanglant chaos sorte un jour le Dieu unique, vainqueur de tout ce qui est particulier ; le Dieu éternel, sans commencement ni fin, vainqueur de tout ce qui naît et passe ; le Dieu démagogie annoncé par les derniers prophètes, astre unique du firmament futur, qui apparaîtra porté par la tempête, couronné d'éclairs et servi par les ouragans. La démagogie est le grand Tout, le vrai Dieu, Dieu armé d'un seul attribut, l'omnipotence, et affranchi de la bonté, de la miséricorde, de l'amour, ces trois grandes faiblesses du Dieu catholique. À ces traits, qui ne reconnaîtrait le Dieu d'orgueil, Lucifer ? »

    • Juan Donoso Cortés, Essai sur le catholicisme, le libéralisme et le socialisme, Paris, Bibliothèque nouvelle, 1851, rééd. Bouère, Dominique Martin Morin, 1986, Avant-propos, p. 19, Arnaud Imatz citant la lettre au cardinal Fornari du 19 juin 1852

    « Prenez donc une autre voie ; annoncez que vous avez un argument qui renverse telle ou telle vérité mathématique, par lequel vous allez démontrer, par exemple, que deux et deux ne font pas quatre, mais cinq : que Dieu n'existe pas, ou que l'homme est Dieu ; que le monde jusqu'à cette heure a vécu sous l'empire des plus honteuses superstitions ; que la sagesse des siècles n'est que pure ignorance ; que toute révélation est une imposture ; que tout gouvernement est une tyrannie et toute obéissance une servitude ; que le beau est le laid ; que le laid est le beau suprême ; que le mal est le bien et le bien le mal ; que le diable est Dieu et que Dieu est le diable ; qu'après cette vie il n'y a ni ciel ni enfer ; que le monde que nous habitons a été jusqu'à nos jours et est encore un enfer véritable, mais que l'homme peut en faire et en fera bientôt un vrai paradis ; que la liberté, l'égalité et la fraternité, sont des dogmes incompatibles avec la superstition chrétienne ; que le vol est un droit imprescriptible, et que la propriété est un vol ; qu'il n'y a d'ordre que dans l'an-archie, et que la véritable anarchie c'est l'ordre, etc. »

    • Juan Donoso Cortés, Essai sur le catholicisme, le libéralisme et le socialisme (1851), éd. Bibliothèque nouvelle, 1851, réed. Dominique Martin Morin, 1986 (ISBN 9782856520864), p. 97

    « Elle nous font voir pourquoi, lorsque Pilate lui donna le choix entre Barrabas et Jésus, le peuple juif livra Jésus aux bourreaux et délivra Barrabas ; pourquoi, ayant à choisir aujourd'hui entre la théologie catholique et la théologie socialiste, le monde prend la théologie socialiste et rejette la théologie catholique ; pourquoi les discussions humaines vont aboutir à la négation de l'évidence et à la proclamation de l'absurde. »

    • Juan Donoso Cortés, Essai sur le catholicisme, le libéralisme et le socialisme, Paris, Bibliothèque nouvelle, 1851, rééd. Bouère, Dominique Martin Morin, 1986, p. 101

    « Les écoles socialistes, abstraction faite des foules grossières qui les suivent, [...] l'emportent de beaucoup sur l'école libérale, précisément parce qu'elles vont droit à tous les grands problèmes et à toutes les grandes questions, et parce qu'elles proposent toujours une solution péremptoire et décisive. Le socialiste n'est fort que parce qu'il est une théologie ; il n'est destructeur que parce qu'il est une théologie satanique. Étant donné, d'une part, ce que les écoles socialistes ont de théologique de l'autre ce que l'école libérale a d'antithéologique et de sceptique, dans la lutte entre le socialisme et le libéralisme, le socialisme doit triompher ; mais ce qu'il de satanique le fera succomber devant l'école catholique, qui est à la fois théologique et divine. Sur ce point, du reste, l'instinct socialiste paraît s'accorder avec nos affirmations, car c'est pour le catholicisme qu'il réserve ses haines ; pour le libéralisme, il n'a que du dédain. »

    • Juan Donoso Cortés, Essai sur le catholicisme, le libéralisme et le socialisme (1851), éd. Bibliothèque nouvelle, 1851, réed. Dominique Martin Morin, 1986 (ISBN 9782856520864), p. 224

    « Non, Messieurs, le germe des révolutions n'est pas dans l'esclavage, n'est pas dans la misère; le germe des révolutions est dans les désirs de la multitude surexcitée par les tribuns qui l'exploitent à leur profit. Vous serez comme les riches, telle est la formule des révolutions socialistes contre les classes moyennes. Vous serez comme les nobles, telle est la formule des révolutions des classes moyennes contre les classes nobiliaires. Vous serez comme les rois, telle est la formule des révolutions des classes aristocratiques contre les rois. [...] Vous serez comme des dieux, telle est la formule de la première révolte du premier homme contre Dieu. Depuis Adam, le premier rebelle, jusqu'à Proudhon, le dernier impie, telle est la formule de toutes les révolutions. »

    « L'école libérale n'a fait que poser les prémices qui mènent aux conséquences socialistes, et les socialistes n'ont fat que tirer les conséquences renfermées dans les prémices libérales — ces deux écoles ne se distinguent pas entre elles par les idées, mais par la hardiesse. »

    • Juan Donoso Cortés, Essai sur le catholicisme, le libéralisme et le socialisme (1851), éd. Bibliothèque nouvelle, 1851, réed. Dominique Martin Morin, 1986 (ISBN 9782856520864)

    « Quant à l'école libérale, je dirai seulement que, dans sa superbe ignorance, elle méprise la théologie. Ce n'est pas qu'elle ne soit théologienne à sa manière mais elle l'est sans le savoir. Cette école n'est pas encore arrivée à comprendre, et probablement elle ne comprendra jamais quel lien étroit unit entre elles les choses divines et les choses humaines, quelle est l'affinité des questions politiques avec les questions sociales, et des unes et des autres avec les questions religieuses, et comment tous les problèmes relatifs au gouvernement des nations dépendent de ces autres problèmes qui se rapportent à Dieu, législateur suprême de toutes les associations humaines. »

    • Juan Donoso Cortés, Essai sur le catholicisme, le libéralisme et le socialisme (1851), éd. Bibliothèque nouvelle, 1851, réed. Dominique Martin Morin, 1986 (ISBN 9782856520864), p. 215

    « Le libéralisme, et c'est là son erreur fondamentale n'attache d'importance qu'aux questions de gouvernement ; or, comparées aux questions sociales et religieuses, elles n'en ont véritablement aucune. Et voilà pourquoi le libéralisme est toujours et partout si complètement éclipsé dès qu'apparaissent sur la scène les catholiques et les socialistes, posant au monde leurs redoutables problèmes et le sommant de choisir entre leurs solutions contradictoires. »

    • Juan Donoso Cortés, Essai sur le catholicisme, le libéralisme et le socialisme (1851), éd. Bibliothèque nouvelle, 1851, réed. Dominique Martin Morin, 1986 (ISBN 9782856520864), p. 227

    « Les révolution sont la maladie des peuples riches. Les révolutions sont la maladie des peuples libres. »

    « Les révolutions sont les fanaux de la Providence et de l'histoire. »

    « Je suis effrayé, je vous l'avouerai franchement, de la voie où s'est jetée une certaine partie du clergé français. Sous prétexte de ne vouloir pas rendre l'Église solidaire d'un parti ou d'une forme déterminée de gouvernement, on prétend la jeter dans le champ des aventures. Comment ces malheureux ne voient-ils pas que ce chemin aboutit forcément à une catastrophe? Notre Seigneur a menacé de méconnaître dans le Ciel celui qui rougira de le confesser sur la terre. Comment ces prêtres dont je parle ne voient-ils pas qu'en conseillant à l'Église de renier ses fidèles, de rougir de ses amis, ils ne font que lui conseiller de commettre ce grand péché de la honte pusillanime et de l'ingratitude ? Cela peut-être le conseil de la prudence humaine ; mais la prudence humaine est parfois bien misérable et bien imprudente. »

    • Juan Donoso Cortés, Essai sur le catholicisme, le libéralisme et le socialisme, Paris, Bibliothèque nouvelle, 1851, rééd. Bouère, Dominique Martin Morin, 1986, Avant-propos, p. 20, Arnaud Imatz citant la lettre au duc de Valmy du 9 juillet 1850

    « Les hommes ne sont pas moins durs les uns pour les autres que la nature ne l'est pour eux tous : partout où vous les trouvez réunis, vous voyez les faibles subir le joug des forts. Une femme distinguée par ses talents, voulant donner une preuve de son génie, se demanda un jour quel pouvait être le plus grand et le plus étrange de tous les paradoxes. Elle n'en trouva pas de plus grand et de plus étrange que d'affirmer du ton le plus convaincu que l'esclavage est chose moderne, et la liberté chose antique. »

    • Juan Donoso Cortés, Essai sur le catholicisme, le libéralisme et le socialisme (1851), éd. Bibliothèque nouvelle, 1851, réed. Dominique Martin Morin, 1986 (ISBN 9782856520864), p. 317

    « Dieu a laissé un champ libre et étendu aux opinions humaines ; il a assigné un vaste empire au libre arbitre de l'homme ; il lui a donné le pouvoir de dominer la terre et les mers, de se révolter contre son Créateur, de faire la guerre au ciel, de conclure des traités et des alliances avec les puissances infernales, d'assourdir le monde du fracas des batailles, d'embraser les sociétés des feux de la discorde, de les épouvanter par les redoutables secousses des révolutions, de fermer son intelligence à la vérité et ses yeux à la lumière, d'accueillir l'erreur et de se plaire dans les ténèbres ; de fonder des empires et de les détruire, d'établir des républiques et de les renverser, de se lasser, et des républiques, et des empires, et des monarchies, de délaisser ce qu'il a voulu, de revenir à ce qu'il a laissé, d'affirmer tout, jusqu'à l'absurde, de nier tout, jusqu'à l'évidence, de dire : Il n'y a pas de Dieu, et : Je suis Dieu ; de se proclamer indépendant de toutes les puissances, et d'adorer l'astre qui l'éclaire, le tyran qui l'opprime, le reptile qui rampe sur la terre, la tempête qui remplit les airs de ses mugissements, la foudre qui le frappe, la nuée qui passe. »

    • Juan Donoso Cortés, Essai sur le catholicisme, le libéralisme et le socialisme (1851), éd. Bibliothèque nouvelle, 1851, réed. Dominique Martin Morin, 1986 (ISBN 9782856520864), p. 411

    « Les théories pénale des monarchies absolues, aux jours de leur décadence, ont donné naissance aux théories des écoles libérales, et celles-ci ont poussé les choses au point périlleux où nous les voyons. Derrière ces écoles arrivent les socialistes avec leur théorie des saintes insurrections et des crimes héroïques ; et ce n'est pas encore la fin : dans les horizons lointains commencent à poindre de plus sanglantes aurores. Le nouvel évangile du monde s'écrit peut-être dans un bagne. Le monde n'aura que ce qu'il mérite quand il sera contraint de subir ces nouveaux apôtres et leur évangile.

    Ceux qui ont fait croire aux peuples que la terre peut être un paradis leur ont fait croire encore plus facilement que la terre doit être un paradis où le sang ne coulera jamais. Ce n'est pas dans cette illusion qu'est le mal ; mais, au jour et à l'heure où elle serait acceptée de tous, le sang jaillirait même des rochers, et la terre deviendrait un enfer. Dans cette basse et obscure vallée, l'homme ne peut aspirer à une félicité impossible sans perdre le peu de bonheur qui lui était laissé. »

    • Juan Donoso Cortés, Essai sur le catholicisme, le libéralisme et le socialisme (1851), éd. Bibliothèque nouvelle, 1851, réed. Dominique Martin Morin, 1986 (ISBN 9782856520864), p. 361

    « Quand la légalité suffit pour sauver la société, la légalité; quand elle ne suffit pas, la dictature. »

    • Juan Donoso Cortés, Discours sur la dictature (1849), Théologie de l'histoire et crise de civilisation, éd. Cerf, p. 95

    « C'est un fait historique, un fait connu, un fait incontestable, que la mission providentielle de la France est d'être l'instrument de la Providence pour la propagation des idées nouvelles, soit politiques, soit religieuses et sociales. Dans les temps modernes, trois grandes idées ont envahi l'Europe : l'idée catholique, l'idée philosophie, l'idée révolutionnaire. Or, dans ces trois périodes, toujours la France s'est faite homme pour propager ces idées. Charlemagne a été la France faite pour propager l'idée catholique ; Voltaire a été la France faite homme pour propager l'idée philosophique ; Napoléon a été la France faite homme pour propager l'idée révolutionnaire. »

    • Juan Donoso Cortés, Discours sur la dictature (1849), Théologie de l'histoire et crise de civilisation, éd. Cerf, p. 102

    « La vraie cause de ce mal grave et profond, c'est que l'idée de l'autorité divine et de l'autorité humaine a disparu. Voilà le mal qui travaille l'Europe, la société, le monde; et voilà pourquoi, Messieurs, les peuples sont ingouvernables. »

    • Juan Donoso Cortés, Discours sur la situation de l'Europe, prononcé à la chambre des députés de Madrid, 30 janvier 1850, Théologie de l'histoire et crise de civilisation, éd. Cerf, p. 123

    « Ainsi, une négation appelle une négation, comme un abîme appelle un abîme. Au-delà de cette négation [l'athéisme] qui est l'abîme, il n'y a rien, rien que ténèbres, et ténèbres palpables. »

    • Juan Donoso Cortés, Discours sur la situation de l'Europe, prononcé à la chambre des députés de Madrid, 30 janvier 1850, Théologie de l'histoire et crise de civilisation, éd. Cerf, p. 127

    « La théologie est la science qui conditionne toutes les autres sciences humaines ; les erreurs des idéologies modernes ont toutes pour origine les deux mêmes principes : le déisme et le naturalisme qui s'opposent aux dogmes chrétiens que sont la providence de Dieu et le péché originale. »

    • Juan Donoso Cortés, Lettre au cardinal Fornari, Théologie de l'histoire et crise de civilisation, éd. Cerf, p. 165

    « Quand l'homme se trouve sans Dieu, aussitôt le sujet se trouve sans roi et le fils sans père. »

    • Juan Donoso Cortés, Lettre au cardinal Fornari, Théologie de l'histoire et crise de civilisation, éd. Cerf, p. 176

    « Le grand empire antichrétien sera un empire démagogique colossal, gouverné par un plébéien de grandeur satanique, l'homme de péché. »

    • Juan Donoso Cortés, Lettre au cardinal Fornari, Théologie de l'histoire et crise de civilisation, éd. Cerf, p. 177

    « L'homme a voulu être libre ? Il le sera. Il abhorre les liens ? Ils tomberont tous en poussière à ses pieds. Un jour, pour essayer sa liberté, il a voulu tuer son Dieu. Ne l'a-t-il pas fait ? Ne l'a-t-il pas crucifié entre deux voleurs ? Des légions d'anges sont-elles descendues du ciel pour défendre le juste mourant sur la terre ? Eh bien, pourquoi descendraient-elles aujourd'hui qu'il s'agit, non pas du crucifiement de Dieu, mais du crucifiement de l'homme par l'homme ? Pourquoi descendraient-elles aujourd'hui quand notre conscience nous crie si haut que, dans cette grande tragédie, personne ne mérite leur intervention, ni ceux qui doivent être les victimes, ni ceux qui doivent être les bourreaux ? »

    « Les sociétés modernes ont conféré à tous le pouvoir d'être journalistes, et aux journalistes la charge redoutable d'enseigner les nations, c'est-à-dire la charge même que Jésus-Christ confia à ses apôtres. Je ne veux pas, en ce moment, porter un jugement sur cette institution, je me borne à vous en faire remarquer la grandeur : votre profession est à la fois une sorte de sacerdoce civil et une milice. »

    « Le monde rêve d'une unité gigantesque que Dieu ne veut pas et qu'il ne permettra pas, parce qu'elle serait le temple de l'orgueil. C'est là, en toutes choses, le péché du siècle. La folie de l'unité s'est emparée de tous en tout : unité de codes, unité de modes, unité de civilisation, unité d'administration, unité de commerce, unité d'industrie, unité de littérature, unité de langue. Cette unité est réprouvée, elle ne sera que l'unité de la confusion. Le fils se hâte de quitter le foyer paternel pour se lancer dans la société, qui est l'unité supérieure de la famille. Le paysan abandonne son village et s'en va à la ville, pour échanger l'unité municipale contre l'unité nationale. Tous les peuples passent leurs frontières et se mêlent les uns aux autres. C'est la Babel de la Bible. »

    • Juan Donoso Cortés, Pensées, Théologie de l'histoire et crise de civilisation, éd. Cerf, p. 236

    « L'empire absolu de Dieu sur les grands événements historiques qu'il opère et qu'il permet est sa prérogative incommunicable : l'histoire est comme le miroir où Dieu regarde extérieurement ses desseins; quand l'homme affirme que c'est lui qui fait les événements et qui tisse la trame merveilleuse de l'histoire, sa prétention est donc insensée : tout ce qu'il peut faire est de tisser pour lui seul la trame de celles de ses actions qui sont contraires aux divins commandements, et d'aider à tisser la trame de celles qui sont conformes à la volonté divine. »

    « Croire à l’égalité de tous les hommes, en les voyant tous inégaux ; croire à la liberté, en voyant la servitude établie partout ; croire que tous les hommes sont frères, quand l’histoire me montre qu’ils sont tous ennemis ; croire qu’il y a une masse commune de gloires et de revers pour tous ceux qui sont nés, lorsque je n’aperçois que des revers et des gloires individuels ; croire que je me rapporte à l’humanité, quand je sais que je rapporte l’humanité à moi ; croire que cette même humanité est mon centre, quand je me fais le centre de tout ; enfin croire que je dois croire toutes ces choses, quand il m’est affirmé, par ceux qui me les proposent comme objet de ma foi, que je ne dois croire qu’à ma raison qui les contredit toutes, c’est une absurdité si écrasante qu’elle me laisse tout stupéfait et étourdi. Ma stupéfaction augmente encore quand j’observe que ces mêmes hommes qui affirment la solidarité humaine, nient celle de la famille, ce qui est affirmer que les ennemis sont frères et que les frères ne doivent pas être des frères ; que ces mêmes hommes qui affirment la solidarité humaine nient la solidarité politique, ce qui est affirmer que je n’ai rien de commun avec mes concitoyens et que tout m’est commun avec les étrangers ; que ces mêmes hommes qui affirment la solidarité humaine, nient la solidarité religieuse, qui seule peut donner l’explication de la solidarité humaine. D’où je conclus légitimement que les écoles socialistes sont à la fois illogiques et absurdes. »

    • Juan Donoso Cortés, Essai sur le catholicisme, le libéralisme et le socialisme, Paris, Bibliothèque nouvelle, 1851, rééd. Bouère, Dominique Martin Morin, 1986

    « Pour moi, l’idéal de la vie, c’est la vie monastique. Je crois que ceux qui prient font plus pour le monde que ceux qui combattent ; et que, si le monde va de mal en pis', c’est qu’il y a plus de batailles que de prières. »

    « L'homme que la foi n'éclaire point se trouve inévitablement entraîné dans l'un ou l'autre des manichéismes : ou dans le manichéisme antique, suivant lequel il y a deux principes, un principe du bien et un principe du mal, incarnés chacun en un Dieu , de telle sorte que l'homme a deux Dieux suprêmes, entre lesquels la guerre est la seule loi ; ou dans le manichéisme proudhonien, qui consiste à affirmer que Dieu est le mal, que l'homme est le bien ; que le pouvoir humain et le pouvoir divin sont deux pouvoirs rivaux, et que l'unique devoir de l'homme est de vaincre Dieu, ennemi de l'homme. »

    « Le mal, qui selon votre doctrine, a son principe dans la société, est une essence ou un accident ; si c'est une essence, il ne suffit pas, pour le détruire, de bouleverser les institutions sociales, il faut en outre détruire la société elle-même, puisqu'elle est l'essence qui le produit sous toutes ses formes ; si au contraire, ce n'est qu'un accident, vous êtes obligés de faire ce que vous n’avez jamais fait, ce que vous ne faites pas, ce que vous ne pouvez faire : vous êtes obligé d'abord de m'expliquer en quel temps, par quelle cause, de quelle manière et en quelle forme est survenu cet accident, et ensuite par quelle série de déductions vous parvenez à faire de l'homme le rédempteur de la société, en lui donnant le pouvoir de la guérir de ses souillures, de laver ses péchés. »

    • Juan Donoso Cortés, Essai sur le catholicisme, le libéralisme et le socialisme, Paris, Bibliothèque nouvelle, 1851, rééd. Bouère, Dominique Martin Morin, 1986, p. 253

    « Je ne sais, messieurs, si votre attention a été frappée comme la mienne de la ressemblance, de la presque identité que l'on trouve entre les deux personnes au premier abord le plus distinctes et le plus contraires, de la ressemblance entre le prêtre et le soldat ? Ni le prêtre ni le soldat ne vit pour soi ; ni l'un ni l'autre ne vit pour sa famille ; pour l'un et pour l'autre la gloire est dans l'abnégation, dans le sacrifice. La charge du soldat est de veiller à l'indépendance de la société civile. La charge du prêtre est de veiller à l'indépendance de la société religieuse. Le devoir du prêtre est de mourir, de donner sa vie, comme le bon Pasteur, pour ses brebis. Le devoir du soldat est de donner, comme un bon frère, sa vie pour ses frères. Si vous considérez tout ce qu'a de laborieux et de pénible la vie sacerdotale, le sacerdoce vous paraitra, et il l'est en effet, une véritable milice. Si vous considérez la sainteté du ministère du soldat, la milice vous paraîtra comme un véritable sacerdoce. Que deviendraient l'Europe, le monde, la civilisation, s'il n'y avait ni prêtres ni soldats ? »

    • Juan Donoso Cortés, extrait du discours sur la situation générale de l'Europe, prononcé à la chambre des députés de Madrid, le 30 janvier 1850, Revue Totalité n°26, automne 1986

    Citationes de Juan Donoso Cortés

    « La dernière période de son existence est le terme définitif du combat, la victoire du chrétien sur le philosophe enfin mis en possession de la véritable philosophie. »

    • Louis Veuillot, Essai sur le catholicisme, le libéralisme et le socialisme, Paris, Bibliothèque nouvelle, 1851, rééd. Bouère, Dominique Martin Morin, 1986, Avant-propos, p. 8, Louis Veuillot à propos de Juan Donoso Cortés, cité par Arnaud Imatz

    « Quand d'une part le socialisme aura détruit ce qu'il doit naturellement détruire, c'est-à-dire les armées permanentes par la guerre civile, la propriété par les confiscations, la famille par les mœurs et par les lois ; et quand d'autre part le despotisme moscovite aura grandi et se sera fortifié comme il doit naturellement se fortifier et grandir, alors le despotisme absorbera le socialisme et le socialisme s'incarnera dans le Czar ; ces deux effrayantes créations du génie du mal se compléteront l'une par l'autre. »

    • Louis Veuillot, Donoso Cortés par Louis Veuillot, 1862, résume la prophétie de Donoso Cortés contenue dans le Discours sur la situation générale de l'Europe

    L'intuition fondamentale de toute la philosophie donosienne « c'est d'avoir pensé de façon exacte que la pseudo-religion de l'Humanité absolue est le début d'un chemin qui conduit à une terreur inhumaine. Conclusion neuve, mais plus profonde que les nombeux et grandiloquents jugements que de Maister a formulés sur la révolution, la guerre et le sang. Comparé à l'espagnol qui a admirablement sondé les abîmes de terreur de 1848, de Maistre est encore un aristocrate de la restauration de l'ancien régime un continuateur et un approfondisseur du XVIIIe siècle. »

    «  Il est temps de reconnaître dans toute sa pureté et sa grandeur cet homme extraordinaire et sympathique comme une figure importante de l'histoire de la pensée européenne et que l'on cesse de souligner les défauts et les insuffisances de ses démonstrations pour, au contraire, considérer le phénomène rare d'une intuition politique qui se meut dans des horizons séculaires. »

    • Carl Schmitt, Essai sur le catholicisme, le libéralisme et le socialisme, Paris, Bibliothèque nouvelle, 1851, rééd. Bouère, Dominique Martin Morin, 1986, Avant-propos, p. 31, Carl Schmitt à propos de Juan Donoso Cortés, cité par Arnaud Imatz

    « Par-dessus toute autre considération, l'idée fondatmentale est qu'un monde en marge de Dieu est métaphysiquement impossible, que « toute grande question politique et humaine suppose et enveloppe une grande question théologique. » »

    • Arnaud Imatz, « Avant-Propos » citant Juan Donoso Cortés, Essai sur le catholicisme, le libéralisme et le socialisme, Paris, Bibliothèque nouvelle, 1851, rééd. Bouère, Dominique Martin Morin, 1986, Avant-propos, p. 23

    « Aussi réactionnaires qu'ils aient été sur un plan politique, des hommes tels que Coleridge, Bonald, de Maistre, Justus Möser ou Donoso Cortès ont fait preuve d'une compréhension de l'importance d'institutions à croissance spontanée telles que le langage, le droit, la morale et les coutumes qui anticipait des analyses scientifiques récentes et dont les libéraux auraient pu profiter. »

    • Friedrich von Hayek, « Pourquoi je ne suis pas un conservateur », in Constitution de la liberté (trad. française 1994)

    Bibliographia

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