• Recensere
  • Cicéron

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    Citationes

    « Vient ensuite l’or des Juifs, et cette imputation si odieuse. Voilà, sans doute, pourquoi cette cause est plaidée auprès des degrés Auréliens ; c’est pour ce chef d’accusation, Lélius, que vous avez choisi ce lieu et cette foule de Juifs qui nous entourent. Vous savez quel est leur nombre, leur union, leur pouvoir dans nos assemblées. Je parlerai bas, de manière à n’être entendu que des juges. Comme il ne manque pas de gens qui animent contre moi et contre les meilleurs citoyens ceux que vous protégez, je ne veux pas fournir ici de nouvelles armes à leur malveillance.

    C’était la coutume de transporter tous les ans de l’Italie, et de toutes les provinces, à Jérusalem, de l’or amassé par les Juifs ; un édit de Flaccus défendit cette exportation aux Asiatiques. Qui pourrait, juges, ne pas approuver une telle mesure ? Le sénat, par les décrets les plus sévères, avant et sous mon consulat, défendit de transporter de l’or. Il y avait de la sagesse à rompre le cours d’une superstition barbare ; de la fermeté à braver, pour le bien de la république, cette multitude de Juifs, qui troublent quelquefois nos assemblées. [...]

    Les Juifs étaient répandus dans toutes les provinces, et surtout dans les villes d’Asie ; ils envoyaient tous les ans, à Jérusalem, certaine quantité d’or en masse et en lingot : car voilà ce que veut dire en latin aurum, et non de l’or monnayé. C’était une espèce d’offrande pour l’entretien du temple. Flaccus s’empara de cet or, et le versa dans le trésor public. La multitude était mécontente ; elle souffrait avec peine ce mépris, même d’une religion étrangère. D’ailleurs, il y avait un grand nombre de Juifs à Rome, et ils animaient la multitude. »

    — Cicéron, « Plaidoyer pour L. Flaccus », dans Œuvres complètes, trad. A. Paret, éd. Garnier, 1850, t. 2, p. 681-692