• Recensere
  • Pier Paolo Pasolini

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    Citationes

    « Aucun centralisme fasciste n’est parvenu à faire ce qu’a fait le centralisme de la société de consommation. Le fascisme proposait un modèle, réactionnaire et monumental, mais qui restait lettre morte. [...] De nos jours, au contraire, l’adhésion aux modèles imposés par le centre est totale et inconditionnée. On renie les véritables modèles culturels. L’abjuration est accomplie. On peut donc affirmer que "la tolérance" de l’idéologie hédoniste voulue par le nouveau pouvoir est la pire des répressions de l’histoire humaine. »

    — Pier Paolo Pasolini, Écrits corsaires (1976), trad. Philippe Guilhon, éd. Flammarion, 2009 (ISBN 9782081226623), p. 49


    « Le fascisme, je tiens à le répéter, n’a pas même, au fond, été capable d’égratigner l’âme du peuple italien, tandis que le nouveau fascisme, grâce aux nouveaux moyens de communication et d’information (surtout, justement, la télévision), l’a non seulement égratignée, mais encore lacérée, violée, souillée à jamais. »

    — Pier Paolo Pasolini, Écrits corsaires (1976), trad. Philippe Guilhon, éd. Flammarion, 2009 (ISBN 9782081226623), p. {{{page}}}


    « La société préconsumériste avait besoin d'hommes forts, donc chastes. La société de consommation a besoin au contraire d'hommes faibles, donc luxurieux. Au mythe de la femme enfermée et séparée (dont l'obligation de chasteté impliquait la chasteté de l'homme) s'est substitué le mythe de la femme ouverte et proche, toujours à disposition. Au triomphe de l'amitié entre hommes et de l'érection s'est substitué le triomphe du couple et de l'impuissance. Les hommes jeunes sont traumatisés par l'obligation, que leur impose la permissivité, de faire tout le temps et librement l'amour. »

    — Pier Paolo Pasolini, Lettres luthériennes (1976), trad. Anna Rocchi Pullberg, éd. Seuil, coll. « Points », 2002 (ISBN 9782020533041), p. 121


    « Le fond de mon enseignement consistera à te convaincre de ne pas craindre la sacralité et les sentiments, dont le laïcisme de la société de consommation a privé les hommes en les transformant en automates laids et stupides, adorateurs de fétiches. »

    — Pier Paolo Pasolini, Lettres luthériennes (1976), trad. Anna Rocchi Pullberg, éd. Seuil, coll. « Points », 2002 (ISBN 9782020533041), p. 28


    « Aujourd'hui on assiste à la revanche et au triomphe des « fils à papa ». Ce sont eux qui représentent aujourd'hui le le modèle-guide. »

    — Pier Paolo Pasolini, Lettres luthériennes (1976), trad. Anna Rocchi Pullberg, éd. Seuil, coll. « Points », 2002 (ISBN 9782020533041), p. 184


    « Cette révolution capitaliste, du point de vue anthropologique, c'est-à-dire quant à la fondation d'une nouvelle "culture", exige des hommes dépourvus de liens avec le passé qui comportait l’épargne et le moralisme. Elle exige que ces hommes vivent, du point de vue de la qualité de vie, du comportement et des valeurs dans un état d’impondérabilité, ce qui leur permet de privilégier comme le seul acte existentiel possible, la consommation et la satisfaction de ses exigences hédonistes. »

    — Pier Paolo Pasolini, Lettres luthériennes (1976), trad. Anna Rocchi Pullberg, éd. Seuil, coll. « Points », 2002 (ISBN 9782020533041), p. {{{page}}}


    « L'école obligatoire est une école d'initiation à la qualité de la vie petite-bourgeoise. »

    — Pier Paolo Pasolini, Lettres luthériennes (1976), trad. Anna Rocchi Pullberg, éd. Seuil, coll. « Points », 2002 (ISBN 9782020533041), p. 202


    « C'est la télévision qui, pratiquement (car elle n'est qu'un moyen), a mis fin à l'âge de la pitié, et donné le départ à l'âge de l'Hédoné. »

    — Pier Paolo Pasolini, Lettres luthériennes (1976), trad. Anna Rocchi Pullberg, éd. Seuil, coll. « Points », 2002 (ISBN 9782020533041), p. 203


    « Que la vie est sacrée, c'est évident : c'est un principe encore plus fort que tout principe démocratique et il est inutile de le répéter. »

    — Pier Paolo Pasolini, Écrits corsaires (1976), trad. Philippe Guilhon, éd. Flammarion, 2009 (ISBN 9782081226623), p. 144


    « Sous couleur de démocratie, de pluralité, de tolérance et de bien-être, les autorités politiques, inféodées aux pouvoirs marchands, ont édifié un système totalitaire sans nul autre pareil. »

    — Pier Paolo Pasolini, Écrits corsaires (1976), trad. Philippe Guilhon, éd. Flammarion, 2009 (ISBN 9782081226623), p. {{{page}}}


    « La Démocratie chrétienne est un néant idéologique qui tient tout à fait de la mafia : une fois perdue la référence à l'Eglise, elle peut se mouler elle-même, telle une cire malodorante, dans les formes exigées par une référence plus directe au Pouvoir économique réel, c'est-à-dire au nouveau mode de production (caractérisé par l'énorme quantité et par le superflu) et à son idéologie hédoniste implicite (qui est à l'exact opposé de la religion). »

    — Pier Paolo Pasolini, Lettres luthériennes (1976), trad. Anna Rocchi Pullberg, éd. Seuil, coll. « Points », 2002 (ISBN 9782020533041), p. 90


    « [...] "Le Pouvoir a décidé que nous sommes tous égaux".

    La fièvre de la consommation est une fièvre d’obéissance à un ordre non énoncé. Chacun, en Italie, ressent l’anxiété, dégradante, d’être comme les autres dans l’acte de consommer, d’être heureux, d’être libre, parce que tel est l’ordre que chacun a inconsciemment reçu et auquel il doit "obéir" s’il se sent différent. Jamais la différence n’a été une faute aussi effrayante qu’en cette période de tolérance. L’égalité n’a, en effet, pas été conquise, mais est, au contraire, une "fausse" égalité reçue en cadeau. »

    — Pier Paolo Pasolini, Écrits corsaires (1976), trad. Philippe Guilhon, éd. Flammarion, 2009 (ISBN 9782081226623), p. 95


    « Aujourd'hui, la liberté sexuelle de la majorité est en réalité une convention, une obligation, un devoir social, une anxiété sociale, une caractéristique inévitable de la qualité de vie du consommateur. »

    — Pier Paolo Pasolini, Écrits corsaires (1976), trad. Philippe Guilhon, éd. Flammarion, 2009 (ISBN 9782081226623), p. 145


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    « Je suis une force du passé
    Mon amour ne va qu’à la tradition
    Je viens des ruines, des églises, des retables
    Des bourgs oubliés des Appenins et des Préalpes
    Où ont vécu les Frères
    J’erre sur la Tuscolana comme un fou
    Sur la Via Appia comme un chien sans maître
    Je regarde les crépuscules sur Rome
    Sur la Ciociaria et sur le monde
    Comme les premiers Actes de l’Après-Histoire
    Auxquels j’assiste par privilège d’état-civil
    Depuis le bord extrême d’un âge enseveli.
    Monstrueux est celui qui est né
    Des entrailles d’une femme morte.
    Et moi, fœtus adulte, j’erre
    Plus moderne que tous les modernes,
    À la recherche de frères qui n’existent plus. »

    — Pier Paolo Pasolini, Poésie en forme de rose [Poesia in forma di rosa] (1964)

    « Le fascisme peut revenir sur la scène à condition qu'il s'appelle anti-fascisme. »

    — Pier Paolo Pasolini, Lettres luthériennes (1976), trad. Anna Rocchi Pullberg, éd. Seuil, coll. « Points », 2002 (ISBN 9782020533041), p. 149


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    « Le fascisme de naguère, ne fût-ce qu’à travers la dégénérescence de la rhétorique, rendait différent, alors que le nouveau fascisme — qui est tout autre chose — ne rend plus différent : il n’est plus rhétorique sur le mode humaniste, mais pragmatique sur le mode américain. Son but est la réorganisation et le nivellement brutalement totalitaire du monde. »

    — Pier Paolo Pasolini

    « Je suis profondément convaincu que le vrai fascisme est ce que les sociologues ont trop gentiment nommé "la société de consommation", définition qui paraît inoffensive et purement indicative. Il n’en est rien. Si l’on observe bien la réalité, et surtout si l’on sait lire dans les objets, le paysage, l’urbanisme et surtout les hommes, on voit que les résultats de cette insouciante société de consommation sont eux-mêmes les résultats d’une dictature, d’un fascisme pur et simple. Dans le film de Naldini, on voit que les jeunes étaient encadrés et en uniforme... Mais il y a une différence : en ce temps là, les jeunes, à peine enlevaient-ils leurs uniformes et reprenaient-ils la route vers leurs pays et leurs champs, qu’ils redevenaient les Italiens de cinquante ou de cent ans auparavant, comme avant le fascisme.

    Le fascisme avait en réalité fait d’eux des guignols, des serviteurs, peut-être en partie convaincus, mais il ne les avait pas vraiment atteints dans le fond de l’âme, dans leur façon d’être. En revanche, le nouveau fascisme, la société de consommation, a profondément transformé les jeunes ; elle les a touchés dans ce qu’ils ont d’intime, elle leur a donné d’autres sentiments, d’autres façons de penser, de vivre, d’autres modèles culturels. Il ne s’agit plus, comme à l’époque mussolinienne, d’un enrégimentement superficiel, scénographique, mais d’un enrégimentement réel, qui a volé et changé leur âme. Ce qui signifie, en définitive, que cette "civilisation de consommation" est une civilisation dictatoriale. En somme, si le mot de "fascisme" signifie violence du pouvoir, la "société de consommation" a bien réalisé le fascisme. »

    — Pier Paolo Pasolini, Écrits corsaires (1976), trad. Philippe Guilhon, éd. Flammarion, 2009 (ISBN 9782081226623), p. {{{page}}}


    « Il existe aujourd’hui une forme d’antifascisme archéologique qui est du reste un bon prétexte pour se procurer une licence d’antifascisme réel. »

    — Pier Paolo Pasolini, Écrits corsaires (1976), trad. Philippe Guilhon, éd. Flammarion, 2009 (ISBN 9782081226623), p. {{{page}}}


    « Aujourd'hui, [...], les mariages ressemblent à de hâtifs rites funèbres. »

    — Pier Paolo Pasolini, Écrits corsaires (1976), trad. Philippe Guilhon, éd. Flammarion, 2009 (ISBN 9782081226623), p. 148


    « [...] qui accepte le divorce est un bon consommateur. »

    — Pier Paolo Pasolini, Écrits corsaires (1976), trad. Philippe Guilhon, éd. Flammarion, 2009 (ISBN 9782081226623), p. 265


    Orson Welles and Pier Paolo Pasolini

    Bibliographia


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