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  • Louis de Bonald

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    Citationes

    « La liberté, l’égalité, la fraternité ou la mort ont eu dans la révolution une grande vogue. La liberté a abouti à couvrir la France de prisons ; l’égalité, à multiplier les titres et les décorations ; la fraternité, à nous diviser ; la mort seule a réussi. »

    — Louis de Bonald, « Pensées sur divers sujets (1817) », dans Œuvres de M. de Bonald, éd. Le Clère, 1817-1843, t. VI, p. 154


    « Il faut en revenir à la maxime du Grand Maître : Vous aurez toujours des pauvres au milieu de vous ; et il est plus important qu’on ne pense de laisser sous les yeux de l'homme heureux, le spectacle de l'humanité souffrante, et sous les yeux du pauvre, le spectacle de la richesse bienfaisante. L’administration aura beau faire, elle ne soulagera jamais toutes les misères individuelles [...]. Bien plus, quand l’administration pourrait soulager toutes les misères, elle devrait bien se garder d’ôter à la charité particulière un aliment nécessaire, un puissant moyen de rapprochement entre les diverses conditions. Dans une société où il n’y aurait personne à soulager, il n’y aurait que des égoïstes, dont le cœur insensible aux malheurs des autres, ne serait dilaté que par la vue de l’or, ne palpiterait jamais que de la crainte de le dépenser. »

    — Louis de Bonald, « Théorie du pouvoir politique et religieux (1796) », dans Œuvres de M. de Bonald, éd. Le Clère, 1817-1843, t. XV, p. 197-198


    « Des sottises faites par des gens habiles ; des extravagances dites par des gens d'esprit ; des crimes commis par d'honnêtes gens... Voilà les révolutions. »

    — Louis de Bonald, « Pensées sur divers sujets (1817) », dans Œuvres de M. de Bonald, éd. Le Clère, 1817-1843, t. VI, p. 3-4


    « [...] depuis l'Évangile jusqu'au Contrat Social, ce sont les livres qui ont fait les révolutions. »

    — Louis de Bonald, « Mélanges littéraires, politiques et philosophiques (1819) », dans Œuvres de M. de Bonald, éd. Le Clère, 1817-1843, t. X, p. 224


    « Il faut donc placer le souverain législateur à la tête de la législation, et se pénétrer de cette vérité philosophique et la plus philosophique des vérités : que la révolution a commencé par la déclaration des droits de l'homme, et qu'elle ne finira que par la déclaration des droits de Dieu. »

    — Louis de Bonald, « Législation primitive (1802) », dans Œuvres complètes de M. de Bonald, éd. Migne, 1859-1864, t. I, p. 1133


    « On ne comprendra jamais assez tout le bien que la religion pourrait produire si les gouvernements, au lieu de la regarder comme un instrument de leur politique, se regardaient eux-mêmes comme ses ministres pour conduire les hommes à la vertu et au bonheur, en secondant de toutes leurs forces l'accomplissement de ses préceptes, en punissant sévèrement le mal qu'elle défend. »

    — Louis de Bonald, Réflexions sur l'accord des dogmes de la religion avec la raison (1810), éd. Cerf, coll. « La nuit surveillée », 2012 (ISBN 9782204098106), p. 95


    « Mais comme on a voulu se passer de religion et l'écarter de la société, il a bien fallu chercher un autre appui à la morale. On l'a cherché dans l'intérêt personnel et il en est résulté que pour un grand nombre l'intérêt personnel a été la seule morale. Cette opinion sophistique est une des grandes erreurs du siècle des Lumières. »

    — Louis de Bonald, Réflexions sur l'accord des dogmes de la religion avec la raison (1810), éd. Cerf, coll. « La nuit surveillée », 2012 (ISBN 9782204098106), p. 96


    « J'ai défendu la sainteté et l'utilité des voeux en général et non tel ou tel ordre en particulier, et je conviendrai sans peine que quelques institutions qui dans leur temps avaient rendu de grands services à la religion et aux peuples avaient rendu de grands services à la religion et aux peuples avaient pu être utilement remplacées par d'autres, mieux appropriées aux besoins de la société, je ne dis pas aux progrès des lumières car je ne connais de progrès que dna les sciences physiques étrangères à la morale et même à la politique, et s'il avait fally dans ces derniers temps des ordres où il y eut plus de lumières c'est précisément parce qu'il y en avait moins dans la société. »

    — Louis de Bonald, Réflexions sur l'accord des dogmes de la religion avec la raison (1810), éd. Cerf, coll. « La nuit surveillée », 2012 (ISBN 9782204098106), p. 110-111


    « La religion renferme quelque chose d'élevé dans ses dogmes de sévère dans ses préceptes, d'austère dans ses conseils, de magnifique dans ses promesses, de terrible dans ses menaces, de doux dans ses consolations, qui est singulièrement propre à former des habitudes graves et des caractères élevés. »

    — Louis de Bonald, Réflexions sur l'accord des dogmes de la religion avec la raison (1810), éd. Cerf, coll. « La nuit surveillée », 2012 (ISBN 9782204098106), p. 120


    « Une preuve de plus que le Décalogue a été donné par Dieu même à la première société, est qu'il n'y a d'injonctions que pour les inférieurs, pour les enfants et non pour les pères, et par conséquent, comme l'entendent tous les interprèles, pour les sujets et non pour les rois. Dieu, source et règle de tous les pouvoirs, et dont les pères et les rois ne sont que les délégués, n'avait garde de se donner des lois à lui-même. Les hommes n'auraient pas agi ainsi ; ils n'auraient pas manqué, en endoctrinant les chefs, de flatter les subalternes, et de placer dans leurs lois les droits de l'homme, la responsabilité des agents de l'autorité et la souveraineté du peuple ; et au lieu de commencer leur Code par ces mots : « Enfant, honore ton père » et ta mère», ils auraient dit : « Pères et mères , prenez soin de vos enfants ». »

    — Louis de Bonald, « Pensées sur divers sujets (1817) », dans Œuvres de M. de Bonald, éd. Le Clère, 1817-1843, t. I, p. 304-305


    « Mais ces peuples parlaient bien, et même dans toutes les classes ; et ces révolutions sanglantes [...] se faisaient à Rome et à Athènes en bon latin et en bon grec. [...] Dans nos gouvernements modernes, qui avaient mis le peuple à la place qu'il doit occuper, même pour son bonheur, l'autorité sur la langue lui avait été ôtée comme l'autorité sur les affaires publiques ; et quoiqu'on dise communément que l'usage est le maître des langues, il faut l'entendre de l'usage du peuple lettré et non de la multitude. Ce dernier peuple, un moment en France investi du pouvoir, n'a pu même mettre la main au gouvernement sans porter le désordre dans la langue [...]. »

    — Louis de Bonald, « Mélanges littéraires, politiques et philosophiques (1819) », dans Œuvres de M. de Bonald, éd. Le Clère, 1817-1843, t. XI, p. 293-294


    « Déclarer le peuple souverain dans la crainte hypothétique qu'il ne soit opprimé comme sujet, sans prévoir quel pouvoir on pourra opposer à celui du peuple, ou plutôt avec la certitude de n'en avoir aucun à lui opposer si, à son tour, il devient oppresseur, présupposer l'oppression pour justifier la résistance, ériger le désordre en loi pour prévenir la violation de l'ordre, c'est imiter un insensé qui bâtirait sa maison au milieu d'un torrent pour avoir l'eau plus à portée en cas d'incendie. »

    — Louis de Bonald, « Mélanges littéraires, politiques et philosophiques (1819) », dans Œuvres de M. de Bonald, éd. Le Clère, 1817-1843, t. XI, p. 569-570


    « [Les gouvernements] sont surtout de droit divin lorsqu’ils sont conformes aux lois naturelles de l’ordre social dont le suprême législateur est l’auteur et le conservateur, et le pouvoir public ainsi considéré n’est pas plus ni autrement de droit divin que le pouvoir domestique.

    Et les imposteurs qui disent, et les sots qui répètent que nous croyons telle ou telle famille, tel ou tel homme visiblement désigné par la providence pour régner sur un peuple nous prêtent gratuitement une absurdité pour avoir le facile mérite de la combattre, et sous ce rapport, la famille des bourbons n’était pas plus de droit divin que celle des ottomans. »

    — Louis de Bonald, Réflexions sur la Révolution de juillet 1830 et autres inédits, éd. DUC/Albatros, 1988, p. 156


    « L’existence des Juifs a quelque chose de si extraordinaire, qu’elle ne peut être expliquée que par la nécessité d’attester à tous les peuples de l’Univers et dans tous les temps de sa durée, l’authenticité d’une loi écrite pour tous les peuples et pour tous les temps. C’est la branche aînée de la grande famille, et elle a le dépôt des titres originaux. Cela a été dit cent fois, et toujours avec raison ; mais, comme l’observe un homme d’esprit : Les pensées vieillissent par l’usage et les mots par le non usage. »

    — Louis de Bonald, « Législation primitive (1802) », dans Œuvres de M. de Bonald, éd. Le Clère, 1847-1859, t. II, p. 156


    « Elevez plus haut vos pensées, élargissez l’étroite enceinte où quelques sophistes ont circonscrit votre raison, et embrassez le système entier du peuple juif, de ce peuple figure, modèle, exemple, prophète pour tous les peuples, législateur de société dans son code, historien de la société dans les annales. Voyez dans les faits racontés par ce peuple les faits prédits et prévus des autres nations ; observez dans sa sortie d’Egypte, de la maison de servitude, et dans ses efforts pour arriver à la terre promise, le passage de tout peuple de l’état servile et précaire de la barbarie à la dignité de la civilisation, comme la religion nous enseigne à y voir le passage de tout homme de l’esclavage du vice à la liberté de la vertu. Vous ne voulez pas des figures religieuses que les siècles passés y ont révérés ; croyez au moins aux figures politiques que la marche des âges et l’état présent de la société vous révèlent. Vous refusez d’ajouter foi à ce que ces livres mystérieux vous disent de l’histoire du commencement des temps ; admirez la prescience divine qui y a caché l’histoire de la fin des temps, et dans la vie domestique, politique et religieuse d’une seule société, lisez les traits divers et épars dans toute les histoires de la vie sociale de tous les peuples. »

    — Louis de Bonald, « Législation primitive (1802) », dans Œuvres de M. de Bonald, éd. Le Clère, 1847-1859, t. II, p. 102


    « Les partisans rigides de l'égalité absolue ont cru la trouver dans les maximes de l'Évangile. Sans doute elle existe entre les êtres semblables. Tous les pères de famille entre eux, et tous les enfants entre eux aussi, considérés en cette qualité, sont égaux, de même que dans la société religieuse les prêtres entre eux, et les fidèles aussi entre eux ; et, dans la société politique, les hommes ayant autorité et les sujets sont chacun égaux entre eux, considérés comme hommes et comme sujets. Mais, considérés sous le rapport des fonctions, les enfants ne sont pas les égaux des pères, les femmes des maris, les prêtres des fidèles, les officiers des subordonnés, parce qu'il n'y a pas d'ordre possible dans la société domestique ou publique, pas même dans un atelier d'arts mécaniques, sans la distinction et la hiérarchie des fonctions ; mais pour ceux qui ne regardent pas comme un bonheur personnel des devoirs à remplir envers les autres ; qui estimant les charges et les offices ce qu'ils sont, c'est-à-dire, des fardeaux et des devoirs, onus, officium, dédaignent cet éclat extérieur qui impose au vulgaire, et pèsent tout au poids du sanctuaire ; pour ceux-là, dis-je, le Sauveur du monde va bien plus loin que les partisans les plus outrés de l'égalité, puisque, loin de prêcher l'égalité entre les grands et les petits, il donne à ces derniers la supériorité, lorsque après avoir appris au monde que tout pouvoir n'est qu'un service, il demande « quel est le plus grand de celui qui sert ou do » celui qui est servi ? » Et effectivement, tout, dans la famille, ne se rapporte-t-il pas à l'intérêt des enfants, et, dans la religion et l'État, au salut des fidèles et au bien-être des sujets ? »

    — Louis de Bonald, « Méditations politiques tirées de l'Évangile (1830) », dans Œuvres complètes de M. de Bonald, éd. Migne, 1859-1864, t. III, p. 640


    « Nous sommes mauvais par nature, bons par la société. Ainsi tous ceux qui, pour constituer la société, ont commencé par supposer que nous naissons bons, frappés des désordres que la société n’empêche pas et oubliant tous ceux qu’elle prévient, ont fini, comme Jean-Jacques, par croire que la société n’était pas dans la nature de l’homme. Ces écrivains ont fait comme des architectes qui, pour bâtir un édifice, supposeraient que les pierres viennent toutes taillées de la carrière et les bois tout équarris de la forêt. »

    — Louis de Bonald, « Pensées sur divers sujets (1817) », dans Œuvres de M. de Bonald, éd. Le Clère, 1817-1843, t. I, p. 118


    « Il est commode et surtout expéditif de rejeter sur l'ignorance et la superstition tout ce qui passe la mesure de nos petites idées et des connaissances superficielles ou plutôt de nos préventions. La superstition et l'ignorance défigurent la vérité mais elles n'inventent rien, pas même l'erreur qui n'est jamais qu'une vérité incomplète, elles altèrent des faits et des croyances, mais elles ne s'exercent que sur un fonds donné ; l'idée la moins raisonnable a toujours une raison et c'est à la chercher que l'esprit doit s'appliquer. »

    — Louis de Bonald, Réflexions sur l'accord des dogmes de la religion avec la raison (1810), éd. Cerf, coll. « La nuit surveillée », 2012 (ISBN 9782204098106), p. 74


    « Je le demande à ceux qui cherchent la vérité de bonne foi mais qui, égarés par de grands esprits faux, comme les appelle Bossuet, sont prévenus contre la religion chrétienne : est-ce ainsi que les hommes inventent ? Un homme assez habile pour fabriquer une religion, assez fou pour l'entreprendre, ne proposerait pas aux hommes des choses si relevées à croire, pour les conduire à des devoirs pénibles à pratiquer. Il inventerait un Dieu sans justice et un homme sans passions, il inventerait la liberté absolue, l'égalité générale, la souveraineté du peuple, et il permettrait le divorce aux volupteux, l'usure aux hommes avides, et s'il n'autorisait pas formellement de plus grands désordres, il les tolérerait avec une extrême indulgence. Il parlerait d'abord à l'imagination et aux sens, et quand il aurait égaré l'une et enflammé l'autre, il inviterait peut-être la raison à discuter froidement ses sophismes, sûr d'avance du résultat. Peut-être, s'il était prudent, céderait-il quelque chose au penchant naturel vers l'ordre et la règle que l'homme, même le plus déréglé, porte au fond de son coeur, et pour tromper ce sentiment, il lui prescrirait l'observance pénible de choses innocentes en elles-mêmes, en même temps qu'il lâcherait la bride à ses désirs sur les points essentiels de la morale, il octroierait des conseils en même temps qu'il affaiblirait le précepte et, comme Mahommet, il prescrirait les ablutions fréquentes, les prières continuelles, le pèlerinage de la Mecque ou l'abstinence de vin à un même homme à qui il permettrait la pluralité des femmes et la plus furieuse haine de tous ceux qui ne seraient pas ses disciples. Les esprits bornés s'extasieraient sur ces inventions, ils y trouveraient peut-être des vues profondes et politiques, et il ne faudraity voir que la déraison de l'ignorance et les hardies impostures d'un charlatan. »

    — Louis de Bonald, Réflexions sur l'accord des dogmes de la religion avec la raison (1810), éd. Cerf, coll. « La nuit surveillée », 2012 (ISBN 9782204098106), p. 88-89


    « On dit très bien les erreurs de J.-J. Rousseau, on ne peut pas dire les vérités de Bossuet ou de Leibniz. Pourquoi cela ? Sinon parce que l'erreur est de l'homme et que la vérité n'en est pas. »

    — Louis de Bonald, Réflexions sur l'accord des dogmes de la religion avec la raison (1810), éd. Cerf, coll. « La nuit surveillée », 2012 (ISBN 9782204098106), p. 120


    « Un athée qui écrit l'histoire est un sourd qui traite de l'harmonie.

    Si un imposteur avait fondé le christianisme, il se serait bien gardé de le rattacher à un culte aussi méprisé de l'univers que le culte judaïque et de chercher les premiers prosélytes chez un peuple aussi odieux que le pleuple juif. Il n'en avait pas besoin et avec l'habileté que la philosophie ne peut refuser au fondateur de la religion chrétienne, il aurait pu s'en passer.

    Il n'y a que la religion qui entende la politique.

    On n'aime que soir et l'on ne devrait craindre que soi. C'est pourquoi la religion va jusqu'à nous recommander de nous haïr nous-mêmes car on finit par haïr ce qu'on craint sans l'aimer. »

    — Louis de Bonald, Réflexions sur l'accord des dogmes de la religion avec la raison (1810), éd. Cerf, coll. « La nuit surveillée », 2012 (ISBN 9782204098106), p. 113


    « La religion chrétienne commença par attaquer le paganisme, alors en possession de la société et dans cette guerre sanglante qui dura près de trois siècles, elle triompha par la mort d'un grand nombre de ses enfants. Elle fut ensuite attaquée elle-même, par le mahométisme, et il fallut le prodige des croisades, et la réunion de toutes les forces de l'Europe chrétienne pour l'éloigner de la chrétienté. Il n'y a eu du moins en apparence depuis cette époque que des guerres civiles, des esprits superficiels n'y trouvant que des disputes de sectes, mais les habiles en jugents autrement, et dans les guerres théologiques du XVIe siècle ils ont vu le germe de la guerre philosophique du XIXe et le grand et dernier combat entre le déisme et le christianisme. »

    — Louis de Bonald, Réflexions sur l'accord des dogmes de la religion avec la raison (1810), éd. Cerf, coll. « La nuit surveillée », 2012 (ISBN 9782204098106), p. 119


    « Beaucoup voudraient une religion sans prêtres comme une monarchie sans nobles. Ils ne voient en tout et pour tout que l'homme et jamais le ministère de la société. Lorsqu'on offre à quelqu'un en don des choses matérielles, c'est pour que celui qui les accepte les consomme par l'usage qu'il en fait : ainsi il n'y a pas de don sans destruction de la chose donnée. Cette vérité développée explique le sacrifice de la religion chrétienne. »

    — Louis de Bonald, Réflexions sur l'accord des dogmes de la religion avec la raison (1810), éd. Cerf, coll. « La nuit surveillée », 2012 (ISBN 9782204098106), p. 121


    Bibliographia


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