• Recensere
  • Thomas Molnar

    Thomas Molnar.jpg

    Citationes

    « Par conséquent, l’intention principale de la doctrine politique des contre-révolutionnaires étaient de prouver que la nature organique des sociétés s’oppose à la révolution comme une destruction brutale de la vie nationale, c’est-à-dire de l’harmonie qui relie la communauté au citoyen, le gouvernement à la nation, le passé au présent, l’histoire à l’avenir. Le centre de gravitation de cette thèse est la croyance que le rythme authentique des sociétés est contraire à la fièvre révolutionnaire ; que le gouvernement est le garant de ce rythme ; et que le progrès suppose la paix sociale, une légifération prudente et minimale, la protection contre le risque de révolte. »

    — Thomas Molnar, La Contre-révolution (1969), trad. Olivier Postel-Vinay, éd. Union générale d’éditions, coll. « 10/18 », 1972, p. 165


    « À mesure que les années passaient, les idées proposées par le parti révolutionnaire paraissaient de plus en plus attrayantes, non pas en raison de leurs mérites intrinsèques, mais parce qu'elles imprégnaient le climat intellectuel, acquéraient un monopole, isolaient les idées contraires en arguant de leur modération pour prouver leur impotence. »

    — Thomas Molnar, La Contre-révolution (1969), trad. Olivier Postel-Vinay, éd. Union générale d’éditions, coll. « 10/18 », 1972, p. 59


    « L'édifice monarchique s'écroula sous les coups de canon des marchands de formules. »

    — Reformulant la thèse de Hippolyte Taine à propos de la révolution française

    — Thomas Molnar, La Contre-révolution (1969), trad. Olivier Postel-Vinay, éd. Union générale d’éditions, coll. « 10/18 », 1972, p. 59


    « Il faut distinguer entre les intellectuels qui forment les concepts révolutionnaires et ceux qui viennent à leur appui en amplifiant leur voix, en allongeant leurs griffes, en élargissant leur public, en préparant ce dernier à recevoir des idées qu'il n'aurait autrement considérées qu'avec méfiance ou indifférence. »

    — Thomas Molnar, La Contre-révolution (1969), trad. Olivier Postel-Vinay, éd. Union générale d’éditions, coll. « 10/18 », 1972, p. 68


    « La considération dans laquelle on tient la révolution à notre époque vient principalement de la pénétration progressive des idées d'extrême gauche dans les classes moyennes. Celles-ci les cultivent pour les répandre ensuite dans toutes les directions par tous les moyens de communication disponibles. L'intellectuel issu d'une classe moyenne représente, en tant que membre de la république des lettres, aussi bien individuellement que sur le plan corporatif, un banc d'essai et un champ de bataille pour ces idées ; il n'a pas même besoin de faire du prosélytisme : sa profession de professeur, d'écrivain, de politicien ou de journaliste conserve ces idées en vitrine, tandis que la considération dont il bénéficie, reflet de valeurs et d'une conduite plus traditionnelles, témoigne pour la justesse ou du moins la pertinence de ses propos. »

    — Thomas Molnar, La Contre-révolution (1969), trad. Olivier Postel-Vinay, éd. Union générale d’éditions, coll. « 10/18 », 1972, p. 99-100


    « Ce qui est essentiel, les révolutionnaires ont rapidement compris que bien que 1789 ait ouvert la porte du pouvoir aux masses, celles-ci ne l'utiliseront jamais pour elles-mêmes, mais permettront seulement qu'il passe entre les mains de ces nouveaux privilégiés que sont les entraîneurs de foules, les faiseurs d'opinion et les idéologues. »

    — Thomas Molnar, La Contre-révolution (1969), trad. Olivier Postel-Vinay, éd. Union générale d’éditions, coll. « 10/18 », 1972, p. 119


    « L'inspiration collectiviste est inséparable de la discipline, et la discipline de la hiérarchie. Quiconque a essayé d'organiser les contre-révolutionnaires a dû constater que ces gens tendent à placer leurs intérêts personnels au-dessus de l'appartenance à une organisation. La plupart des association de contre-révolutionnaires font commencer leurs demandes de soutien par une excuse pour cette intrusion dans la vie privée du membre éventuel, et les terminent en l'assurant que ses services ne lui seront demandés qu'avec modération. Le son de trompette des activistes hégéliens n'est pas aussi vague. »

    — Thomas Molnar, La Contre-révolution (1969), trad. Olivier Postel-Vinay, éd. Union générale d’éditions, coll. « 10/18 », 1972, p. 131-132


    « La restauration contre-révolutionnaire a régulièrement échoué, non en raison de quelque faiblesse intrinsèque dans la philosophie contre-révolutionnaire, mais parce que les contre-révolutionnaires étaient largement incapables d'utiliser des méthodes modernes, une organisation, des slogans, des partis politiques et la presse. Le processus publicitaire était abandonné aux révolutionnaires, si bien que les contre-révolutionnaires se sont toujours montrés sous une lumière défavorable, quand du moins ils parvenaient à se faire connaître. »

    — Thomas Molnar, La Contre-révolution (1969), trad. Olivier Postel-Vinay, éd. Union générale d’éditions, coll. « 10/18 », 1972, p. 179


    « Arrivé à ce point, l'État libéral-démocratique est en train d'adopter une nouvelle forme, que nombre de respectables observateurs politiques affirment n'être ni de “gauche” ni de “droite” : l'État du “management”, de la “production centralisée », la “société de consommation”, ou simplement l‘“État industriel” de toute manière, neutre sur le plan idéologique. »

    — Thomas Molnar, La Contre-révolution (1969), trad. Olivier Postel-Vinay, éd. Union générale d’éditions, coll. « 10/18 », 1972, p. 226


    « Après 1945 les contre-révolutionnaires se retrouvent sensiblement dans la même position qu'auparavant. Tous les dangers qui menacent leurs idéaux — la nation, l'Occident, la religion, la culture — ont augmenté, ils ont en fait atteint un stade avancé et leur influence combinée est devenue capable de décomposer et de détruire ces idéaux. C'est aujourd'hui un lieu commun de la contre-révolution que le processus de décomposition a atteint le moment critique et qu'il s'accélère à mesure que s'approche la décadence finale. »

    — Thomas Molnar, La Contre-révolution (1969), trad. Olivier Postel-Vinay, éd. Union générale d’éditions, coll. « 10/18 », 1972, p. 229


    « Les premières générations de contre-révolutionnaires avaient placé leurs espoirs dans la restauration de la monarchie. Derrière cette aspiration il y avait plus que de la loyauté envers la personne du monarque et la dynastie ; il y avait, au premier chef, l'option philosophique pour une société d'ordre, d'ordre parce qu'en un point — en la personne du monarque — elle communiquait avec une sphère plus élevé que celle de la politique, avec un principe d'ordre, et finalement avec l'ordre transcendantal. [...]

    La génération contre-révolutionnaire d'après 1945, tout en conservant une certaine couleur monarchique du fait de la piété familiale et de la loyauté de camaraderie, était néanmoins prête à accepter d'autres voies que la personne d'un roi pour la recherche du sacré. Même auprès des contre-révolutionnaires monarchistes, un roi remonté sur le trône de sa famille n'était guère plus considéré comme autre chose qu'une version renforcée — ou souhaitée telle — de l'“homme fort” qui, bien que sans doute davantage capable d'occuper le sommet de l'édifice national, était empêché au départ par son incapacité d'assurer la continuité, et donc la légitimité. Les contre-révolutionnaires français de 1958 virent dans le comte de Paris une sorte de de Gaulle de longue durée, et les contre-révolutionnaires espagnols voient en Don Juan, le prétendant, une possibilité de perpétuer le général Franco. Ceux d'entre les contre-révolutionnaires français et espagnols qui restèrent opposés à l'idée d'une telle succession, l'étaient non par hostilité à la monarchie en tant que telle, mais parce qu'ils comprenaient que ces prétendants, comme d'autres prétendants (leur nombre va s'amenuisant), pourraient bien se révéler ne pas être des ”hommes providentiels”, mais au contraire se montrer moins contre-révolutionnaires que les “hommes forts” qui les ont précédés. »

    — Thomas Molnar, La Contre-révolution (1969), trad. Olivier Postel-Vinay, éd. Union générale d’éditions, coll. « 10/18 », 1972, p. 230-232


    « [...] après 1945 le pouvoir est aux mains des agents de propagande qui détiennent les moyens communication [...]. »

    — Thomas Molnar, La Contre-révolution (1969), trad. Olivier Postel-Vinay, éd. Union générale d’éditions, coll. « 10/18 », 1972, p. 236


    « N'oublions pas qu'en 1945 la propagande révolutionnaire n'a pas seulement célébré une victoire politique, elle a annoncé, dans un enthousiasme utopiste caractéristique, le nouvel âge d'une humanité refondue où seul leur monopole ne serait plus remis en question : le monopole politico-culturel allait se transformer en orthodoxie religieuse, avec droit d'inquisition sur les manifestations sporadiques de ce qui survivrait de la pensée contre-révolutionnaire. »

    — Thomas Molnar, La Contre-révolution (1969), trad. Olivier Postel-Vinay, éd. Union générale d’éditions, coll. « 10/18 », 1972, p. 239


    « En deux cents ans, les révolutionnaires ont réussi à couvrir le monde d'un manteau d'idées fausses. Le monde vit, en conséquence, dans un état de conflit permanent entre ces idées et la réalité, qui les rejette sans cesse, se révolte contre elles et les défie. Selon la description de l'historien français Jean-Richard Bloch, “L'ère des guerres de religion est la nôtre, race contre race, continent contre continent, philosophie contre philosophie. Ces guerres sont plus cruelles et impitoyables que les guerres traditionnelles entre les nations. Nous sommes aujourd'hui les témoins d'une immense guerre civile à l'échelle du monde”. »

    — Thomas Molnar, La Contre-révolution (1969), trad. Olivier Postel-Vinay, éd. Union générale d’éditions, coll. « 10/18 », 1972, p. 275-276


    « La psychanalyse, le marxisme, l'existentialisme, le structuralisme, ou bien réduisent l'homme à des éléments dans lesquels il ne se reconnaît plus lui-même, vers lesquels le sens du moi, la conscience, ne peuvent jeter aucun pont ou bien diminuent l'homme jusqu'à le dissoudre dans une structure indépendante de lui et qui le dépasse. L'entreprise radicalement terroriste dont il s'agit a commencé avec le marquis de Sade qui, incapable de s'attaquer à Dieu, a tenté de détruire son image dans ses créatures ; les descendants modernes de Sade ne font plus à Dieu ce compliment de l'attaquer directement, mais, toujours incapables de détruire l'homme, ils se rabattent sur les propres créations de l'homme, celles de sa raison : la philosophie, l'histoire, l'art et la littérature. »

    — Thomas Molnar, La Contre-révolution (1969), trad. Olivier Postel-Vinay, éd. Union générale d’éditions, coll. « 10/18 », 1972, p. 285-286


    « Autrement dit, la position contre-révolutionnaire est restée une position de réaction, et non d'initiative. La littérature contre-révolutionnaire s'épuise à examiner scrupuleusement les raisons pour lesquelles une situation et une société données ne répondent pas au schéma rationnel des révolutionnaires. Autrement dit, elle se limite à des réfutations qui, si brillantes soient-elles, tombent à plat dans le climat actuel parce qu‘elles sont concrètes et peuvent être jour après jour plus exactement vérifiées. Ils n'ont pas la passion qui détermine les révolutionnaires à l'action et qui, selon les contre-révolutionnaires, est une détermination insuffisantes. »

    — Thomas Molnar, La Contre-révolution (1969), trad. Olivier Postel-Vinay, éd. Union générale d’éditions, coll. « 10/18 », 1972, p. 293-294


    Textus

    Bibliographia

    Logo.jpg